PREMIERE LETTRE OUVERTE A SON EXCELLENCE MONSIEUR DOMINIQUE KANKU
GOUVERNEUR DU KASAI ORIENTAL
ENFIN, MONSIEUR LE GOUVERNEUR, VOUS
ÔTEZ VOS MASQUES!
Excellence, Monsieur le Gouverneur,
L'opinion publique se souviendra, il y a 7 mois, lorsque vous nous tombiez
dessus tel un météorite, catapulté Gouverneur de notre Province, l'UDPS/Ville
de Mbujimayi avait fait une déclaration politique, affirmant que le peuple ne
vous jugera qu'au travers de vos actes.
Aujourd'hui, l'année ne s'est pas encore écoulée que le peuple se voit, hélas,
acculé à faire le bilan de vos 7 premiers mois de règne, tant vous avez
accumulé des erreurs sur le terrain. Mais c'est surtout pour vous aider à
retenir qu'un peuple aguerri par 40 ans de dictature et déterminé à se
prendre en charge est capable d'infléchir tout pouvoir illégitime, fût-il
acquis au bout du canon, que l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social
s'est finalement résolue à vous adresser la présente lettre ouverte.
Et, d'entrée de jeu et sans ambages, nous sommes convaincus que le MLC, avorton
du MPR, ne saura être capable de réduire l'UDPS au silence, chose que Mobutu
avec sa toute puissance financière et sa soldatesque a été incapable de réaliser.
En tant que fils de cette Province, nous avons le devoir douloureux de vous
informer qu'aucun des Gouverneurs originaires qui se sont succédé à Mbujimayi
n'a travaillé dans le sens de l'intérêt de nos populations- ce sont par
contre, les non-originaires qui ont laissé les souvenirs les plus palpables.
Nous craignons, Monsieur le Gouverneur, que vous soyez, vous aussi, poursuivi
par ce signe indien; de sorte qu'après votre règne, il ne reste dans notre mémoire
collective que le souvenir d'un génocidaire, semblable à tous ceux qui, bientôt,
auront à répondre de leurs crimes devant des juridictions pénales
internationales.
Et pour cause: Devant l'ensemble des représentants des partis politiques, de la
société civile et des Forces vives de notre Province ainsi que de la MONUC,
convoqués par vos soins le 17 novembre 2004 au Gouvernorat de Province, vous
avez étalé votre immaturité politique en usant d'un langage usurier, arrogant
et indigne d'homme d'Etat, un langage qui a visé essentiellement à opposer
l'ensemble des partis politiques à l'UDPS; parti que vous vous êtes permis de
traiter publiquement, sans distinction, d'un ramassis de voyous et de bandits.
Sans vous rendre compte, Monsieur le Gouverneur, que la grosse majorité de
l'assistance dans la salle était de ce ramassis de voyous et de bandits, qui
ont rejoint vos rangs ou font semblant de le faire, pour des raisons évidentes
du ventre, et non par conviction de votre vision claire et positive d'un Congo
libre, démocratique, développé et débarrassé des antivaleurs que charrient
la plupart des mouvements guerriers, dont le vôtre particulièrement.
L'UDPS et le Peuple congolais n'ont pas de leçon à recevoir de certains belligérants,
surtout de ceux qui se sont caractérisés par des violations massives des
droits de l'homme, ceux qui ont tué plus de 3,5 millions de nos concitoyens
dans une guerre imbécile, qui ont volé, violé, pillé et pillent encore les
ressources naturelles de notre pays, voire même qui ont commis des actes de
cannibalisme.
Au regard de ce tableau sombre, peut-on qualifier de voyous et de bandits ces
dignes fils du pays, eux qui vous ont ramenés de MATADI à PRETORIA pour y
signer un ACCORD GLOBAL ET INCLUSIF et une CONSTITUTION qui font de vous
aujourd'hui le Gouverneur du Kasaï -Oriental?
Un peu de gêne, d'honnêteté intellectuelle et de respect pour vos
bienfaiteurs, s'il vous plaît.
Franchement, les bandits et les voyous, sont-ce ceux-là qui ont commis des
actes de barbarie cités ci-haut et qui, aujourd'hui, oubliant leur qualité de
représentant du Chef de l'Etat, flânent chaque soir dans nos rues comme des
RASTA MEN, culottes collantes, boucles aux oreilles ou ceux qui, par contre,
auraient déchiré les drapeaux d'autres partis politiques ou obligé des
passants à s'incliner devant le drapeau de leur parti politique?
Désillusionnez-vous, Excellence. Le Peuple qui fait chaque jour cette
comparaison sait exactement dans quel camp se trouvent des donneurs de leçons
et dans quel autre des myopes politiques.
Votre deuxième erreur politique
C'est d'avoir déclaré publiquement, à cette même occasion, nous citons
:" ...s'il le faut, nous en finirons avec l'UDPS comme nous en avons fini
avec les SHEGUES- et personne n'en parlera plus dans cette ville"-fin de
citation.
Votre menace est claire et précise. L'UDPS , tout notre peuple et la communauté
internationale représentée par la MONUC présents dans cette salle ont pris
acte de votre déclaration de guerre à l'UDPS . Tout le monde sait désormais
que votre unique manière de résoudre les conflits sociaux c'est la force et le
génocide.
Mais, ce que vous ignorez c'est que, au-delà de votre envie d'en découdre avec
l'UDPS, vous venez de par votre aveu public, ôter vos masques et trahir le
pouvoir que vous êtes sensé servir : l'opinion est fixée : le commanditaire
du massacre des enfants de la rue "SHEGUES" c'est vous, et à travers
vous, toutes les mains invisibles qui ont organisé ces tueries dans un style
digne d'Etat voyou.
Le Peuple, témoin de votre aveu public, saura, le moment venu, vous traduire
devant des juridictions pénales compétentes, de sorte que ce crime ne reste
pas impuni.
Votre troisième erreur politique
C'est de croire que vous êtes le seul Gouverneur capable de l'exploit de réduire
l'UDPS au silence à Mbujimayi. Détrompez-vous, Excellence; même vos maîtres
qui vous auraient confié cette mission n'y croient pas. Beaucoup d'autres avant
vous et plus expérimentés sur le plan politique s'y sont essayés et s'y sont
piqués. Ils sont repartis la conscience chargée tel Caen, d'avoir trahi leur
peuple au profit du satan. BASHALA KANTU WA MILANDU, Jean Charles OKOTO et MBALA
MUAMBILA BANTU sont là des exemples vivants pour votre édification.
L'UDPS vous conseille d'abandonner les sentiers de la confrontation avec le
peuple et de concentrer vos efforts autant que faire se peut, sur des réalisations
d'intérêt général prioritaires pour le peuple, telles la fourniture régulière
d'eau potable et l'aménagement de la voierie urbaine. Il vous faut un discours
rassembleur en direction de toute la classe politique et non celui diviseur que
vous avez tenu le 17 novembre qui, de toute évidence, a indigné tout le monde,
y compris ceux à qui vous vouliez faire plaisir. Cessez des actes
d'intimidation et d'arrestation arbitraire des combattants de l'UDPS, lesquels
continueront à augmenter la tension dans la ville, au lieu contribuer à
l'apaisement que tout le monde souhaite pour amener le peuple aux élections.
Nous citerons à titre d'exemple :
a)- dans le seul mois de novembre 2004
* l'arrestation à NGANDAJIKA du président cellulaire de l'UDPS, au motif qu'il
aurait dressé le
drapeau de son parti;
* l'arrestation au Rond-point KALALA WA NKATA des 3 combattants de l'UDPS et de
leur
détention pendant 11 jours sans jugement, sur votre injonction personnelle;
* l'arrestations des 18 combattants de l'UDPS et des élèves le 23 novembre
2004 devant le
Parquet Général, suite à une provocation du garde-corps du Procureur Général,
qui tiraillait en
l'air sans raison.
b)- le 6 décembre 2004, violant la permanence de l'UDPS à Tshikila, vous vous
êtes permis
d'arrêter personnellement et arbitrairement le combattant NGALAMULUME, que vous
faites
detenir jusqu'à ce jour sans jugement.
Votre manque d'imagination dans la fixation des priorités:
Il saute aux yeux de tous que la priorité zéro pour la Ville de Mbuji Mayi est
et reste la lutte contre
les érosions qui menacent cette ville de disparition. La priorité du
Gouvernement de Transition est essentiellement d'amener notre Peuple aux élections
dans les délais définis par l'Accord Global et Inclusif ainsi que par la
Constitution de la transition. Votre contribution à la réalisation de cet
objectif aurait consisté entre autre, à aménager la voirie urbaine de sorte
à faciliter la circulation des personnes et des biens. A ce jour, la ville de
Mbuji Mayi se trouve déchiquettée par des ravins. La population se pose la
question de savoir comment acheminera-t-on des urnes dans les différentes
communes de la ville, parce que toutes les voies qui y mènent sont coupées par
des ravins et des effondrements de terrains?
A prendre ce seul exemple, votre volonté d'amener le peuple aux élections,
comme celle de tout votre Gouvernement sont nulles. La réhabilitation de
l'avenue KALONJI et la construction du nouveau bâtiment administratif du
Gouvernorat sont des réalisations démagogiques et accessoires aux yeux du
Peuple, lequel est du reste convaincu que vous ne les terminerez point.
En conclusion
Créer des foyers de tension par ci par là à travers le pays, refuser
d'accomplir tous les préalables, des actes et des travaux susceptibles de
faciliter l'avènement des élections semblent être des objectifs avérés du
Gouvernement de transition, et vous jouez parfaitement dans le même sens au
plan local. L'UDPS, qui a bien compris votre mission, ne vous laissera plus
tranquille dans sa réalisation. Elle s'emploiera désormais à épier tous vos
faits et gestes et dénoncera publiquement toutes vos oeuvres maléfiques contre
le Peuple.
A BON ENTENDEUR, SALUT !
Pour le Comité Fédéral, Ville de Mbujimayi
Pierre NSANA TSHILUMBAYI
Président fédéral