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UDPS / KATANGA
S E C R E T A R I A T F E D E R A L
DECLARATION POLITIQUE DE L'UDPS/KATANGA AU SUJET DES FRAIS D'INTERVENTION PONCTUELLE
La triste guerre d'escarmouches autour des Frais d'Intervention Ponctuelle (F.I.P.) que depuis un temps se livrent tantôt ouvertement tantôt en cachette parents, enseignants et l'actuel pouvoir de Kinshasa - qui joue au gouvernement de la République voilà plus de cinq ans maintenant - relève d'une question de fond qui n'a jamais cessé de préoccuper au plus haut point l'UDPS en tant que Parti du Peuple. Cette question est celle de savoir comment arriver à assurer à toute notre Jeunesse une éducation et une instruction de qualité qui puissent la préparer comme il faut à ses responsabilités futures vis-à-vis de la Nation - déjà en péril - dans un monde en compétition serrée et impitoyable. Mais que n'est-ce vraiment regrettable et choquant de voir la légèreté avec laquelle se dérobe honteusement de ce devoir sacré l'actuel pouvoir de Kinshasa dont la charge est d'assurer à notre Jeunesse une telle éducation et telle instruction dès lors qu'il se targue d'être le gouvernement de la République.
En effet, se dire gouvernement de la République, ce n'est pas se cacher avec une désinvolture outrageante derrière des raisonnements fallacieux pour justifier son incapacité de faire face à ses obligations d'Etat les plus ordinaires. Ce n'est pas non plus se rétracter derrière un ridicule prétexte de « manque de moyens » et croire rendre service à la Nation en ne faisant rien au sommet de l'Etat. Ce n'est ni encore se débarrasser au nom du fameux effort de guerre de ses charges impératives sur le dos des parents que l'on a clochardisé et paupérisé à l'extrême au moyen des salaires dérisoires et irréguliers pendant qu'on se pavane dans des somptueux palais ou on en construit. Etre totalement incapable et le déclarer sans cesse et à haute voix sur la place publique sans avoir aussi et en même temps le courage de déposer sa démission ; voilà qui tient pour l'UDPS d'une culture politique de la médiocrité sinon d'un manque déplorable de culture politique. Cela ne peut nullement conduire au Progrès Social que de droit tout notre Peuple attend de quiconque se constitue en gouvernement de la République.
Face à cette incurie au sommet de l'Etat, consciente de ses responsabilités devant le Peuple et la Nation dont la Jeunesse reste la seule pierre angulaire pour la construction de son avenir, l'UDPS - en tant que Parti d'avant-garde du Peuple - fait par la voix de sa Fédération du Katanga, la déclaration suivante :
1°- L'éducation scolaire et l'instruction sont des charges ordinaires qui reviennent impérativement à tout pouvoir au monde qui se dit, tant soit peu, Gouvernement d'une République. Sous aucun prétexte, il ne peut se soustraire de ces charges sacrées et les laisser avec tout leur poids sur les dos des parents à qui il prive du reste, comme c'est le cas ici chez nous, des moyens de vivre et de répondre de leurs obligations et devoirs de parents.
2°- Au terme des textes juridiques qui organisent l'enseignement en R.D.C. en dehors des frais de minerval et de scolarité fixés par l'Etat et qui sont obligatoires, aucune disposition légale ne contraint les parents à payer d'autres frais - fussent-ils appelés ''Frais d'Intervention Ponctuelle'' -.
3° Quand bien même lesdits Frais relèveraient d'une convention entre les parties, cette convention pour être valable ne peut être contraire à la loi, et dans tous les cas, nullement préjudiciable aux droits légaux déjà reconnus tel, en l'espèce ici, le droit des enfants à l'éducation et à l'instruction. Nul n'ignore combien de milliers et de centaines de milliers d'enfants sont aujourd'hui privés de ce droit suite à cette soi-disant convention.
4° Une convention entre parties n'est opposable à elles toutes que si aucune d'entre elles ne la dénonce. Tel n'est pas le cas des F.I.P. où une des parties prenantes en l'occurrence les parents, vient de se rétracter par la voix de leur association : l'ANAPECO. Cela libère en fait totalement et du coup tout parent de cette charge ruineuse. Il y a donc plus rien et plus personne qui puisse obliger aujourd'hui, les parents à payer les F.I.P.
Ainsi, au regard de tout ce qui précède et mettant chacun devant ses responsabilités, l'UDPS/Katanga invite :
A.- Le pouvoir de Kinshasa, à répondre sans atermoiements funestes de ses obligations d'Etat en matière de l'éducation et de l'instruction de notre Jeunesse. L'honneur vous enjoint de ne pas vous cacher ridiculement derrière des faux-fuyants tels, il y a un temps, l' « effort de guerre » -une guerre du reste injustement imposée au Peuple par l'amateurisme politique - ou le « manque des moyens » comme c'est aujourd'hui le cas. Un Gouvernement de la République est justement là pour chercher les moyens qui puissent lui permettre de faire face à ses charges d'Etat. Il n'est pas là pour clamer tout haut qu'il n'a pas de moyens et penser ainsi avoir justifié le fait de manquer de manière déplorable à ses obligations impérieuses. Qui doit chercher pour vous lesdits moyens ? Si, en tant que gouvernement, vous n'en avez pas et ne savez pas les trouver, où voulez-vous que les parents qui dépendent de vous aillent les chercher pour faire face à ce que vous-même n'êtes pas capable de faire ?
Face à votre incapacité ouvertement affichée et au regard des charges qui vous incombent pour la survie collective et l'avenir de la Nation, le sens de responsabilité vous oblige à tout simplement démissionner ou alors à répondre entièrement de vos charges sans les esquiver. Ce que vous feriez en interdisant notamment les F.I.P. qui privent une grande partie de notre Jeunesse de son droit à l'éducation et l'instruction et hypothèquent l'avenir de la Nation.
B.- Les parents à non seulement désavouer la pratique des F.I.P. comme vous venez officiellement de le faire mais aussi à exiger par une pétition que le Pouvoir de Kinshasa puisse faire entièrement face à ses obligations d'Etat. Celles-ci ne consistent pas seulement à réprimer injustement ou non la population mais aussi à répondre positivement à ses aspirations les plus légitimes.
L'UDPS/Katanga encourage ainsi les parents dans cette démarche et les soutient. Car, il est inconcevable qu'un Gouvernement puisse exiger de ses gouvernés ce dont lui-même est incapable de faire. L'UDPS/Katanga considère que la pratique des F.I.P. est non seulement une entrave sérieuse à la loi, qui doit être poursuivie par les parquets mais aussi constitue une violation grave des Droits de l'Homme, spécialement ceux de l'Enfant. Elle doit en tant que telle être également décriée et fustigée par toutes les ONG de défense des Droits de l'Homme.
C.- Les enseignants, à ne pas se tromper d'employeur qui est l'Etat et non les parents et à considérer que la plupart d'entre ces parents sont comme vous, agents de l'Etat. Le mieux à faire serait donc de vous liguer avec eux dans une action commune concertée pour amener l'Etat à répondre pleinement de ses charges au lieu de laisser se prélasser dans l'irresponsabilité ceux qui par aventurisme se sont accaparés de l'appareil de l'Etat. Cela, sous prétexte de gouvernement alors qu'ils se montrent totalement incapables de faire face aux devoirs sacrés de tout gouvernement digne de ce nom. Tenir à la pratique des F.I.P. leur offre en fait un bon débarras pendant qu'il vous oppose aux parents dont la bonne volonté de vous prendre en charge est aujourd'hui mise à rude épreuve par la situation difficile dans laquelle l'amateurisme politique a plongé le pays. Bien plus, cela renvoie indéfinitivement le terme de votre réhabilitation sociale au regard de la noblesse de votre métier et de son importance pour la survie de l'humanité et l'avenir de la Nation.
L'UDPS/Katanga vous exhorte à vous prendre vous-mêmes en charge au lieu de vous laisser prendre en charge, en exigeant ce qui vous revient de droit. Elle se tient prête à vous soutenir en cela dans tous ce que vous ferez en recourant à tous les moyens légaux et pacifiques qui sont à votre disposition.
L'UDPS/Katanga prie les Organisations de défense des droits de l'homme et à tous les hommes de bonne volonté d'aider les enseignants et les parents à recouvrer très bientôt leurs droits.
Tenez bon, l'UDPS vaincra et gouvernera bientôt.
Fait à Lubumbashi, le 03 Septembre 2002
POUR LE COMITE FEDERAL,
Le Président Fédéral a.i.
Bruno TSHIBANGU KABAJI
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