UNION
POUR LA DÉMOCRATIE
ET LE PROGRÈS SOCIAL




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UDPS / KATANGA
S E C R E T A R I A T F E D E R A L



LETTRE OUVERTE AU GOUVERNEUR DE LA PROVINCE DU KATANGA

Concerne : REPRESSION SAUVAGE DES MARCHES PIRATES

Monsieur le Gouverneur,

Il est connu de tout esprit avisé que votre mandat à la tête de la province n'émane pas du peuple - souverain primaire - mais plutôt directement d'un gouvernement de facto, c'est-à-dire donc illégal et illégitime que tente vaille que vaille de diriger M. Joseph KABILA. Mais malgré cela, vous êtes quand même appelé à gérer avec diligence la population du Katanga.

A ce titre et à ce titre seulement, et par devoir patriotique, l'UDPS/Katanga se voit dans l'obligation de vous adresser cette lettre ouverte au sujet du phénomène « MARCHE PIRATE » que M. le Maire de la Ville de Lubumbashi s'emploie très maladroitement à combattre pour l'éradiquer. Par cette lettre, l'UDPS/Katanga voudrait non seulement interpeller M. le Maire mais aussi attirer votre attention sur le danger d'implosion sociale que la ville encourt par cette façon vraiment peu responsable de chercher de solution à un phénomène social qui tient à l'incurie même du gouvernement. L'UDPS/Katanga voudrait vous inviter à trouver ensemble avec M. le Maire, des voies et moyens plus responsables et plus dignes pour solutionner - si jamais vous en êtes capables - ce problème social qui va de la survie même d'une grande partie de notre population.

Avant toute chose, l'UDPS/Katanga commence par exprimer ses sérieuses inquiétudes sur la qualité des soi-disant « forces de l'ordre » que M. le Maire de la ville affecte à cette tâche. Le plus souvent celles-ci sont constituées de temps en temps de la police mais généralement ce sont les FAP ( ?) qui se font accompagnées des groupes des jeunes délinquants que l'on voit sillonner les artères de la ville. Allègrement, ils se livrent à brutaliser sans façon tous ceux qui par ces marchés pirates, tentent encore de survivre, confisquent sans sommation, leurs marchandises et leurs biens et vont souvent jusque même à molester, déshabiller et traîner par terre des pauvres mamans sans défense. Et les marchandises une fois ravies, prennent généralement de destination inconnue !

Monsieur le Gouverneur,

Est-ce vraiment de cette façon que vous pensez qu'on trouvera une solution heureuse et durable à ce problème crucial qui interpelle - comme vous le savez - au premier chef - le gouvernement dit de « SALUT PUBLIC » dont vous êtes l'émanation ? Certes, NON.

L'UDPS/Katanga n'ignore en fait pas que ce problème date d'il y a longtemps, bien avant même le gouvernement illégal et illégitime dont vous êtes solidaire.

Si elle s'est aujourd'hui résolue de vous écrire à ce propos, en votre qualité du n° 1 de notre province, c'est eu égard à ce qui se fait sur terrain et qui répugne à sa conscience. Il y a en fait péril en la demeure et vous êtes le seul qui y répondrez le premier. Prenez donc vos responsabilités en mains avant qu'il ne soit trop tard.

En tant qu'autorité administrativo-politique de la province, le Maire de la ville est sous votre pouvoir même si - à ce qu'il paraît - il n'a pas de compte à vous rendre. Cela, parce qu'il tiendrait sa nomination de l'autorité hiérarchiquement supérieure. Le Vice Gouverneur MUYUMBA en sait quelque chose lorsqu'il eut à le suspendre, le Maire n'a pas fait 48 heures sans que cette suspension ne soit levée. Il vous faut vous assumer en le rappelant à l'ordre. Il doit cesser cette sale besogne qui met en danger la vie d'innombrables concitoyens.

Monsieur le Gouverneur,

Vous êtes sans ignorer que la R.D.C. traverse une crise politico-militaire sans précédent. Ses répercussions sur le plan socio-économique tant au niveau de l'ensemble du pays que de la province ne demandent pas d'être démontrées. La ville de Lubumbashi comme bien d'autres villes du Katanga, est habitée par 80 % des travailleurs des sociétés en faillite, des fonctionnaires et agents de l'Etat, des enseignants, etc. Depuis plusieurs années maintenant, ceux-ci ne sont plus rémunérés régulièrement et quand bien même ils le sont, ce qu'ils touchent comme salaires ne permet à aucun d'entre eux, de nourrir sa famille, de scolariser ses enfants, de se loger, etc. Aussi n'y peuvent-ils tant soit peu qu'en recourant à des activités parallèles dont le marché pirate.

Sans ces marchés pirates, M. le Gouverneur, la plupart d'entre eux, n'auraient déjà plus d'autorité sur leur foyer, leurs enfants seraient déjà devenus des vagabonds, des voleurs, des bandits, des prostitués, etc. L'insécurité dans la ville serait déjà devenue plus qu'inquiétante. Ceux qui vendent aux bords des avenues ou circulent avec leurs petits articles de commerce (commerçants ou vendeurs ambulants) sur la tête ou sur les têtes à travers la ville sont les enfants de ces travailleurs délaissés par leurs sociétés, de ces fonctionnaires et agents de l'Etat sous-payés ou impayés, de ces militaires et policiers clochardisés, de ces enseignants avilis par le gouvernement, votre Gouvernement.

Et si ce ne sont pas leurs enfants, ce sont alors leurs épouses notamment.

C'est donc - vous le voyez - les enfants, les femmes, les parents de ces « laissés pour compte » de votre gouvernement que M. le Maire de la ville se plaît cyniquement à humilier publiquement dans leur être. Cela, parce que lui se voit à l'abri de la faim et de la misère contre lesquelles les autres luttent désespérément. L'UDPS/Katanga considère que cette manière de se moquer de ceux qui se battent ainsi pour survivre, non seulement relève de la mesquinerie, mais bien plus est intolérable. Il faut qu'elle prenne fin sans délai. D'autant plus que depuis que cette « funeste opération » a commencé, aucun résultat sérieux et viable n'a été enregistré. Tout au contraire, elle permet seulement à des groupes des délinquants patentés de se livrer à des extorsions des biens d'autrui sans coup férir parce qu'opérant avec la bénédiction de l'Hôtel de ville. C'est donc pour tout dire une vaste fumisterie !

Monsieur le Gouverneur,

Plutôt que de se livrer à cette sinistre farce, l'UDPS/Katanga pense qu'il vaut mieux chercher la cause première qui amène au phénomène des marchés pirates. Bien cernée, celle-ci permettra d'envisager des solutions judicieuses plutôt que de se perdre dans des simples fulminations comme le fait pitoyablement M. le Maire - ou dans ces exactions malheureuses pour lesquelles sa responsabilité reste totalement engagée s'il ne le sait pas. En effet, il y a lieu de se demander si M. le Maire a conscience de cela quand il laisse au nom de l'Hôtel de ville, des bandes des délinquants et malfaiteurs détruire ou ravir sous prétexte de marché pirate, les biens d'autrui, arrêter et emprisonner des gens, leur faire payer sans quittance de fortes amandes allant jusqu'à 150 $ US comme caution pour leur libération !

Pour l'UDPS/Katanga, la cause première des marchés pirates comme sa solution est loin de là. La cause plus spécialement est à trouver indubitablement dans la mauvaise gouvernance et l'absence de l'Etat de droit au pays. Plus clairement, dans l'inexistence d'un gouvernement responsable, légal et légitime capable de faire face aux problèmes vitaux du Peuple, en se gardant de commettre des exactions intolérables du genre dont se rend coupable M. le Maire de la ville et par ricochet, le pouvoir dont il est issu.

Monsieur le Gouverneur,

Le Maire de la ville prétend lutter par ces exactions pour l'opération « ville propre ». Mais la ville de Lubumbashi ne se limite pas à la commune de Lubumbashi. Toutes les communes sont concernées. Mais c'est curieux de voir M. le Maire de la ville n'avoir d'yeux que pour la commune Lubumbashi. Et ici même, il n'est qu'à passer en dessous du bâtiment Granat, par exemple, du côté de l'avenue Moëro pour voir comment coulent à flot les égouts excrémentiels et se rendre compte de la sale feinte qui entoure ladite opération. M. le Maire ne voit-il pas cette source d'insalubrité criante pour « sa » ville ? Doit-on croire qu'il n'y a que les marchés pirates qui rendent mal propre la « ville » de M. le Maire ? Que pour rendre la ville propre, il faut détruire toutes les aubettes de la commune Lubumbashi quelle que soit leur utilité sociale ? Ou plutôt détruire certaines et garder d'autres sur base des critères obscures ? Le manque des latrines publiques qui fait que les gens sont obligés d'uriner n'importe où dans « sa ville » n'est-il pas à combattre dans le cadre de l'opération « ville propre » ?

Pour revenir au marché pirate lui-même, l'essence que l'on vend le long des avenues et même dans des parcelles résidentielles ne relève-t-elle pas des marchés pirates ? Le « cambisme » qui se fait dans tous les coins des avenues ne tient-il pas lui aussi de ces marchés pirates ? Pourquoi alors M. le Maire ne semble-t-il pas s'en faire outre mesure ? Qu'est- ce qui pourrait bien justifier cette politique de « deux poids deux mesures » ? La recherche du lucre par M. le Maire ?

Monsieur le Gouverneur,

Dans la suite de la cause première des marchés pirates évoquée ci-dessus à savoir : l'absence d'un Etat de droit et d'un gouvernement responsable, il faut ajouter que ce phénomène a été aussi exacerbé par la gestion calamiteuse du Grand marché L.D. KABILA. Celui-ci a obligé et continue d'obliger de nombreux petits vendeuses et vendeurs à déserter le marché pour regagner les bords des avenues. D'innombrables taxes sont en effet imposées avec parfois des justifications fantaisistes qui cachent mal la recherche d'un gain facile et éhonté. Loin donc de servir les caisses de l'Etat, c'est dans les poches des individus choisis par le M. le Maire lui-même que ces taxes vont pour être réparties après entre toutes les parties prenantes à la chose sauf l'Etat.

Ainsi, le marché L.D. KABILA que M. le Maire se targuait de qualifier de « Bulaya » n'est plus aujourd'hui qu'un lieu insalubre une année à peine qu'il ait ouvert ses portes. L'anarchie et le désordre y règnent en maître. L'étalage ne s'y fait plus selon des normes requises. L'eau et l'électricité y font déjà terriblement défaut. Les frais d'accès aux toilettes y sont fort élevés voire prohibitifs au point que dans ce marché, certains vendeurs se soulagent aujourd'hui dans des sachets qu'ils jettent dans les poubelles. Faute d'accès aux urinoirs, ils se servent des murs de clôture … Voilà qui devait interpeller M. le Maire qui bat campagne pour l'opération « ville propre ». Mais apparemment, il n'y a que les vieilles pauvres mamans, les malheureuses épouses des agents et fonctionnaires de l'Etat, des militaires et policiers, des enseignants, etc. qui luttent pour la survie qui rendent pour M. le Maire « sa ville » mal propre et qu'il faut à tout prix réprimer comme de la vermine.

Monsieur le Gouverneur,

Avant de terminer cette lettre, l'UDPS/Katanga ne peut manquer de fulminer contre toutes ces basses pratiques et de dénoncer avec force, cette vilaine manière de traiter publiquement des personnes humaines à laquelle s'emploie avec un malicieux plaisir M. le Maire de la ville. Ces personnes sont nos concitoyens. Elles ont droit au respect de leur être. L'UDPS/Katanga s'insurge en particulier contre les sévices et mauvais traitements qui ont été impitoyablement infligés à 14 marchands pirates arrêtés et humiliés puis, détenus sans procès pendant plusieurs jours à la prison centrale de Kasapa avant d'être libérés.

Ainsi donc, devant ce problème des marchés pirates, l'UDPS/Katanga vous prévient que si celui-ci n'est pas bien géré, elle s'y impliquera du côté des plus faibles en utilisant les moyens dont elle dispose afin d'amener M. le Maire à comprendre. Au cas contraire, il sera responsable de ce qui adviendra.

Nos sentiments patriotiques et démocratiques.

Fait à Lubumbashi, le / /2002

POUR LE COMITE FEDERAL,

Le Président Fédéral a.i.
Bruno TSHIBANGU KABAJI


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