L’Udps interpelle le
gouvernement d’accéder aux revendications du personnel de l’Etat
L’Union pour
la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), suit avec une attention particulière
l’aggravation de la situation socio-politique du pays, spécialement à
l’aube de l’année scolaire 2005-2006, focalisée sur les revendications
sociales des salaires et du cadre de travail des enseignants, des agents et
fonctionnaires de l’Etat, du personnel médical, des magistrats, policiers et
soldats.
La fuite en
avant et la manipulation dont il use à souhait ont pour inévitables
corollaires les paliers, les reports, révisions et prolongations qui mettent en
évidence le manque de suivi des décisions, l’absence de volonté politique
ou de moralité publique et se conçoivent comme ultimes recours pour
s’agripper au pouvoir.
Ainsi après
avoir longtemps abusé le peuple congolais au nom duquel il se réclamait à
l’étranger jusqu’il y a peu, mais qui, ici et là bas, rétorque 1 +4=0, le
gouvernement de facto crache sur sa propre signature de Mbudi et implicitement
sur l’élite congolaise, pilier de la Nation, constituée de maîtres d’école,
infirmiers, magistrats, médecins, policiers, soldats, agents et fonctionnaires
de l’Etat, poussant l’ironie jusqu’à initier à la corruption les enfants
et des pans entiers de notre jeunesse, notamment les étudiants des Universités
et Instituts Supérieurs rescapés du moule de la dictature, par le truchement
d’une pseudo «prise en charge par les parents».
Il
s’emploie de la sorte à détruire le dernier espoir de la renaissance
congolaise et de la reconquête de notre dignité, preuve de son mépris irréductible
à prendre en compte les préoccupations des congolais. Tout cela lui réussit
aussi bien que le démembrement systématique de l’attelage politico-juridique
appelé à conduire la République démocratique du Congo à la paix. La
fracture sociale qui éclate au grand jour comme le retour de la manivelle
d’un peuple trop pressurisé sur le plancher nous renvoie à la question de
savoir quel est le lieu par excellence d’appréciation et d’évaluation du
politique si ce n’est le terrain du social.
L’UDPS
considère que l’absence pour cause «d’agenda très chargé» du
gouvernement, même de facto et de transition, à un rendez-vous à l’échelle
du monde à l’occasion du plus grand sommet de l’histoire de l’Onu, là où
se règlent les grands problèmes d’argent, de pauvreté, de santé, d’éducation,
de bonne gouvernance, de sécurité régionale et internationale, si elle
n’est pas due en réalité à un refus de visa, constitue ni plus ni moins une
fuite de ses responsabilités envers le peuple congolais.
Absent à une
rencontre qui devait permettre aux dirigeants du monde d’évaluer le niveau
d’exécution des objectifs du millénaire du développement et de se prononcer
sur les grands défis du développement pour toutes les Nations d’ici 2015,
c’est un gouvernement livré à la sanction populaire à l’intérieur qui réussit
remarquablement bien à s’isoler du reste du monde; une façon comme une autre
de ne pas rendre des comptes.
L’UDPS
ayant reçu cinq sur cinq l’image émouvante de ces élèves, garçons et
filles, réclamant les salaires pour leurs éducateurs, parents et
grands-parents, encourage la détermination des enseignants, agents et
fonctionnaires de l’Etat et des para-médicaux qui sont désormais capables de
revendiquer fermement leurs droits légitimes et inaliénables, preuve de leur
maturité politique, facteur déterminant dans la lutte pour l’émergence
d’un Etat de droit et de démocratie dans notre pays.
Considérant
que ce ne sont pas les moyens qui manquent au regard de
l’institutionnalisation de la prédation et des différents détournements et
pillages des ressources naturelles ainsi que du capital et du produit du
portefeuille de l’Etat, du vol de la solde des policiers et militaires, de la
privatisation du poste frontalier de Kasumbalesa, ou du transfert révélé à
l’opinion nationale de l’argent du contribuable congolais aux enseignants
d’un pays voisin, pour ne citer que ces cas.
Considérant
la mauvaise allocation des crédits budgétaires qui fait que c’est l’espace
présidentiel qui se taille la part du lion au détriment des dépenses sociales
de la Nation tout entière.
L’Union
pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), soutient les actions du
personnel de l’Etat et exige:
1.
Que le Gouvernement de facto, toutes affaires
cessantes, accède aux revendications légitimes des Agents et Fonctionnaires de
l’Etat.
2.
Que les parents, généralement impayés ou
sous-payés, ne cautionnent aucune initiative tendant à soustraire ce
Gouvernement de ses obligations.