Réaction
du Secrétaire Général de l’UDPS face aux coups de
feux tirés par la Police Nationale contre les résidences du Président National
et du Secrétaire Général de l’UDPS dans la matinée du jeudi 15 avril 2004
Chers amis
de la presse,
Vu la gravité de la situation, surtout au regard de la double agression
dont l’Udps a
été l’objet ce jeudi matin 15 avril 2004 nous avons jugé opportun de vous
entretenir aujourd’hui de ce fait et de l’aggravation du climat général
d’insécurité prévalant actuellement dans
notre pays en général et à Kinshasa en particulier.
En effet,
cet avant-midi de ce jeudi 15 avril 2004 des policiers armés jusqu’aux dents se
sont introduits dans les résidences du président national de l’Udps, Son Excellence Etienne Tshisekedi
wa Mulumba et du secrétaire
général Rémy Massamba ma-Kiese
.
La providence a fait que les deux personnalités soient absentes de leurs
résidences pendant cette double agression. Les douilles des balles tirées que
nous vous présentons constituent une preuve palpable à ce sujet. Après investigations, nous nous
sommes rendus compte que cette double agression se rapporte à la répression de
la marche pacifique organisée par la coordination du peuple congolais cet
avant-midi au Rond-point Victoire.
Pour
votre information après investigations cette même coordination du peuple
congolais avait en date du 17 mars 2004 organisé une marche de soutien à
l’action du représentant spécial du secrétaire général de l’Onu, Monsieur
William Lacy Swing avec comme point de chute le siège
de la Monuc.
La
répression de la marche de ce jeudi 15 avril 2004 s’est soldée par plusieurs
arrestations et des blessés graves. Parmi les arrêtés, il y a les organisateurs
de la manifestation : Raoul Nsolwa, Faustin Nyati, Théo Taraka, Pepe,
Guillaume Ngoma.
Comme si cette répression d’une marche pacifique par la police ne
suffisait pas, le débordement difficilement explicable constaté du lieu de départ de la marche depuis le Rond-point
Victoire jusqu’à Limete, à savoir que la police s’est
projetée du Rond-point Victoire jusqu’à Limete pour violer les domiciles du président
national et du secrétaire général de l’Udps, suscite
des interrogations.
Cette
attitude confirme la cacophonie
délibérément entretenue au sommet de l’Etat
pour couvrir la mal gouvernance du pays et justifier
le recours systématique à la violence en vue de terroriser la population et de
museler toute forme d’expression de celle-ci.
Il découle de la violation de ces deux domiciles
que les assaillants avaient des intentions cachées d’attenter à la vie du
président national et du secrétaire général de l’Udps.
Au regard
des considérations qui précèdent, l’Udps fait savoir
une fois pour toutes que de tout temps, lorsqu’elle organise des
manifestations, elle opère à visage découvert et ne se cache pas derrière de
prête- noms.
Il en fut
ainsi :
1. Lorsque le 15 février 1982, les fondateurs de notre
parti décidèrent courageusement de créer un parti porte-étendard de la
démocratie et des droits humains dénommé Udps.
2. Le 17 mai 1989, lorsqu’il fallait courageusement
réclamer la démocratie en pleine dictature mobutienne
au cours d’un meeting réprimé dans le sang à la place Pont Cabu
3. A l’occasion de plusieurs manifestations
publiques : 1989-1990 pour arracher la libéralisation de l’espace
politique et la convocation de la Cns, l’Udps s’était battue aux côtés du peuple congolais
4. Le 16 février 1992, l’Udps
avait publiquement et puissamment soutenu la marche des chrétiens pour
contraindre la dictature à reculer et à rouvrir les travaux de la Cns.
5. Le 23 juin 1997, à travers son président national. Son
Excellence Etienne Tshisekedi wa
Mulumba, l’Udps avait
courageusement rejeté l’auto proclamation de feu Laurent–Désiré Kabila en qualité
de président de la République
6. Le 23 août 1998, l’Udps
avait courageusement et publiquement invité les deux ailes de l’Afdl, Kinshasa et Goma, à cesser
immédiatement les hostilités et à privilégier le dialogue entre frères et les
autres forces politiques sociales. Ce qui fut incompris à l’époque, mais
accepté et consacré une année plus tard dans l’accord de Lusaka dont le volet
politique a enclenché l’organisation du Dic
7. L’initiative courageuse de la tournée afro-euro-américaine du président national de l’Udps pour débloquer le lancement effectif des travaux du Dic gelés par les belligérants entre 2000-2001.
8. La décision publique et courageuse de créer l’Asd en vue de contrer l’exécution de l’Accord
de l’hôtel Cascade entre deux composantes, le Mlc et
le gouvernement et leurs alliés respectifs. Or, cet accord consacrait la
partition du pays et la poursuite du pillage de ses ressources naturelles,
pillage dénoncé ultérieurement par le Conseil de sécurité de l’Onu à travers
les rapports de ses experts : Panels I et II.
9. Le 15 septembre 2003, nonobstant son exclusion de la
gestion du pays pendant la transition, l’Udps,
pourtant reconnue comme première force politique du pays (
tous les sondages en font foi depuis plusieurs années), l’Udps, notre parti, s’est courageusement engagée à
reconnaître les institutions de la transition et à favoriser l’émergence d’un
climat politique d’entente, et cela durant toute la période de transition. Tout
cela pour contribuer positivement à
l’organisation et la tenue des élections libres, démocratiques et transparentes
dans le délai de 24 mois.
10. Malgré le climat général d’insécurité caractérisée
par l’assassinat de ses membres à Kinshasa, Lubumbashi, Likasi, Mbuji-Mayi, Uvira , etc. ainsi que la traque quasi-cyclique de ses combattantes
et combattants par les services de répression du pouvoir, le 13 décembre 2003,
sur la place publique (esplanade du Palais du peuple), l’Udps
a renouvelé le gage d’œuvrer pour une transition apaisée en vue de favoriser la
paix, la tranquillité ainsi que les conditions nécessaires pour une véritable
réconciliation des filles et fils de notre pays.
De ce qui précède, l’Udps ne recourt jamais à des
prête-noms pour mener son combat politique, mais se réserve le droit de
soutenir toute action dynamique non-violente
qui va dans le sens d’accélérer l’avènement d’un Etat de droit démocratique et la réalisation des objectifs
prioritaires de la transition tels que
consignés dans l’Agi dont se réclame l’organisation
dénommée «La coordination du peuple congolais ».
La
question que nous devons nous poser est celle de savoir ce qui est à la base de la nervosité actuellement
observée dans le chef des dirigeants de la transition.
A l’Udps, nous pensons que les éléments ci-après justifieraient
cette nervosité :
-L’échec des dirigeants de la transition dans la gestion
du pays conformément au mandat leur conféré par l’Agi,
lequel échec a entraîné la misère et la colère des agents et fonctionnaires de
l’Etat, enseignants, magistrats, médecins, soldats et
policiers, agents des services de sécurité, ménagères, bref tout le peuple
congolais.
-Le fait que le peuple exprime à travers grèves et
marches sa colère et dit non à l’aventure
-Les résultats des sondages qui placent l’Udps et son
président national M. Etienne Tshisekedi wa Mulumba au sommet des
préférences du peuple pour gérer autrement la République.
L’Udps exige une enquête
indépendante
De ce qui précède, l’Udps :
1. Proteste et condamne énergiquement la violation par la
police nationale des domiciles de son président national et de son secrétaire général, ainsi que la
fusillade qui s’en est suivie et exige une enquête indépendante pour établir
les intentions véritables de ce commando de la mort ;
2. Concernant plus précédemment la marche pacifique
organisée ce jeudi 15 avril 2004 à partir du Rond-point Victoire par des
Congolais usant de l’exercice normal de leurs droits constitutionnels s’étant
par ailleurs conformés à la procédure en la matière édictée par l’autorité
urbaine de Kinshasa, l’Udps condamne une fois de plus
le contournement de l’autorité qualifiée au profit du zèle des groupes
d’intérêts partisans qui détournent la police et exige la libération immédiate
et inconditionnelle de toutes personnes arrêtées ainsi que leur prise en charge
et réparation de tout préjudice subi par
elles-mêmes et par leurs familles
respectives ;
3. Met en garde quiconque tenterait de rééditer de tels
actes car il endossera personnellement toutes les conséquences de la réponse
adéquate de l’Udps qui prend de ce fait à témoin
l’opinion nationale et la communauté internationale
4. Réaffirme sa foi en la capacité des Congolais à
dépasser pour l’aboutissement heureux de
la transition. Nous vous remercions.