ALLOCUTION DE MONSIEUR REMY
MASSAMBA MA KIESE, SECRETAIRE GENERAL DE L’U.D.P.S. A L’OCCASION DE LA CLOTURE
DU SEMINAIRE SUR LES STRATEGIES DE REUSSITE D’UNE CAMPAGNE ELECTORALE EN DATE
DU 16 OCTOBRE 2004 AU SIEGE DU PARTI SIS N° 546 AVENUE ZINNIAS A KINSHASA/LIMETE
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et le Progrès Social, représenté par Monsieur Bernard NKWEDI LUSIELO Président de Séance du Collège des Fondateurs ;
Monsieur le Président du Comité
National de l’U.D.P.S, Georges BIENGA ;
Monsieur le Directeur de
l’Institut pour la Promotion de la
Paix, de la Démocratie
et du Développement ;
Mesdames et Messieurs
les Cadres de l’UDPS ;
Combattantes et
Combattants Membres du Parti ;
Dans le souci de disposer des cadres compétents en matière des élections, l’UDPS a pris l’initiative d’organiser du 14 au 16 septembre 2004, un séminaire sur les stratégies de réussite d’une campagne électorale.
Pour atteindre cet objectif, l’UDPS a bénéficié de l’assistance technique de l’Institut pour la Promotion de la Paix, de la Démocratie et du Développement, qui a bien voulu assurer la formation en matière électorale de tous les cadres supérieurs du Parti résidant à Kinshasa. 154 Cadres y ont participé.
Compte tenu de l’importance de cette formation, l’UDPS envisage de poursuivre cette action jusqu’au niveau de la base, tant à Kinshasa qu’à l’intérieur du pays.
A cette occasion, nous tenons, au nom du Président National Monsieur Etienne TSHISEKEDI wa MULUMBA, aux noms des Combattantes et Combattants du Parti et en notre nom personnel, à présenter nos sincères remerciements à Monsieur François ELIKA, Directeur de l’Institut pour la Promotion de la Paix, de la Démocratie et du Développement et à ses collaborateurs, pour tout ce qui a été fait pour la réussite de ce séminaire, tant pour les matières dispensées que pour l’organisation de cette cérémonie de clôture.
L'organisation de ce séminaire vient renforcer les atouts dont dispose déjà le Parti pour gagner les élections qui s'annoncent. Avec toutes ces armes , sans nul doute l'UDPS remportera lesdites élections haut la main.
Indépendamment de cette victoire, d'ores et déjà
acquise, l'UDPS n'entend pas, au lendemain du scrutin, pratiquer une politique
de chasse aux sorcières ou celle d'exclusion. Car, la mise sur pied d'un régime
démocratique implique la cohabitation pacifique des toutes les opinions, base d'une véritable
réconciliation.
Toutefois, pour arriver à ces élections tant
souhaitées et attendues par le peuple congolais d'une part, et par nos
partenaires de la communauté internationale d'autre part, une réelle volonté
politique de réaliser tous les objectifs assignés à la Transition par l'Accord
Global et Inclusif devait sans équivoque
se manifester.
Or, après 16 mois de Transition, force est de constater l'absence totale de cette volonté politique dans le chef de l'actuel leadership, caractérisé par le blocage permanent du processus devant conduire à la tenue des élections libres, démocratiques et transparentes.
Pour l’heure, les déclarations fusent de partout et même du sommet de la pyramide du Pouvoir, sur la nécessité d’aller aux élections, et le Président de la République d’annoncer déjà sa démission et celle de son Gouvernement à la date du 30 juin 2005, si des élections générales ne sont pas organisées avant cette date.
Dans tout théâtre, lorsque la pièce est jouée sans décors, cela vous donne le goût amer du non événement, de catastrophe ou de supercherie ! C’est alors que les spectateurs cassent les chaises, parfois mettent le feu au théâtre, parfois, le pire que les enfants de Dieu rejettent se produit : ils se saisissent des acteurs malhonnêtes !
Voilà comment nous pourrions décrire le résultat et les conséquences de l’imposture.
Le même théâtre porté aux dimensions de la RDC n’aura le goût de la réussite que lorsque le décors fait des préalables consignés dans l’Accord Global et Inclusif sera réalisé, pour donner aux élections à venir, le sens plein de leurs attributs de liberté, de transparence et de démocratie.
Les congolais se préparent à participer à des élections libres, démocratiques et transparentes et à rien d’autre, et ce avant le 30 juin 2005, date buttoir pour le dépôt du bilan et la prestation de serment du Président de la République élu.
Pourtant à travers les jours, les semaines et les mois qui passent, se révèlent, se peaufinent, s’aiguisent et se précisent les germes annonciateurs des échéances apocalyptiques sur fond de défis et d’innombrables blocages à l’avancement du processus de la transition :
1. La pratique généralisée de la corruption, de la fraude et de la tricherie qui a permis à la composante à laquelle appartient le Président de la République de rompre l’équilibre établi par l’Accord Global et Inclusif et de contrôler aujourd’hui près de 80% de pouvoir et même d’entretenir au sein des autres formations politiques ses futurs cadres de la territoriale, de la diplomatie, des entreprises, de la DGM, de la Police… Ce qui crée et accroît la méfiance et la suspicion entre les animateurs.
Une telle concentration de pouvoir non assorti du caractère nécessaire et exemplaire quant à son mode de gestion prévu à l’art.80 de la Constitution trahit la lettre et l’esprit de l’Accord Global et Inclusif et compromet la matérialisation des attributs libres, démocratiques et transparentes qui doivent impérativement symboliser les élections.
2. la volonté originelle des animateurs actuels de la transition d’écarter l’UDPS de celle-ci, alors qu’elle demeure la première force politique du pays qui bénéficie notoirement de la confiance du peuple ; les péripéties de la délivrance du Récépissé de l’UDPS en témoignent, contrarie les attributs libres, démocratiques, et transparentes .
3. l’amateurisme, l’apprentissage sur le tas dans des domaines sensibles et essentiels pour la réussite de la transition démocratique se conjuguent à la mauvaise foi dans le chef des animateurs actuels de la transition ;
en témoignent, plusieurs déclarations du CIAT, de l’Union européenne, des confessions religieuse, de l’UDPS et de plusieurs forces politiques et sociales du pays, en témoigne également le message sans équivoque du peuple Congolais des 2, 3 et 4 juin 2004.
4. La cacophonie à répétition sur les problèmes politiques sensibles au sommet de l’Etat.
5. La non réalisation, à ce jour, des cinq objectifs principaux assignés à la transition par l’Accord Global et Inclusif du 02 avril 2003 à Sun City, à savoir :
5.1 la non restauration de la paix sur toute l’étendue du territoire national
5.2 le non rétablissement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national ;
5.3 le frein à la réconciliation nationale vécu en haut lieu dans l’espace présidentiel de la République et à la base par les humiliations infligées aux déplacés et aux réfugiés congolais au Congo ;
5.4 la non formation d’une armée nationale restructurée et intégrée ;
5.5 la non organisation des élections libres et transparentes à tout les niveaux permettant la mise en place d’un régime constitutionnel démocratique ;
5.6 l’absence de budget pour les Institutions d’Appui à la démocratie et l’organisation des élections.
6. Le retard mis dans la préparation des lois essentielles, préalables et nécessaires à l’organisation des échéances référendaires et électorales.
7.
L’absence d’une véritable et sincère réconciliation
entre les membres de l’espace présidentiel, entre toutes les communautés
Congolaises et entre la RDC et certains pays voisins ;
8. L’existence d’une garantie forcée et non autocentrée et mûe par la volonté propre des animateurs de la transition quant à la stabilité des institutions politiques en place.
9. L’incapacité notoire de l’espace présidentiel à assurer un leadership nécessaire et exemplaire dans l’intérêt de l’unité nationale, conformément aux dispositions pertinentes de l’Accord Global et Inclusif ainsi que de la Constitution ( art. 80 ), auquel s’ajoute le manque de coordination de l’action gouvernementale.
10. L’absence des conclusions des enquêtes initiées par le gouvernement dont les conclusions sont demeurées sans suite. Ce qui jette un grave discrédit sur l’autorité politique et morale du gouvernement dans l’opinion nationale et internationale.
11. Le recours à des pseudo coups d’Etat, en vue de justifier le renvoi de l’organisation des élections aux calendes grecques ;
12. La philosophie politique de certains acteurs de la Transition à la veille des élections qui consiste au besoin, à faire cavalier seul en violations des principes sacrés d’inclusivité, de consensualité, d’unité et de réconciliation nationale ;
13. La non neutralisation et la tolérance des forces négatives sur le territoire congolais colle à la peau d’une composante ;
14. L’indifférence du Pouvoir actuel à rechercher des solutions susceptibles de soulager tant soi peu la misère du peuple Congolais dans le vécu quotidien, ne fusse que sur le plan de la rémunération, à laquelle tente de palier quelques officines distribuant bics, cahiers, chemises, savons, opérations facilitées par l’absence d’une loi sur le financement des partis politiques d’une part et par la gestion partisane, paternaliste et clientéliste de l’espace présidentielle d’autre part.
15. Le non respect des engagements, des accords et des textes qui est dramatiquement montré au peuple Congolais, en témoignent les débats jamais éteints sur la nationalité, l’amnistie, le Partage des responsabilités, tous des débats qui vont à contre sens de l’esprit dans lequel ces préalables avaient été énoncés dans l’Accord Global et Inclusif pour réconcilier, unir et bâtir la paix. Plus, le processus d’intégration de l’armée et de la police semble être suspendu à l’issue du débat sur l’assassinat en 2001 de feu le Président Mzee L.D. Kabila.
La nature, la permanence et la persistance de ces causes confèrent à cette crise politique un caractère structurel qui appelle des solutions appropriées. Aussi, la piste de solution suivante peut être proposée.
Aux grands maux, grands remèdes :
Dans l’intérêt supérieur de la Nation et pour épargner au pays de sombrer davantage dans le chaos, l’UDPS en appelle à la conscience et au devoir patriotique de tous les responsables politiques impliqués dans la crise actuelle pour accepter l’unique solution capable de débloquer la situation et remettre le processus de la transition en marche.
Aussi à la date du 30 juin 2005, élections ou pas élections, tout s’arrête.
Et comme à l’UDPS nous ne voulons pas que s’installe de nouveau ni l’anarchie, ni une autre dictature ; à cette date fatidique du 30 juin 2005, le Président National de l’UDPS Monsieur Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA répondra à l’appel du peuple congolais, des 2, 3 et 4 juin 2004, en prenant son bâton de pèlerin pour rencontrer les principaux acteurs politiques congolais, les principales force vives, les confessions religieuses en particulier, pour envisager avec le CIAT, le sauvetage de la transition et de ses objectifs.
Concrètement, en attendant le leadership de sauvetage national et les mesures nouvelles, à dater du 1er juillet 2005, les entités décentralisées de l’administration territoriale : Collectivité, Territoire, Commune, District, et Province seront administrées par ceux et celles désignés conformément à la Constitution de la transition qui auront le devoir d’expédier les affaires courantes, sous le contrôle direct du peuple auquel ils rendront journellement compte.
Combattantes, Combattants, Peuple Congolais ;
L’heure est grave pour nous et pour nos descendants . Tout montre que les dirigeants actuels de la Transition s’attellent à des manœuvre sournoises pour empêcher ou retarder la tenue des élections dans le but de pérenniser leur pouvoir, tout en cherchant à exclure l’UDPS et d’autres Partis non acquis à leur solde.
Compte tenu de ce qui précède, et fort de votre pouvoir de souverain primaire, nous vous invitons à une vigilance tous azimuts afin de faire échec à toutes les manœuvres tendant à vous priver des vos droits inaliénables.
Tenez-vous prêts à les défendre le moment venu.
Pour l’instant, l’UDPS met le pouvoir en garde contre toute démarche visant à remettre en cause son existence légale.
A cet effet, les combattantes et combattants doivent se tranquilliser, car le principe d’antériorité prévu dans les dispositions légales relatives au fonctionnement des partis politiques donne raison à l’UDPS du reste signataire de l’AGI et exclut toute confusion possible.
Quant à vous heureux bénéficiaires du séminaire, vous voilà davantage armés des connaissances qui vous permettront de participer efficacement à la préparation et à la tenue des élections. Serrons-nous les coudes, avançons ensemble, protégeons et partageons nos connaissances acquises avec les Combattantes, les Combattants et le peuple Congolais pour une bonne réussite de ces élections, balisées libres, démocratiques et transparentes.
Monsieur le Président National de l’UDPS,
Combattantes et Combattants Membres du Parti,
Au moment où notre adresse touche à sa fin, permettez moi une fois de plus, de réitérer nos remerciements à l’Institut pour la Promotion de la Paix , de la Démocratie et du Développement qui n’a rien ménagé pour la réussite de ce séminaire, en espérant nous retrouver pour la poursuite du même programme.
Tenons bon, l’UDPS vaincra ! ! !