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[Page principale] [Home page] [Nos leaders] [National leadership] [Secrétaire Général] [General Secretary ] Communiqué de Presse"Notre nation est en danger et personne ne peut se dire seul habilité à détenir le monopole de la vérité"Devant les événements tragiques qui se déroulent actuellement dans notre pays, l'UDPS, grande formation politique et fille aînée de l'opposition démocratique, ne peut rester aucun moment bouche close. L'UDPS n'a aucun droit de se taire au moment où l'existence de l'État est menacée et où des gens tentent de réorienter l'histoire politique de notre pays par les armes. Notre nation est en danger et personne ne peut se dire seul habilité à détenir le monopole de la parole et de la vérité. Refuser à un autre compatriote le droit d'exposer son opinion même opposée sur un problème d'intérêt national, ne serait de toute évidence qu'un refus de la démocratie et un totalitarisme de mauvais aloi. Par contre, tenir seulement compte de ceux qui parlent armes a la main, c'est vouloir institutionnaliser la violence comme l'unique moyen de règlement de conflit entre des individus ou des peuples. Voila pourquoi, fidèle à sa vocation historique de dire très haut ce que d'autres disent tout bas, l'Udps revient à la charge pour interpeller la conscience de notre peuple et spécialement celle de la classe politique et intellectuelle. Un grand parti national ne peut pas reculer devant ses responsabilités d'analyse non émotionelle des événements politiques. l'UDPS interprète la suspension des activités politiques comme synonyme de la suppression de l'expression d'opinion qui ne serait qu'un faux-fuyant et un prétexte de lâcheté, en ce moment où il y va de l'existence même de l'État. Nous vivons aujourd'hui une nouvelle étape historique qui ne manquera pas de marquer le destin futur de notre pays. La situation ressemble de beaucoup à celle que nous avons connue en 1960. La guerre que nous n'osons pas regarder en face qui est décretée à la sauvette et contrôlée par les étrangers, risque de nous échapper. Elle peut devenir un piège contre notre nation. Cette guerre que le Président Kabila annonce être de longue haleine risque de réduire à néant tous les efforts pour la construction rapide d'un État moderne et démocratique. La République Démocratique du Congo ne sera plus la même après la victoire militaire de l'un ou l'autre belligérant. Elle obéira à d'autre lois de mouvance, d'attraction et de gravitation géo-politique avec toutes les conséquences propres aux obédiences militaires. On nous a appris que les belligérants ont fait appel à des troupes et des mercenaires de tout bord. On parle des Colombiens, des Somaliens, des Ougandais, des Rwandais, des Burundais pour contre carrer les Zimbabwéens, les Angolais, les Namibiens, les Soudanais qui ont volé au secours de la République Démocratique du Congo. A cette liste non exhaustive, il faut ajouter tous les agresseurs, tous ceux en rébellion et les fantômes qui opèrent la nuit, à visage couvert. Cet engouement n'est pas gratuit. Des marchands de canons ont trouvé encore une fois en République Démocratique du Congo une occasion de faire des négoces juteux ou d'emporter des butins. La méthode choisie par le belligérants est une guerre totale et sauvage. On incendie tout, on bombarde tout. On massacre enfants, femmes et vieillards. On emporte tout ce que l'on peut amener. Les églises, les hôpitaux, les écoles, lieux sacrés dans toute guerre, ne sont pas épargnes. Le plus inquiétant de cette guerre, c'est le risque pour la République Démocratique du Congo d'être prise en otage pour plusieurs années. S'il nous a été difficile de nous débarrasser des Rwandais et des Ougandais de l'Afdl, combien nous serait-il encore plus difficile de nous dégager de tant de forces militaires en face aujourd'hui? Les abeilles quittent-elles facilement une ruche pleine de miel? Aurait-on vu un tel soutien aux rebelles ou au gouvernement si la guerre se passait dans un autre État moins nanti que la République Démocratique du Congo? Le Président Kabila a déclaré dernièrement à son retour à Kinshasa, après la défaite des rebelles dans la capitale, que la guerre sera de longue haleine. Il a dit vrai! Mais cette même phrase aggrave nos appréhensions. Notre pays peut-il se permettre une longue guerre sans se condamner soi-même à la misère et à un alourdissement de la dette extérieure? La République Démoncratique du Congo n'est pas l'Irak ni la Libye qui avaient des moyens financiers suffisants et s'étaient rationnellement prépares à la guerre. Devant ces quelques considérations et devant le tournant qu'a pris la guerre, l'Udps se voit de nouveau dans l'obligation de rappeler à notre peuple le contenu de ses divers messages au sujet de cette guerre d'intérêts politiques, financiers et économiques. Monsieur Tshisekedi wa Mulumba croit fermement que si la guerre est parfois inévitable, sa durée peut être limitée grâce aux négociations. Faire la guerre et négocier la paix ne font qu'un. La paix des braves est souvent préférable à une défaite humillante ou à une victoire dévastatrice pour soi même. C'est pourquoi, l'Udps a clairement indiqué que tous les problèmes qui nous divisent entre nous, ou qui nous opposent à nos voisins doivent trouver des solutions politiques et diplomatiques. L'Udps a mis notre peuple et la communauté internationale en garde contre les dangers d'embrassement de l'Afrique et de la balkanisation de notre pays. La radicalisation des solutions militaires est un haut risque que l'on ne prend pas sans avoir maîtriser tous les paramètres. Etienne Tshisekedi a rappelé chaque fois que les problèmes relatifs à notre sécurité et à l'intégrité des frontières dans les régions des Grands Lacs avaient été passés au peigne fin lors de la Conférence nationale souveraine. Des solutions pratiques et sages avaient étés proposées. Ni le Rwanda, ni l'Ouganda, ni la République Démocratique du Congo n' avaient des raisons de se faire la guerre pour assurer la sécurité de leurs frontières. Enfin, le chef de file de l'opposition pacifique a demandé concrètement l'arrêt des hostilités, le retrait de toutes les forces étrangères impliquées dans le conflit, le dialogue entre les pays concernés par la guerre et une table ronde suivie d'une réconciliation nationale sur base d'un cadre juridique consensuel pour conjurer d'autres rebellions. Hélas! Cette vois de sagesse n'a pas été suivie. Chaque camp a préfèré montrer sa force en appelant ses alliés au secours sans se rendre compte que c'est une reconnaissance tacite de son impuissance. Les vrais maîtres de la guerre ne sont plus des Congolais, mais les alliés soutenant l'une et l'autre partie. C'est pourquoi l'Udps continue à inviter les belligérants aux bons sentiments. Attention au cheval de Troie! Méfions-nous des mercenaires qui sont tous les mêmes. Le mercenariat est un métier qui ne plait qu'aux malfrats. L'Udps lance également un appel pathétique à la classe politique et intellectuelle pour qu'elle sorte de sa torpeur, de sa passivité et de son silence de mort. Ce n'est pas dans la guerre de longue haleine que nous irons aux élections. Ce n'est pas avec une population armée pour son auto-défense que les candidats pourront librement s'affronter. Vraiment, il y a danger en la demeure! Nous devons tous nous unir pour mettre rapidement fin à cette guerre. Nous devons nous souvenir que les grandes guerres mondiales ont commencés souvent par de petites guerres locales pour des causes banales. Mobilisons-nous plus pour la paix que pour la guerre. Cette position de l'Udps apparaîtra peut-être à d'aucuns comme inopportune, voire saugrenue. Faisons notre la phrase: "Je désapprouve ce que vous dites, disait Voltaire à son adversaire, mais je me battrai jusqu'a la mort pour que vous ayez le droit de le dire". Si vous avez choisi la guerre, l'Udps a choisi la paix, le dialogue, la concorde comme armes les plus sûres pour conquérir le pouvoir et pour le conserver. Fait à Kinshasa, le 24 Septembre 1998
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