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Dialogue intercongolais : à quelques jours de la fin, le sort du pays est-il vraiment en jeu ?

A quelques jours de la fin du dialogue intercongolais, le sort du pays est suspendu à un fil de rasoir. Sauf un sursaut des dernières minutes pourrait sauver ce forum d'un échec évident. Lors des négociations qui se sont déroulées dans un climat souvent difficile, certaines parties au lieu de rechercher une solution durable à la crise semblent orienter au maintient d'un statu quo. Certes, dans la logique des pourparlers, les positions des uns et des autres se devaient d'être exprimées avec la force de conviction nécessaire tout en restant à l'écoute des autres. Elles devraient tout naturellement ensuite se diluer pour aller vers un consensus inéluctable, prélude de la fin de la belligérance. Dès lors, il est difficile de comprendre l'obstination de la composante gouvernementale de camper sur ses positions initiales en voulant transformer à tout prix une situation de facto en norme légale.

L'accession de Kabila père au pouvoir n'a jamais été un acte emprunt de légalité. Il aurait fallu à l'époque comprendre la nécessité de formaliser ce pouvoir pour lui donner un brin de légitimité en acceptant de composer, d'une façon ou d'une autre, avec les forces politiques internes ayant combattu la dictature de Mobutu. Cette démarche limpide était considérée par les autorités de l'AFDL comme une imposture. Aujourd'hui, qu'on le veuille ou non, on s'achemine vers cette dynamique. Un gouvernement d'union nationale sera mis en place pour assainir le terrain durant la période de transition en vue de préparer au mieux les élections générales.

A quelques jours de la date butoir du 12 avril qui doit sanctionner la fin des assises de Sun City, il est triste de constater que les esprits ne sont pas suffisamment ouverts pour saisir à temps les risques potentiels d'un éventuel échec. Ce faisant, il n'est jamais tard pour se re-saisir et il faudrait mettre à profit ces dernières heures pour y parvenir. Cet engagement appelle de la part de tous délégués une bonne dose de courage et d'abnégation. Celui-ci devrait être doublé d'une clairvoyance sans égale pour percevoir et prévenir les dangers à venir avant que le cataclysme ne s'abatte une fois de plus sur toute la communauté nationale. Le problème de fond est de savoir au nom de quoi ou de quel principe on devrait hypothéquer la vie de toute une nation pour sauvegarder la position d'un seul homme.

Nous pensons ici qu'il y a vraiment matière à réflexion. Nous pensons aussi que le sens de responsabilité à l'égard du pays et à l'égard du peuple, congolais longuement meurtri, se mesure sur les options fondamentales à lever quand la nation est sérieusement menacée dans ses fondements. Evidemment, si la ligne gouvernementale de confier la gestion de la transition à Kabila qui, soit dit en passant, se désintéresse de ces assises et se place comme du beau de temps de Mobutu, au-dessus de la mêlée - est partagée par tous, cela constituerait un gage pour toute la nation. Si par contre, pour plusieurs raisons d'ailleurs évoquées tout au long des discussions, il s'avère qu'un mur s'érige contre cette candidature, le sens patriotique devrait prévaloir et avoir le dessus sur des intérêts partisans. Dans ce cas de figure, la solution suggérée par la majorité des délégués suivant le processus de consensus sera la bonne et par voie de conséquence, elle sera opposable à tous.

Le péché capital à éviter c'est celui de sacrifier l'unité du pays, la paix des citoyens et la possibilité de rebâtir l'Etat congolais au seul motif de privilégier la présence d'un individu à la tête des institutions. Par ailleurs, il y a lieu de retenir à ce propos les leçons de l'histoire récente de notre pays ! Du temps de Mobutu il y a ceux qui le croyaient incontournable ; notre pays a vécu sans lui. Du temps de « Mzee » Kabila, il y a ceux qui ne juraient que par son nom sans savoir que les événements en décideraient autrement. La même erreur est en train de se répéter où l'on croit mordicus que sans Kabila fils les institutions ne peuvent fonctionner. Derrière toutes ces présomptions malicieuses se cachent les intérêts obscurs et la peur de perdre le pouvoir autocratique, source de nos problèmes d'hier et d'aujourd'hui.

Si réellement l'intérêt du pays et du peuple congolais prime, on ne devrait pas voir les choses sous cet angle. Le peuple congolais, il faut le dire tout haut, a le droit de tourner une page triste de son histoire caractérisée par des turbulences incessantes et par la suprématie des régimes dictatoriaux. Les assises de Sun City sont une occasion pour la classe politique entière de se remettre en question. Elles constituent un moment important de notre pays où elle devrait faire une autocritique tout en privilégiant les voies susceptibles de sortir notre patrie de cette ornière.

Toutefois, que l'on ne ferme pas les yeux devant une réalité pourtant évidente! Alors que la plupart s'égaraient dans la gestion calamiteuse des fonds ou s'évertuaient à imposer la dictature comme méthode de gestion politique, il y a des gens, très peu, qui ont eu le courage de dénoncer et de montrer la voie qui sera, qu'on le veuille ou non, suivie après ces assises.

Nous croyons que ce n'est pas par pure prétention ou par simple manie de pouvoir que notre président national de l'UDPS, le Dr. Etienne Tshisekedi, a présenté sa candidature pour assumer la présidence de la république. Il reste un des hommes valides sur lesquels le Congo doit miser pour préparer son avenir. Sa longue expérience politique et le combat pour lequel il s'est personnellement engagé ces dernières décades indiquent qu'il est à même de sauvegarder les intérêts du peuple congolais. A plusieurs reprises, surprenant souvent les autres politiciens, il a toujours sans hésitation indiqué la voie, la meilleure, qu'il fallait suivre et dénoncé les dérives dictatoriales des uns et des autres.

Les Congolais ne doivent pas louper cette chance historique de confier le destin de notre nation a un visionnaire. A un homme qui sait montrer la voie et qui peut effectivement conduire notre pays vers des lendemains meilleurs.

---- La rédaction


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