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[Page principale] [Home page] Les travaux préparatoires du dialogue intercongolais :
Les travaux préparatoires au dialogue congolais qui ont lieu à Gabérone, au Botswana, constituent une étape importante dans la vie institutionnelle de notre pays. Le fait d'accomplir ce pas, qui, il faut le dire, traînait à arriver, représente un immense champ d'espoir pour le peuple congolais. Jamais après la Conférence Nationale Souveraine, un événement de cette ampleur n'était aussi attendu et aussi désiré par tout le peuple. Pendant l'époque glorieuse de la Conférence Nationale Souveraine durant laquelle tout le pays a vibré à l'unisson, nous nous rendîmes compte, non sans surprise, de disposer des potentialités humaines de hautes valeurs, c'est-à-dire, des femmes et des hommes capables de prendre en main le destin de la nation à des moments très critiques de son parcours. La CNS a certes vécue. Néanmoins, elle a imprégné dans l'âme de chaque Congolais un attachement inexorable aux valeurs républicaines. Elle a forgé jusqu'au fond de nous-mêmes le sens de l'appartenance à une même nation. Elle a élevé jusqu'au plus haut degré le sens civique qui a poussé les martyrs du 16 février 1992 à sacrifier leurs vies pour la tenue de ces assises. C'est à ces nombreux titres de noblesse qu'elle reste une page dominante de notre vie nationale. Ses résolutions qui demeurent, à ne point en douter, d'actualité, constituent à tout jamais une référence incontournable pour tout le pays.
Au moment où l'integrité du pays est gravement compromis, ce passé glorieux, pourtant très proche de nous, nous livre l'exemple d'hommes et des femmes de ce beau pays, engouffrés dans des manœuvres insidieuses du bas étage, qui se sont dépassés en laissant de côté les clivages de tout bord pour privilégier les intérêts du pays. Est-ce une époque définitivement résolue ? Non ! Nous ne pourrions le croire d'autant plus que l'histoire a cette formidable capacité de se répéter parfois. Cette noble intention de ressusciter le «miracle congolais» couve anxieusement dans le subconscient de tous faisant de sorte que, le rêve d'une paix imminente accompagné d'un changement profond et radical de la donne socio - politique soit devenu le refuge de beaucoup de nos compatriotes si longtemps martyrisés par la conjonction des intérêts divers et divergents.
A l'approche de ce rendez-vous historique durant lequel toutes les forces vives (et non-vives) de la nation s'apprêtent, après l'échec d'une solution militariste, à aller au dialogue pour dénouer cette crise multiforme et multidimentionnelle qui sécoue le pays, notre pensée va naturellement au peuple congolais qui a enduré de nombreuses souffrances au travers d'une misère sans nom. Notre pensée va à nos vaillants combattants qui n'ont jamais cesser de lutter pour qu'un jour nos idéaux triomphent. Notre pensée va aussi aux peuples voisins et lointains épris de paix qui ont soutenu sans relâche les efforts de paix en poussant les belligérants vers une solution concertée au détriment de crépitements des armes qui ont provoqué, à ne pas y croire, plus de 3 millions de morts en l'espace de trois ans. Notre pensée et nos prièrent vont enfin aux politiciens principalement et aux membres de la société civile qui ont la lourde responsabilité devant la nation et devant l'histoire de ne pas rater cette opportunité de conclure une paix durable.
Quant à la nature des travaux préparatoires au dialogue, elle ne doit pas être l'occasion de prolonger outre mesure les disputes. Elle doit plutôt baliser le chemin pour un dialogue véritable qui est perçu comme une opportunité pour règler à tout jamais ce conflit de légitimité et de démocratisation du pouvoir. Nous pensons et espérons que tous les participants à ce forum de la dernière chance se montreront à la hauteur de la situation en commençant par déterrer définitivement leurs divergences. Celles-ci ont été si grandes qu'elles n'ont su trouver des voies expiatoires qu'à travers une guerre lacirante et lourdes des conséquences pour le pays. Cependant, en dépit des grands enjeux qui se voilent derrière ce conflit armé, les politiciens devraient avant de débiter leurs raisons respectives faire parler plus leurs cœurs qui est l'unique carrefour qui peut amener à une convergence d'esprit et d'idées.
Les exigences de sortir définitivement de ce bourbier sont telles que le peuple congolais ne pourra leur pardonner de naviguer encore dans des erreurs. Si le principe des négociations a été arrêté, c'est que, quelque part, tous se sont bien rendus compte que c'était l'unique voie possible pour parvenir finalement à une solution durable et équitable de ce conflit. Le pays ne peut longtemps tolérer de vivre ce climat torbide et bélliqueux. Beaucoup de torts et beaucoup de pertes ont été causés à l'économie du pays et par ricochet, au peuple congolais. Le moment de se ressaisir est arrivé où il faut par dessus tout considérer avec patriotisme les intérêts du pays en scellant dans les faits l'entente et la réconciliation de tous les fils et filles de notre pays.
Notre parti qui est resté équidistant face aux belligérants et qui s'est battu, corps et âme, pour que la paix soit restaurée jouera pleinement sa part afin de créer les conditions nécessaires pour ériger un Etat de droit. L'UDPS et les autres partis non armés qui ont été pendant longtemps tenus à l'écart des négociations de paix ne manqueront de saisir cette opportunité pour conduire tous à la raison. Notre sens de responsabilité à l'égard des Congolais sera lourdement mis en contribution. Nous avons le devoir moral et politique de ramener les illusionnistes et les marchands de mort ainsi que tous les autres acteurs tacites de cette tragique et déplorable situation sur le seul sentier susceptible de sauvergarder l'unité du pays, c'est-à-dire, la mise en place d'un nouvel ordre politique qui jettera les bases des nouvelles institutions qui porteront le pays aux élections libres et démocratiques. ---- La rédaction[Page principale] [Home page] | |