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L'UDPS FACE A LA CULTURE D'IMPUNITE DANS LA REGION DES
GRANDS LACS:
Reaction a l'agitation actuelle du regime de Kabila par
transfuges de l'UDPS interposes*
Dans un article intitule "La haute direction politique de l'UDPS se dissocie
de la plainte portee en son nom contre Laurent-Desire Kabila" et
se referant a un communique signe par quatre personnes se presentant au
nom de la direction politique de notre Parti, New Congo Network (NCN)
francophone nous a surpris et etonne par son inexactitude a ce sujet.
La presente reaction constitue une reponse des soussignes en tant que membres
de l'UDPS a cette erreur, pour la quelle, NCN Francophone s'est deja excusee.
Vu que ledit communique fait parti d'un ensemble plus vaste d'articles
de presse et de communiques du meme genre parus ces derniers jours
tant dans la presse officielle du regime de Kabila que dans des journaux
congolais soutenus financierement par ce regime, et compte tenu du fait
que l'ensemble de ces documents appartiennent a une vaste manoeuvre de la
part du regime de Kinshasa visant a preparer sa version bien particuliere
de la "democratisation" du Congo, nous saisissons cette occasion pour reagir
et mettre a nu et demonter les machinations qui se trament a Kinshasa.
Le reste de cette reaction se presente comme suit: D'abord, un bref rappel
de deux machinations de l'epoque de Mobutu sera fait; ensuite, la
machination actuelle sera mise a nu; L'episode "plainte contre Kabila" ainsi
que ses implications et consequences pour la region des grands lacs suivront;
enfin, une breve conclusion portant sur les perspectives d'avenir du Congo
bouclera notre reaction.
Comme vous le consaterez surement, nous saisissons l'opportunite offerte
par cette reaction pour epingler quelques unes des confusions entretenues
par le regime de Kabila.
I. Deux machinations de l'epoque de Mobutu
Mobutu Seseko avait souvent recourru a la distraction de l'opinion tant
nationale qu'internationale pour tenter de briser la montee en force de
l'UDPS. Deux examples de cette distraction sont a chercher a la fin des
annees quatre-vingts et au debut des annees quatre-vingt-dix lorsqu'il
demanda a des transfuges de l'UDPS de creer leur "UDPS" a eux.
Le premier example est le cas du Prof. Dikonda wa Lumanisha.
Prof. Dikonda est un des membres fondateurs du Parti qui en assura
longtemps la direction et la representation en exil en Belgique quand
la plupart des figures phares du Parti a l'epoque etaient soit en prison
soit en relegation dans des villages recules a l'interieur du Congo. Lorsque
les principaux dirigeants du Parti eurent l'occasion de sortir du Congo et
que l'heure du bilan de la gestion du Prof. Dikonda sonna, il s'avera qu'un
certain nombre de malversations dont certaines furent d'ordre financiere
etaient a mettre a l'actif de Mr. Dikonda. Au lieu de rendre compte dans la
transparence, Mr Dikonda prefera changer de camp et rejoindre Mobutu,
trahissant par la des compagnons et des ideaux de tant d'annees de lutte
pour l'instauration d'un etat de droit au Congo. Mr Dikonda n'avait tout
simplement pas pu accepter qu'un poste de responsabilite dans un parti
politique est passager et lie au serieux et a de la constance dans la
defense des principes fondamentaux qui soutendent l'existence meme de ce
parti. Il refusa de se soumettre democratiquement au voeu de la majorite du
Parti et prefera la gloriole facile d'un poste de gouverneur de province
sans veritable pouvoir reel de decision face au dictateur en place. Plus
grave encore, il fut charge par Mobutu de creer une UDPS qu'il nomma "UDPS
original". De cette facon, Mobutu avait le loisir de dire a qui voulait
l'entendre que l'UDPS l'avait rallie!
Mr Dikonda mourrut dans des circonstances suspectes peu apres avoir ete
nomme gouverneur de province, tres probablement elimine par le regime de
Mobutu qui, apres l'avoir utilise le jetta comme un citron presse.
Le second example est le cas bien plus tragi-comique de Mr Faustin Birindwa.
Mr F. Birindwa fut en charge de l'organisation de notre Parti au debut des
annees quatre-vingt-dix. A ce titre il etait charge de l'implantation du
Parti au niveau national. Pendant les annees quatre-vingts, il fut relegue
maintes fois par le pouvoir mobutiste au Kivu.
Lorsqu'apres la Conference Nationale Souveraine (CNS) Mobutu voulu
contrecarrer l'application des resolutions qui y furent adoptees, il
s'employa a grands frais a essaye de debaucher quelques membres des partis
democratiques dont le notre. L'un des acquis de la CNS les plus unamimement
salues par la population a l'epoque fut l'election de Mr Etienne Tshisekedi
au poste de Premier Ministre de la transition de la dictature vers un etat
de droit. Mr Tshisekedi etait sans conteste l'adversaire le plus farouche
de Mobutu depuis la fin des annees soixante-dix. Il etait au yeux de tous un
adversaire qui pouvait battre le "Marechal" dans des elections generales
libres et transparentes. Que ce meme Tshisekedi soit a la tete du
gouvernement de transition etait inacceptable pour le dictateur Mobutu.
Mobutu crea son propre gouvernement a la tete duquel il placa F. Birindwa
qu'il reussit a debaucher et s'enorgueillit d'avoir pactise avec l'UDPS
pour ce faire. La manoeuvre ne trompa personne mais fit un mal enorme au
processus de democratisation du pays: Il y eut un bicephalisme odieux a la
tete de l'etat, bicephalisme qui paralysa le pays et jetta un trouble profond
dans le fonctionnement du pays. Mais, pour Mobutu, il valait mieux le chaos
qu'un ordre dans le quel il ne jouerait aucun role.
Birindwa ne passa que l'espace d'une annee au poste de premier ministre du
Marechal. Ce dernier se ravisa tres vite apres avoir utilise Birindwa pour
faire revenir aux affaires un personnage qui jusque la jouait oppotunement
a l'opposant, a savoir son homme de main Kengo wa Dondo.
Ces deux examples montrent comment Mobutu avait comme tactique de debaucher
des membres en vue de l'opposition, de leurs donner de la gloriole d'un poste
ephemere, de se targuer de collaborer avec "l'opposition" et de demettre les
malheureux quelque temps apres. Cette tactique servait, comme tant d'autres
tout aussi devastatrices pour les ressources humaines du Congo, a atteindre
un seul but: Perreniser son pouvoir absolu.
La liste des membres de l'opposition qui ont succombe a ce jeu est
malheureusement longue. Elle comportent aussi bien de membres de l'UDPS en
plus des deux cas illustres plus haut. Generalement, ce sont le memes
individus qui ont cede a ce jeu sous Mobutu. Et ce sont les memes individus
qui continuent le meme jeu sous Kabila. Parmi eux se trouvent les signataires
de la lettre evoquee par l'Observatoire de l'Afrique Centrale ainsi que
leurs commanditaires. C'est ce que nous voulons montrer dans le point suivant.
II. Le plan de Kabila et l'agitation des traitres de l'UDPS
C'est en fait depuis plus de deux ans que l'opinion est envahie par les
gesticulations d'une poignee de gens se prevalent d'appartenir a l'UDPS et
qui condamnent les actions entreprises tant contre le dictateur Kabila
que contre Mobutu avant lui.
Pour la premiere fois, en 1995, le Comite National, reuni au complet en
session ordinaire a Kinshasa, initia un elan democratique qui devait a terme
aboutir a un Congres du Parti et qui commencait par l'election d'un
Secretaire General du Parti ansi que de trois Secretaires Generaux Adjoints.
Plusieurs candidats se presenterent a ces elections qui furent hautement
democratiques et virent l'election de Dr Adrien Phongo au poste de Secretaire
General du Parti ainsi que de Mrs M. Sadiki, O. Kabangu et I. Bolankendu aux
trois postes de Secretaires Generaux Adjoints. Dr Phongo presenta une liste
de Secretaires Nationaux qui fut enterinnee par vote au cours de la meme
session du Comite National. Ces elections furent un triomphe de la democratie
interne au Parti. Malheureusement, bon mombre de candidats malheureux ainsi
que certaines des personnes qui les soutenaient ne furent pas bons democrates
et n'accepterent pas facilement la defaite. Pour eux, il n'etait question
que d'une alternative: ou ce sont eux qui dirigent le Parti, ou ils preferent
le saborder! Ils prefererent quitter le Parti et s'allier avec le diable,
Mobutu en l'occurence. Ce ne fut d'ailleurs pas la premiere fois qu'ils le
firent. Cetaines de ces personnes en effet, dont Kibassa Maliba, avaient
deja trahi l'UDPS par au moins deux fois dans le passee. Pour eux ne semble
compter que le pouvoir pour le pouvoir, peu importe le prix a payer,
fusse-t-il celui d'une alliance avec les dictateurs en place qu'ils ont
combattu des annees durant en sacrifiant parfois des etres chers -- un fils
tue par la DSP pour le cas de Mr Kibassa.
Ces personnes qui rejoignirent Mobutu, dont les signataires des differentes
lettres qui ont paru ces jours-ci dans la presse soutenant Kabila a Kinshasa,
n'eurent pas de peines a rejoindre Kabila.
Dans les jours qui ont suivi la fuite de Mobutu au Maroc, certaines autres
personnes, mues par un appetit aveugle du pouvoir ne tenant pas compte des
lecons du passe et, surtout, ne voyant pas que Kabila s'etait deja mue en
un Mobutu-bis, accepterent de jouer le jeu de la nouvelle dictature qui se
mettait en place. Kabila, tout comme Mobutu avant lui, essaie de les
presenter comme etant l'UDPS afin de clamer qu'il collabore avec l'UDPS
dans son equipe.
Kibassa Maliba et ceux qui se sont egares avec lui ne surprendront plus
jamais personne avec leurs gesticulations. Bien au contraire, les observateurs
objectifs de la scene politique congolaise ont l'occasion de verifier une
fois de plus encore une constance dans l'action politique d'un politicien
sans ideal dont la preoccupation principale est de parvenir a s'enrichir
sur le dos de la population. L'UDPS constitue un ensemble de principes et
objectifs autour desquels une lutte permanente est menee par des personnes
determinees, moralement fortes et capables d'aller jusqu'au sacrifice supreme
pour la defense de leurs idees. Tout celui qui ne defend pas effectivement
ces principes n'est pas de l'UDPS; c'est le cas de Kibassa Maliba et de ceux
qui se sont egares avec lui.
Sous Mobutu, la poignee de gens autour de Kibassa et d'autres qui se
prevalent d'appartenir encore a l'UDPS a trahi la cause de l'UDPS en se
faisant payer par le dictateur Mobutu pour saper systematiquement
l'implantation de l'UDPS. Sous Kabila, la meme poignee de gens fait tout
simplement parti du systeme repressif et corrupteur du nouveau regime
dictatorial. Il n'a aucune relation avec la lutte que mene l'UDPS.
Tout ce monde n'a certainement pas prevu que le systeme de Kabila,
essentiellement appuye par des etrangers, s'effondrerait si rapidement par
implosion. Ils sont aujourd'hui pris de panique. Ils ont vu ce qui est advenu
de nos traitres de l'epoque de Mobutu comme Ngalula Pandanjila, Dikonda wa
Lumanisha, Faustin Birindwa et certains autres: Tous sont tombes dans l'oubli
et ont politiquement disparu; seuls les gens qui ont tenu ferme contre vents
et marees ont aujourd'hui l'immense estime du peuple.
Ces transfuges semblent avoir passe un marche de type mobutien avec Kabila:
Ce dernier les aident a detruire l'UDPS par tous les moyens d'etat dont il a
seul le monopole, et eux s'assure a etre ses clients dans leur supposees
zones d'influence ethnique ou regionale.
La sonnette d'alarme a propos de ce marche avait ete tire au mois de Juin par
le journal Umoja qui ecrivait que le pouvoir complotait avec des transfuges
de l'UDPS pour "empecher Tshisekedi de participer aux elections" en creant
une "pseudo-UDPS" appuyant Kabila.
Mrs et Mme R. MUSUNGAYI, Alexis LIKANGO LISELELE, EWANGA IS'EWANGA et MBUYU
Yvonne sont des transfuges qui se sont auto-ejectes du Parti et n' occupent
pas les fonctions dont ils se reclament au sein de l'UDPS. La compositon du
Secretariat National est affichee au site de l'UDPS (http://www.udp.org).
Aucune de ces personnes n'y a rang de Secretaire General Adjoint ou de
Secretaire National. Par consequent, la question de savoir pour qui ces
personnes parlent ne se pose pas. Les choses sont claires: Ces 4 personnes
parlent au nom de Kabila et de son AFDL qui, avec acharnement, essaie de
construire son "UDPS" a lui pour contrer notre Parti. Comme vous l'aurez
vu dans les deux examples donnes plus haut au point (I), cette tactique
date de l'epoque de Mobutu. Kabila ne fait que la copier.
Le Secretaire General Dr. Adrien Phongo est le chef unique
de l'executif du Parti. Les candidats soutenus par les agitateurs
d'aujourd'hui n'ayant pas ete elus par le Comite National, ces agitateurs
ont decide de ne pas accepter les resultats des elections et de recourrir a
leur vielle tactique connue du dedoublement des structures, tactique destinee
a creer la confusion dans l'opinion.
Les statuts de l'UDPS, dans leur preambule, indiquent clairement les
preoccupations du Parti, a savoir l'eradication de la dictature et son
cortege de miseres, notamment en recourrant a la non-collaboration avec
des regimes d'oppression. La poignee de gens qui s'agitent aujourd'hui a
depuis longtemps renonce a cet aspect si important de notre lutte. Ils
collaborent avec un regime connu pour avoir favorise la mort de dizaines
de milliers de Hutu rwandais et de congolais innocents et valorise des
personnages au passe de genocidaire tel que Mr Gabriel Kyungu wa Kumwanza, un
regime que d'aucuns identifient avec celui de feu le dictateur Mobutu.
La poignee des agitateurs d'aujourd'hui disent s'appuyer sur une partie du
College des Fondateurs du Parti. Mais il s'avere que cette portion de cet
organe sur laquelle ils s'appuient est constituee de traitres aux ideaux du
Parti et de personnes qui ont renonce depuis belle lurette a la lutte du
Parti et dont l'autorite morale et la credibilite sont par consequent
nulles. Ils ne s'appuient nullement sur ceux des fondateurs dont la
credibilite est immensement intacte. Il n'y a en fait que le Congres,
organe supreme du Parti, pour deliberer valablement sur les questions
fondamentales qui se posent au Parti. S'ils en ont encore le courage
apres tant de traitrise, ils sont convies a y plaider leur cas!
L'un des agitateurs et traitres d'aujourd'hui, Mr Kibassa Maliba en
l'occurrence, etait le pion le plus avance du dispositif d'espionnage de
Mobutu au sein de l'UDPS. Aujourd'hui il s'est rallie au nouveau dictateur
Kabila. Il cherche maintenant a se positionner de la meme maniere pour
infiltrer l'UDPS a nouveau de facon a la torpiller de l'interieur pour le
compte de Kabila au moment de la reprise des activites du Parti.
Il ne sied aux traitres de l'ideal de l'UDPS que trois options: (1) evoluer
au sein de l'AFDL ou ce qu'il en reste comme, du reste, ils le font deja
maintenant; (2) creer un autre parti lorsque le regime dictatorial auquel
ils appartiennent aura libere les activites des partis politiques; (3)
affronter, comme suggere plus haut, les delegues de l'UDPS reunis en Congres
pour y plaider leur cas ou y sollisciter un pardon. Nous osons esperer qu'ils
choisiront le chemin de la raison pour eux-memes.
III. La plainte contre Kabila, une plainte necessaire
contre Kagame et certains des anciens compagnons
de Kabila: Implications et consequences pour la
region des grands lacs
L'acharnement du regime de Kabila, par personnes interposees dont des
transfuges de l'UDPS, contre la personne du Dr Francois Mpuila au sujet de la
plainte deposee contre Mr Kabila a Bruxelles est symptomatique d'une realite:
Dr. Mpuila a touche a un point sensible qui empoisonne tant notre vie dans la
region des grands lacs africains, a savoir l'impunite des genocidaires.
Les faits a charge de Mr Kabila sont accablants; Dr Mpuila les presente dans
un long document intitule "UDPS/BELGIQUE ACCUSE M. KABILA POUR CRIMES CONTRE
L'HUMANITE", document disponible sur Internet
(http://www.udps.org/Textes-Europe/belux00036-071298.html). Nous ne voulons
pas revenir sur les faits, du reste connus de tous maintenant. Neanmoins, nous
voulons faire certaines mises au point en tant que congolais voulant enfin
vivre en paix dans une region debarassee d'extremistes et de dictateurs de
tout genre.
Une premiere mise au point concerne le role de Kabila. Il est clair, au vue
des faits lui reproches, que ce Monsieur a commis de tres graves abus et
crimes contre l'humanite en 1996-97 pendant la campagne militaire visant a
chasser Mobutu du pouvoir. Pres de 200.000 Hutus rwandais et congolais
manquent a l'appel. Des temoignages credibles affirment que les forces de
l'AFDL, version janvier 1996 - juillet 97 (apres la mort de Kissasse Ngandu),
les ont tout simplement massacres. Puisque Kabila etait le chef nominel de
l'AFDL a cette epoque et qu'il a couvert ces crimes, ils devrait donc
logiquement repondre de ces actes devant la justice. S'il argue, comme il le
fait opportunement aujourd'hui, que ce sont ses allies rwandais du FPR qui
ont perpetre ces masacres, seule la justice devra nous eclaircir a ce
propos.
Kabila n'etait qu'un des chefs de l'AFDL. Tous ses compagnons de haut rang a
l'epoque des massacres doivent aussi etre traines devant la justice. Il
s'agit principalement de Deo Bugera, Karaha Bizima, Nyarugabo, et certains
autres. Nous doutons serieusement de leur "reconversion" en democrates.
Ils ont en fait voulu faire une revolution de palais qui a echoue et essaient
aujourd'hui de jouer aux democrates pour tromper la vigilance du peuple
congolais. Une fois arrive a leurs fins, a savoir chasser Kabila du pouvoir,
ils mettront en place une regime similaire, d'autant plus qu'ils recourrent
aux memes faiseurs de rois que Kabila. De plus, ils n'ont jamais exprime la
moindre excuse aux congolais pour leur participation au regime de Kabila.
Une deuxieme mise au point concerne le role de l'armee rwandaise. Il ne fait
aucun doute que cette armee a massivement participe aux massacres de Hutus.
Ses principaux chefs devraient donc repondre de leurs actes devant la
justice. En effet, ces chefs, le General Kagame en tete, qui semblent etre
de si bons commandants militaires ne pouvaient pas ne pas savoir ce qui se
passait sur le terrain, etant donne l'ampleur des massacres. Ils n'ont pas
l'excuse du genocide de 1994 au Rwanda pour en commettre un autre. En
agissant de la sorte, ils n'ont plus de caution morale du tout pour diriger
un doigt accusateur sur les genocidaires de 1994 au Rwanda. Ceci est tres
dommage, etant donne le capital de sympathie qui a entoure le FPR en 1994
pour avoir mis fin genocide de cette annee la.
Les implications et consequences pour la region des grands lacs d'une
telle action en justice sont de nature therapeutique. En effet, cette region
a trop souffert de l'ancrage de la culture de l'impunite dans la mentalite
d'une partie importante de la population. Toute la collectivite dans la region
a besoin de savoir que l'on ne tue pas impunement un President elu
au sufrage universel, qu'on ne tue pas des femmes, vieillards et enfants sans
defense, qu'on ne massacres pas des gens d'une ethnie autre que la sienne
propre pour leur seule appartenance ethnique sans que cela n'entraine une
punition tres severe des assassins qui seront defferes, le cas echeant, devant
un tribunal international pour assurer la severite du jugement. L'effet de
choc cause par l'action en justice contre Kabila au Congo le montre bien. Si
les tenants du regime se sont leves en bloc contre cette action, c'est
parcequ'ils entrevoient que ce qui arrive a quelqu'un comme Augusto Pinochet
pourrait leur arriver un jour lorsque la fameuse immunite de fonction
n'existera plus. Le seul fait de savoir qu'une action en justice a lieu
quelque part dans un de ces pays ou ils aiment tant aller depenser l'argent
vole aux pauvres peuples d'Afrique les faira surement reflechir milles fois
avant de lever une machette sur la tete d'un civil innocent. La therapie
vaudra donc pour la population dans son ensemble, mais une dissuasion au
moins vaudra pour les genocidaires d'aujourd'hui.
IV. Conclusions sur certaines perspectives d'avenir du Congo
Nous voulons vivre en toute tranquilite et properite dans cette region des
grands lacs qui est si paradisiaque et si riche en ressources naturelles et
humaines, mais que des assoifes de pouvoir absolu et hegemonique de nature
personnelle ou ethnique ont transforme en enfer.
Il est maintenant temps que finalement tous ceux qui ont assiste jusqu'a
present a la decheance de la region se levent et disent non a l'aventurisme
qui se deroule sous nos yeux. Le Congo appartient a plus de 40 millions
d'individus et non a quelques aventuriers qui ne font que se guerroyer
pour des parcelles de pouvoir absolu.
Nous sommes persuades que l'ideal des principes qui ont fait la grandeur et
le prestige de l'UDPS, principes ancres dans ses statuts et son projet de
societe et pour lesquels tant de bonnes volontes admirables et altruistes
ont travaille, malgre les traitrises et denigrements, constitue un des
points d'ancrage solide pour l'avenir du Congo.
Cet avenir passe par un retour au travail et a la bonne gouvernance pour que,
a l'instar de certains autres pays dotes de ressources immenses, le Congo
avance sur le chemin du progres economique et social.
L'avenir passe aussi par l'abandon de la recherche de la gloriole ephemere
qui a tant characterise les annees Mobutu: Tous les 40 millions de congolais
ne peuvent etre des "ministres" et ne travailler qu'a essayer de l'etre
jusqu'a vendre notre pays aux etrangers. Ne pas se departir de cette tare
ne nous sortira jamais de la misere actuelle.
Enfin, l'avenir passe dans l'immediat par la lutte sans merci contre la
culture de l'impunite.
Andre I. Kalonzo, Co-Fondateur, Secretaire National au Portefeuille
Sylvain N. Kalala, Vice-President Federal, UDPS/Canada
Claude I. Kiringa, membre, UDPS/Canada
* Le texte ne comporte pas d'accents
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