Le message
de l’UDPS reçu 5/5 par la population du Katanga
Valentin Mubake, le conseiller du Président National de l’UDPS pour
les questions politiques et stratégiques est rentré à Kinshasa le jeudi 02
décembre dernier après une longue tournée au Katanga entamée le 24 novembre, menée
tambours battants, et clôturée sur un tempo élevé par des meetings dans
différentes zones de la capitale de la province cuprifère. Après ses
déplacements et ses meetings populaires qui ont drainés des foules
enthousiastes à Kipushi le 28 novembre, à Likasi le
29 novembre et à Kasumbalesa le 30 novembre, sa
journée de mercredi 01 décembre l’avait conduit successivement dans trois
grandes zones de Lubumbashi, la capitale du Katanga, où il avait déjà tenu un
premier rassemblement à la Katuba le 27 novembre. C’est ainsi qu’il a successivement harangué
les populations de la Ruashi, de Kampemba
et de Mampala.
Au cours de ce séjour de plus d’une
semaine, la population katangaise a pu apprécier le message de l’UDPS sur les
questions cruciales du moment, en rapport avec la gestion affligeante de l’Etat
par les animateurs de la transition
actuelle, dont les objectifs définis au Dialogue Inter congolais à Pretoria demeurent,
à ce jour, une chimère. Il a stigmatisé les carences des animateurs de la
transition à maints égards : manque de volonté politique de réaliser et de
concrétiser les points essentiels des objectifs de la transition, notamment la réunification
effective du territoire national, la pacification du pays, la gestion exemplaire
du bien public, ainsi que l’instauration de la paix et de la concorde. A cet
égard, il a remarqué que des points essentiels qui auraient dû être les priorités dans une
gestion paisible pour le déroulement normal de la transition, notamment la
sécurisation des villes ainsi que le désarmement des milices armées recommandé
par l’accord de Lusaka en 1999 (5 ans après), dont le DIC est la composante
politique de cet accord politico-militaire multinational, demeure lettre morte.
Aujourd’hui, cette inaction est à l’ordre
du jour. Elle vient de permettre au Rwanda, à tort ou à raison,
d’invoquer des prétextes d’intervention militaire au Congo pour s’attaquer aux interahamwe présents sur notre territoire national et
sensés avoir été désarmés depuis plus de 5 ans! Qu’a-t-on fait pendant tout ce
temps ? Ne peut-on pas, dans ces conditions, s’interroger s’il n’existe
point, dans le chef du pouvoir de Kinshasa, une volonté délibérée de garder ces
groupes armés dans le but sournois d’entretenir l’instabilité en vue de
disposer de prétextes pour la prolongation de la période de transition ? Ou
bien, plus encore, n’existerait-il pas, dans le chef des deux pouvoirs, au
Rwanda et au Congo, un arrangement secret permettant le maintien de la présence
des interahamwe sur le territoire congolais en vue
d’alimenter le fond de commerce de leurs intérêts réciproques? Les medias
viennent d’ailleurs de divulguer un récent courrier de Kagame
adressé à Obassanjo corroborant les hypothèses ci-haut mentionnées.
L’UDPS, qui a toujours œuvré et préconisé
des résolutions de conflits par la voie pacifique des négociations condamne
fermement toute intention d’intervention militaire rwandaise sur le territoire
congolais. Celle-ci ne peut être que néfaste à tous égards pour toute la région
et plus particulièrement pour le Congo et nos populations qui ont déjà tant
souffert de longues guerres meurtrières et inutiles et qui aspirent aujourd’hui
à une paix durable. Alors que la transition cahote déjà péniblement pour
maintenir son cap et respecter son calendrier, cette intervention risque de
tout remettre en question et de retarder les échéances prévues par les accords.
En outre, une nouvelle guerre ne peut qu’alimenter des haines entre les
populations congolaises de l’est et rwandaises pourtant condamnées à cohabiter
en voisins perpétuels!
Quoi qu’il en soit, l’UDPS exhorte le
Rwanda à s’abstenir d’intervenir sur le territoire congolais sur base du motif
invoqué.
Honneur à l’UDPS
La population du Katanga, et
particulièrement les combattants de l’UDPS, à qui nous rendons ici un vibrant
hommage et remercions pour le chaleureux
accueil réservé au message de l’UDPS, a démontré son attachement aux valeurs
prônées par notre parti. Elle a fait honneur à l’UDPS, le Samedi 27 novembre,
en affluant en masse au meeting de la Katuba, dans un
climat de rivalité avec les Seigneurs et les jeunesses politiques locaux bien
connus. En effet, ces derniers,
dont le fief est le Katanga qu’ils
nomment communément « Katanga yetu », lisez
« notre Katanga », avaient tenté de mobiliser massivement leurs
troupes ce jour là en programmant de façon subite et imprévue - par les voies
des ondes et par des appels vocaux de
cris à travers toutes les rues de la ville - un rassemblement populaire, dans
le but inavoué de limiter l’affluence de la population au meeting de l’UDPS, en
vue de saborder ce dernier. La population, dont la maturité politique peut
faire la fierté du Katanga, n’a pas
succombé à la tentation de ces sirènes et a réservé à ces tentatives
négativistes une fin de non recevoir, en allant plutôt nombreuse assister et se
délecter d’un discours plaidant pour la paix, pour la justice, pour l’équité et
qui lui a donné l’espoir d’un Congo radieux. Cette assistance nombreuse a
vraiment fait honneur à l’UDPS. Elle
a, au cours des harangues de Monsieur Mubake, montré la preuve de son souhait profond de voir la
paix réalisée au Congo, selon le projet de l’UDPS.
Pendant son séjour, Valentin Mubake
a reçu, le 25 novembre, pendant plus d’une heure à Lubumbashi, la visite de certains chefs coutumiers du Katanga, dont le Mwant ‘Yav, qui lui ont réservé un message fort. Ils l’ont en effet assuré de leur appui en
considérant l’UDPS comme l’ultime bouée de sauvetage du pays capable de mener pacifiquement
et dans des conditions optimales le Congo vers la démocratie et l’Etat de droit. L’UDPS, par la voie du conseiller du PN, a promis
que cette confiance manifestée à son égard sera honorée.
Un
Etat complètement vampirisé.
Monsieur Mubake
a constaté que le Katanga, dont la Gécamines couvrait
jadis l’essentiel du budget national, est devenu un chantier d’une myriade de
mines à ciel ouvert où chacun peut se servir sans rendre le moindre compte à
quiconque et dont le rendement est quasi nul sur le plan national. En effet, la
contribution financière de la Gécamines au budget
national est réduite actuellement à une portion congrue indigne de son
potentiel économique. L’Etat semble avoir démissionné
par son manque de leadership. Aucun recensement des opérateurs miniers n’est
effectué. Les concessions de l’Etat sont exploitées impunément par des
individus qui s’en sont proclamés illégitimement les propriétaires en usurpant
des droits, grâce à leurs relations politiques ou familiales. La Gécamines qui, jadis, était propriété de l’Etat, est
aujourd’hui vendue « par appartements » par le biais de concessions
sauvages sans contrôle et dont le fruit de la vente ne bénéficie même pas au
trésor public! Certaines personnalités bien connues, dont les noms sont
couramment cités, tirent les ficelles dans ces arrangements de type maffieux,
avec la complicité du chef de l’Etat. Le constat est amer. La Gécamines, jadis moteur de l’économie nationale, n’est
aujourd’hui qu’une épave en décomposition.
Valentin Mubake
a également dénoncé le pillage systématique des minerais qui se déroule à grande échelle au Katanga sur instruction et avec
la bénédiction des plus hautes autorités de l’Etat. Il a déploré l’émiettement
du tissu socio-économique local sous l’instigation des propres fils du Katanga
en rappelant qu’en 1992, sous l’instigation de l’UFERI,
animée par Kyungu wa Kumwanza
alors Gouverneur de la Province, un quasi-génocide avait été perpétré dans
cette province. En effet, des fils du pays d’origine non katangaise avaient été
regroupés dans des camps, puis refoulés vers leurs régions d’origine dans des
conditions dramatiques, sur des bases essentiellement ethniques. Ils avaient
été traités « d’étrangers indésirables » dans leur propre pays,
amassés dans camps de regroupent, dépouillés de tous leurs biens et perdu leur
emploi. Toutes les fonctions d’encadrement dans les entreprises locales,
surtout à la Gécamines, avaient alors été confiées à des
ressortissants de pure souche katangaise. Et pourtant, le constat aujourd’hui
est décevant : toutes ces entreprises, dont la Gécamines,
sont en faillite. « Où en
sommes-nous aujourd’hui avec les gestionnaires, fils du pays, qui avaient pris la relève des pestiférés
étrangers ? » a demandé Valentin Mubake
à son auditoire. Ce rappel avait pour objet de dénoncer la démagogie de ceux
qui fondent leur action politique sur la
haine destructrice, dont les effets corrupteurs se reflètent aujourd’hui dans
la déchéance socio-économique du Katanga et de la Gécamines,
jadis poumon économique du pays! Ce franc parler n’a pas manqué de susciter
l’admiration du public qui reprenait en
chœur : « Anatoka wapi
uyu muntu eko nasema ukweli
hivi ? ce qui veut dire, « D’où vient-il ce monsieur qui nous dit
toutes ces vérités ? ». L’écho
des paroles de Monsieur Mubake s’est fait entendre à
travers tout le Katanga en ces termes : « Tuko nabo » : entendez : « Nous les
tenons », comme pour dire, nous avons bien compris votre message.
Des
manœuvres destinées à couvrir des opérations juteuses
Mubake valentin
a
dénoncé les magouilles et la mascarade qui font grand bruit dans les medias
à Kinshasa sous forme de purification au gouvernement et dans les entreprises du Portefeuille et passent sous
silence l’immense scandale de l’extorsion des minerais exportés via Kasumbalesa (frontière
méridionale du Congo avec la Zambie) sur instruction des autorités politiques
du pays par l’intermédiaire de certaines figures locales du monde des affaires.
Il a souligné que toutes ces manœuvres « mains propres », ont
des airs de subterfuges destinés à
couvrir des opérations juteuses dont les
plus hautes autorités de l’Etat sont les bénéficiaires, et noyer la conscience
du peuple dans un flou de bonne gouvernance.
En effet,
tandis que les audits se déroulaient à Kinshasa, chaque jour qui passe, le
Katanga est vidé de son sous-sol minéral, sans contrôle : des minerais
dont le produit de la vente revient de droit au peuple congolais sont acheminés
à l’étranger pour aller gonfler les compte bancaires de politiciens véreux
n’ayant aucun mandat et leurs hommes de paille. Monsieur Mubake
a souligné le fait que le Katanga est plongé dans cette situation calamiteuse
par ses propres fils. Il a stigmatisé le scandale qui doit tous nous
interpeller et qui concerne toute la classe politique compte tenu de l’intérêt
qu’a suscité le récent rapport Bakandeja. En effet,
il a rappelé que le pont bascule de Kasumbalesa pour
le pesage des minerais exportés via la Zambie a été récemment expressément et
délibérément disjoncté sur ordre des autorités de Kinshasa. De ce fait, les
quantités des matières premières ainsi exportées ne sont pas officiellement
connues ni comptabilisées. Est-il normal qu’un Etat digne de ce nom tolère une
telle situation ? Il faut noter que
la frontière de Kasumbalesa, voit défiler chaque jour
140 véhicules de 80 Tonnes de minerais appartenant à l’entreprise Forrest
valant chacun 500.000 us$ /camion. A qui
profite cet immense forfait ? Cette question ne mérite-t-elle pas que le
Parlement congolais s’en charge pour faire la lumière et prenne les
dispositions adéquates pour interpeller le plus haut responsable de
l’Etat ?
Des drames sociaux pour
des milliers des travailleurs
Dans ses adresses, M. Mubake
a déploré la situation que vivent nos populations du Katanga. Ainsi, bien que
le niveau de leurs revenus soit précaire, les travailleurs de la Gécamines sont habitués à percevoir un salaire leur
permettant de survivre dans les conditions quotidiennes difficiles actuelles.
Des milliers d’entre eux, viennent pourtant de voir, du jour au lendemain, leur vie se transformer
en cauchemar. En effet, à Kipushi, à Musoshi, à Likasi, à Kambove, à
Kolwezi, des milliers d’agents ont vu leur avenir et leur rêve brutalement
basculer dans l’horreur à l’annonce de leur licenciement sans préavis que la Gécamines leur a imposé en ne leur accordant qu’une
indemnité famélique de 2000 us$, après 30 ou même parfois, 40 ans de multiples
sacrifices et de loyaux services. La
situation sociale de ces compatriotes au Katanga est vraiment désespérée.
« De telles situations arbitraires sont inadmissibles », a
déclaré Valentin Mubake. Il a ajouté :« Ces
dossiers seront l’une des priorités dont s’occupera l’UDPS aussitôt que l’Etat
de droit sera instauré ».
Une campagne électorale
déguisée aux frais de l’Etat
Monsieur Mubake
a incité la population à la vigilance, comme il l’avait déjà fait ailleurs à
Tshikapa, Kananga, Mbuji Mayi,
Mwene-Ditu…, sur l’utilisation abusive et frauduleuse
des deniers publics par les détenteurs du pouvoir actuel, à des fins de propagande
et de campagne électorale déguisée. Au lieu de se focaliser sur les objectifs
fondamentaux qui leur ont été assignés par le DIC, ces « responsables »
voyagent en effet à travers tout le pays, et même à l’étranger aux frais de
l’Etat, pour des missions inutiles et improductives. Ils distribuent des dons
reçus de la communauté internationale, pour séduire une partie de la
population, en feignant d’engager leurs biens propres et leurs fonds
personnels, en vue de se faire apprécier pour leur bonté, en oubliant au passage
de déclarer l’origine de ces largesses dont ils se font les distributeurs
magnanimes! « S’ils veulent faire la campagne, qu’ils structurent et
organisent leurs partis politiques respectifs, à l’instar de ce que fait
l’UDPS, afin que ces derniers prennent en charge les frais relatifs à ces
campagnes » a encore dit M. Mubake.
Pas
de prolongation
Rappelons
que le voyage de M. Mubake au Katanga vient en
complément à celle qu’il avait déjà effectuée au Kasaï. D’autres tournées par
des hauts cadres du Parti seront entreprises dans les différentes provinces
nationales. Elles ont toutes pour objectif
de préparer la tournée prochaine du Président National de notre Parti,
M. Etienne Tshisekedi, à travers le pays pour apporter le message de l’UDPS
pour l’instauration d’un Etat de droit selon les objectifs du DIC, conformément
aux résolutions de la CNS.
Dans le cadre de la transition en cours, l’objectif ultime est
l’organisation, dans des conditions optimales, des élections libres,
démocratiques et transparentes à la date prévue du 30 juin 2005, selon le
calendrier du DIC. Sur ce point, Monsieur Mubake n’a
pas laissé d’équivoque. Il a souligné sans ambiguité
qu’il n’y aurait pas de prolongation par rapport aux prévisions de l’accord
global et inclusif.
Le 8/12/2004
Raphaël KASHALA
Représentation UDPS/BELUX