La position de l’UDPS/BELUX sur l’intervention militaire rwandaise au Congo

(suite)

 

Réf. : RBL/UDPS/DE/104/07/12/2004

 

L’UDPS/BELUX rappelle à l’opinion certains éléments sur le génocide et sur la Convention adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies, le 9 décembre 1948, sur la prévention et la répression du crime de génocide, et l’une des publications sur le génocide.

 

1. La Convention sur la prévention et la répression du crime du génocide

 

Inventée par le Professeur américain d’origine polonaise R. Lemkin, l’expression gréco-latine de « génocide » introduit pour les groupes entiers d’humains ce qu’est l’homicide pour un individu isolé : le refus du droit à l’existence.

 

Ce crime a été défini comme tel au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, au cours de laquelle il a été perpétré par les tenants de l’«Etat gangster» nazi, avec une ampleur encore jamais égalée. L’extermination systématique des juifs, des tziganes et d’autres «races» considérées comme inférieures, que leurs membres aient été ou non ressortissants du IIIème Reich, a contraint l’humanité à ne plus abandonner à la compétence exclusive de l’Etat le traitement des êtres humains se trouvant en son pouvoir.

 

Dans la trilogie sur laquelle reposait le statut du 8 août 1945 créant le Tribunal militaire international de Nuremberg appelé à juger les plus grands criminels nazis : crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, ces derniers marquaient le plus clairement le progrès du droit pénal international.

 

Le génocide, s’il n’est pas le seul, reste le plus grave des crimes contre l’humanité. Il est aujourd’hui juridiquement identifié grâce à la « Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide », adoptée à l’unanimité par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1948.

 

Le concept de génocide signifie l’extermination des groupes humains entiers comme tels. Le protection que représente cette Convention internationale ne profite pas malheureusement à tous les groupes : seuls les groupes nationaux, ethniques, raciaux et religieux sont pris en considération, à l’exclusion des groupes les groupes politiques, économiques et culturels (art. 2 de la Convention de 1948). L’absence de référence au génocide politique et au génocide culturel ne manque pas d’être préoccupante  dans la mesure où la garantie internationale  de la survie des groupes politiques ou de certaines minorités, n’ayant en commun que quelques droits de caractère culturel, dépend entièrement de l’existence des mécanismes de protection internationale des droits de l’homme et des droits des minorités. Or, les réalisations dans ce domaine ne sont guère convaincantes, mis à part la Convention européenne des droits de l’homme du 4 novembre 1950, qui ne fonctionne cependant que dans un cadre limité à l’Europe Occidentale.

 

Les actes constitutifs du génocide  aboutissent toujours  à l’anéantissement physique  et biologique  du groupe visé, ce qui constitue d’ailleurs l’essence même  de ce crime, quels que soient les moyens  mis en œuvre pour atteindre ce but :

-         meurtre d’un nombre plus ou moins grand de membres,

-         atteinte grave à leur intégrité physique ou mentale,

-         soumission intentionnelle  du groupe à des conditions d’existence  susceptibles  d’entraîner  sa destruction physique  totale  ou partielle,

-         mesures visant à entraver  les naissances,

-         transfert forcé d’enfants à un autre groupe (art.2)

 

De tels actes ne peuvent jamais être perpétrés par quelques individus isolés : de par sa nature, le génocide ne peut donc être qu’un crime collectif, commis par les détenteurs du pouvoir de l’Etat, en leur nom ou avec leur consentement exprès ou tacite. Le génocide est donc, par excellence, un crime d’Etat.

 

Visant non seulement à punir, mais aussi à prévenir, l’article 3  déclare criminels  aussi bien le génocide proprement dit que l’entente en vue  de commettre le génocide, l’incitation directe  et publique à commettre le génocide, les alliances avec les génocidaires, la protection des génocidaires, la tentative pour mettre en œuvre le génocide, l’hébergement des génocidaires, la propagande psychologique par laquelle un gouvernement mobilise sa population, la complicité dans sa réalisation, les actes préparatoires (construction des chambres à gaz, armement des génocidaires, mise à la disposition des génocidaires des camps d’entraînement, fabrication des armes atomiques, biologiques et chimiques…).

 

Toutes les personnes ayant commis le génocide et leurs complices doivent être punis, quelles que soient leurs qualités : gouvernants, fonctionnaires, ceux qui ordonnent de tels actes, les exécutants ou particuliers (art. 4). La responsabilité pénale des Etats ou des gouvernants comme tels est donc engagée, comme l’a affirmé avec force le Représentant français à l’Assemblée Générale des Nations Unies : « la notion du génocide est liée à l’action ou à l’abstention coupable de l’Etat ».

 

Le génocide étant un crime essentiellement politique, son auteur aurait normalement  la possibilité  d’échapper à toute sanction en se réfugiant  dans un Etat étranger puisque, traditionnellement, les crimes politiques ne donnent pas lieu à l’extradition. Aussi, la Convention prévoit-elle que le génocide ne sera pas considéré comme un crime politique en ce qui concerne l’extradition. Les Etats contractants se sont engagés à l’accorder conformément à leur législation et aux traités en vigueur (art. 7).

 

Enfin, bien que le génocide ait été identifié par le législateur international à l’occasion d’actes commis pendant la guerre, il constitue désormais un crime aussi bien du temps de paix que du temps de guerre, et les Etats contractants se sont engagés à le prévenir et à le punir (art. 1er).   

 

2. L’une des publications sur les génocides

 

AOÛT-SEPTEMBRE 2004

LES GÉNOCIDES
DANS L'HISTOIRE

(en vente dans les kiosques :  7 euros)

   ___________         s o m m a i r e        ________________

http://www.monde-diplomatique.fr/mav/76/

INTRODUCTION

Tuer, exterminer, anéantir
Ignacio Ramonet

LA SHOAH, UN PARADIGME

Dans la longue chaîne des génocides, celui des juifs par les nazis occupe une place à part. Décidé et annoncé par un Etat, mis en oeuvre avec tous les moyens de celui-ci, il avait pour but d'exterminer tout un groupe humain - jusqu'au dernier de ses membres. L'entreprise de destruction nazie concernait aussi les Tziganes, les malades mentaux, l'intelligentsia polonaise, les cadres soviétiques...
  

Analyser la Shoah, c'est mettre à nu le paradigme de tous les grands massacres de l'histoire.

Une extermination moderne

Enzo Traverso

 

Les historiens allemands relisent la Shoah

Dominique Vidal

 

1941, la barbarie primitive

Philippe Burrin

 

À TRAVERS L'HISTOIRE


Faut-il débattre sans fin pour déterminer si tel ou tel grand massacre mérite l'appellation de génocide ? Ne vaut-il pas mieux rechercher les points communs à tous ceux qui se sont produits à travers l'histoire ? De Gengis Khan à Pol Pot, des Indiens d'Amérique du Sud à ceux d'Amérique du Nord, en passant par l'Ukraine affamée par Staline et jusqu'à l'horreur du Rwanda. Expliquer ce qui fait basculer les sociétés humaines dans l'horreur, c'est les aider à
résister.

« Massacre » ou « génocide » ?

Jacques Semelin


Au temps de Gengis Khan et de Tamerlan


Christian de Brie


Le précédent des morisques d'Espagne


Rodrigo de Zayas


Américains et Amérindiens


Nelcya Delanoë


L' Ukraine affamée par Staline

Laurent Rucker

Folie meurtrière oubliée des Khmers rouges

Nguyen Duc Nhuan


Autopsie d'un ethnocide planifié au Rwanda

Colette Braeckman


Esquisse d'une typologie

Ryszard Kapuscinski


ENTRE MÉMOIRE, NÉGATION ET OUBLI


On les appelle négationnistes : ils « oublient » l'extermination des juifs, et notamment les chambres à gaz. Mais la Shoah n'est pas le seul génocide nié : c'est aussi le cas des massacres indonésiens au Timor-Oriental, du génocide arménien, du sort des Aborigènes d'Australie, du
bilan sanglant du colonialisme belge au Congo, des Malgaches tués en masse par l'armée française en 1947, sans parler des dizaines de millions de victimes des famines provoquées par les politiques coloniales...


Timor-Oriental, l'horreur et l'amnésie,

Noam Chomsky


La Turquie hantée par le génocide arménien

Taner Akcam


Négationnisme, version Front national

Valérie Igounet


Le rêve perdu des Aborigènes

Michèle Decoust


La Belgique confrontée à son passé colonial

Colette Braeckman

 

Silence sur le martyre malgache

Philippe Leymarie


Famines coloniales, des morts par millions

Mike Davis


Du bon et du mauvais usage de la mémoire

Tzvetan Todorov


CONCLUSION

Des leçons universelles

Dominique Vidal


COMPLÉMENTS DOCUMENTAIRES

 

Fait à Bruxelles, le 7 décembre 2004.

Dr François Tshipamba Mpuila

Représentant

Contact:

* Représentant: 8 Pachthof, 3010 Leuven, Tél. 016/25.97.81, GSM 0485/270.866, E-mail tshidibi.tshipamba @chello.be

* Représentant-Adjoint: Ir Victor Nzuzi Kabamba, 26/29 rue de Vlogart, 1060 Bruxelles, GSM 0498/80.36.20 ; E-mail : kabambanzuzi@skynet.be

* Directeur du Cabinet: Dr Ir Grégoire Mbuyi, 48/301 Verte Voie, 1348 Louvain-La-Neuve, GSM 0472/96.66.25

* Conseiller: Ir Raphaël Kashala Mutambayi, 4 Grote Bergstraat, 3020 Aarschot, GSM 0477/233.968; E-mail: rkashala@pandora.be

* Conseiller: Dr Pharm. Félicien Shambuyi Ngombo Mukendi, 24/47, Champ des Hirondelles, 1970 Wezembeek-Oppem, Tél. 02/731.16.72, E-mail: ngombo@belgacom.net