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POUR UNE POLITIQUE EUROPEENNE EN
AFRIQUE CENTRALE
12 PROPOSITIONS A LA FRANCE ET A SES PARTENAIRES DE LUE
SYNTHESE
Les préalables: une diplomatie plus ambitieuse à lécoute de la société civile
Proposition 1 - Mobiliser le potentiel politique européen en faveur de la paix
Même si la politique étrangère et de sécurité commune de lUE (PESC) reste embryonnaire, des initiatives sont déjà à portée de main pour en faire un levier performant dans les Grands Lacs. Notamment: définir clairement le rôle des acteurs, acquérir de la visibilité, éviter les doubles emplois, augmenter la capacité militaire, et simposer aux côtés des Etats-Unis.
Proposition 2 - Valoriser et renforcer le rôle de la société civile
La société civile (ONG, associations, Eglises, individus) connaît le terrain mieux que quiconque. Il nest donc pas de solution viable à long terme sans consultation sérieuse de ces milieux par les politiques et
les diplomates. Il sagit aussi de tenir compte de lexpertise africaine et de favoriser les échanges académiques entre lUE et lAfrique centrale.
Promouvoir une paix durable en Afrique centrale: les objectifs prioritaires
Proposition 3 - RDC: appuyer le processus de Lusaka, éviter la répétition du précédent angolais Seule lueur despoir dans la région, laccord de Lusaka (1999) souffre de fameuses faiblesses. Pour éviter tout scénario angolais, lUE doit exerce une pression maximale et équilibrée sur tous les belligérants, plaider
pour un mandat ONU sous chapitre 7 et dénoncer toute tentive de blocage du dialogue intercongolais.
Proposition 4 - Burundi: appuyer le processus dArusha, éviter la répétition du précédent rwandais Pendant que les palabres évoluent à Arusha, la violence continue au Burundi.Aussi, lUE doit mettre plusieurs fers au feu: soutenir sans faille les négociations de paix et préparer la reprise de la coopération, tout
en exigeant le démantèlement des camps de regroupement et en mettant en garde les responsables politiques burundais.
Proposition 5 Rwanda et Ouganda: appuyer la démocratisation tout comme en RDC et au BurundiLe déficit démocratique et le système dexclusion au Rwanda et en Ouganda doivent faire lobjet dautant dattention quen RDC et au Burundi. LUE doit intégrer la nécessaire démocratisation dans sa politique daide, sans toutefois imposer des modèles à loccidentale, et favoriser le dialogue entre les Etats de la région et leurs ressortissants en exil dans nos pays.
Proposition 6 - Promouvoir les droits économiques et sociaux
Les programmes durgence restent plus que justifiés. Pour éviter une trop grande dépendance aux interventions humanitaires, il convient délaborer une capacité dans le domaine de la production et lacquisition de ressources: agriculture, commerce, transport, PMEIl savère également nécessaire deffacer
les dettes de la RDC et du Rwanda au profit de la reconstruction.
Protéger et promouvoir les droits de lhomme: au-delà des mots
Proposition 7 - Six initiatives concrètes pour mieux contribuer à la protection des droits de lhomme et à la lutte contre limpunité en Afrique centrale
La France doit dénoncer systématiquement les violations des droits de lhomme et les propos à caractère ethniste, réaffirmer la nécessité dune présence internationale sur la question des droits de lhomme, souligner le rôle central des femmes, donner aux juges les moyens dexercer leur compétence universelle et élargir le
mandat du TPIR.
Proposition 8 - Améliorer lassistance technique dans le domaine judiciaire et les droits de lhomme. Les défis sont tels quil importe de développer une vision plus cohérente en mettant en avant les objectifs prioritaires, les méthodes de travail et les conditions dassistance aux trois pays (RDC, Rwanda, Burundi).
Aussi, les Etats membres pourraient mettre en place, chacun en leur sein, un groupe de travail pour évaluer lengagement des Etats de la région en faveur des droits de lhomme.
Promouvoir une paix durable en Afrique centrale: mieux utiliser les leviers de laide
Proposition 9 - Institutions financières internationales et politique de coopération de l'UE: une nouvelle stratégie Il faut soumettre laide à de strictes conditions et loctroyer en fonction du respect dindicateurs
clairement définis. Nous proposons des moyens pour que lUE pèse davantage sur les décisions du FMI et de la Banque mondiale. Nous attendons aussi que soit relancé le débat sur laide aux pays en guerre sur base de
limportante Communication de la Commission au Conseil du 19/5/99.
Mettre un terme au commerce licite et illicite darmes vers la région des Grands Lacs Proposition 10 - Un embargo européen sur les armes pour la région des Grands Lacs Dun côté, lUE sinquiète de la prolifération des armes dans les Grands Lacs; de lautre, des Etats membres, dont la France, sopposent à tout embargo. Nous dénonçons cette inconséquence, et réclamons un
embargo formel dans lesprit du Code de conduite de lUE. Le marquage des armes, leur traçage, une meilleure vérification des utilisateurs finaux font partie du même défi.
Proposition 11 - S'attaquer aux sources de financement des trafics d'armes
Comme en Sierra Leone, les richesses de la RDC contribuent à financer les dépenses de guerre et donc, paradoxalement, à appauvrir toute une population. Il faut faire pression sur les Etats qui permettent de troquer contre des armes ou de largent des diamants dorigine douteuse, et donner tous les moyens nécessaires au panel dexperts de lONU chargé dinvestiguer sur lexploitation du sous-sol congolais.
En guise de conclusion
Proposition 12 Lobjectif ultime: une intégration régionale pacifique fondée sur le droitLUE doit construire un véritable partenariat avec les pays dAfrique centrale, et contribuer à la mise en place de la conférence régionale sur la sécurité et la coopération. Toutefois, ce sera à lOUA de la convoquer
dès lapplication accords de paix, en partenariat avec les institutions de Bretton Woods et les sociétés civiles.
liste des signataires
Membres de la Concertation chrétienne pour lAfrique centrale
Broederlijk Delen (Belgique)
Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD, France)
Entraide et Fraternité (Belgique)
Fastenopfer (Suisse)
Misereor (Allemagne)
Membres du Great Lakes Advocacy Network
Christian Aid (Royaume-Uni)
EZE (Allemagne)
Kerken in Aktie (Churches in Action, Pays-Bas)
ICCO (Organisation Inter-Eglises de Coopération au Développement, Pays-Bas).
DanChurch Aid (Danemark)
Membres du Réseau France-Congo
Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT / France)
Comité contre la faim et pour le développement
Comité d'échanges Isère-Kivu (CEIK)
Centre d'information et de solidarité avec l'Afrique (COSI)
Frères des Hommes / France
Groupe de recherche et d'échanges technologiques (GRET)
Survie
Cimade
Autres signataires:
APRODEV (Belgique)
Wereldsolidariteit/Solidarité mondiale (Belgique)
ZOA Vluchtelingenzorg (ZOA Refugee Care, Pays-Bas)
ATOL (Belgique)
Commission Justice et Paix (Danemark)
Manos Unidas (Espagne)
Pax Christi Vlaanderen (Belgique)
Missio (Belgique)
NCOS/11.11.11 (Belgique)
Justice et Paix (France)
CCAC/GLAN - Pour une politique européenne en Afrique centrale
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POUR UNE POLITIQUE EUROPEENNE EN AFRIQUE CENTRALE
12 PROPOSITIONS A LA FRANCE ET A SES PARTENAIRES DE LUE
JUIN 2000
Une initiative de la Concertation chrétienne pour lAfrique centrale (CCAC)
et du Great Lakes Advocacy Network (GLAN)
Contact: François JANNE dOTHEE, CCAC, rue des Tanneurs 165, B-1000 Bruxelles.
tél.: +32-2-502.33.12 fax: +32-2-502.21.42 - e-mail: ccac@ccac.ngonet.be
POUR UNE POLITIQUE EUROPEENNE
EN AFRIQUE CENTRALE
12 PROPOSITIONS A LA FRANCE ET A SES PARTENAIRES DE LUE
Introduction
Malgré les efforts diplomatiques, la paix et la prospérité sont encore très loin dêtre
une réalité dans la région des Grands Lacs. Seule une pression unanime de toute la
communauté internationale, et en particulier de son principal bailleur de fonds, à
savoir lUnion européenne, pourrait changer le cours des choses.
Cest fort de ce constat que des ONG chrétiennes de toute lEurope*, actives en
Afrique centrale, ont pris linitiative dinterpeller la France, membre permanent du
Conseil de sécurité et qui va assumer à partir du 1er juillet 2000 la présidence
tournante du Conseil de lUnion européenne, ainsi que les 14 autres Etats
membres. Les 12 propositions qui suivent doivent être considérées comme une
boîte à outils pour une véritable politique européenne au service de la paix dans
la Région des Grands Lacs.
Nous appelons les Quinze à ne pas rester au balcon et à simpliquer davantage
dans la recherche de solutions aux conflits de la région. Nous suggérons donc à la
présidence française de se faire le moteur d'actions européennes concertées avec
l'ensemble des Etats membres, en poussant cette action au-delà du plus petit
dénominateur commun et en tenant compte de lensemble des paramètres en jeu:
traumatisme du génocide au Rwanda, droits de lhomme, enjeux politiques et
diplomatiques, droits sociaux, humanitaires et économiques, aspects judiciaires
Cette action ne sera efficace que si les Etats membres adoptent une approche
équilibrée des différents pays concernés par le conflit. Il sagit donc datténuer
autant que faire se peut les allégeances post-coloniales et les approches
privilégiées avec certains pays au détriment des autres.
Nous invitons la France à poursuivre le travail entamé au sein du Conseil de lUE,
à assurer le suivi pour lAfrique centrale du plan daction entériné par le Sommet
Afrique-Europe du Caire, et à prendre sérieusement en compte le travail et les
idées émanant de la société civile en Afrique comme en Europe, qui mieux que
quiconque peut évaluer les aspirations des premiers concernés: les citoyens
dAfrique centrale.
* Cette initiative a été ouverte à la signature dautres ONG: voir liste en dernière page.
Résumé
Les préalables: une diplomatie plus ambitieuse à lécoute de la société civile
- Proposition 1 - Mobiliser le potentiel politique européen en faveur de la paix
- Proposition 2 - Valoriser et renforcer le rôle de la société civile
Promouvoir une paix durable en Afrique centrale: les objectifs prioritaires
- Proposition 3 - RDC: appuyer le processus de Lusaka, éviter la répétition du précédent
angolais
- Proposition 4 - Burundi: appuyer le processus dArusha, éviter la répétition du précédent
rwandais
- Proposition 5 Rwanda et Ouganda: appuyer la démocratisation tout comme en RDC et
au Burundi
- Proposition 6 - Promouvoir les droits économiques et sociaux
Protéger et promouvoir les droits de lhomme: au-delà des mots
- Proposition 7 - Six initiatives concrètes pour mieux contribuer à la protection des droits de
lhomme et à la lutte contre limpunité en Afrique centrale
- Proposition 8 - Améliorer lassistance technique dans le domaine judiciaire et les droits de
lhomme
Promouvoir une paix durable en Afrique centrale: mieux utiliser les leviers de laide
- Proposition 9 - Institutions financières internationales et politique de coopération de l'UE:
une nouvelle stratégie
Mettre un terme au commerce licite et illicite darmes vers la région des Grands Lacs
- Proposition 10 - Un embargo européen sur les armes pour la région des Grands Lacs
- Proposition 11 - S'attaquer aux sources de financement des trafics d'armes
En guise de conclusion
- Proposition 12 Lobjectif ultime: une intégration régionale pacifique fondée sur le droit
__________
Note: lordre des propositions nimplique pas nécessairement une hiérarchie des priorités.
LES PRÉALABLES: UNE DIPLOMATIE PLUS AMBITIEUSE A LECOUTE DE LA SOCIETE CIVILE
L'UE est de loin le plus important donateur d'aide au développement en Afrique centrale. Elle
compte en son sein deux membres permanents du Conseil de Sécurité et quatre membres du G7,
qui contrôle les institutions financières internationales. L'UE devrait donc pouvoir jouer un rôle
de premier plan en faveur d'une paix durable en Afrique centrale. Et pourtant, les divergences de
vue en son sein et les imperfections de ses institutions l'ont réduite à suivre une politique
ambiguë et sans ambition, dont l'impact au vu des efforts financiers consentis est douteux. Pour
illustrer un des récents échecs de la diplomatie internationale dans la région, il suffit de se
rappeler la date de la première résolution (1234) du Conseil de Sécurité de l'ONU suite à la
transgression des frontières de la RDC par lOuganda et le Rwanda: le 9 avril 1999, soit plus de
huit mois (!) après le début d'un conflit aux proportions continentales. Comment changer le
cours des choses?
Proposition 1 - Mobiliser le potentiel politique européen en faveur de la paix
La politique étrangère et de sécurité commune de lUE (PESC) nen est encore quà un stade
embryonnaire, en particulier dans la Région des Grands Lacs, et restera encore pour un certain
temps une prérogative des Etats membres. La règle de lunanimité reste également un frein à une
politique ambitieuse. Toutefois, lUE bénéficie déjà dinstruments communs (déclarations,
démarches, positions communes, actions communes, stratégies communes) ainsi que
denceintes où ils peuvent partager leurs vues (Groupe de travail Afrique, Conseil Affaires
générales, Conseil Développement, comité FED). Dautre part, des initiatives sont déjà à portée
de main en vue de faire de la PESC un levier performant dans les Grands Lacs:
--- Reprendre linitiative pour donner toutes leurs chances de succès aux accords de Lusaka.
Cela signifie dêtre beaucoup plus présents sur la scène africaine en termes dactivité
diplomatique, y compris de médiation, et donc pas seulement en termes de soutien logistique
ou financier. Il sagit aussi dêtre beaucoup plus présents au sein des Nations Unies,
notamment dans la définition des opérations de maintien de la paix.
--- Faire avancer, notamment au sein du tout nouveau Comité militaire, le débat sur la capacité
militaire de lUE et laide quelle peut apporter dans ce domaine en-dehors de ses frontières.
LUE ne peut continuer à plaider pour la mise en place des accords de Lusaka si elle ne
contribue pas militairement, elle aussi, à la mise en place dune force de maintien de la paix.
La formation et léquipement de troupes interafricaines font partie de ce défi.
--- Faire avancer le débat sur les rôles respectifs du Haut Représentant pour la PESC, des
ministres des Affaires étrangères, de la Commission européenne et du Représentant spécial
pour les Grands Lacs, afin de raffermir la PESC tout en lui donnant de la cohérence et de la
visibilité en Afrique centrale. Le Haut Représentant devrait être la courroie de transmission
entre tous, afin de pallier le manque de coordination trop fréquent jusqu'à présent. Il devrait
également être le porte-parole de la politique extérieure de l'UE en Afrique centrale, doté de
sa propre capacité d'initiative, sous la supervision des ministres des Affaires étrangères.
Quant au Représentant spécial M. Aldo Ajello, il devrait être directement mandaté par le
Conseil Affaires générales pour ses missions dans la région.
--- Dans la foulée des conclusions du Conseil Affaires générales du 22 mai 2000, inviter Javier
Solana, Haut Représentant, à se rendre dès que possible en Afrique centrale, afin de signifier
aux interlocuteurs africains la détermination et lintérêt de lUE pour les problèmes de la
région. En attendant, elle peut aussi déléguer dans la région une Troïka de niveau ministériel,
en coordination avec le Représentant spécial.
--- Eviter de dédoubler la représentation extérieure de l'UE par la multiplication de missions
bilatérales dans la Région des Grands Lacs sans information claire et concertation auprès des
partenaires. Cela serait en contradiction avec l'objectif d'une politique européenne forte et
cohérente.
--- Veiller à lapplication effective pour lAfrique centrale du plan daction du Caire entériné par
le Sommet Afrique-Europe, en particulier lamélioration des conditions de vie des
populations rurales les questions relatives aux droits de lhomme, leffectivité de la mise en
place de groupes interministériels et la tenue régulière de tels sommets.
--- Amener les deux membres européens permanents du Conseil de sécurité (France et
Royaume-Uni) à se faire le relais, tout comme la Présidence du Conseil de lUE, des
positions communes adoptées par les Quinze, et redonner aux Nations Unies le rôle
prioritaire dans la résolution des conflits.
--- Mettre en oeuvre une véritable coopération en matière de renseignement: une politique
étrangère commune souffrirait de graves lacunes si elle nest pas alimentée par des
renseignements militaires sur la région, notamment afin de vérifier les informations qui nous
en parviennent.
--- Tout en favorisant lindispensable concertation avec les Etats-Unis, et au plus haut niveau,
défendre clairement au sein de l'Union et vis-à-vis des Etats-Unis une indépendance et un
poids politique européen proportionnel à l'importance de l'aide européenne.
Proposition 2 Valoriser et renforcer le rôle de la société civile
Une politique européenne cohérente ne peut sopérer que sur base des éléments factuels et des
aspirations exprimés par ceux qui sont les premiers témoins de la situation sur le terrain, à savoir
les sociétés civiles constituées par les innombrables ONG, associations, Eglises et individus. Les
Etats membres de lUE doivent les considérer comme des partenaires à part entière dans la
recherche dune solution pacifique, et prendre en compte leurs interpellations.
A court terme, les Etats membres ne peuvent faire léconomie dune consultation sérieuse des
milieux académiques et non gouvernementaux où se concentre cette expertise, à linstar de
lexercice accompli en février 2000 par le ministère belge des Affaires étrangères.
A moyen terme, il s'agira également de mettre en valeur lexpertise des Africains dans leurs
propres pays comme en Europe.
Enfin, il sagira de favoriser les échanges entre les Etats membres et les pays dAfrique centrale,
notamment en mettant en place des partenariats en matière déducation scolaire et universitaire,
et en augmentant le nombre de bourses détudes pour étudiants africains, en priorité pour ceux
qui nont pas leurs entrées auprès des gouvernements en place.
PROMOUVOIR UNE PAIX DURABLE EN AFRIQUE CENTRALE: LES OBJECTIFS PRIORITAIRES...
Le conflit au Congo-Kinshasa (ou RDC, République Démocratique du Congo) nest pas
seulement attribuable à lévolution de la situation politique à lintérieur du pays lui-même. Le
génocide de 1994 au Rwanda et les conditions politiques et économiques des autres Etats voisins
ont joué et jouent un rôle déterminant et soulignent la dimension régionale et extrêmement
complexe du conflit. Toutefois, les quatre propositions suivantes, pourraient contribuer à la
réalisation dune paix durable pour la région.
Proposition 3 - RDC: appuyer le processus de Lusaka, éviter la répétition du précédent
angolais
Le peuple congolais voit dans les accords de Lusaka un espoir de paix et de retour à lunité de la
RDC. Mais leur application laisse beaucoup à désirer: la force de 5537 hommes (phase II) est
encore loin dêtre déployée, et de toute façon, il faudra bien plus que cette force pour venir à
bout du problème principal: la DDR (désarmement/démobilisation/réintégration) des milices
errantes dans la région. Dautre part, le Dialogue national congolais reste encore à létat de projet
malgré la nomination du médiateur M. Ketumile Masire. Sans remettre en cause la valeur de ces
timides avancées, il nous semble que lUE devrait faire davantage en actionnant tous les leviers
de ses Etats membres pour faire peser une pression maximale et équilibrée sur tous les
belligérants (Rwanda, Ouganda, RDC, Burundi, Namibie, Angola, Zimbabwe) afin déviter,
quà linstar de ce qui sest passé en Angola, Lusaka ne soit quune étape longue et coûteuse
dans la déstabilisation durable de la RDC. Il convient en effet dêtre lucide quant aux multiples
risques que comporte le scénario prévu par les accords et lattitude adoptés actuellement par les
belligérants. A titre dexemples, nous pouvons citer les éléments suivants:
- de nombreux éléments font craindre aux habitants du Kivu la mise en place dune
occupation durable par le Rwanda et lOuganda dans les zones quils contrôlent,
notamment les rivalités ougando-rwandaises autour de Kisangani;
- la volonté du Président Kabila de contrôler à son avantage le dialogue intercongolais . La
défiance du pouvoir congolais à légard de M. Masire, le médiateur, est également
préoccupante, tout comme les désaccords entre les belligérants sur le lieu des
négociations;
- quel poids peuvent espérer avoir les partis politiques et la société civile dans le dialogue
national face à des interlocuteurs armés peu enclins à les laisser sexprimer librement?
En témoignent, les entraves faites par les autorités du RCD/Goma dépendantes du
Rwanda à des membres de la société civile et des Eglises du Sud-Kivu de se rendre à
Kinshasa, mais également les nombreuses entraves mises par le régime Kabila à la liberté
dexpression dans le territoire quil contrôle, que ce soit à légard du monde politique, de
la société civile ou de la presse. En témoigne également la relégation hors de son diocèse
au début de lannée de larchevêque de Bukavu, Mgr Emmanuel Kataliko, qui depuis ne
peut ne peut y retourner.
Face à tous ces dangers, il nous paraît en tous les cas urgent que lUE s'engage pour que le levier
de l'aide budgétaire soit employé à bon escient. Elle devrait plaider pour le respect intégral des
accords de Lusaka et donc pour une force de maintien de la paix bien supérieure à 5537 hommes
avec un mandat sous le chapitre 7 de la Charte des Nations unies afin de venir à bout de
largument même de loccupation, à savoir la présence de milices liées de près ou de loin au
génocide de 1994. Que cette raison soit devenue prétexte (notamment pour rafler les richesses du
sous-sol congolais) nenlève rien à limpérieuse nécessité de tout mettre en oeuvre pour
supprimer sa raison dêtre. Aussi, lUE se doit de contribuer à un plan sérieux de démobilisation,
assorti dincitations financières, et daccroître sa participation militaire, en hommes si possible, à
tout le moins en fourniture déquipements de pointe (radars, munitions, bateaux).
Dans le même esprit, toute tentative de blocage du Dialogue intercongolais devrait faire lobjet
dune dénonciation par lUE. Celle-ci devrait pouvoir adjoindre un groupe de contact, autant
politique que technique, afin de conseiller le médiateur.
Proposition 4 - Burundi: appuyer le processus dArusha, éviter la répétition du précédent
rwandais
Les négociations de paix dArusha entre toutes les parties au conflit burundais ainsi que le
partenariat entre les deux principales forces politiques burundaises et le dialogue interne
constituent une exception remarquable dans une région où tous les conflits se résolvent
militairement. Les travaux en commissions avancent de manière avantageuse, et un accord
pourrait être trouvé avant la fin de lannée si les négociations sur linclusion des groupes rebelles
aboutissent. Toutefois, la violence se poursuit au Burundi même, et des forces continuent dêtre
hostiles aux pourparlers dArusha. Certains craignent même la répétition du scénario rwandais.
Comment éviter que l'histoire se répète?
1- De toute urgence, lUE devrait prendre les initiatives suivantes:
--- Apporter une aide en exigeant le démantèlement des camps de regroupement
Un consensus doit se dégager au niveau européen pour libérer des fonds en faveur du
Burundi, sans attendre la conclusion dun accord de paix. Il convient certes dapporter une
assistance rapide au Burundi pour éviter une violence généralisée. Cette aide devrait
cependant être conditionnée à l'arrêt de la politique de regroupement forcé des populations
civiles dans les camps et à la collaboration sans faille du pouvoir burundais afin de
permettre aux agences humanitaires de venir en aide aux personnes déplacées, et ce en toute
sécurité. Les ambassadeurs de lUE, en coordination avec les représentants de lONU et de
lOUA sur place, doivent poursuivre leurs efforts diplomatiques en vue de forcer le
gouvernement burundais au respect des principes humanitaires (cfr. le Code de conduite).
--- Mise en garde des responsables politiques burundais
Il faut mettre en garde individuellement les membres de la classe politique burundaise se
trouvant au Burundi et en exil contre tout propos, tout acte public quils tiendraient qui
seraient de nature à inciter à la violence aveugle et au chaos. Leur annoncer clairement la
détermination des Etats membres de lUE de prendre à leur égard des mesures de sanctions
administratives (refus de visas) et d'encourager des poursuites judiciaires à leur encontre,
notamment par le biais de blocage de comptes bancaires.
2- Soutenir sans faille le processus dArusha et plaider en faveur d'une force de paix des Nations
unies
Afin de ne pas reproduire la tragédie rwandaise, il est essentiel que la montée de la tension au
Burundi ait pour conséquence une attention et une présence internationales accrues. LUE
devrait donc continuer à soutenir unanimement le processus dArusha et le travail accompli dans
les cinq commissions, en se montrant particulièrement attentive sur le calendrier de ces
négociations, et sur la nécessité dinscrire les acquis afin quils ne soient pas perpétuellement
remis en cause. Elle devrait également se faire le porte-voix auprès du médiateur M. Nelson
Mandela de la société civile, bien trop absente dArusha, et lui permettre dêtre associée à la
signature de laccord. De cette manière, écrit la Ligue Iteka au médiateur , vous pouvez établir -
et non plus présumer - les besoins, les craintes, les espérances des Burundais et leur besoin de
vivre ensemble dans la paix. ITEKA souligne que les citoyens burundais sont les plus à même
de transmettre leurs opinions. Aussi, lUE pourrait aussi mettre à contribution la société civile
pour informer les Burundais de lintérieur sur létat davancement des ces pourparlers qui
engagent lavenir de tous les habitants, notamment les conclusions de la commission IV sur la
reconstruction.
Ensuite, si lensemble des partis burundais y souscrit, lUE devrait plaider en faveur de l'envoi
au Burundi d'une force de maintien de la paix de l'ONU afin d'éviter une explosion de violence
et d'assurer la mise en uvre des accords d'Arusha. Il sagira de veiller à ne plus rééditer les
graves manquements qui ont présidé à la mise en place de la Minuar au Rwanda, qui devait
également veiller à lapplication daccords conclus à Arusha, et déviter le précédent
sierraléonais. Que le processus de paix au Burundi aboutisse ou non à la définition d'un nouveau
cadre politique s'attaquant aux racines du mal burundais (absence de démocratie, polarisation
ethnique du jeu politique, composition et contrôle des forces armées, impunité,...), lUE doit dès
maintenant anticiper sur la suite des évènements pour éviter les dérapages semblables au putsch
et aux massacres de 1993.
Proposition 5 Rwanda et Ouganda: appuyer la démocratisation tout comme en RDC et au
Burundi
Les processus de Lusaka et d'Arusha, accompagnés et soutenus par la communauté
internationale, orientent la RDC et le Burundi vers une démocratisation. Cependant, le déficit
démocratique en Ouganda et au Rwanda ne bénéficie pas d'une égale sollicitude. Il est pourtant
tout aussi porteur de violences présentes et à venir. Une paix durable en Afrique centrale ne peut
faire l'économie d'une véritable démocratisation dans chacun des pays de la région, et qui tienne
compte de leurs spécificités culturelles. Ici aussi, lUE a un rôle à jouer:
1- Mettre la démocratisation à l'agenda des bailleurs de fonds de lOuganda et du Rwanda.
Sans se focaliser sur la question des élections et en favorisant une approche consociative, lUE
doit reconnaître les acquis importants du système ougandais (la décentralisation, la participation
à la base, la liberté de presse,), ainsi que la tenue délections locales au Rwanda, mais aussi
inviter les bailleurs de fonds à s'interroger sur les évolutions suivantes, qui vont davantage dans
le sens de lexclusion que de la participation:
--- les massacres sélectifs opérés au Rwanda dans la foulée du génocide et le règne de
la peur dicté par des services de sécurité omniprésents ,
--- la décision du régime rwandais de s'octroyer un bail supplémentaire au pouvoir ,
--- la décision du Président Museveni dorganiser en juin 2000 un référendum qui
risque de pérenniser le système actuel de quasi-parti unique et de conduire à
l'abrogation de libertés fondamentales,
--- le socle de plus en plus étroit sur lequel peut sappuyer le président Kagame et les
inquiétants soubresauts de la vie politique rwandaise (fuite du président du
parlement, démission du président Bizimungu et de plusieurs ministres).
--- L'absence, dans les deux pays, de tout contrôle politique sur lengagement
militaire en RDC, engagement que le Rwanda a longtemps nié.
2- Orienter la coopération pour peser en faveur d'une ouverture démocratique
LUE devrait chercher les moyens d'orienter sa coopération avec le Rwanda, lOuganda, le
Congo-Kinshasa et le Burundi pour promouvoir:
--- Le droit des citoyens délire ses dirigeants, à tous les niveaux, et dêtre élus,
--- la participation de la population dans les décisions qui les affectent, particulièrement
celles concernant l'habitat et l'accès à la terre, ce dernier aspect constituant une véritable
bombe à retardement au Rwanda comme au Burundi,
--- une société civile indépendante capable de jouer le rôle de contre-pouvoir,
--- à lexemple du Burundi, l'organisation d'un débat national avec toutes les forces
politiques à lintérieur et à lextérieur du pays, à l'exception, pour le Rwanda, des
personnes inculpées de participation au génocide,
--- le contrôle démocratique des forces armées et de sécurité,
--- la représentativité de ces mêmes forces, afin que toutes les populations se sentent en
sécurité,
--- laccès du plus grand nombre aux programmes scolaires où devra être inclus un cours
déducation à la démocratie.
Dans sa dernière Position commune sur le Rwanda , lUE a mis en avant la nécessité pour le
pays dentamer un processus de dialogue pour aboutir à une réconciliation et à un partage du
pouvoir. Cette Position commune na cependant jusquà présent eu aucun impact concret sur la
politique de coopération de lUE envers le Rwanda. LUE devrait donc plaider pour une
corrélation claire entre les objectifs fixés par la Position commune et les programmes daide.
Enfin, le retour au pays des exilés doit pouvoir seffectuer moyennant des garanties claires de
sécurité, de bien-être et de participation. LUE devrait favoriser le dialogue entre les Etats
dAfrique centrale et leur opposition démocratique exilée à létranger.
Proposition 6 Promouvoir les droits économiques et sociaux
La création dun environnement économique et social favorable est lune des conditions à même
dassurer la durabilité de la solution politique. En dautres termes, il convient aussi de se pencher
sur le contenu des droits économiques et sociaux des populations et des plus fragiles en
particulier les plus touchées par la guerre et par la mauvaise volonté de leurs dirigeants.
En tout premier lieu, nous pensons que les programmes daide durgence et, en particulier,
laide humanitaire aux réfugiés restent plus que justifiés. Les conséquences des flux massifs de
réfugiés tant à lintérieur quà lextérieur des frontières nationales ne peuvent être sous-
estimées. De fait, les économies de survie, qui fonctionnent surtout sur la base de réseaux
sociaux, sont largement déstabilisées par les déplacements des populations. Il est important de
donner aux stratégies de survie une nouvelle chance pour éviter une dépendance absolue aux
interventions humanitaires.
Cest pourquoi nous recommandons dorienter progressivement cette forme daide vers un
soutien structurel visant lélaboration dune capacité dans le domaine de la production et de
lacquisition de ressources. Nous constatons un appauvrissement généralisé dans la région et
une tendance au retrécissement du champ de survie de la population. Au Congo-Kinshasa,
quelque 2 millions de personnes (4,3% de la population) font face à une situation dinsécurité
alimentaire. Environ 8.400.000 personnes (17% de la population), principalement dans les villes
et le long de la ligne de front, connaissent une insécurité alimentaire modérée, en dégradation
rapide . Au Burundi, plus de 60% de la population vit en deçà du seuil absolu de pauvreté
(moins de 1 USD par jour); au Rwanda, laide extérieure et les mesures économiques imposées
par le FMI ne réussissent pas à diminuer les disparités entre riches et pauvres, entre populations
rurale et urbaine et 70% de la population vit en deçà du seuil absolu de pauvreté. Aussi,
l'intensification de l'agriculture (lutte contre l'érosion, zéro pâturage, maraîchage etc) est
essentielle pour diminuer les tensions qui naissent de la pression sur les ressources foncières,
tensions souvent à l'origine des conflits, notamment dans les Kivus.
Aussi, nous proposons dinvestir surtout dans un certain nombre dinterventions sectorielles
ciblées:
--- amélioration et diversification de la production intérieure (agriculture, commerce,
construction, transport,PME),
--- amélioration du revenu du ménage activités dirigées sur les femmes,
--- programmes sociaux : enseignement, santé, infrastructure sanitaire,
--- soutien aux organisations locales: coopératives, mutualités, marchés locaux, systèmes de
crédit.
Enfin, sous ce rapport, nous tenons à citer trois initiatives qui pourraient relancer la discussion
sur le plan international. En raison des dettes contractées par les régimes précédents, il est
nécessaire de prôner:
--- un effacement de la dette du Congo-Kinshasa: lUE doit inciter le FMI et la Banque
mondiale à annuler la plus grande partie de la dette contractée à légard de ces deux
institutions au profit de la reconstruction et du développement du pays,
--- la poursuite du programme deffacement de la dette du Rwanda, moyennant des garanties
claires que les revenus dégagés ne soient pas utilisés à des fins militaires,
--- Une réponse positive à lappel consolidé des Nations Unies en faveur de la RDC et qui,
pour linstant, na reçu quune réponse désespérante. Le Bureau Humanitaire ne parvient
plus à financer les timides mais réelles avancées quelles a obtenues jusquà présent,
notamment les campagnes de vaccination, lorganisation des examens dEtat, le
regroupement familial
PROTÉGER ET PROMOUVOIR LES DROITS DE LHOMME: AU-DELÀ DES MOTS
La promotion des droits de lhomme figure au premier rang dans les prises de position de lUE.
La question est de savoir comment leur donner une nouvelle consistance. Nos propositions
concernent aussi bien la protection (la sanction des violations et le monitoring en tant
quinstrument de prévention) que la promotion (éducation et soutien aux institutions
gouvernementales et organismes non gouvernementaux) des droits de lhomme.
Proposition 7 Six initiatives concrètes pour mieux contribuer à la protection des droits de
lhomme et à la lutte contre limpunité en Afrique centrale
Le manque de fermeté et lincohérence des réactions de la communauté internationale face aux
violations gravissimes et à grande échelle des droits de lhomme et du droit humanitaire dans la
région des Grands Lacs nous semblent être une des causes principales de la propagation de la
violence, de limpunité et de linstabilité à toute la région des Grands Lacs.
Citons pour mémoire les moments clés de cet enchaînement macabre: les massacres au Rwanda
et au Burundi de 1959 à 1990, les massacres au Nord-Kivu en 1993, le putsch et les massacres
au Burundi en 1993 également, le génocide rwandais de 1994, le massacre de Kibeho au Rwanda
en 1995, les massacres de réfugiés rwandais dans lEst de la RDC en 1996-97, le déplacement et
le regroupement forcé de populations au Burundi en 1996 et en 1998, les massacres répétés de
populations civiles congolaises au Nord et au Sud-Kivu depuis août 1998, victimes des forces
du RCD, des Mai-Mai, Interahamwe et autres FDD, mais aussi des armées régulières du
Rwanda, de lOuganda et du Burundi.
Toutefois, les droits de lhomme ne concernent pas que le droit à la vie: ils incluent également la
démocratisation (à commencer par le droit délire et dêtre élu) et la promotion de droits égaux
pour tous, dans tous les secteurs de la vie (notamment léducation), sur une base de non-
discrimination ethnique, politique ou économique.
Lampleur du problème est devenue telle que lon ne peut se faire dillusions sur une efficacité
immédiate. Il sagit toutefois de communiquer clairement la volonté politique de lUE de briser
la dynamique actuelle. Des initiatives concrètes sont possibles dès à présent:
1- La dénonciation systématique et publique des violations des droits de lhomme et du droit
humanitaire
Une attitude ferme et cohérente de lUE sur ce terrain est indispensable. Il est également
recommandé de sefforcer, dans des cas spécifiques de violations graves, dobtenir une
condamnation unanime par tous les Etats membres de lUE; labsence dun consensus au
niveau européen ne peut être invoqué comme excuse pour une attitude passive. Par ailleurs,
lUE ne peut se limiter à dénoncer les massacres médiatisés. Pour être cohérent, elle doit
également protester contre les incessantes violations des droits de lhomme dans les prisons,
contre les arrestations arbitraires et les « disparitions », contre la peine de mort, les assassinats
politiques.
2. La dénonciation systématique et publique des propos à caractère ethniste et raciste
Forte de sa propre histoire et de ses propres lois et valeurs, lUE ne peut tolérer la banalisation
de la propagande à caractère ethniste ou raciste dans la Région des Grands Lacs, en particulier
en RDC et au Burundi. Trop de mensonges sont véhiculés, notamment sur la soi-disant
résurgence de lempire hima-tutsi et lopposition dénuée de tout fondement entre bantous
(qui sont un groupe linguistique) et tutsis (qui parlent une langue bantoue), et qui ne fait
quantagoniser les peuples et les gens. Contrer ce genre de propos ne pourra se faire que par
une meilleure information de part et dautre des frontières, notamment dans le cadre des
programmes scolaires et par la radiodiffusion. Enfin, sil y a bien un lien entre loccupation
rwandaise et le racisme antitutsi, ce lien ne peut en aucun cas devenir une justification du
racisme.
3- Réaffirmer la nécessité dune présence internationale pour suivre la situation des droits de
lhomme dans chaque pays de la région
Le contrôle international du respect des droits de lhomme dans la région est rendu
extrêmement difficile. A titre dexemple, il suffit de rappeler lexpulsion de lHuman Rights
Field Operation for Rwanda du Haut Commissariat des Nations unies pour les Droits de
lHomme, la suppression du mandat du Rapporteur spécial pour le Rwanda de la
Commission des Nations unies pour les Droits de lHomme et limpossibilité persistante, pour
les représentants des Nations unies, de la Croix Rouge et dautres observateurs internationaux
des droits de lhomme, dobtenir un accès aux sites militaires de détention dans toute la
région.
Afin daméliorer la situation des droits de lhomme, lUE doit soutenir la Commission des
Droits de lHomme au Rwanda et proposer la nomination dun Rapporteur spécial pour le
Rwanda, qui travaillerait en étroite collaboration avec cette Commission.
LUE pourrait proposer en outre la nomination dun Rapporteur spécial pour lensemble de la
sous-région, tant il est vrai que les problèmes des droits de lhomme sont étroitement
imbriqués par-delà les frontières. Au préalable, les Etats membres de lUE doivent continuer à
traquer les responsables du génocide qui séjournent dans lUE, et les poursuivre en vertu de
leurs propres compétences de juridiction ou les déférer au Tribunal pénal international
dArusha (TPIR).
4- Réaffirmer le rôle central des Droits des femmes
La question des Droits de la femme et de la promotion de la femme au sein des sociétés de la
sous-région devrait faire l'objet d'un traitement spécifique, dans la mesure où 1) ce sont elles
qui supportent l'essentiel de l'économie, étant à la fois le moteur du ménage et la principale
force de travail agricole 2) ce sont les personnes les plus vulnérables et souvent les premières
victimes des violations des Droits, notamment des innombrables viols considérés comme
arme de guerre 3) les mouvements de femmes constituent probablement la force la plus
volontariste pour la réalisation de la paix.
5- Deux initiatives pour lutter contre limpunité:
--- donner aux juges les moyens dexercer leur compétence universelle,
--- proposer une augmentation sensible des moyens du TPIR et lextension géographique et
temporelle de son mandat
En tant que responsables politiques, les ministres européens de la justice devraient veiller à
ce que les juridictions sous leur compétence, en accord avec la législation, puissent disposer
des moyens nécessaires pour réellement exercer leur compétence universelle (là où elle est
inscrite dans les lois) pour poursuivre et juger les responsables des violations les plus graves
des droits de lhomme et du droit humanitaire, à commencer par les poursuites contre les
responsables et complices du génocide rwandais présents sur le territoire de lUE. Ces
poursuites doivent également viser les dirigeants et hauts fonctionnaires actuels suspectés de
crimes dans les pays concernés.
Afin que le TPIR puisse instruire et juger les violations des droits de l'homme et du droit
humanitaire les plus graves commises au Burundi, au Rwanda et en RDC depuis 1990
jusquaujourdhui (voir lénumération ci-dessus), il convient que son mandat et les moyens
qui sont mis à sa disposition soient adaptés. Lintervention dune juridiction internationale
est la seule réponse sérieuse à limpunité dans la région. Sans nier leur utilité, il convient de
reconnaître les limites des autres mécanismes utilisés jusquà présent et en particulier celui
des commissions denquête internationales. Une initiative diplomatique en direction du
Conseil de Sécurité des Nations unies dont le TPIR tient son mandat devrait donc figurer au
premier rang des priorités de lUE.
Proposition 8 - Améliorer lassistance technique dans le domaine judiciaire et des droits de
lhomme
LUE devrait davantage s'investir dans lassistance judiciaire, dans le renforcement des capacités
du système judiciaire et dans dautres programmes (gouvernementaux et non gouvernementaux)
de protection et de promotion des droits de lhomme au Rwanda, au Burundi et en RDC.
Les défis à relever dans ce domaine sont multiples: soutien aux associations de promotion et de
défense des droits de l'homme, formation et rémunération adéquates des magistrats et du
personnel judiciaire, indépendance du pouvoir judiciaire, lutte contre lethnicisation de la
magistrature et les détentions arbitraires, illégales et provisoires de très longue durée,
amélioration des conditions de détention, aide à la mise en place de tribunaux populaires
(gacaca-) au Rwanda ,...
Nous pensons que dans ce domaine capital, lUE doit développer une vision plus cohérente en
mettant en avant les objectifs prioritaires, les méthodes de travail et les conditions dassistance
aux trois pays. A cette fin, les Etats membres pourraient mettre en place, chacun en leur sein, un
groupe de travail, faisant appel aux expertises disponibles au sein de la Coopération, de la
Justice, des milieux académiques et non gouvernementaux. Ce groupe devrait également veiller
à ce que des critères soient définis qui permettent dévaluer l'engagement politique des
gouvernements en faveur du respect et de la promotion des droits de lhomme. A un tel
engagement devrait correspondre un renforcement de la coopération.
PROMOUVOIR UNE PAIX DURABLE EN AFRIQUE CENTRALE:
MIEUX UTILISER LES LEVIERS DE L'AIDE...
Le cas est éloquent: le 10 mars 2000, la Commission européenne a octroyé au Rwanda une
enveloppe financière initiale de 110 millions deuros au titre de la reprise du Programme
Indicatif National. Or, aucune allusion publique na été faite quant aux responsabilités du
Rwanda dans la lenteur de la mise en oeuvre des accords de Lusaka et à limportance de ses
dépenses militaires. Cest là un pénible exemple de l'utilisation inconséquente, et à tout le moins
technocratique, de l'aide européenne au développement et donc de largent du contribuable
européen. Déjà, le 18 mai 1999, l'UE avait débloqué une aide budgétaire de 68 millions d'Euro
en faveur du gouvernement rwandais alors que l'armée rwandaise refermait son étau sur Kabinda
et Mbuji Mayi.
Il ne sagit pas de supprimer laide, mais de la contextualiser et de la soumettre à davantage de
conditions, car il faut sans cesse rappeler aux gouvernements de la région que ces aides ont
dabord comme finalité leurs populations dans le besoin. Un modèle que lUE et ses Etats
membres pourraient adopter est celui du document intitulé Understanding on the development
partnership between the Government of United Kingdom and Northern Ireland and the
Government of Rwanda, bien que ce document manque dun mécanisme concret de suivi.
Loctroi des aides devrait se faire en fonction du respect dindicateurs clairement définis
(budget, armée, démocratisation, droits de lhomme), mais aussi prendre en compte le rôle de la
société civile.
La première priorité de lUE devrait donc être de mobiliser cet immense potentiel financier
européen au service des objectifs politiques prioritaires élaborés ci-dessus.
Proposition 9 - Institutions financières internationales et politique de coopération de l'UE:
une nouvelle stratégie
La Banque mondiale, le Fonds monétaire international et l'Union européenne (via le Fonds
européen de Développement cogéré par la Commission et les Etats membres) sont les principaux
bailleurs de fonds multilatéraux pour l'aide structurelle aux pays pauvres. L'analyse de la
politique menée par ces trois institutions à l'égard des pays de la région des Grands Lacs soulève
de sérieuses questions. A l'exception de l'Angola et de la Namibie, tous les pays en guerre en
RDC sont dépendants de l'aide internationale. Or, depuis le début de la guerre au mois d'août
1998, le Rwanda et l'Ouganda ont continué de bénéficier des programmes d'aide comme
auparavant tandis que le Zimbabwe a été soumis à une pression intense des bailleurs de fonds et
que le Burundi et le Congo-Kinshasa se sont vu refuser toute aide. Ce constat amène une série
de commentaires:
- Qu'on le veuille ou non, une telle asymétrie est lourde de signification politique: elle
communique aux uns l'appui de la Communauté internationale et met les autres dans une
situation d'isolement.
- L'aide dont il est ici question est pour une part très importante une aide budgétaire ou à la
balance des paiements, c'est-à-dire qu'elle finance un déficit du budget ou de la balance
extérieure (importations/exportations). Elle sert donc à financer la politique d'un gouvernement
dans son ensemble, y compris les dépenses militaires , dont les montants déclarés sont sujets à
caution.
1- Se donner les moyens de peser davantage sur les décisions
Pour peser davantage sur la politique du FMI, de la Banque Mondiale et de l'UE en matière
d'aide structurelle, lUE doit d'abord se donner les moyens de participer au débat et de peser sur
les décisions. Cela implique notamment:
--- que les Etats membres augmentent les moyens humains dans leurs sections de
coopération pour collaborer avec les délégations de l'UE et peser en amont sur les
décisions du FMI et de la Banque Mondiale ;
--- quils mettent en place un mécanisme de concertation entre Coopération, Affaires
étrangères et Finances aux différents niveaux afin que les représentants des Quinze au
sein des Conseils d'administration de la Banque Mondiale, du FMI et du Comité FED
prennent des décisions informées et cohérentes par rapport aux objectifs de la politique
nationale en Afrique centrale et que les Ministres puissent appuyer leur politique sur les
données venant du terrain.
2- uvrer pour une nouvelle politique cohérente et responsable d'aide aux pays en conflit
Pour concrétiser cette approche, lUE pourrait prendre les initiatives suivantes:
--- relancer le débat sur l'aide aux pays ACP en conflit au sein du Conseil de lUE sur base de la
Communication de la Commission du 19/5/99 4; le même voeu a dailleurs été exprimé par le
Haut Représentant Javier Solana et le Représentant spécial M. Aldo Ajello 5.
--- demander qu'un même débat de fond ait lieu au niveau des Conseils d'Administration de la
Banque Mondiale et du FMI; ces débats devraient mener à l'élaboration de critères politiques
pour le conditionnement de l'aide aux pays en conflit (recherche de solution négociée,
cessez-le-feu, processus de démocratisation,...), et à une uniformisation des exigences en
matière de dépenses militaires et sociales, de transparence et de mécanismes de contrôle,
--- plaider au Comité FED et aux Conseils d'Administration de la Banque Mondiale et du FMI
pour que la libération de nouvelles tranches d'aide budgétaire (aide à l'ajustement structurel,
STABEX, Economic Recovery Credits,...) au Rwanda, à l'Ouganda et au Zimbabwe soit
conditionnée au progrès dans la mise en uvre des Accords de Lusaka,
--- préparer le retour à la normalité des relations de la RDC et du Burundi avec l'UE, le FMI et
la Banque mondiale: plaider pour la mise sur pied d'un programme d'aide structurelle en
faveur du Burundi et de la RDC; ces aides devraient être réparties en tranches multiples et
accompagnées de contrôles stricts. L'octroi de cette aide doit être conditionné aux progrès
dans la mise en uvre des accords de Lusaka pour la RDC, à la conclusion et à la mise en
uvre des accords d'Arusha et au retrait militaire de la RDC pour le Burundi.
METTRE UN TERME AU COMMERCE LICITE ET ILLICITE DARMES VERS LA
RÉGION DES GRANDS LACS...
Proposition 10 - Un embargo européen sur les armes pour la région des Grands Lacs
Etat de violence permanent, coexistence de multiples unités armées et milices: larsenal des
armes dans la région sest accru énormément en quelques années. De grandes quantités darmes
y circulent de manière légale, mais plus encore par le biais de circuits illégaux. En temps de
guerre, la facilité à se procurer des armes entraîne la poursuite du conflit et la recrudescence des
violences. Mais, même après la fin du conflit armé et des confrontations directes, la présence des
armes aura encore pendant longtemps des conséquences négatives sur la sécurité des citoyens.
Il est grand temps que lUE adopte un certain nombre dinitiatives en vue de renforcer le
contrôle sur le commerce des armes:
--- Le 18 juin 1999, lUE a réitéré sa volonté de mettre en application le Code de Conduite en
matière dexportation des armes du 8 juin 1998. Les Etats membres doivent effectivement
interdire les exportations vers certains pays , où ces armes peuvent provoquer laggravation
et/ou la prolongation dun conflit armé tant à lintérieur quà lextérieur des frontières de
ces pays.
--- Il est évident que lapplication du Code de Conduite revient concrètement à décréter un
embargo sur les armes pour tous les pays des Grands Lacs, et envoyer ainsi un signal fort à
tous les protagonistes. Aussi, il est inconcevable que lUE en reste toujours à se demander
si un embargo serait approprié, alors quelle reconnaît dans le même texte que la
prolifération incontrôlée darmes légères demeure une menace majeure sur la paix et la
sécurité dans la région! . De fait, certains Etats membres, dont la France, continuent de
sopposer à tout embargo, sous prétexte quil risque de faire augmenter le trafic illicite. Ce
serait oublier quun embargo entraîne une forte hausse du prix des armes de contrebande, ce
qui peut dissuader les acheteurs. De semblables efforts en vue dun embargo devraient
également être entrepris au niveau des Nations Unies. Cet embargo devrait être renforcé par
lutilisation de technologies appropriées, comme des radars ou des bateaux de surveillance.
--- En outre, lUE doit inscrire la question du commerce licite et illicite des armes en particulier
vers la région des Grands Lacs à lagenda des négociations avec les pays candidats à
ladhésion à lUE. En effet, certains de ces pays jouent un rôle important dans les flux
darmes vers lAfrique centrale.
--- Une attention particulière doit être accordée à la position des marchands darmes et des
intermédiaires. Les traces évidentes du flux commercial se perdent rapidement dans le lacis
dentreprises offshore et de nébuleux intermédiaires. Il convient de refuser par un texte
légal daccorder une licence aux marchands incapables de garantir la traçabilité des armes.
Une étape importante pourrait être la proposition française de convention internationale sur
le marquage des armes légères: celle-ci pourrait se faire le moteur de son adoption lors de la
Conférence internationale des Nations Unies sur le commerce illicite des armes légères dans
tous ses aspects à la mi-2001. Toutefois, un marquage serait inopérant sil nest pas
également couplé à un système de traçage permettant de suivre le cheminement de ces armes.
Concernant les armes légères, lUE pourrait appliquer aux pays des Grands Lacs laction
commune de décembre 1998.
--- Il convient également d'adopter le principe d'extra-territorialité en rendant punissables les
délits en matière de trafics d'armes commis par les ressortissants de lUE même si aucune
arme n'a transité par le territoire national. 1
--- Outre cela, les Etats membres doivent mieux vérifier les certificats des utilisateurs finaux et
impliquer activement les postes diplomatiques dans le contrôle. En cas dabus, des sanctions
doivent être prises et toute licence ultérieure doit être résolument refusée. Un tel contrôle
serait toutefois inopérant si lUE ne contribuait pas au renforcement des capacités douanières
des Etats de la région.
--- De plus, les Etats membres doivent demander aux pays dAfrique centrale une plus grande
transparence en matière de budgets, consacrés à la sécurité intérieure et extérieure. Cest en
effet un critère déterminant pour définir la nature de la coopération avec ces pays. Il est établi
aujourdhui que les dépenses militaires des pays impliqués dans le conflit en RDC sont bien
supérieures aux chiffres officiels 2. Un des outils de contrôle pourrait être la mise en place de
régistres nationaux sur les ventes darmes, sur le modèle du projet de la CEDEAO, visant à
enregistrer les importations et exportations darmes dans la région.
--- Enfin, il convient dinterpeller le gouvernement américain sur son assistance militaire et sa
politique en matière de ventes d'armements à certains des pays impliqués dans le conflit
congolais.
Proposition 11 - S'attaquer aux sources de financement des trafics d'armes
Lexemple de la Sierra Leone le démontre tragiquement: le commerce des richesses naturelles,
telles que lor et le diamant contribue indubitablement au financement des dépenses de guerre
des différentes parties au conflit. De même, la richesse du Congo-Kinshasa constitue
paradoxalement un facteur denlisement du conflit, dappauvrissement de toute une population et
dabsence de stabilité en Afrique Centrale, et non une ressource de développement. En ce sens,
les combats entre le Rwanda et lOuganda sur le territoire congolais ont une fois de plus abouti
au douloureux constat que le contrôle de lor et des diamants mais aussi dautres produits
dexportation tels que les minéraux stratégiques (pétrole!), les essences de bois tropicaux, le café
et lhuile de palme représente un enjeu crucial de la crise actuelle.
Certes, le diamant na pas de passeport et il est impossible de déterminer lorigine de tous les
gemmes. Toutefois, il faut continuer à étudier la possibilité de marquer les diamants. Il est
également possible de renforcer le contrôle de ce commerce, notamment en agissant directement
sur place, pour empêcher un trafic frauduleux encore plus important, et en faisant pression sur
les acheteurs de diamant au sein de lUE. Mais cette lutte contre le trafic frauduleux de diamants
serait vaine, si dans le même temps on ne met pas sous pression ceux qui livrent des armes en
échange des diamants, notamment le Burkina Faso et le Libéria, nommément épinglés par
plusieurs rapports.
Enfin, il sagit de donner tous les moyens nécessaires au panel dexperts de lONU chargé
dinvestiguer sur lexploitation du sous-sol congolais, tel que prévu par la Résolution 1291
(2000), et daccélérer la ratification par lensemble des Etats membres de la Convention
internationale chargée de réglementer les activités des mercenaires. Seuls deux pays européens
lont fait jusquà présent alors que cette convention date de 1979!
EN GUISE DE CONCLUSION...
Proposition 12 Lobjectif ultime: une intégration régionale pacifique fondée sur le droit
Les propositions énoncées ci-dessus sont des repères en vue dun engagement plus profond et
beaucoup plus ambitieux de lUE dans la région. Elles constituent le préambule pour LE défi
pour lUE: à savoir mettre sur pied un authentique partenariat avec les pays de lAfrique
Centrale, en sappuyant notamment sur les acquis du premier Sommet Afrique-Europe du Caire.
Dans cette optique, il devra contribuer à la mise sur pied du processus de conférence régionale
pour la sécurité et la coopération dans la région annoncé depuis longtemps déjà, et pousser
lOUA à la convoquer, en coordination avec les institutions de Bretton Woods.
Une telle initiative na cependant de sens que si les processus de paix de Lusaka pour la RDC et
dArusha pour le Burundi savèrent des réussites et si lon parvient à mettre sur les rails un
dialogue politique au Rwanda et en Ouganda. Toutefois, la perspective de cette conférence
pourrait agir comme carotte afin de favoriser lapplication des accords.
A terme, la conférence régionale devrait mener par des moyens pacifiques et dans le respect du
droit à une intégration régionale, seule capable de résoudre les contraintes structurelles au
développement du Rwanda , du Burundi et de RDC, et au reflux de lethnisme et du racisme. Il
sagira également de poursuivre et dintensifier le travail sur la Communication de la
Commission européenne relative à laide aux pays engagés dans des conflits armés. Enfin, la
paix nest véritablement envisageable dans toute la sous-région que si la société civile, y compris
les Eglises, est étroitement associée à la définition des solutions. On ne peut laisser celles-ci à la
seule responsabilité des pouvoirs politiques si on veut quelles senracinent vraiment.
END
Sommet Afrique-Europe sous légide de lOUA et de lUE, Le Caire, 3 et 4 avril 2000, 12 p.
Lettre de la Ligue Iteka au médiateur Nelson Mandela, 28 avril 2000, à la veille de la visite de celui-ci au Burundi.
Human Rights Watch, dans un rapport du 27 avril 2000, accuse le Rwanda dutiliser le prétexte de la sécurité
pour couvrir des cas de meurtres, dassassinats, de torture et de détention arbitraire, et que ces violations vont au-
delà de la division ethnique, puisque des rescapés tutsis du génocide sont aujourdhui visés en tant quopposants
politiques.
Position Commune de l'UE sur le Rwanda du 13/07/99, en voie dêtre réactualisée.
Impératifs humanitaires en RDC, Bureau de coordination des affaires humanitaires, Nations Unies, mars 2000
Le Rapporteur spécial a été remplacé en 1997 par un Représentant spécial ». Celui-ci ne jouit cependant
pas de la même indépendance et ne dispose pas dun mandat de « surveillance » très étendu.
A propos de la Gaçaça, qui na que de lointains rapports avec le Gaçaça traditionnel, lire les préoccupations
contenues dans le rapport dAmnesty International, Rwanda: le fonctionnement chaotique de la justice, AFR
47/015/00, 26 avril 2000.
En juin 1998, le FMI a approuvé en faveur du Rwanda une aide à lajustement structurel (ESAF) de près de 100
millions $US sur trois ans. Malgré laugmentation des dépenses militaires du Rwanda au-delà des limites
convenues, le FMI a continué à débourser cette aide après le début de la guerre au Congo. Le 31 mars 1999, la
Banque Mondiale a approuvé un Rwanda Economic Recovery Credit de 75 millions $US, dont 40 millions ont été
déboursés immédiatement. En mai 1999, lUE a déboursé une aide de 68 millions dEuros pour le Rwanda, et en
mars 2000 a délivré une première tranche de 110 millions deuros au titre de la reprise du Programme indicatif
national. En Ouganda, la forte augmentation des dépenses militaires na pas empêché le déblocage dune aide du
FMI le le 26/8/99. Le 2 mai 2000, lOuganda a été déclaré éligible au titre de linitiative HIPC.
Laide de la Banque Mondiale et du FMI au Zimbabwe a été suspendue en 1998-99, officiellement pour des motifs
techniques liés notamment à la réforme agraire. En raison de ses arriérés de paiement au FMI et à la Banque
Mondiale, la RDC ne peut prétendre à de nouveaux crédits de ces institutions. Cependant, à linstar du Rwanda, une
solution aurait pu être trouvée grâce à laide des bailleurs de fonds multilatéraux.
En 1998, selon le FMI, les dépenses militaires du Rwanda sélevaient à 4,2% de son PIB (IMF mid-term review
1998), soit 41,2% des recettes propres du gouvernement rwandais. En 1997, les dépenses militaires du Burundi
sélevaient à 6,3% de son PIB.
Les décisions des Conseils d'Administration du FMI et de la Banque Mondiale sont préparées par des missions
sur le terrain. C'est dès ce stade que les Etats membres de lUE devraient s'impliquer via les sections de coopération
de leurs ambassades.
4 Communication from the Commission to the Council and the European Parliament, Co-operation with ACP
Countries Involved in Armed Conflicts, COM(1999)240, 19/5/99, 20 p.
5 Conflicts in Africa. Discussion Paper on the crisis in the Great Lakes Region, General Secretariat of the Council,
15/3/00, 9 p.
Le Secrétaire général de lONU avait recommandé en 1998 que les pays africains ramènent « leurs dépenses
d'armements et de munitions à 1,5% de leur produit intérieur brut (PIB) », et naugmentent pas « leurs budgets
militaires au cours des 10 prochaines années». Voir Les causes des conflits et la promotion d'une paix et d'un
développement durables en Afrique, Rapport du Secrétaire général des Nations Unies, avril 1998.
Voir les conclusions du Conseil Affaires générales du 22 mai 2000.
1 G. BERGHEZAN et F. NKUNDABAGENZI, La guerre du Congo-Kinshasa. Analyse du conflit et transfert
d'armes vers l'Afrique centrale, GRIP, Bruxelles, octobre 1999, 56 p.
2 Lire Military Balance 1999-2000, Institute for Strategic Studies, London
CCAC/GLAN - Pour une politique européenne en Afrique centrale
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