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[Page principale] [Home page] L'APPLICATION CORRECTE DE L'ACCORD GLOBAL ET INCLUSIF DEMEURE LA SOLUTION INCONTOURNABLE A LA CRISE CONGOLAISELa position de la France vis-à-vis de la crise congolaise suscite quelques interrogations compte tenu du résultat du DIC. La mise en application des accords signés le 2 avril 2003 qui devrait être la priorité des priorités paraît être rejetée au second plan par un lobby qui oeuvre pour éluder la solution à la crise et perpétrer le statu quo en faveur des intérêts occultes de quelques uns. Le déploiement des troupes françaises au Congo (que les français persistent à nommer le Zaîre, sans doute en vertu de leurs profondes affinités avec le régime de MOBUTU) semble conforter le constat que la France optera toujours pour une solution inadaptée aux circonstances, et qui va à l'encontre des intérêts à long terme du peuple congolais. A l'instar de son attitude récente quant à l'adéquation de la solution à apporter au problème Irakien, on pourrait demander à la France aujourd'hui à son tour d'examiner les données du problème congolais et d'en tirer les conclusions quant à la solution à y apporter. Dans cette démarche, elle devrait également établir les priorités dans les différentes étapes du réglement global du problème. A l'heure présente, tout ce que la France a entrepris est un faisceau de prises de positions et d'actes qui, tous, concourent à un blocage de la situation et à l'exclusion de fait de M. Etienne Tshisekedi du cercle du pouvoir, en espérant figer des situations douteuses et frauduleuses et en les faisant accepter par le peuple par le biais du fait accompli. C'est une méthode qui a fait ses preuves tout au long des dictatures successives. M. Etienne Tshisekedi est Président de l'UDPS, incontestablement le plus grand parti politique au Congo. C'est lui qui a balisé la voie vers le dialogue inter congolais, en interpellant la communauté internationale via un mémorandum adressé dès le 04/09/1998 au Secrétaire Général des Nations Unies, soit au lendemain de la rébellion du RCD. Cette interpellation a mené aux accords de Lusaka, puis aux négociations ayant finalement abouti aux Accords de Pretoria, communément appelés "ACCORD GLOBAL ET INCLUSIF". Notre propos est de mettre en exergue le fait que la communauté internationale semble placer l'aspect politique du problème congolais à l'arrière plan, pour se focaliser sur le traitement de l'aspect humanitaire du drame, qui n'est que la conséquence criante du manque d'Etat. Cela revient en fait à se préoccuper des symptômes d'une maladie au lieu de s'attaquer à ses causes, de mettre la charrue devant les boeufs! Certes, le drame que vivent nos populations dans l'Ituri est regrettable et mérite d'être traité avec tous les moyens nécessaires requis, mais il ne doit en aucun cas à occulter" le problème de fond qui est essentiellement politique et qui requiert une solution politique adéquate et immédiate. Ne devrait-on pas manifester le même zèle pour résoudre le problème politique, qui d'ailleurs, avec des pressions insignifiantes sur le pouvoir actuel, pourrait immédiatement débloquer la situation et la mise en application des accords. Il est indéniable que l'importance de l'aspect politique de la problématique congolaise ne semble pas retenir l'attention requise de la communauté internationale. C'est pourtant de la résolution de cet aspect du problème que la paix en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs résultera. La sagesse pourtant devrait nous indiquer que la seule vraie solution à la situation actuelle ne peut être que politique et basée sur un renforcement du pouvoir politique. Pourrait-il en être autrement? En effet, il ne faut pas être grand clerc ni devin pour réaliser qu'il est quasi impossible de résoudre l'équation du problème congolais si l'on ne dispose pas d'une autorité incontestée jouissant d'un pouvoir politique étendu sur l'ensemble du territoire. C'est par la résolution de ce problème que s'éteindront d'elles-mêmes toutes les rebellions et toutes les oppositions armées au Congo, qui trouvent leur source dans le manque de légitimité du pouvoir actuel et l'absence d'Etat, problèmes politiques par excellence s'il en est. Le cessez-le feu (sinon la réduction de l'ampleur des hostilités) entre belligérants congolais, ainsi que le retrait (même s'il n'est pas total) des troupes étrangères (Angola, Namibie, Ouganda, Rwanda, Zimbabwe), suite aux différents pourparlers politiques, à Lusaka, à Pretoria, à Luanda, ont clairement démontré que c'est par cette voie que pourra jaillir le salut. Et c'est cette orientation qu'Etienne Tshisekedi a toujours privilégiée. L'accord global et inclusif est son oeuvre. Il l'a réalisée avec beaucoup d'abnégation et le concours de tous ceux qui ont foi dans une solution réellement politique à la grave crise multiforme et multifactorielle que traverse le Congo. Aujourd'hui, nul, mieux que lui, ne peut être indiqué pour implanter les résolutions des accords dont il est le géniteur et poser les jalons d'un Etat de droit, libre et et démocratique au Congo. Nul, autant que lui, n'a traversé les différentes entraves dressées sur la voie d'une solution politique à la crise congolaise depuis plus de 20 ans. Il en connaît les tenants et les aboutissants. Nul, mieux que lui, ne peut défendre les orientations des accords obtenus sous son impulsion après qu'il s'était opposé à un compromis frelaté à Sun City entre ceux qui, aujourd'hui, veulent s'accaparer par des manoeuvres illégales des résultats du contenu de son oeuvre. L'histoire récente nous a livré un condensé significatif de non respect de sa parole ou de sa signature par les "hommes politiques" congolais. Le peuple, qui doit être l'ultime bénéficiaire de la résolution de la crise et qui se reconnaît dans les orientations défendues par Etienne Tshisekedi et l'UDPS, revendique l'application immédiate et correcte des accords. Il a besoin d'un avocat pour sa cause et d'une conscience pour mener le projet de la transition à son terme sans déviation. C'est pourquoi, en vue de donner tous les atouts de réussite à la période transitoire vers une véritable troisième République, Etienne Tshisekedi demeure incontournable pour tout environnement destiné à gérer la transition. Il sera le garde fou et la conscience pour le respect des termes et de l'esprit de l'accord. Après que les tricheurs de l'hôtel Cascade à Sun City ont échoué à concrétiser leur forfait pourtant approuvé et monté en épingle par la France et d'autres, et leur retour aux négociations en Afrique du Sud, la communauté internationale s'est félicitée des accords signés. Elle devrait dès lors être vigilante et tout mettre en oeuvre afin qu'ils soient mis en application adéquatement. Elle aurait tort de se laisser entraîner par la France qui, de manière systématique à toutes les étapes cruciales de l'histoire récente de ne notre pays, a pris le parti de favoriser la mauvaise solution au problème du moment. La priorité actuelle consiste à favoriser la mise en application intégrale et correcte de l'accord global et inclusif afin que le Congo soit doté d'un pouvoir légitime susceptible de gérer les autres problèmes accessoires. Une attitude différente est un rapiécement qui prolonge inutilement la misère, les souffrances et les peines de ceux à qui on prétend venir en aide, peut être à dessein pour défendre des intérêts occultes. Bruxelles, le 14 juin 2003
Raphael KASHALA [Page principale] [Home page] | |