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POUR LA DÉMOCRATIE
ET LE PROGRÈS SOCIAL




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Communiqué de presse du 30 juillet 2002

Les leçons de l'Accord de Prétoria entre les regimes de Kinshasa et de Kigali

Réf.: RBL/UDPS/DE/023/02

  1. L'essentiel de l'Accord
  2. Le 22 juillet 2002 à Prétoria, un accord de paix est intervenu entre les régimes de Kinshasa et de Kigali: le régime de Kinshasa s'est engagé à regrouper et à désarmer les miliciens interahamwe et les soldats ex-FAR, et en contrepartie, le Rwanda s'est engagé à retirer ses troupes du territoire congolais. Cet Accord a été conclu en présence d'un témoin: M. Koffi Annan, le Secrétaire Général des Nations Unies. Ce 30 juillet 2002, cet accord a été signé au même endroit, en présence d'un représentant spécial de Monsieur Kofi Annan et du président du Malawi Bakili Muluzi, président de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC).

     

  3. Les leçons à tirer de cet Accord:

1ère leçon: l'UDPS s'en réjouit:

L'UDPS marque sa joie à la conclusion de cet accord. Car, en signant ledit accord, le régime de Kinshasa avoue enfin, comme Mobutu le fit en son temps, que l'UDPS en général et M. Etienne Tshisekedi en particulier avaient raison:

 

  • Lorsque l'AFDL avait déclaré en fin 1996, à partir de Goma, qu'elle avait pris des armes pour chasser Mobutu et permettre l'application des Actes de la CNS, M. Etienne Tshisekedi se rendit en novembre 1996 à Nice pour conseiller à Mobutu de faire cesser la guerre par le retour pacifique à la légalité de la CNS. Son Gouvernement Légal de Transition pouvait aller négocier avec les rebelles congolais à Goma, demander aux pays amis ayant aidé l'AFDL la facture et le retour des troupes étrangères dans leurs pays à partir de Goma. Mobutu ne l'écouta pas. M. Etienne Tshisekedi ne fut ni écouté par Mobutu ni soutenu dans cette démarche. Il y eut la guerre et ses atrocités dont les massacres par l'AFDL et ses alliés de l'APR de plus de 200.000 réfugiés rwandais hutus et déplacés congolais, la destruction du pays, le pillage des richesses nationales…Et puis, Mobutu finit par accepter, trop tard et après une guerre inutile, de négocier avec LD Kabila.

 

  • Le 23 mai 1997 à Kinshasa, M. Etienne Tshisekedi, dans une conférence de presse, dénonça la nouvelle dictature, refusa de reconnaître la légitimité issue des armes et demanda à LD Kabila d'organiser le retour négocié de toutes les troupes étrangères dans leurs pays respectifs et d'initier le Dialogue Intercongolais pour résoudre le problème de légitimité de pouvoir. Le gouvernement Kabila publia un communiqué officiel affirmant qu'il n'y avait aucun soldat étranger au Congo! Le régime poursuivit sa logique dictatoriale et maintint les troupes étrangères au Congo. M. Tshisekedi et l'UDPS organisèrent la lutte au Congo et à l'Etranger contre la dictature et contre la présence des troupes étrangères au Congo. M. Tshisekedi fut même relégué pendant 4 mois dans son village d'origine. Au lieu de résoudre la crise qu'il avait trouvée, LD Kabila l'aggrava. M. Tshisekedi ne fut ni écouté par LD Kabila ni soutenu.

 

  • Le 7 août 1998 à Kinshasa, M. Etienne Tshisekedi, dans une conférence de presse, s'opposa à la 2ème guerre qui avait débuté le 2 août 1998. Il offrit ses services de médiation aux belligérants afin que la guerre cesse et que le sang ne coule pas inutilement pour un problème fondamentalement politique et qui exigeait une solution politique. Il invita de nouveau LD Kabila à organiser le Dialogue Intercongolais pour résoudre le problème de la légitimité de pouvoir. LD Kabila ne l'écouta pas. Au lieu de soutenir M. Tshisekedi dans la condamnation de la guerre, certains compatriotes s'arrangèrent derrière LD Kabila et l'encouragèrent à poursuivre sa logique de la dictature et de la guerre. La crise s'aggrava davantage et s'internationalisa même. La guerre ne résolut pas la crise, elle dévasta le pays. Ceux qui avaient encouragé LD Kabila dans cette aventure se tournèrent vers M. Tshisekedi et exigèrent de lui qu'il condamne la guerre, ses conséquences et ses atrocités de la guerre alors qu'il en avait déjà condamné la cause profonde et le principe. Comme Mobutu sur l'Outenica, LD Kabila finit par s'asseoir à la même table, avec ceux qu'il appelait "pions des rwandais" - expression que Mobutu avait utilisé contre LD Kabila avant d'accepter de négocier avec lui - , et l'Accord de Lusaka fut signé.

 

  • Du début de la 2ème guerre (1998) à la signature de l'Accord de Lusaka (1999), M. Tshisekedi, à qui il était interdit de quitter Kinshasa pour aller soit à l'Etranger, soit à l'Intérieur du pays, agit par des conférences de presse et des lettres adressées au Secrétaire Général de l'ONU, aux pays non alignés, à l'OUA, à l'Union Européenne, à la SADC. Dans ces conférences et lettres, il expliquait la cause profonde de la crise, les conséquences de la guerre sur le pays et sur la population et proposait un plan de réglement pacifique et global de la crise. Le régime de Kinshasa se moqua de M. Etienne Tshisekedi, le traitaient de traître et affirma qu'il chasserait le Rwanda du Congo et qu'ils porteraient la guerre jusqu'à Kigali. Rien de tout cela n'arriva. Au contraire, les conséquences et les atrocités de la guerre devinrent de plus en plus insupportables pour le pays et pour la population. Surtout que n'avions pas une armée digne de ce nom.

 

  • M. Etienne Tshisekedi, à qui l'autorisation de sortir du pays a été enfin octroyée le 29 décembre 2000 pour des raisons de santé, fit pendant 16 mois, après le traitement médical en Afrique du Sud, un périple afro-euro-américain afin de remercier les décideurs de la Communauté Internationale pour leurs pressions qui avaient amené les belligérants à signer l'Accord de Lusaka et pour intensifier ces pressions afin que l'Accord soit respecté et que le DIC ait lieu. Il ne fut pas soutenu. Le régime de Kinshasa et ses adeptes conditionnaient l'application de l'Accord de Lusaka en général et la tenue du DIC en particulier au départ préalable des troupes rwandaises du Congo, offrant ainsi aux rwandais un alibi puissant pour rester au Congo.

 

M. Etienne Tshisekedi a expliqué depuis bien longtemps que la cause profonde de la crise n'est ni le Rwanda, ni les interahamwe, ni les soldats ex-FAR… mais bien l'absence d'Etat et de démocratie au Congo. Les problèmes avec le Rwanda et avec les autres pays limitrophes sont les conséquences de la crise politique interne et non les causes de la crise. La solution politique à la crise doit venir d'un Accord politique inclusif et global à l'issue des négociations politiques.

 

2ème leçon: Reconnaissance par le régime de Kinshasa de la présence des Interahamwe et ex-FAR dans les Forces Armées Congolaises:

  • Alors qu'il l'avait toujours nié, le régime de Kinshasa a reconnu officiellement, pour la 2ème fois et sous la pression de la Communauté internationale que les interahamwe et les soldats ex-FAR étaient présents sur le territoire qu'il controle militairement. Et il s'est engagé à les regrouper et à les désarmer.
  • Il l'avait déjà reconnu officiellement, pour la 1ère fois, le 15 août 2001, par la bouche de She Okitundu, à la 16ème Réunion du Comité Afrique pour la paix et la sécurité en Afrique centrale, et s'y était engagé aussi, au nom de son Camp, à les neutraliser. Cet aveux tardif et l'engagement pris par Okitundu étaient à la fois la conséquence des pressions du gouvernement américain pour qui ces génocidaires rwandais doivent être désarmés, neutralisés et jugés et celle du passage à Kinshasa de Madame Short Clare, ministre britannique, de M.D. Payne, congressiste américain et de M. Hubert Védrine, ministre français des Affaires Etrangères.
  • Alors qu'il avait toujours induit le peuple en erreur en affirmant que la présence des troupes rwandaises au Congo n'était pas justifiée, que les interahamwe et les soldats ex-FAR n'étaient pas au Congo et que le Rwanda se servait d'un faux alibi pour justifier la présence de ses troupes au Congo, le Régime de Kinshasa vient de reconnaître officiellement que la présence des troupes rwandaises au Congo était justifiée et que le préalable posé par le Rwanda pour le retrait de ses troupes du Congo, à savoir la neutralisation des interarhamwe et des soldats ex-FAR, était fondé.
  • Le Régime de Kinshasa sait que ce sont les interahamwe et les soldats ex-FAR qui dirigent aujourd'hui les FAC et qui étaient les plus motivés au combat contre le RCD et contre les troupes rwandaises. Leur départ des FAC signifie la défaite militaire du Régime de Kinshasa. Quelqu'un dira certainement demain, dans le Régime de Kinshasa, que l'Accord de Prétoria était mal négocié comme l'ont été l'Accord de Lusaka et l'arrangement Kanambe-Bemba de Sun City.
  • Après avoir réussi à chasser Habyarimana du pouvoir au Rwanda et à s'y installer, à chasser Mobutu du pouvoir au Congo et à y placer LD Kabila, à empêcher le pouvoir de Kinshasa, par la présence de ses troupes sur le territoire congolais et par le soutien apporté au RCD, de gouverner l'Est du Congo aussi longtemps que les interahamwe et les soldats ex-FAR sont au Congo et qu'ils n'y sont pas neutralisés, le gouvernement rwandais actuel vient de réussir, d'une part à pousser le Régime de Kinshasa à avouer publiquement, devant le Rwanda lui-même et devant la Communauté internationale, ses mensonges par rapport à la présence des interahamwe et des soldats ex-FAR au Congo, à la présence des troupes rwandaises au Congo et au préalable posé par le Rwanda pour le retrait de ses troupes du Congo; et d'autre part à s'engager publiquement pour neutraliser les interahamwe et les soldats ex-FAR présents au Congo. Ceci est une humiliation importante subie qui ne renforce pas le prestige du Congo.

3ème leçon: Le Régime de Kinshasa reconnaît aujourd'hui l'absurdité de la guerre menée pendant 4 ans (1998-2002) contre le Rwanda

Quand le Rwanda avait envahi le Congo en 1996, avec l'AFDL interposée, à cause des interahamwe et des soldats ex-FAR qui se trouvaient au Congo, par l'opération turquoise, chassé Mobutu et placé LD Kabila au pouvoir, le régime de Kinshasa avait trouvé justifiées l'invasion et la présence des troupes rwandaises sur notre territoire.

Ce Camp affirmait même que la légitimité issue de l'Extérieur (c'est-à-dire du Rwanda) et des armes rwandaises dont jouissait le pouvoir de l'AFDL était suffisante et devait être acceptée par tous les congolais.

Mais depuis la 2ème guerre à ce jour (1998-2002), le Camp Kabila avait toujours déclaré que le Rwanda avait envahi le Congo sans raison, qu'il n'y avait pas d'interahamwe et de soldats ex-FAR au Congo, et que le retrait des troupes rwandaises du Congo était un préalable à l'application de l'Accord de Lusaka, signé d'ailleurs sur pression car ce Camp tenait à poursuivre sa logique de dictature et de guerre et avait promis au peuple congolais et au monde entier qu'il ramenerait la guerre jusqu'à Kigali. Et il bloqua l'application de l'Accord de Lusaka jusqu'à la tenue du Dialogue intercongolais (DIC). Et c'est encore sur pression que ce Camp accepta enfin la tenue du DIC, y participa à contre coeur et bloqua la solution globale et définitive de la crise et revint sur la scène avec son refrain anti-rwandais.

Aujourd'hui, l'UDPS pose deux questions à tous ceux qui avaient refusé de suivre la voie proposée par l'UDPS et avait plutôt suivi aveuglément le Camp Kabila et Kanambe dans la logique de la dictature contre le peuple congolais et de la guerre et de la haine contre le Rwanda:

  1. Pourquoi le Camp Kabila et Kanambe n'a jamais voulu résoudre, dès le début et en toute transparence, le problème des interahamwe et des soldats ex-FAR tel que stipulé dans l'Accord de Lusaka?

  • La réponse est simple et claire: la guerre et la haine contre un bouc émissaire sont l'une des stratégies bien connues dans tous les régimes totalitaires et dictatoriaux. Le Camp Kabila a présenté le Rwanda aux congolais comme la cause principale de la crise congolaise et la source de tous nos malheurs. Et beaucoup de congolais y ont cru. La guerre et la haine contre le bouc émissaire Rwanda a été l'une des stratégies du Camp Kabila pour perpétuer la dictature au Congo et se maintenir au pouvoir, alors que les nombreux excès des forces rwandaises au Congo ne sont que la conséquence d'un mal plus fondamental, l'abence d'Etat au Congo. Ce Camp a réussi, par cette stratégie, à détourner le peuple des crimes commis dans son Camp et du vrai problème qui est à la racine de notre crise: l'absence d'Etat et de démocratie.

  1. Quel est le sens que le peuple congolais en général, les populations de l'Est et les patriotes Maï-Maï en particulier donnent-ils aujourd'hui à la guerre dans laquelle le Camp Kabila les a entraînés contre le Rwanda si ce Camp reconnaît aujourd'hui, publiquement:

  • qu'il y a des interahamwe et des soldats ex-FAR dans le Camp Kabila;
  • que la présence rwandaise au Congo était justifiée par la présence de ces forces négatives au Congo;
  • que ces forces négatives doivent d'abord être neutralisées avant que le Rwanda ne retire ses troupes du Congo;
  • et que le Camp Kabila doit s'engager à neutraliser ces forces?

La réponse est simple et claire: la guerre contre le Rwanda a été inutile. Inutiles et absurdes aussi toutes les conséquences et atrocités de ladite guerre.

4ème leçon: Le régime de Kinshasa porte toute la responsabilité de cette guerre absurde et inutile, de ses conséquences, de ses atrocités et de ses humiliations imposées au peuple congolais

La guerre contre le Rwanda a abouti au résultat humiliant et contraire à celui escompté par certains congolais qui, malgré nos mises en garde, s'étaient arrangés derrière Kabila, croyaient naïvement dans la bonne foi et la sincérité de ces opportunistes et aventuriers et nous demandaient même de nous aligner comme eux derrière ces tyrans:

  • La guerre a amené les pertes des vies humaines (plus de 2,5 millions de personnes), le deuil et la désolation; elle a favorisé le pillage des richesses nationales; détruit les infrastructures; dévasté le pays; exalté l'impunité des criminels; propagé le sida dans notre population à partir des militaires étrangers; accru l'insécurité; augmenté la souffrance et la misère de la population; hypothéqué l'unité et l'intégrité du Congo, son indépendance, sa souveraineté et l'intangibilité de ses frontières; provoqué la partition de fait du pays; englouti des moyens financiers colossaux; occasionné les déplacements forcés des personnes, intensifié la vente illicite et la circulation incontrôlée des armes, l'insécurité, l'instabilité, l'arrêt de l'activité économique…
  • Le régime de Kinshasa n'a pas su, pendant toute la guerre, réconquérir et conserver un seul village des mains des rwandais, ougandais et de la rebellion;
  • A l'issue d'une guerre menée contre le Rwanda de 1998 - 2001, notamment pour faire partir les rwandais du Congo, des rwandais, certains génocidaires, et soldats ex-FAR sont promus dans l'Etat-Major des FAC et les dirigent;
  • Et c'est un rwandais sans grande instruction que la guerre a porté au Sommet de l'Etat congolais: Joseph Kabila, dont le vrai nom est Kanambe, né de parents rwandais. Les preuves abondent aujourd'hui et les collaborateurs du régime de Kinshasa n'ont jamais pu démentir ces révélations;
  • Après 4 ans de guerre (1998-2002), le régime de Kinshasa qui a engagé tout le pays dans la guerre contre le Rwanda reconnaît aujourd'hui que le Rwanda a raison d'avoir envoyé et gardé ses troupes au Congo !

 

  1. Quasi-impossibilité aux régime de Kinshasa et de Kigali de respecter l'accord sans pressions contraignantes
  2.  

    L'UDPS/BELUX est surprise par les réactions d'optimisme suscitées dans l'opinion nationale et internationale par ledit Accord. Nous affirmons - et bientôt les faits nous donneront encore une fois raison - qu'il est impossible au Régime de Kinshasa, sans des pressions contraignantes, de respecter un quelconque Accord national et international. Il ne respectera pas celui qu'il vient de signer comme il n'en a respecté aucun signé dans le cadre du processus de paix depuis l'Accord de Lusaka jusqu'à ce jour. Quelques exemples, pour prendre les plus récents:

    1) Violation du Pacte républicain

    Malgré la signature du Pacte républicain le 24 août 2001 à Gaborone, le Camp Kabila n'a, jusqu'à ce jour, ni libéré tous les prisonniers politiques et d'opinion; ni libéralisé les activités des partis politiques et l'accès de toutes forces politiques et sociales aux mass médias publics de l'Etat. Au contraire, le Régime de Kinshasa continue à exceller dans la répression des forces patriotiques et démocratiques, les arrestations arbitraires, les détentions illégales, les tortures et autres mauvais traitements dans des prisons officielles et dans les cachots privés et clandestins. Les manifestations pacifiques pour réclamer la poursuite des négociations politiques sont réprimées avec une rare violence et nombreux manifestants arrêtés. Le Parti-Etat, la pensée unique, le monolithisme idéologique, politique et social continuent d'être imposés à la population. Les mass médias publics de l'Etat sont toujours la propriété privée deu Parti-Etat.

    2) Violation de tous les textes directeurs du DIC

    L'arrangement frauduleux du couple Kabila-Bemba à Sun City a été un coup de force contre le DIC: coup de force ourdi, non seulement en dehors du cadre officiel, légal et légitime du DIC, à savoir les structures et les organes officiels du DIC (sous- commissions, commissions, plénières, direction officielle du DIC - La Facilitation-), mais aussi en violation flagrante des textes, ci-après, directeurs du DIC: Accord de Lusaka, Déclaration des principes fondamentaux des négociations politiques, le Pacte républicain, le Réglement d'Ordre Intérieur du DIC et le Document Mbeki II. Ils ont bloqué l'avènement de la solution globale et définitive de la crise qui était en cours à partir du Document Mbeki II.

    3) Violation de l'arrangement Kanambe-Bemba

    La délégation de Kinshasa, celle de Bemba et leurs appendices (partis alimentaires, clients de la société civile) ont quitté Sun City comme des enfants qui étaient venus dans le sable et dans la boue aux frais des tierces, comme des irresponsables et des inconscients qui n'ont pas su apprécier et couronner de succès les efforts déployés et les sacrifices consentis par notre peuple, la Communauté Internationale, le peuple et le gouvernement sud-africains pour l'organisation et la tenue effective du DIC pendant 52 jours. Arrivés à Kinshasa, ils ont tous brandi l'arrangement pirate comme l'Accord officiel du DIC, l'Accord qui a sauvé le DIC.

    Mais ils n'ont pas tardé à violer eux-mêmes leur propre arrangement, entre eux. Et là, comme il n'y avait ni Tshisekedi, ni l'UDPS, ni le RCD, ni le Rwanda, ni le PALU, ni le MNC/Lumumba, ni les FONUS, ni le MLP, ni le Front patriotique, ni le G14…, ils n'ont pas trouvé un bouc émissaire contre qui canaliser - comme à l'accoutumée et c'est l'une des stratégies bien connues des incapables et de tous les régimes totalitaires et dictatoriaux - la haine de la population. Ils sont partis de Matadi la nuit et entrés à Kinshasa furtivement, en silence, la queue entre les pattes.

    Le séjour à Matadi fut encore une fois de l'argent jeté par la fenêtre alors que les fonctionnaires ne sont pas payés pendant plusieurs mois. Ceux qui réclament leur salaire et qui entrent en grève (Onatra, Infirmiers, Professeurs d'université, Cheminots, Gécamines…) pour être payés sont directement licenciés et arrêtés, assimilés aux opposants, aux membres de l'UDPS ou traités comme étant de connivence avec le RCD ou le Rwanda.

    4) L'expertise de l'UDPS: l'UDPS connaît mieux que quiconque les deux dictatures: celle de Mobutu et celle de LD Kabila

    C'est par les analyses conceptuelles et politiques profondes de ces deux systèmes que l'UDPS a découvert le fond de ces systèmes, systèmes qui perpétuent nécessairement l'esclavage, le sous-développement et la misère. C'est pourquoi nous les avons combattus.

    Et victimes de la répression de la part de ces deux systèmes, les membres de l'UDPS connaissent mieux que les autres compatriotes leur terreur, leurs cruautés et leurs atrocités. Celui a connu les arrestations arbitraires, les détentions illégales, les tortures, les relégations, les spolations… a découvert un aspect de ces systèmes que les autres ignorent.

    Le drame du peuple congolais est plus profond que certains ne le pensent: aussi longtemps que la scène politique congolaise sera occupée par les créatures politiques de Mobutu et de LD Kabila, le peuple congolais continuera à souffrir.

  3. Le préalable pour l'application de l'Accord de Prétoria: la mise en place d'un nouvel ordre politique au Congo

  • Nous pensons que le Rwanda a accepté de négocier avec le Camp Kabila pour amener ce Camp à reconnaître publiquement que la présence des interahamawe et des soldats ex-FAR au Congo, le bien-fondé (selon Kigali) de la présence des troupes rwandaises au Congo et la nécessité préalable de neutraliser ces forces négatives pour voir le Rwanda retirer ses troupes du Congo. Le Rwanda a voulu en fait ridiculiser et humilier le Camp Kabila.

  • Mais les congolais savent que le Rwanda a négocié avec un pouvoir illégitime et illégal, avec un seigneur de guerre et non avec un gouvernement légal, légitime représentatif du peuple congolais, reponsable et crédible. L'Accord de Lusaka parle de la mise en place d'un nouvel ordre politique au Congo comme solution définitive à la crise et à toutes ses conséquences, parmi lesquelles se trouvent le problème des interahamwe, des soldats ex-FAR et de la présence de toutes less troupes étrangères au Congo.
  • Une fois un tel gouvernement mis sur pied conformément à l'Accord de Lusaka, il est aussi important que l'ensemble des forces étrangères, y compris rwandaises qui font l'objet de l'Accord signé aujourd'hui à Prétoria, quittent le Congo. Car il n'y aura plus d'alibi pour rester au Congo. En ce moment là, les pays voisins auront en face d'eux un gouvernement légal et représentatif du peuple congolais et ne pas le respecter sera synonyme de crédibilité d'un agenda caché de ces forces étrangères.
  • Des pressions énormes doivent êtres exercées sur les deux régimes afin que, cette fois-ci, la guerre se termine, et que l'ensemble de la région retrouve la paix à laquelle elle aspire tant.
  • Enfin, nous espérons vivement que l'avénément d'un Etat de droit au Congo constituera un encouragement pour l'ensemble des pays de la région de résoudre leurs propres contradictions internes et de suivre la voie ainsi tracée par le Congo.

Fait à Bruxelles, le 30 juillet 2002

Pour le Bureau de Représentation de l'UDPS/BELUX

Dr François Tshipamba Mpuila

Représentant

Contact:

  • Représentant: 8 Pachthof, 3010 Leuven, Tél. 016/25.97.81, GSM 0475/33.89.34, E-mail tshidibi.tshipamba@chello.be
  • Représentant-Adjoint: Ir Victor Nzuzi Kabamba, 26/29 rue de Vlogart, 1060 Bruxelles, GSM 0498/80.36.20
  • Directeur du Cabinet: Dr Ir Grégoire Mbuyi Kamba, 48/301 Verte Voie, 1348 Louvain-La-Neuve, Tél. 010/45.22.12, E-mail: repre.udps.belux@posphost.eunet.be
  • Conseiller: Ir Raphaël Kashala Mutambayi, 59 tiensestraat, 3020 Aarschoot, GSM 0477/233.968
  • Conseiller: Dr Pharm. Félicien Shambuyi Ngombo Mukendi, 24/47, Champ des Hirondelles, 1970 Wezembeek-Oppem, Tél. 02/731.16.72

 


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