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La position de l’UDPS/BELUX sur la nature exacte de la Fédération Congolaise de l’Extérieur (FCE) et partant sur la portée des travaux et des conclusions du Colloque à l’Assemblée Nationale à Kinshasa

Réf. : RBL/UDPS/DE/120/30/2004

Il se tient actuellement à Kinshasa, du 28 au 30 décembre 2004, un Colloque à l’Assemblée Nationale, organisé par les Membres de la Fédération Extérieure des Congolais, en sigle FCE, sous l’égide de l’Assemblée Nationale Congolaise de Transition. Le thème de ce Colloque est l’évaluation de la Transition en cours.

 UDPS/BELUX tient, pour enlever toute ambiguïté, tout équivoque et tout malentendu dans l’opinion, à se prononcer sur la nature exacte de la FCE et partant sur la portée des conclusions des travaux dudit Colloque.

 Toute société moderne a deux composantes fondamentales: elle est organisée et fonctionne en partis, formations et regroupements politiques d’une part et en organisations de la Société Civile d’autre part. L’appartenance des membres de ladite Société à l’une des ces organisations (politique ou de la Société civile) est libre.

 Aucune de ces organisations – si elle est démocratique - ne peut prétendre être et se présenter comme représentative des positions et des points de vue des citoyens qui n’en sont pas des membres. Et même au sein de chaque organisation (politique ou de la Société civile) – si elle est démocratique -, personne ne peut prétendre représenter les opinions et les points de vue des membres sans les avoir préalablement consultés et sans que ses membres n’aient donné librement leurs opinions et leurs points de vue lors de ladite consultation, toutes proportions gardées sur les prérogatives reconnues aux organes dirigeants de ladite organisation dans ses Statuts.

 S’agissant des Congolais résidant à l’Extérieur du Congo, ils vivent et sont organisés en partis, formations et regroupements politiques et en organisations de la Société civile. Certains même n’appartiennent à aucune de ces organisations précitées et le disent haut et fort. Ce qui est leur droit légitime et inaliénable, bien qu’il soit souhaitable et même nécessaire que tout congolais résidant à l’Extérieur ou même au Congo, pour s’enrichir des idées des autres, enrichir sa société et influer de façon plus efficace et plus efficiente sur les décisions et le cours des événements de sa société, s’engage et appartienne à une organisation donnée et ne vive donc pas comme un singleton, une monade, un spectateur acosmique et éthéré et critique alors, souvent à posteriori, les mauvaises décisions, le mauvais comportement des gouvernants politiques ou de la société civile et leurs résultats  lors d’une conférence, d’un colloque, d’un séminaire, d’un conclave…

 Certains partis, formations et organisations politiques et certaines organisations de la société civile  des congolais résidant à l’Etranger ont des directions ou des membres au Congo. Les autres sont  uniquement ici à l’Etranger. L’UDPS, par exemple, notre très Cher Parti politique, a la Direction politique à l’intérieur du pays, et a donc forcément des membres aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Objectivement parlant, c’est l’organisation qui est la plus répandue au Congo où elle a des comités et des membres dans tous les villages, et à l’extérieur où elle a des Bureaux de Représentation, des Organes de Base et des Membres dans le plus grand nombre des pays étrangers. Même nos Partenaires le constatent et le déclarent.

 Parmi les congolais de l’Extérieur qui sont membres des partis, formations et regroupements politiques ou organisations de la société civile, certains en sont des présidents, les autres en sont les présidents, et les autres tout simplement des membres. Et il y a des catégories des membres compte tenu des statuts de chaque organisation. 

 L’UDPS, par exemple, notre Parti politique, a 5 catégories des membres en son sein (Cfr article 6 des Statuts de l’UDPS): 1) Membres Fondateurs, 2) Membres Co-fondateurs, pionniers ou Avant-Gardistes), 3) Membres d’honneur, 4) Membres de Soutien et 5) Membres ordinaires (simples Membres).

 Il se peut même qu’une société donnée, voulant connaître l’opinion et le point de vue de ses membres sur les problèmes de société et sur les problèmes importants et brûlant de l’heure, problèmes plus ou moins essentiels…s’organise, en un moment donné (et donc de façon sporadique), ou de façon permanente et consulte régulièrement, par des mécanismes appropriés,  tous les membres d’une même Communauté Nationale. L’Opposition Politique Congolaise de l’Extérieur avait notamment organisé, en février 2002, sous l’égide de la Facilitation, une Assemble Générale de l’Opposition Politique Congolaise Extérieure, à Bruxelles, pour la désignation des Délégués de l’Opposition Politique Congolaise Extérieure au Dialogue Intercongolais (DIC). Pour rappel, l’Opposition Politique Congolaise Extérieure était représentée au DIC par 5 Délégués :

-         Deux de Belgique (François Tshipamba Mpuila et Laurent Otete Omanga ;

-         Un de la France (Kamanda Wa kamana) ;

-         Un de l’Amérique du Nord (Kalala Mbuyi Alafuele)

-         Un de l’Afrique (N.Y. Osée Muyima). 

 Ces 5 Délégués avaient aussi des Suppléants.

 S’agissant de la Fédération des Congolais de l’Extérieur (FCE), il est essentiel et important que ses dirigeants et ses membres – parmi lesquels nous connaissons plusieurs et dont nous admirons le haut niveau de culture politique et intellectuelle et respectons les points de vue et les opinions - aient l’honnêteté intellectuelle et le courage moral – nous n’en avons jamais douté - d’informer l’opinion tant nationale qu’internationale que cette organisation n’est pas englobante de tous les Congolais résidant à l’Extérieur du Congo. Elle est une organisation parmi tant d’autres organisations des Congolais résidant à l’Extérieur du Congo. Elle n’est donc pas représentative des points de vue et des opinions de tous les Congolais de l’Extérieur.

 Quant à la nature de la FCE, c’est à ses dirigeants et à ses membres de dire, conformément à ses Statuts, à ses objectifs…, si elle est une organisation de la société civile (une asbl, une  ONG…) ou une organisation politique.

 Pour notre part, nous avons suivi très attentivement la mise en place des Comités de la FCE dans différents pays. Ses dirigeants et ses membres peuvent avouer devant l’opinion que nous n’avons jamais voulu interférer dans la mise en place de ces comités, encore moins dans l’organisation et le fonctionnement de cette organisation, car notre souhait ardent et plusieurs fois exprimé est de voir les Congolais, résidant au pays et à l’extérieur, s’organiser. L’une des plus grandes faiblesses que nos Partenaires et nous-mêmes constatons chez les Congolais est la faiblesse organisationnelle. Un peuple non organisé est comparable à un troupeau de moutons. Il ne saura jamais défendre de façon efficace et efficiente ses intérêts. Il ne progressera jamais. Il sera toujours dominé, exploité et manipulé par ceux qui sont mieux organisés que lui.

 Nous suivons très attentivement ce qui se passe au sein de la FCE, son organisation et son fonctionnement comme d’ailleurs ce qui se passe dans différentes organisations de nos Compatriotes. Cela n’est ni malsain ni déplacé. L’UDPS est un parti politique et donc a forcément une vocation nationale. Et dans la définition d’un parti politique, il y a le fait d’accéder au pouvoir politique et de s’y maintenir. Démocratiquement bien sûr dans les sociétés et les organisations politiques démocratiques. Et tous nos compatriotes font partie, aujourd’hui et demain, de l’électorat. Nous tenons à connaître les préoccupations politiques et non politiques de nos compatriotes ainsi que le degré de leur conscience patriotique et démocratique pour pouvoir les comprendre; leur venir en aide; mieux recenser leurs aspirations, leurs besoins et leurs revendications;  mieux les formuler, les hiérarchiser et les thématiser dans notre Projet de Société Démocratique National.

 S’agissant toujours de la nature de la FCE, nous avons :  

 Cfr : Texte en annexe du présent Document.

Sans vouloir nous immiscer dans l’organisation et le fonctionnement internes de la FCE, ni nous présenter comme des juges et faiseurs des leçons des autres compatriotes et des autres organisations politiques et de la société civile de nos compatriotes, nous estimons pourtant user de notre liberté et de notre droit fondamentaux - laquelle liberté et lequel droit sont des facultés naturelles de tout être humain, inhérents donc à la nature humaine et reconnus et garantis par notre Constitution - pour regretter souvent l’ambiguïté dans laquelle certains dirigeants et certains membres de la FCE veulent à dessein maintenir l’opinion tant nationale qu’internationale.  Cfr Texte en annexe.

 Il n’est pas exclu qu’une organisation de la civile fasse des déclarations politiques. Si vous ne vous occupez pas de la politique, elle s’occupe et s’occupera toujours de vous, ne l’oublions pas! Le degré de civilisation d’un peuple et d’un homme est lié notamment au degré de sa conscience politique, càd à l’intérêt qu’il porte à l’organisation et au fonctionnement politique de sa société, à sa soif de vouloir s’impliquer, comme acteur et non seulement comme exécutant, dans cette organisation et ce fonctionnement politique ainsi qu’à sa volonté d’influer sur les décisions et les orientations politiques de son pays, car le projet de société politique influence tous les secteurs de la vie nationale.

 N’eût- été l’engagement politique et les prises de positions politiques des organisations de la Société civile de l’Est et du Nord-est, l’opinion nationale et internationale n’aurait peut-être jamais été mise au courant de la nature et de l’ampleur des crimes commis dans cette partie de notre pays. Nous félicitons beaucoup et encourageons ces organisations. Par contre, le silence des organisations de la société civile des autres provinces (Bandundu, Katanga, Bas-Congo, les deux Kasaï, Equateur..) fait qu’il n’y a que les partis politiques (UDPS notamment), la presse et les organisations de défense des droits de l’homme présents dans ces provinces qui dénoncent les crimes commis contre les populations de ces provinces par le pouvoir politique en place. Ce silence et cette attitude sont une carence et ignorance coupables, si pas une complicité.

Ont donc tort les dirigeants et les membres des organisations de la société civile qui disent que leurs organisations sont apolitiques et évitent de débattre, lors des assemblées avec leurs membres, des problèmes politiques. D’ailleurs, il s’agit souvent des dirigeants et des membres à la solde des intérêts politiques cachés et qui veulent manipuler les membres de leurs organisations désireux de s’attaquer aux dirigeants et aux organisations politiques dont ceux-ci servent discrètement les intérêts.

Ceci vaut même pour les dirigeants des églises. Ceux-ci, pour la plupart à la solde du pouvoir politique en place qui traite le peuple de Dieu comme des esclaves et non comme des hommes libres créés à l’image de Dieu et donc ayant droit de jouir de la totalité de leurs libertés et de leurs droits fondamentaux, ces dirigeants, disons-nous, distillent, dans leurs homélies à l’assemblée, des messages qui endorment et anesthésient le Peuple (opium du peuple), le détournent de son devoir sacré de se libérer et de s’engager dans tout combat susceptible de libérer l’ensemble de notre Peuple et de développer notre Pays.  

Quant à la valeur et à la teneur de certaines déclarations et certaines prises de position politiques de certains dirigeants et de certains membres de la FCE, c’est à nos compatriotes et aux partenaires d’apprécier.

Quant à nous, notre point de vue est clair et distinct sur l’attitude fourbe, hypocrite et sur certaines déclarations faites par certains dirigeants de la FCE. En effet, quels n’ont pas été notre étonnement et notre déception, le jour où nous avions appris que ces dirigeants, revenant du Congo où ils avaient été reçus aux Affaires Etrangères par le Ministre des Affaires Etrangères de l’époque, M. She Okitundu, peu avant la tenue des Assises du Dialogue Intercongolais (DIC), avaient déclaré que « Le Président de la République Joseph Kabila devait être maintenu à son poste de Président de la République au DIC, comme M. Mobutu avait été maintenu à son poste de Président de la République de la Transition à l’issue des travaux de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) ».

L’Accord de Lusaka, Document fondateur et directeur du DIC, n’imposait au préalable aux Délégués au DIC, aucun dirigeant, aucune institution, et avait donné à toutes les toutes les Composantes un statut identique.

Le maintien de M. Mobutu à son poste de Président de la République de Transition a été désastreuse pour l’application des Résolutions de la CNS et pour le reste de l’histoire nationale jusqu’à ce jour. Nous en payons le prix le plus lourd jusqu’à ce jour.

Pour rappel, avant la tenue de la CNS, M. Mobutu avait déjà perdu toute légitimité politique (Cfr Consultations populaires de janvier-février 1990) et juridique (Cfr sa démission, le 24 avril 1990, du poste de Président du MPR Parti-Etat. Mobutu avait, ce jour-là, aboli le MPR Parti-Etat et son rôle dirigeant et l’avait transformé en fait-privé. Selon sa propre Constitution, c’est le Président du MPR qui devenait par ricochet et de droit Président de la République).

M. Etienne Tshisekedi et l’UDPS s’étaient opposés à la tenue de la CNS aussi longtemps que M. Mobutu était toujours Président de la République. Mobutu devait être d’abord en prison ou en exil. C’était la condition préalable, nécessaire et suffisante pour que le Peuple Congolais puisse ensuite, en toute sérénité, sa Conférence Nationale Souveraine et en applique toutes les Résolutions sans aucune entrave. Cette condition n’était pas impossible à obtenir malgré toute l’Armada des forces répressives dont disposait le dictateur. Pour M. Etienne Tshisekedi et l’UDPS, un peuple uni, éveillé, debout et déterminé est plus fort qu’une bombe atomique. L’intensification des pressions sur le dictateur aurait amené à la fuite de Mobutu qui était déjà, rappelons-nous, confiné à Gbadolite et n’attendait qu’un signal supplémentaire fort venant du Peuple pour s’enfuir à l’Etranger .

Si toute la Classe politique congolaise et l’ensemble de notre Peuple avaient suivi M. Etienne Tshisekedi et l’UDPS, le Congo aurait déjà terminé sa transition (la CNS avait fixé 2 ans de transition, donc de 1992 à 1994), organisé les élections libres et transparentes en 1994 et se serait déjà inséré dans le concert des grandes nations libres, démocratiques, civilisées, modernes et prospères (Le Congo aurait déjà fait 10 ans dans ce concert, de 1994 à 2004). Rappelez-vous que la CNS s’était tenue en 1991-1992 (il y a 12 ans) et que l’AFDL qui a succédé au régime de Mobutu a régné pendant 5 ans (1997-2002) et que la Transition actuelle qui patauge a démarré le 30 juin 2003 (depuis donc 18 mois, il ne reste que 6 mois).

Que du temps perdu !

 Récapitulons l’histoire.

Le jour même du 24 avril 1990, dans l’après-midi, M. Mobutu a relâché M. Etienne Tshisekedi. Et directement interviewé par les journalistes, y compris par les journalistes belges (Cfr M. Frédéric François). M. Etienne Tshisekedi, en très bon juriste et en tant qu’homme politique expérimenté et très perspicace, avait directement déclaré haut et fort que directement après le Discours du 24 avril 1990, M. Mobutu avait perdu toute légitimité juridique après avoir perdu toute légitimité politique lors des consultations populaires de janvier de janvier-février 1990. Le Peuple Congolais venait enfin de conquérir, au prix du sang, son droit légitime et inaliénable de Souverain Primaire, droit abusivement confisqué par la force pendant plusieurs années par l’une des dictatures les plus féroces de l’histoire humaine. Les Congolais venaient de cesser d’être des esclaves. Ils étaient devenus des citoyens, des hommes libres. Ils devaient désormais jouir de toutes leurs libertés et de tous leurs droits fondamentaux. Il appartenait au Peuple Congolais d’user désormais de son droit de Souverain Primaire en se choisissant librement ses institutions et ses dirigeants politiques.

Ce jour-là, M. Etienne Tshisekedi avait indiqué comment le Peuple Congolais pouvait dans l’immédiat user de ce droit.

 Rappelons d’abord que, suite aux pressions politiques internes menées essentiellement par l’UDPS de 1980 à 1990 et suite aussi à la pression internationale venue principalement du Vent de la Perestroïka, M. Mobutu avait été contraint d’organiser des consultations populaires en janvier-février 1990. Lors de ces consultations, le Peuple Congolais, libéré de son principal et redoutable ennemi, qui était la peur, grâce au combat héroïque de l’UDPS à l’intérieur même de la dictature et au sein de notre Peuple, avait publiquement et officiellement, de vive voix et à travers plus de 6000 mémorandums, désavoué le régime dictatorial de Mobutu, les structures et les organes du MPR Parti-Etat.

 Ayant donc perdu toute légitimité politique à l’issue des consultations populaires de janvier-février 1990, et toute légitimité juridique à l’issue du Discours du 24 avril 1990, M. Mobutu n’était plus rien d’autre qu’un simple citoyen comme tous les autres Congolais. M. Etienne Tshisekedi avait insisté sur ce fait devant les caméras de télévision internationale et les journalistes ahuris par une telle déclaration de la part de celui qui venait à peine d’être relâché. Malheureusement, M. Etienne Tshisekedi, trop en avance, ne fut ni très bien compris ni suivi par une Classe politique congolaise médiocre, vidée de sa substance ontologique et axiologique pendant plus de deux décennies par le régime Mobutu. Cette occasion en or ne fut ni saisie ni exploitée.

 Puisque que toutes les structures et tous les organes du MPR étaient totalement désavoués et discrédités par le Peuple et que M. Mobutu n’était plus rien qu’un simple citoyen, sans légitimité politique et juridique, il appartenait aux partis politiques ayant lutté avant le Discours du 24 avril 1990 et qui donc jouissaient de la confiance populaire (UDPS et MNC dont M. Etienne Tshisekedi avait regretté l’émiettement ) de former rapidement un gouvernement de Salut Public en vue de gouverner momentanément le pays, d’organiser politiquement le peuple afin que, ce dernier, de façon démocratique et représentative, préparer un projet de Constitution, le soumette à l’ensemble du Peuple au Référendum populaire afin de permettre à notre Peuple de se choisir librement les institutions et les dirigeants politiques et de s’engager résolument dans un processus démocratique désormais irréversible et salutaire. 

 Devant l’avis de la majorité de la Classe politique et du Peuple, M. Etienne Tshisekedi et l’UDPS se plièrent et acceptèrent l’organisation de la CNS.

 Et à la CNS, une autre monstruosité signé Mgr Monsengwo : M. Mobutu fut maintenu à son poste de Président de la République de Transition suite à un Compromis politique global malheureux du 30 juillet 1992 (Cfr Point 7 de ce Compromis qui en comptait 10).

 Voici comment (Interview de M. Etienne Tshisekedi donnée au journaliste Didier Grogna du journal L’Echo). Dès le début des travaux de la CNS, Mgr Monsengwo imposa aux Délégués sa décision de se rendre à N’Sele pour aller y rencontrer Mobutu et conclure le Compromis politique global avant même les Décisions d’une Conférence Nationale Souveraine. Elle était réellement, politiquement et juridiquement souveraine car aucun dirigeant, aucune institution politique n’était au-dessus d’elle : Mobutu avait perdu toute légitimité politique et juridique. Les structures et les organes du MPR Parti-Etat et ses dirigeants totalement désavoués et discrédités. Et le MPR Parti-Etat aboli par Mobutu lui-même.

 Le Peuple Souverain était donc réuni en Conférence, au Palais du Peuple, à travers ses 2850 issus de toutes les couches, toutes les catégories, toutes les tendances, toutes les confessions. UDPS et même certains Délégués à la CNS s’étaient opposés à la décision de Mgr Monsengwo de dépouiller encore le Peuple Congolais de sa souveraineté, de quitter le Palais du Peuple pour aller rencontrer Mobutu à N’Sele et y conclure un compromis politique global avec celui qui n’était plus rien. Plusieurs délégués voulurent quitter la salle dès que Mgr Monsengwo avait annoncé la décision. Mgr Monsengwo, abusant de son rôle de Président de la CNS et du respect des Congolais – un Peuple profondément croyant - pour un Prélat, ordonna la fermeture des portes de la Salle. Le professeur Nzongola, l’un des Délégués, prit la parole et du haut de la Tribune de la CNS, dénonça, au nom des autres Délégués, cette décision de Mgr Monsengwo. Ce dernier ne voulut même pas organiser une consultation des Délégués dans la Salle. Il s’imposa. Et sachant bien que le Peuple Congolais était opposé à sa décision, Mgr Monsengwo demanda, à partir de la Tribune de la CNS, aux populations des Communes séparant le Palais du Peuple et N’Sele, de ne pas lapider le cortège des Délégués ni obstruer la route. Et le lendemain, Mgr Monsengwo amena les représentants des Délégués à N’Sele. Les conciliabules démarrèrent et aboutir au Compromis politique global en dix points. Le point le plus important de ce Compromis fut le maintien de Mobutu à son poste de Président de la République.

 Signalons aussi que, se sentant appuyé par Mgr Monsengwo et connaissant la médiocrité et le degré de corruptibilité de la Classe politique Congolaise, Mobutu rejeta la proposition lui faite, à Gbadolite, par M. Etienne Tshisekedi élu Premier Ministre du Gouvernement de Transition,  de venir demander pardon au Peuple au Palais du Peuple pour tous les crimes commis durant la dictature.

 Nous connaissons les conséquences désastreuses de la tenue de la CNS avant que Mobutu ne soit allé en prison ou en exil, et de son maintien au poste de Président de la République de la Transition. Il a bloqué, de 1992 à 1997, l’application des Résolutions de la CNS. D’où l’arrivée de l’AFDL au pouvoir et de l’invasion du Congo par des troupes armées étrangères ayant aidé l’AFDL dans la défaite militaire du régime de Mobutu. Et nous connaissons aussi les conséquences désastreuses de la parenthèse malheureuse et triste sur le processus démocratique global initié successivement par le combat politique interne de l’UDPS, par le Discours de Mobutu le 24 avril 1990 et par la CNS.

 Au Dic, UDPS s’était opposée au maintien d’Hypolite Kanambe, alias Joseph Kabila au poste de Président de la Transition. La majorité des délégués au DIC, manipulés par certains acteurs internationaux et corrompus par le Parti AFDL/CPP/PPRD, minorèrent UDPS. Aujourd’hui, nous connaissons aussi les conséquences du maintien d’Hypolite Kanambe, alias Joseph Kabila, au poste de Président de la République.

 Plusieurs acteurs congolais et étrangers ont déjà posé le diagnostic sur la Transition. Le Peuple Congolais à l’intérieur du Pays a donné son diagnostic lors des manifestations populaires de juin dernier. Nous connaissons aussi le diagnostic de nombreux acteurs de la Transition, y compris celui d’Hypolite Kanambe lui-même (Cfr Son Discours du 30 juin 2004). De l’avis général, il s’agit d’un échec.

Le 30 juin 2005, il doit y avoir la remise et reprise entre d’une part les acteurs actuels de la Transition et d’autre part l’UDPS, les Forces démocratiques congolaises qui n’ont pas participé à la gestion actuelle et désastreuse de la Transition et les vrais Représentants de l’ensemble de la société congolaise.

Les résultats du Colloque de la FCE ne représenteront que le point de vue d’une organisation parmi tant d’autres organisations politiques et de la Société civile des Congolais résidant à l’Extérieur.

Terminons par un chapitre sur l’UDPS.

Bien que les Statuts de l’UDPS se trouvent depuis plusieurs années sur les websites de l’UDPS (udps.org, udps.net, udps.org.uk), mais sur base des questions qui nous ont été posées par plusieurs compatriotes et sur base des jugements souvent erronés sur l’organisation et le fonctionnement démocratiques de l’UDPS, jugements pour la plupart dus au manque d’informations exactes, à l’ignorance et même à la désinformation intentionnelle, nous avons dernièrement assuré une très large diffusion des Statuts de l’UDPS pour permettre à chacun qui s’intéresse à l’organisation et au fonctionnement démocratiques de l’UDPS d’apprendre directement, sur base de ce Document officiel du Parti, ce qui l’intéresse.

Nous osons croire que nombreuses questions que se posent nombreux compatriotes ou Partenaires ont déjà trouvé leurs réponses et se sont déjà volatilisées dans les esprits de ceux qui nous les posaient. Il s’agit notamment des questions telles que : « Comment devient-on Président de l’UDPS » ? « Comment M. Etienne Tshisekedi est-il devenu Président National de l’UDPS ? », « M. Etienne Tshisekedi s’est-il auto-proclamé Président National de l’UDPS ou a-t-il été désigné à cette responsabilité et à ce poste par les autres Organes ou les autres membres de l’UDPS ? », « Y a-t-il un Président à vie de l’UDPS » ? Comment devient-on Membre d’un Bureau de Représentation (titulaire, Adjoint, Directeur du cabinet, Conseiller..) de l’UDPS ? », « Comment devient-on Membre d’un tel ou un tel Comité des Organes de Base (Comité Fédéral, Comité Sectionnaire, Comité Cellulaire, Membre d’un Bureau de l’Assemblée Fédérale, d’un Bureaux de l’Assemblée Sectionnaire, d’un Bureau de l’Assemblée Cellulaire..) de l’UDPS.

A titre de rappel, et s’agissant uniquement de l’UDPS/Extérieur, les Bureaux de Représentation comprennent un Représentant titulaire et un Représentant Adjoint, tous nommés par la Direction Politique. Il y a des pays où les Bureaux de Représentation ne comprennent que le Représentant. La nomination des Représentants (titulaire et Adjoint) par la Direction Politique a évolué : elle se fait aujourd’hui sur base des trois noms librement choisis parmi les membres de la Base du pays concerné et soumis au pouvoir discrétionnaire de la Direction Politique. De ces trois noms, la Direction Politique en nomme deux : un Représentant titulaire et un représentant Adjoint. Le ou les Représentants s’entoure (ent) d’un Cabinet comprenant le Directeur du Cabinet et les Conseillers.

Les Responsables des politiques de la Base de l’UDPS/Extérieur (Comités Fédéraux et Cellulaires et Bureaux des Assemblées Fédérales et Cellulaires) sont démocratiquement élus par les membres et les organes de base conformément aux textes statutaires et réglementaires du Parti.

Fait à Bruxelles, le 30 décembre 2004.

Dr François Tshipamba Mpuila

Représentant

Contact:

* Représentant: 8 Pachthof, 3010 Leuven, Tél. 016/25.97.81, GSM 0485/270.866, E-mail : tshidibi.tshipamba@chello.be 

* Représentant-Adjoint: Ir Victor Nzuzi Kabamba, 26/29 rue de Vlogart, 1060 Bruxelles, GSM 0498/80.36.20 ; E-mail :  kabambanzuzi@skynet.be 

* Directeur du Cabinet: Dr Ir Grégoire Mbuyi, 48/301 Verte Voie, 1348 Louvain-La-Neuve, GSM 0472/96.66.25

* Conseiller: Ir Raphaël Kashala Mutambayi, 4 Grote Bergstraat, 3020 Aarschot, GSM 0477/233.968; E-mail:  rkashala@pandora.be

* Conseiller: Dr Pharm. Félicien Shambuyi Ngombo Mukendi, 24/47, Champ des Hirondelles, 1970 Wezembeek-Oppem, Tél. 02/731.16.72, E-mail:  ngombo@belgacom.net     

 

ANNEXE

  ----- Original Message -----

From: Esperance

To: 'Shungu M. Tundanonga-Dikunda' ; 'CongoVista ' ; 'congokin-tribune ' ; 'Congo ' ; 'LEPOLITIQUECONGORDC ' ; 'CONGOCULTURES ' ; 'Afrique centrale' ; 'Le Tam Tam Africain'

Sent: Saturday, July 24, 2004 9:01 PM

Subject: [congokin-tribune] RE: Défi à la FCE/France et à M.R.

La toute première question que j'ai eu à poser au président de la FCE était de savoir si cette organisation est une a.s.b.l. ou un parti politique. La réponse me communiquée était que la FCE est une asbl. Sur place au Congo-Démocratique toutes asbl sont de la composante "Société Civile" et pendant la période de transition en cours, cette société civile est représentée dans toutes les institution de transition. Je souligne bien pendant cette présente période de transition, car le rôle permanent de la Société Civile est de "Contre-Poids" du Pouvoir quel qu'il soit. Et en aucun cas la société civile ne sera une caisse de résonance du Pouvoir ou son instrument de propagande. Naturellement cela n'interdit pas à tout leader de la société civile d'accepter une fonction gouvernementale. En l'acceptant, ledit leader sait pertinemment bien qu'il ne pourra plus revenir à la société civile. Il devra après la cessation de ses fonctions politiques, s'orienter dans le parti politique de son choix. Il va sans dire que nos compatriotes membres de la FCE doivent se définir une fois pour toutes, ainsi l'opinion nationale sera fixée.

Joseph M. Kyalangilwa

Président de la Société Civile du Sud-Kivu