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UDPS/BELGIQUE ACCUSE M. KABILA POUR CRIMES CONTRE L'HUMANITE

 

BRUXELLES , NOVEMBRE 1998

 

1. INTRODUCTION

 

1.1. LE BIEN-FONDE DE L'ACCUSATION

 

Pour des raisons évidentes ci-après, l'UDPS/Belgique accuse M. Kabila pour crimes contre l'humanité:

 

1.1.1. Rendre justice à nos compatriotes congolais martyrs de la démocratie, victimes du régime Kabila. Et prévenir.

 

1.1.2. Innocenter, par une justice indépendante et impartiale, le peuple congolais devant l'histoire par rapport aux crimes contre l'humanité commis contre les étrangers sur le territoire congolais, notamment contre les réfugiés rwandais hutu pendant la guerre de conquête du pouvoir par l'AFDL entre le 9 septembre 1996 et le 17 mai 1997; contre les réfugiés cabindais dans le Bas-Congo en juillet 1997; et contre les civils Tutsi non armés pendant la guerre civile déclenchée depuis le 2 août 1998.

 

1.1.3. Mettre fin à l'impunité des criminels et des dictateurs, laquelle impunité est l'un des facteurs essentiels qui ont fait du Congo/Kinshasa un enfer et de toute la Région un autre "Moyen Orient". Le contenu de ce document démontre que M. Kabila, sans être le plus grand criminel et dictateur de l'Histoire, a néanmoins réussi, en si peu de temps (septembre 1996-novembre 1998) le triste exploit de se hisser dans le top 10 des figures emblématiques des crimes contre l'humanité.

 

Les crimes contre l'humanité font partie des crimes les plus graves parmi les plus graves: ils recouvrent le génocide, l'esclavage, les arrestations arbitraires, les tortures et autres traitements inhumains et dégradants, les viols, les disparitions forcées, les exécutions extra-judiciaires, le terrorisme, le tout de manière massive et systématique.

 

Pour savoir s'il faut oui ou non poursuivre ceux qui se sont rendus coupables de pareils faits, il faudrait peut-être poser la question aux victimes et à leurs familles. Et si l'on prétend donner la primauté aux droits de l'homme, et plus particulièrement aux plus élémentaires de la personne - droit à la vie, à la liberté, de ne pas être torturé... -, cela signifie qu'il faut en réprimer les violations graves et massives.

 

1.1.4. M. Kabila ne peut pas être arrêté et jugé au Congo/Kinshasa où le président auto-proclamé de la République a identifié sa personne à l'Etat et sa volonté arbitraire à la Loi. Il est en même temps le chef du gouvernement, le chef de l'armée, le législateur et le juge suprême. D'où nécessité et utilité de recourir aux juridictions extérieures.

 

1.1.5. Faire arrêter et juger M. Kabila par la Communauté internationale, c'est faire arrêter l'escalade de la guerre, de la violence et de la barbarie; c'est prévenir d'autres crimes et génocides au Congo/Kinshasa et c'est donc assister les personnes en danger de mort au Congo/kinshasa et dans toute la Région; c'est enlever l'Obstacle actuel à la réconciliation politique nationale autour d'un projet de société démocratique, à la poursuite du processus démocratique initié par la Conférence Nationale Souveraine, à la stabilité politique, à la paix sociale et à la reconstruction du Congo et partant de toute la Région. C'est donc agir en faveur de l'instauration d'un Etat de droit démocratique au Congo.

 

1.2. L'IMMUNITE DES CHEFS D'ETAT FACE AU DROIT PENAL INTERNATIONAL (Cfr. Article de M. Eric David, Professeur du Droit International à l'Université Libre de Bruxelles, ULB, paru dans La Libre Belgique du 27 novembre 1998, p.2)

 

Afin que l'opinion nationale et internationale ne soit pas surprise si, un jour, elle apprenait qu'un mandat d'arrêt international était lancé contre M. Kabila, chef d'Etat ou non, il importe de rappeler quelques notions actuelles du droit pénal international.

 

Depuis 1945, il est admis que la situation officielle comme chef d'Etat ou comme haut fonctionnaire ne constitue pas un obstacle aux poursuites pénales intentées notamment pour crimes de guerre ou crimes contre l'humanité: la règle a été dite et répétée non seulement dans les statuts des tribunaux militaires internationaux de Nuremberg et de Tokyo, mais aussi dans les statuts des tribunaux pénaux internationaux pour l'ex-Yougoslavie et le Rwanda ainsi que dans le statut de la récente Cour pénale internationale. Aucun de ces textes ne fait la distinction entre le chef d'Etat qui est en fonction et celui qui ne l'est plus.

 

Ni les textes cités, ni le jugement de Nuremberg ne font la distinction entre une juridiction internationale et une juridiction nationale en ce qui concerne l'immunité et le jugement de ces criminels. Depuis 1945, les Etats ne cessent d'affirmer et de réaffirmer que les crimes de geurre et les crimes contre l'humanité ne peuvent rester impunis. Or, ces crimes sont presque tous le fait d'Etat et aucun des textes prévoyant la répression de ces crimes ne réserve l'immunité des chefs d'Etat, il en résulte que la répression de ces crimes doit être mise en oeuvre sans tenir compte d'une quelconque immunité ou du caractère international ou national de la juridiction qui est saisie.

 

Certes, cette règle n'a jamais été appliquée. Mais la non application n'est pas la marque de la volonté de la modifier, quand l'on sait que les Etats n'ont cessé de la rappeler régulièrement. S'il en était autrement, cela reviendrait à faire fi de l'essence même du droit pénal international. Rappel: l'immunité protège le chef de l'Etat parce que le fait imputé à celui-ci est présumé imputable à l'Etat qu'il représente. Si l'on ne peut pas poursuivre le chef de l'Etat, on ne pourrait donc poursuivre pénalement que l'Etat lui-même! Cela étant impossible, personne ne serait poursuivi et la notion de crime de droit international n'aurait plus aucun sens. Il est impensable que les Etats aient voulu ce résultat, et le Tribunal de Nuremberg l'avait bien compris lorsqu'il disait: "Ce sont des hommes et non des entités abstraites, qui commettent les crimes dont la répression s'impose comme sanction du droit international."

 

L'affaire Pinochet a catalysé les positions prises par les Etats européens à l'égard de la répression de ceux qui se sont rendus coupables des crimes contre l'humanité: Espagne, Belgique, France, Suisse, Italie, Suède et Allemagne. Plusieurs de ces Etats n'ont pas hésité à affirmer leur compétence à l'égard des crimes contre l'humanité imputés à Pinochet.

 

En Belgique, il faut saluer à cet égard l'ordonnance remarquablement motivée par laquelle le juge d'instruction D. Vandermeersch a reconnu le 6 novembre 1998 sa compétence de principe pour connaître des crimes contre l'humanité imputés à Pinochet. Tout doucement, les Etats commencent à passer des mots aux actes et le processus ne devrait que se développer. Les plaintes déposées contre M. Kabila au Parquet de Bruxelles s'inscrivent dans ce mouvement. Les dictateurs savaient que leur pouvoir était fragile, c'est pourquoi ils recouraient aux crimes pour se maintenir au pouvoir. Mais, ils sont en train d'apprendre que leurs chances de trouver un asile sûr, après avoir commis tous ces crimes et après renversement de la situation, s'amenuisent.

 

1.3. APPEL

 

L'UDPS/Belgique exhorte les congolais et les étrangers démocrates, humanistes, membres des organisations humanitaires et de défense des libertés et des droits de l'homme de se servir des faits contenus dans la présente plainte pour déposer, à leur tour, des plaintes devant les juridictions internationales, les juridictions des pays démocratiques hôtes ou de leurs propres pays respectifs, contre M. Kabila pour crimes contre l'humanité.. Et qu'ils nous contactent, aux adresses ci-dessous mentionnées, pour avoir tous les documents contenant les preuves des faits imputés à M. Kabila.

 

2. LES FAITS

 

2.1. PRISE D'OTAGES, ENLEVEMENTS, ESCLAVIGISME ET TERRORISME

 

2.1.1. HUNTER ET SES COMPAGNONS

 

Dans sa livraison du samedi 25 octobre 1997, le Washington Post a publié les témoignages des anciens otages- une américaine, deux américains et une néerlandaise (M. Carrie J. Hunter, Barbara Smuts, Kenneth Steve Smith et Emilie Bergmann)- de Kabila, capturés en 1975. M. Kabila avait réclamé une rançon et la libération de 30 de ses militaires incarcérés à Dar-Es-Salam.

 

Après un long silence, Hunter et ses compagnons ont décidé de parler en adressant, le 23 mai 1997, une lettre au Secrétaire d'Etat américain, K. Madeleine Albright, pour lui faire part de leur inquiétude sur le traitement que M. Kabila fera subir au peuple congolais. Ayant été eux-mêmes victimes et témoins d'enlèvements, d'esclavagisme, de terrorisme et rééducation idéologique, ils sont convaincus que M. Kabila infligera, aux congolais, les traitements similaires à ceux qu'ils ont subis et vus.

 

Après leur "kidnapping" au bord du lac Tanganyika alors qu'ils menaient une étude sur les maladies transmises par le singe à l'homme, Hunter et ses compagnons ont été logés, pendant plusieurs mois, dans deux huttes humides et pleines de boue. Des femmes tanzaniennes et congolaises, esclaves et partenaires sexuelles de M. Kabila et de ses hommes du PRP, leur servaient de maigres rations. Les cours de rééducation idéologique leur étaient imposés durant leur captivité. M. Alfred Nando, un commandant de Kabila, leur faisait lire les écrits de Mao Zedong ainsi que des documents expliquant la philosophie politique et économique de M. Kabila. Ils ont été libérés après le paiement, à M. Kabila, de la rançon de 500.000 $US par leurs familles.

 

Dans leur lettre adressée au Secrétaire d'Etat américain, Hunter et ses compagnons se demandent pourquoi le gouvernement américain était devenu "ami" d'un preneur d'otages, considéré hier par le Gouvernement américain comme un vulgaire terroriste.

 

2.1.2. M. LEZY

 

M. Kabila a enlevé en 1984, à Kalémie, M. André Lézy, patron français d'une coopérative de pêche. Il fut libéré au Burundi, sept mois plus tard.

 

2.1.3. LIBANAIS

 

Sur l'ordre de M. Kabila, 43 libanais ont été séquestrés à Mbujimayi en avril 1997. Ils ont été libérés contre un versement de 250 000 $US.

 

2.2. PIRATERIE

 

2.2.1. ATTAQUES ET VOLS A MAINS ARMEES

 

M. Kabila s'est livré, de 1981 à 1985, comme chef de bandes, à des attaques à main armée contre les trains transportant les minerais de cuivre, zinc et cobalt de la GECAMINES. Après l'arrêt de l'expédition de ses marchandises par la voie de Bengwelo (Angola) à cause de la guerre entre UNITA et MPLA, la GACAMINES commença à utiliser la voie Lubumbashi-Kalémie-Kigoma-Dar Es Salam, pour expédier 30% de sa production de minerais, soit environ 200 000 tonnes de cuivre, de zinc et de cobalt. C'est sur le tronçon Kigoma-Dar Es Salam que M. Kabila et sa bande lançaient leurs attaques à main armée.

 

2.2.2. HOLD-UP

 

Selon le Journal le Vif/L'Express du 23 mai 1997, un ancien maquisard ayant appartenu à un groupe allié de M. Kabila raconte que ce dernier, rapporte que M. Kabila vait fait un hold-up à la mine d'or de Kamituga en 1968, et qu'après le coup, le chef rebelle Kabila se retira en Tanzanie où il roulait en Mercedes "alors que les gens des maquis manquaient même du sel".

 

2.3. USURPATION DU POUVOIR: KABILA S'AUTO-PROCLAME PRESIDENT DE L'AFDL ET ASSASSINE M. ANDRE KISSASE NGANDU

 

L'AFDL, créée le 18 octobre 1996, s'est avérée être, au fil du temps, être une association de malfaiteurs qui n'avaient qu'un seul projet et programme politique: chasser le dictateur Mobutu et confisquer le pouvoir pour faire pire que lui.

 

Selon le protocole de Lemera du 18 octobre 1996 créant l'AFDL, M. Kabila était Porte-Parole. Aucun texte n'a été rendu public sur la désignation ou l'élection éventuelles de M. Kabila en qualité du Président de l'AFDL. Plusieurs membres de l'AFDL ne furent pas contents que M. Kabila se soit auto-proclamé président de leur mouvement, notamment André Kissase Ngandu qui fut commandant des forces de l'AFDL.

 

M. Kabila complota contre lui avec les Etrangers membres de l'AFDL, et, ensemble, ils tendirent une embuscade à M. Kissase qui fut tué et brûlé le 6 janvier 1997 à l'entrée du Parc de Virunga, près de Goma. Ces précisions ont été révélées par l'ancien Directeur de la Sécurité de l'AFDL, M. Jean Paul Nkita Kabongo, avant de disparaître lui aussi entre Goma et Kisangani. Mais interrogé par les journalistes, au sujet de la disparition de M. Kissase, M. Kabila n'a jamais accepté les faits, il a toujours trompé que M. Kissase était tombé dans une embuscade tendue par les Maï-Maï et qu'il était en train d'être soigné dans l'un des pays limitrophes.

 

2.4. LE GENOCIDE DES REFUGIES RWANDAIS HUTUS ET DEPLACES CONGOLAIS

 

D'abord au sommet de Durban tenu en Afrique du Sud le 2 septembre 1998, puis dans le journal belge Le Soir du jeudi 19 novembre 1998, M. Kabila a fini par reconnaître la réalité du génocide des réfugiés rwandais hutus et déplacés congolais, génocide de plus de 200.000 personnes, parmi lesquelles se trouvaient des enfants, des femmes et des vieillards. Ce génocide, perpétré pendant la guerre de conquête de pouvoir par l'AFDL entre le 9 septembre 1996 et le 17 mai 1997, avait déjà été dénoncé par les témoignages des rescapés et des villageois témoins oculaires, et par plusieurs rapports nationaux et internationaux issus de sources diversifiées.

 

La responsabilité de M. Kabila est totale dans ce crime contre l'humanité, car:

- les preuves existent selon lesquelles les militaires de l'AFDL ont participé au génocide;

- M. Kabila était le chef politique et militaire de la rébellion appelée AFDL;

- M. Kabila n'a jamais dénoncé les criminels; ne s'est jamais désolidarisé d'eux; n'a sanctionné personne; a nié en bloc le crime et l'a couvert de son autorité politique et morale; et continué sa collaboration avec toute l'équipe jusqu'à Kinshasa;

- Depuis le 17 mai 1997, M. Kabila était, non seulement président de l'AFDL, mais aussi président auto-proclamé du Congo/Kinshasa. Il avait nié la réalité de ces massacres; couvert ce crime de toute son autorité d'Etat; promue les membres civils et militaires de l'AFDL et les étrangers rwandais et ougandais à de hautes fonctions dans l'appareil de l'Etat; avait continué à nier la réalité des massacres et obstrué le travail de la Commission d'enquête de l'ONU et avait traité l'ONU d'"affaire de vanpire des américains".

 

2.5. LE REGNE DE M. KABILA: 17 MAI 1997 - 30 JUILLET 1998

 

2.5.1. L'ESCLAVAGE

 

2.5.1.1. NOTIONS

 

L'esclavage est la condition d'une personne a) qui n'est pas libre, b) qui est sous la puissance absolue d'un maître, c) qui est soumis à une autorité tyrannique (cfr Le Robert pour tous, mai 1995). Dans l'antiquité, les Romains réduisaient les vancus en esclaves. Par ailleurs, en 1685, le ministre Colbert a édicté, sous Louis XIV, le Code noir, comprenant soixante articles, qui constituent le premier statut juridique de l'esclave: parmi les punitions réservées à l'esclave, on trouve la peine du fouet, les orielles coupées, le jarret coupé, la peine de mort; en outre on trouve que l'esclave ne peut rien posséder qui ne soit à son maître et que son témoignage en justice n'a pas de valeur. Et dans la Grèce antique, les esclaves ne participaient pas à l'organisation et l'exercice du pouvoir de la Cité.

 

Dans ce document, nous illustrons les tentatives de M. Kabila de réduire la population congolaise à l'état d'esclavage notamment par le recours aux mutilations et à la peine de fouet.

 

2.5.1.2. LES FAITS

 

A. LES MUTILATIONS: QUELQUES CAS

 

- Le 19 mai 1997, à Barumbu, un militaire de l'AFDL a coupé, avec une baïonnette, le majeur droit d'un détenu qui avait fumé de la majijuana. Le 20 mai 1997, à Kalamu, un jeune homme accusé d'avoir volé un pneu a été blessé au torse avec une baïonnette. Un détenu a eu les doigts brisés à coups de fusil. Un autre a eu les doigts brisés à coups de fusil. Un autre a eu la mâchoire brisée. A Goma, le 26 mai 1997 et les jours suivants, 47 personnes ont subi des sévices graves. Quelques jours après la prise de Kisangani, deux femmes ont eu des oreilles coupées pour n'avoir pas suivi le taux de change fixé par l'AFDL.

 

Que l'opinion se rappelle que les mutilations dont étaient victimes les congolais, sous Léopold II, avaient provoqué la campagne anti-esclavagiste contre le souverain belge de 1887 à 1907. Dix ans durant, ces atrocités incarnèrent pour l'opinion humanitaire européenne le scandale du siècle, la honte internationale. Une commission d'Enquête internationale fut envoyée au Congo le 24 juillet 1904 et publia un rapport accablant sur Léopold II en novembre 1905. Léopold II fut dépossédé du Congo qui cessa d'être le "domaine" de Léopold II et devint la colonie de l'Etat belge en 1908.

B. LA PEINE DE FOUET ET FLAGELLATIONS

 

- Le 24 mars 1997, M. Matata, habitant à Goma/Birere, a succombé après avoir reçu 250 coups de matraque sur le ventre dans un cachot de Goma gardé par les militaires de l'AFDL.

 

- En avril 1997, M. Muzinga, habitant à Kiseguru (Rutshuru) a reçu, des militaires de l'AFDL, 250 fouets sur le ventre et en est décédé le lendemain;

 

- Toujours en Avril 1997 au village Kayembe au Katanga, M. Kiswakapo a été arrêté et écroué pendant 32 jours à la prison de la place. Il a été flagellé publiquement par les "askari" et soumis aux travaux forcés.

 

- En juillet 1997 à Kibirizi (Masisi), David Kyalumba, pasteur baptiste, a reçu 60 coups de fouet administrés par les soldats de l'AFDL.

 

- En juillet 1997, MM. Mandefu et Muhoza, habitant au Nord-Kivu, ont reçu, des soldats de l'AFDL, 100 coups de fouet au ventre;

 

- Au cours de la même période, MM. Mandefu et Muhoza, au Nord-Kivu, ont reçu chacun 100 coups de fouet administrés par les soldats de l'AFDL.

 

- Dans la nuit du 20 novembre 1997, MM. Ngudabanya Misago, Byoruganda Zikambinga, Yona Bemerkije et Kaibanda Mugogo ont été arrêtés par deux policiers de l'AFDL sur ordre de M. Ndimubanz Malyene Vianney, commandant de la police, sous-brigade de Nyamilima. Ils ont été fouettés et torturés pendant 4 jours. M. Kaibanda Mugogo n'a même pas été autorisé d'assister aux funérailles de son enfant mort pendant son arrestation. Ils ont été libérés sans avoir été entendus.

 

- Le 28 novembre 1997, dix journalistes ont été arrêtés par les éléments de la "PIR" (Police d'intervention rapide) parce qu'ils avaient assisté à la conférence de presse de M. Arthur Z'Ahidi Ngoma, président national du mouvement politique "Les Forces du

Futur". Il s'agit de MM. Baudouin Kamanda Muzembe (Africa n 1), Fidèle Musangu (Le Phare), Xavier Bonané Ya Nganzi (La Semaine du Reporter), Paulin Tuluna Jitac (Journaliste indépendant), Eric Beke (Cameramen Raga), Denis Kasongo (Le Défi Africain), Julien Lubunga (BBC), Jonas-Eugène Kota (Le Potentiel), Baudouin Wamwana (La Semaine du Reporter) et Mossi Mwassi (BBC). Ils ont été amenés sur le perron extérieur du bâtiment central de l'ex-Circo en présence de nombreux badauds civls et policiers de deux sexes où ils ont été publiquement déshabillés et soumis à la série de 40 coups de fouet sur le dos, les fesses et les cuisses pendant que leurs têtes, bras et pieds étaient écrasés par les agents de la "PIR";

 

M. Arthur Z'Ahidi Ngoma et dix autres membres de son mouvement ont été arrêtés par la PIR. Il s'agit de Ingele Ifoto, Justin Kampempe, Jean-Marie Lukundji, René Ndjoli, Joseph Ngoma, Jean-Pierre Atoba, John Siatulanda, Kalinda Metre, Elia Ona et Marcel Ngoy wa Ngoy. Ces prisonniers ont été déshabillés en public et fouettés sur le perron extérieur de l'ex-Circo devenu l'Etat Major provincial de la PIR. Ce perron est devenu le lieu spectacle d'humiliations et d'atrocités infligées aux adversaires politique de M. Kabila. Après la flagellation, les prisonniers ont été transférés dans la cave sans lumière ni aération "Assanef", cachot de la Cour de Sûreté de l'Etat - tribunal d'exception supprimé par la Conférence Nationale Souveraine (CNS) et réinstauré par M. Kabila -. La cave "Assanef", de réputation macabre, avait été, sous le régime Mobutu, un centre de torture où les prisonniers politiques étaient physiquement et psychiquement brisés. Après avoir passé deux semaines dans cette cave, MM. Z'Ahidi Ngoma, Ingele Ifoto, Justin Kampempe et Jean-Marie Lukundji ont été transférés à la prison de Makala.

 

- Le 6 décembre 1997 à Kinshasa, quatre étudiants de l'Université de Kinshasa, partis rendre visite aux prisonniers politiques à la prison de Makala, y ont été arrêtés par les militaires de l'AFDL, déshabillés, liés aux bancs et fouettés devant tous les prisonniers obligés d'assister au spectacle. Il s'agit de MM. Jacques Tshimanga et Etienne Maweja (Fac. de Médecine), Bruno Muyaya (Fac. d'Agronomie) et Dieudonné Kazadi (Fac. D'Economie).

 

 

A. LE REGNE DE L'ARBITRAIRE

 

La dégradation du système judiciaire s'est aggravée, depuis l'avènement de M. Kabila au pouvoir, notamment par des ingérences de l'exécutif dans l'administration de la justice, l'utilisation abusive de la justice pour couvrir des arrestations arbitraires décidées par les services de sécurité, les empiétements délibérés dans les prérogatives des autorités judiciaires et la corruption...

 

- Par lettre du 13 août 1997 adressée aux agents d'exécution du Tribunal de Grande Instance de la Gombe, le Directeur du Ca binet du ministre de la Justice a ordonné la suspension de l'exécution d'une décision de la Cour d'Appel de Kinshasa/Gombe dans une affaire privée (l'arrêt n RCA 17550/17552/17559 R.H 25907/96002).

 

- Le 10 octobre 1997, le vice-ministre de l'Intérieur de l'AFDL, Faustin Munene, a été montré à la télévision publique congolaise en train de diriger personnellement une "perquisition" au domicile de M. Olengankoy, président des Fonus, arrêté la veille pour l'empêcher de sortir du pays. Faustin Munene a déclaré à la télévision avoir procédé à des saisies d'armes, d'uniformes militaires et des documents prouvant l'existence à charge de M. Olengankoy d'un complot pour renverser le régime. Selon la loi, toute perquisition et toute saisie doivent être autorisées par un magistrat.

 

- Les anciens dignitaires mobutistes arrêtés et pour lesquels des magistrats avaient ouvert des dossiers de poursuite pour crimes économiques se sont mis à recouvrer un à un leur liberté et la fin des poursuites en négociant directement avec M. Kabila le prix de l'extinction des accusations portées contre eux.

- Le 28 octobre 1997, le vice-ministre de l'Intérieur, Faustin Munene, s'est donné en spectacle à la télévision publique congolaise en interrogeant lui-même, en présence d'un magistrat militaire, le professeur Kalele arrêté quelques jours auparavant. Usurpant de façon flagrante les prérogatives des autorités judiciaires et violant délibérément les garanties judiciaires élémentaires, dont le principe de présomption d'innocence, M. Munene a conduit cet interrogatoire télévisé. Par la suite, des documents écrits consultés par les avocats du professeur Kalele dans le dossier de la Cour d'ordre militaire ont indiqué que M. F. Munene avait constamment et directement influencé le comportement des magistrats en leur adressant les directives précises dans la manière de conduire le procès. Le professeur Kalele a été par la suite condamné par la Cour d'ordre militaire à deux ans de prison après une procédure dépourvue de toute garantie judiciaire.

 

- Le 18 novembre 1997, M. Kabila est personnellement intervenu en ordonnant la libération du journaliste Polydor Muboyayi Mubanga, éditeur-responsable du journal Le Phare alors qu'il avait été officiellement annoncé que l'arrestation avait été ordonné par un magistrat et qu'un tribunal examinait les charges de "propagande de faux bruits" portés contre lui. C'est là la preuve que cette arrestation avait été, en réalité, décidée par les hautes autorités du gouvernement et non par les autorités judiciaires et que la justice avait été utilisée pour mettre la forme.

 

- Au Nord-Kivu, entre septembre 1996 et décembre 1997, les juridictions ordinaires avaient peur de juger les militaires et prétextaient que la loi ne leur en donnait pas la compétence. Le désordre était tel qu'à Béni, c'était des militaires préposés à la garde de la prison centrale qui ordonnaient la mise en liberté des détenus en échange de 200 à 300 $US.

 

- La prison de Goma, réouverte le 18 juin 1997 avec 32 détenus, contenait, le 25 décembre 1997, 100 prisonniers et tous étaient détenus sans jugement et sans inculpation.

 

- Dans la province orientale, le juge Mikobi Kalama du Tribunal de Grande Instance du Haut-Uélé a été arrêté le 3 juillet sur ordre du commandant de l'AFDL pour avoir régulièrement ordonné des mesures de saisie de véhicules d'un Compagnie locale dans une affaire civile. Il a été libéré le 15 juillet 1997 après 12 jours de détention.

- A Kisangani, un dirigeant local de l'AFDL, Bertrand Bisimwa, dont le magistrat Basembe de Grande Instance avait ordonné l'arrestation après qu'il eut refusé de rendre à son propriétaire un véhicule qu'il détenait illégalement, a fait enlever ce magistrat, l'a fait détenir dans un cachot de l'ANR où il l'a fait torturer.

 

- A Kabinda au Kasaï Oriental, un dirigeant local de l'AFDL, M. Ebonda Mbesha, faisait fouetter des magistrats qui dénonçaient les abus commis par les repsonsables locaux de l'AFDL. La plupart de ces magistrats ont dû s'enfuir jusqu'à Mwene Ditu. Dans le Sankuru, toujours au Kasaï Oriental, le Procureur de la République, Mwamba Kankolongo, a été publiquement déshabillé et fouetté sur ordre du délégué local de l'AFDL, Joseph Djamba.

 

- Au mois de juin 1997 à Lubumbashi, les avocats du Révérend Père Courbon de Likasi, Me John Kalala, Benoît M'bala et Raymond Ngoie sollicités par le Père pour l'assister dans une affaire privée, ont été menacés qui de torture, qui de plasticage de cabinet après que la partie adverse eut saisi les militaires de l'AFDL.

 

- Au mois de juillet 1997, des militaires de l'AFDL ont entouré le Palais de Justice de Kikwit (Bandundu) et obligé les magistrats à quitter leurs bureaux "en attendant des ordres". Les magistrats n'ont pu être réinstallés, deux jours plus tard, qu'après l'intervention des responsables de l'AFDL.

 

- Le 15 août 1997, Me Kwebe Wassis Lamin a été enlevé vers 14h après audience devant le Tribunal de Grande Instance de Matete à Kinshasa. C'était devant la terrasse du restaurant bar club "La Ruzizi" à Matete où il a été embarqué avec son client et ses collaborateurs dans un véhicule bourré de militaires armés jusqu'au camp Tshisthi à la 2ème Cité et écroués dans le cachot utilisé pour les détenus politiques.

 

- Dignité des détenus: au cachot du Parquet de Kinshasa/Gombe, les détenus n'ont pas de latrines et font leurs besoins primaires dans la brousse accompagnés d'un militaire armé.

 

- Le 12 mars 1998, M. Grégoire Mukuna, membre de la Direction politique de l'UDPS, a été saisi dans sa maison par dix militaires de l'AFDL qui l'ont ligoté et tabassé, lui ont fracturé le bras et l'ont fouetté plusieurs fois en réclamant les documents de l'UDPS. N'ayant pas reçu de lui les documents exigés, les dix militaires ont violé ses deux filles en présence des membres de la famille.

 

C. ARRESTATIONS ARBITRAIRES, DETENTIONS ILLEGALES, TORTURES, TRAITEMENTS INHUMAINS ET DEGRADANTS: QUELQUES CAS

 

- Le 9 mai 1997, treize officiers de l'ex-gendarmerie katangaise ont été arrêtés et conduits à la prison de Kasapa par les militaires de l'AFDL alors qu'ils revenaient de Kikwit et Kenge dans la province de Bandundu où ils avaient pris part à l'offensive des troupes de l'AFDL et étaient venus à Lubumbashi pour rencontrer M. Kabila. Il s'agit du colonel Mukaz Constantin, des Majors Léonard Kalonda et Jean Jacques Mutombo, des capitaines Alphonse Ruzombo, Matthieu Ibal et Philomène Yav, des lieutenants Lovy Tshibob et Yvonne Mampas, du sous-lieutenant Roger Makiese, de l'adjudant Gabriel Tshikut, des sergents Michel José Mbumb et Thérèse Mujing, et de leur commandant, le général Jean-Delphin Muland. Ils ont été remis en liberté le 28 décembre 1997 à 10h.

 

- Le 28 mai 1997, les étudiants de l'Université de Kinshasa et des Instituts Supérieurs ont été encerclés et séquestrés par les militaires de l'AFDL pour les empêcher d'aller participer à la marche organisée en ville par l'UDPS contre la dictature de M. Kabila et la présence des troupes étrangères sur le territoire congolais. Il n'y avait ni entrée, ni sortie, y compris pour les professeurs et autres autorités académiques.

 

- Le 31 mai 1997, trois camions de militaires de l'AFDL se sont amenés à la résidence de M. Etienne Tshisekedi à Limete/Kinshasa, 10ème rue, ont stationné devant la maison de 18h à 21h. Devant la foule qui a tenu à rester sur place et à défendre M. Etienne Tshisekedi en cas de tentative de son arrestation ou de son assassinat, les militaires sont repartis en promettant de revenir un autre jour.

 

- Le 3 juin 1997, la résidence de M. Etienne Tshisekedi a été encerclée par des dizaines des militaires de l'AFDL pendant 2h (de 17h à 19h), sans qu'aucune raison ne soit invoquée.

- Le 9 juin 1997 vers 0h, Mlle Constantine Androkwa, domiciliée sur la rue Bolongo dans la zone de Lingwala est interpellée par deux militaires de l'AFDL armés alors que la voiture taxi qui la transportait venait de tomber en panne sur l'avenue des huileries près du Stade des Martyrs (ex Kamanyola). Elle est dépouillée de sa montre, de ses sandales et d'une somme de 500$ US;

 

- Le 10 juin 1997, le domicile du Président de l'UDPS/Lingwala, M. Malamba Kassanda, rue Kikwit, n 172, Zone de Lingwala, a été persuisitionné et pillé par la milice armée de l'AFDL. L'ordre a été donné à la victime de cesser de faire de la politique, à moins de devenir membre de l'AFDL;

 

- Le 26 juin 1997, la milice armée de l'AFDL a forcé, à 19h, les portes de la résidence de M. Tshisekedi. Ce dernier a été arbitrairement arrêté et amené avec violence sans notification. Les assaillants ont amené M. Tshisekedi, son épouse et une dizaine de membres de l'UDPS qui se trouvaient sur place. Les victimes ont été jetés dans une jeep avec brutalité et amenés à une destination inconnue. Cinq de ces victimes ont subi des tortures et violences corporelles.

 

- Le 27 juin 1997, les militaires de l'AFDL ont arrêté plus ou moins 30 personnes qui manifestaient pacifiquement contre l'arrestation arbitraire de M. Tshisekedi, parmi lesquelles se trouvaient les membres de l'UDPS et des Fonus, dont le président des Fonus Olengankoy. Les détenus ont été incarcérés à la prison de Ndolo.

 

- Le 28 juin 1997, deux soldats de l'AFDL se sont rendus chez Mme Razeni, avenue Masimbanimba, commune de Ngaba, et ils ont tabassée l'occupante. Les mêmes soldats se sont rendues sur l'avenue Mwanza Makala où ils ont tabassé l'épouse et le jeune frère de M. Buzita.

 

- Le 30 juin 1997, alors qu'ils manifestaient pacifiquement pour réclamer l'état de droit démocratique, 18 membres de l'UDPS ont été arrêtés à Kinshasa et internés au Camp Kokolo. Parmi eux se trouvaient M. Raymond Kahungu, Secrétaire National de la JUDPS; Vianney Kabukanyi, Secrétaire National-Adjoint à la JUDPS; les combattants Jean Marcel Mpigiabu, Raoul N'Solwa, Anibo Kasongo et Ndombe Kibwa. En dehors des jeunes de l'UDPS, le Dr Serge Kabul, l'étudiant Kayembe (Unikin) et Me John Kwet étaient aussi arrêtés.

 

- Toujours le 30 juin 1997, M. Richard Mpiana Kalenga, étudiant à l'Université de Kinshasa, a été arrêté alors qu'il assistait au discours de M. Kabila au Stade des Martyrs à Kinshasa. Après avoir été détenu et torturé pendant deux jours, il fut relâché le 2 juillet 1997 sous promesse de ramener aux autorités de la milice de l'AFDL six autres étudiants impliqués dans l'organisation des manifestations.

 

- Le 1er juillet 1997, MM. Tutwemoto et Dunia Luminyangulu ont été arrêtés sur ordre de M. Kabila lui-même et incarcéré à l'ANR.

 

- Le 3 juillet 1997, le domicile de M. Tshisekedi fut encerclé par une soixantaine de soldats de l'AFDL, pendant deux heures (17h-19h) sans qu'aucune raison ne soit invoquée;

 

- Toujours en juillet 1997, dix étudiants de l'Université de Lubumbashi ont été arrêtés car accusés par les services de sécurité d'avoir initié et participé à une manifestation. Il s'agit de: Mwepu Kitwa Hervé, Monipale Liwata Guy, Mwazaz Mutomb Jean, Bolenge Muete, Bola Alain, Malet Wa Malwa, Mbaya Wa Mbaya Didier, Momo Mulap, Tshiamala Kabeya, Tulengi Kitomo Justin et Kapuya Banza Denis. Ils ont été lmibérés plus de deux mois après que la santé de la plupart se soit gravement détériorée.

 

- Le 20 et le 24 juillet 1997, la milice armée de Kabila s'est présentée à la résidence de Me Jean Joseph Mukendi Wa Mulumba, Conseiller politique de M. Etienne Tshisekedi, pour l'intimider. L'ordre lui a été donné de cesser de faire de la politique. Sa voiture a été amenée comme butin.

 

- Le même 24 juillet 1997, la milice armée de M. Kabila a perquisitionné et pillé le domicile de M. Bukasa Katshimuena, membre d'honneur de l'UDPS, sise au n 10173/9, quartier Socopao, 1ère rue à Limete.

 

- Le 25 juillet 1997, les membres de l'UDPS qui manifestaient pacifiquement contre la montée de l'insécurité, les violations flagrantes des libertés et des droits de l'homme, et le blocage du processus démocratique, ont été brutalisés par la milice armée de M. Kabila, au niveau de l'arrêt Bakayau à Bandalungwa, embarqués avec leurs calicots et banderoles dans les véhicules de la milice, et amenés sous la torture vers une destination inconnue.

 

Parmi ces membres, il y avait: Placide Kanema, Simon Lusungu, Dada Lundoluka, Stéphane Sekele, Kamba Kabamba, Freddy Nkieri, Osonkie Auguy, Kudi, Malolo, Jean Mukaya, Busana Albert, Kumbu Muanda, Felly Mulamba, Bodard Shabanyi, Vovo Pambu, Willy Ndala, Mbuyi Mwamba, Muyenge Makangala, Thimothée Kwamambo, Jean-Marie, Albert...

 

- Le 12 août 1997 à Kinshasa, les membres de l'UDPS, dont les noms suivent, ont été arbitrairement arrêtés devant la Permanence de l'UDPS à Limete et incarcérés au Sarm à Kintambo: Jacques Kuyena, Lubanzadio, Gode Imbi, Sampu et Otis Bekututianga.

 

- Le 15 août 1997, les membres de l'UDPS avaient été invités à se réunir à la Permanence du Parti à Limete, pour commémorer le 5ème anniversaire de l'élection de M. Etienne Tshisekedi en qualité de Premier Ministre du Gouvernement Légal de la Transition par la Conférence Nationale Souveraine, événement considéré comme l'un des premières victoires du peuple congolais sur la dictature déchue. Le programme avait prévu l'adresse du Premier Ministre Tshisekedi aux membres de l'UDPS à 15h. Mais, à 14h, tandis que plusieurs milliers de membres étaient déjà rassemblés, des colonnes de militaires de l'AFDL survinrent et se mirent à réprimer cette cérémonie pacifique avec brutalité. Plusieurs membres furent blessés, et il y eut au moins quarante arrestations arbitraires parmi lesquelles M. Raymond Kahungu, Secrétaire National à la JUDPS, M. Jean-Marie Vianney Kabukani, Secrétaire National-Adjoint à la JUDPS, et M. Bowendwa, Secrétaire à la JUDPS. Les détenus ont été d'abord acheminés à la Direction spéciale d'investigation et des renseignements (Dsir) du Ministère des Affaires intérieures, et puis jetés à la prison Makala où ils firent 2 mois sous les tortures, dormant à même le sol dans une prison sans lits, ni matelas, ni latrines, ni nourriture.

 

La plupart d'entre eux sont tombés malades en prison et y ont laissé la meilleure partie de leur santé à cause des conditions inhumaines dans lesquelles ils ont été détenus. Il s'agit notamment de Raymond Kahungu, Kapuwe, Mulamba, Mukandila et Kapepa.

 

Jusqu'au jour de leur libération, le 14 octobre 1997, ils n'ont jamais su pourquoi ils avaient été arrêtés. Ils s'agit de: André Lukusa Buala-Buala (76 ans), Constantin Kabongo (68 ans), Pascal Kapuwe (62 ans), Augustin Tshaba (64 ans), Jean-Pierre Tshilumba (61 ans), Albert Kapepa Dunia (61 ans), François Mukandila (51 ans), Jean-Albert Mulamba (48 ans), Jimmy Bandiwila Maddy (43 ans), Richard Malangu (41 ans), Raymond Kahungu (37 ans), Bénoît-Marcel Tshisambo (33 ans), Canada Lokwa (32 ans), Dénis Bibanza (28 ans) et le fils Mukoko (22 ans).

 

- Le 6 septembre 1997 à 19h, M. Mumbere Bihamba, 20 ans, a été arrêté par trois militaires de l'AFDL alors qu'il revenait du travail et se rendait à son domicile situé au n 8 de l'avenue Kyondo au quartier Mabanga à Goma. Après une fouille systématique, l'un des soldats l'a poignardé au bras gauche avant d'ouvrir le feu sur l'infortuné et son compagnon qui a été atteint par une balle. C'est par miracle que les deux hommes se sont échappés.

 

- Le 10 octobre 1997 à Kinshasa, alors qu'il s'apprêtait à se rendre aux Etats-Unis, M. Joseph Olengankoy, président des Fonus, a été arrêté à l'aéroport de Ndjili par des agents d'immigration qui dépendaient du ministre de l'Intérieur de l'AFDL, Faustin Munene, dans le but de l'empêcher de voyager. Il a été ensuite conduit avec 2 de ses collaborateurs aux cachot de l'ex-Circo/Lingwala où ils ont été battus et torturés. Pendant ce temps, ses deux appartements à Kinshasa/Gombe ont été saccagés et pillés par les militaires de l'AFDL parmi lesquels se trouvait M. Faustin Munene lui-même.

 

- Dans la nuit du 17 au 18 octobre 1997, 4 militaires de l'AFDL ont fait irruption dans la parcelle n 62 dans la parcelle de M. Mpia dans la commune de Gombe. Pris de panique, M. Mpia réussit à s'enfuir jusqu'au poste de la PIR situé sur l'avenue Colonel Ebeya où il a succombé par suite de traumatisme.

 

- Le 21 octobre 1997 à Kinshasa, M. Valentin Mubake, membre du Bureau du HCR, a été arrêté à l'aéroport de Ndjili alors qu'il voulait s'embarquer dans un avion à destination de la Suisse. Il a été conduit au cachot de l'ANR où il a été torturé, puis relâché aux petites heures du lendemain.

 

- Professeur Matthieu Kalele: Ministre du Gouvernement Légal de Transition issu de la Conférence Nationale Souveraine (CNS), Secrétaire National de l'UDPS à l'Organisation et à l'Implantation du Parti et Professeur à l'Université de Kinshasa. Il a été arrêté le 24 octobre 1997, torturé et condamné par la Cour d'Ordre militaire à deux ans de prison. Il est à la prison de Makala jusqu'à ce jour. Son état de santé ne cesse de se détériorer.

 

Le maintien du professeur Kalele en prison, jusqu'à ce jour, est plus qu'étonnant car, le professeur Kalele avait été arrêté suite à un document qu'il avait publié à Kinshasa, document dans lequel le professeur confirmait, contrairement au mensonge de M. Kabila niant la présence des troupes étrangères sur le territoire congolais, que les militaires étrangers étaient bel et bien sur le territoire congolais et qu'ils représentaient même un danger pour la population et pour la souveraineté nationale et l'intégrité du territoire national. M. Kabila a fini par reconnaître ce fait et par expulser les militaires rwandais du Congo le 2 août 1998. Au lieu de relâcher le professeur Kalele et de le dédommager, M. Kabila continue à le garder en prison!

- M. Jean-François Kabanda, Secrétaire Exécutif National de la JUDPS. Il a été arrêté lui aussi le 24 octobre 1997 et torturé. Il a été condamné, comme le Professeur Kalele par la Cour d'Ordre militaire à deux ans de prison. Il est à la prison de Makala jusqu'à ce jour.

 

- Le même jour, M. Marc Ejiba Dia Bila, jeune frère du professeur Kalele, a été arrêté, détenu et torturé au quartier général de la PIR alors qu'il était parti rendre viste à son frère emprisonné.

 

- Le 3 novembre 1997 à 13h, M. Nkuba Ngango a été arrêté à Biriba au Masisi au Kivu par deux policiers de l'AFDL qui lui ont exigé une somme de 4000 000 NZ. N'ayant que 1500 000 NZ, il a été conduit en prison où il a passé 48h sans être entendu.

 

- Le 6 novembre 1997 à 14h, M. Muri, propriétaire d'un élevage, a été arrêté par deux policiers au Masisi. Ils lui ont exigé de payer une amende de 800 000 NZ avant de l'amener en prison où il a été torturé pendant 72h. Il s'est fait soigner à l'hôpital de Pinga à ses propres frais.

 

- Le 31 novembre 1997, M. Kamwanya, directeur des mines près de Malimingi dans le territoire de Walikale a été illégalement détenu pendant 7 jours en prison. Ensuite, il lui a été exigé une amende de 300 $US.

 

- Le 30 novembre 1997, M. Nyabirungu Mwene Songa, professeur du Droit pénal général à la Faculté de droit à l'Université de Kinshasa, Avocat près la Cour d'Appel de Kinshasa et Conseiller juridique du Premier Ministre Etienne Tshisekedi, a été arrêté et amené à la prison de Makala, au pavillon 1;

 

- Dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre 1997, l'AFDL a déployé plus d'un millier de militaires lourdement armés à bord de jeep, camions, voitures et deux hélicoptères sur le campus universitaire de Kinshasa.

 

Plusieurs étudiants du Groupe "Debout Campus" (groupe de réflexion) ont été arrêtés et amenés à une destination inconnue jusqu'à ce jour. Il s'agit notamment de: Honoré Tshaba, Patrick Kanana (1er Doctorat Médecine), Serge Kazadi, Honoré Kabanangi (3ème Médecine), Serge Kianza (1er Docotrat Médecine) et Willy Baiwole.

 

Sont rechercés et donc condamnés à vivre en clandestinité: Bruno Muyaya (Président), Julien Shabani (Vice-Président), Jacques Tshimanga (Secrétaire), Dave Bajani, Jackson Kalonji, Socrate Kasongo, Bernard Takaisi, Serge Kazumba, Teddy Kashama, Serge Mayamba et Oscar Beya Mwamba. Les services de sécurité leur

reprochent d'être de collusion avec l'UDPS; d'avoir organisé la manifestation estudiantine du 30 novembre 1997 contre la dictature, la recrudescence des anti-valeurs et la présence des troupes étrangères sur le territoire congolais; d'avoir invité le Premier ministre Elu à la Conférence Nationale Souveraine (CNS), M. Etienne Tshisekedi, pour une conférence-débat à l'Unikin et d'avoir organisé l'opération "Campus et écoles morts" pour exiger la libération du professeur Kalele incarcéré depuis le 24 octobre 1997.

 

- Samedi le 6 décembre 1997, 4 étudiants de l'Université de Kinshasa, partis rendre visite aux prisonniers politique de l'ex-prison de Makala, ont été arrêtés par les militaires de l'AFDL, puis ils ont été déshabillés, liés aux bancs et fouettés devant tous les prisonniers obligés d'assister au spectacle.

 

- Dans la nuit du 12 décembre 1997, M. Eugène Diomi Ndongala Nzomambu, président du Front pour la Survie de la Démocratie au Congo (FSD), a été, sans aucune notification, enlevé à son domicile à Kinshasa par 14 militaires de l'AFDL à bord de deux jeeps. Les agresseurs ont ligoté M. Diomi, pillé sa maison, volé les bijoux de son épouse ainsi de l'argent d'épargne et les habits du couple, et emporté la jeep Mitsubishi Pajero de la victime. M. Diomi fut incarcéré au Camp Luano à Kintambo.

 

- Le 19 décembre 1997, M. Potien Tshisungu, journaliste à la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC) à KInshasa, a été arrêté à Goma. On lui reprochait d'avoir diffusé, contrairement au silence imposé par l'AFDL, la nouvelle sur l'attentat commis et manqué, le 14 décembre 1997, contre le ministre de l'Intérieur de l'AFDL, M. Mwenze Kongolo, sur la route de Ruhengeri au Rwanda.

 

- Le 4 février 1998 à 19h à Kinshasa, les militaires de l'AFDL ont arrêté les membres de la Jeunesse de l'UDPS (JUDPS) de la Section de Ndjili réunis en Assemblée Générale hebdomadaire qui se tenait sous la direction du Comité Exécutif Sectionnaire au siège de la Section du Parti et Résidence du membre-fondateur de l'UDPS, M. Bernard Kwedi. Les militaires ont fait irruption sur le lieu de la réunion et ont procédé aux arrestations, avec brutalité et violence. D'autres membres du Comité qui sont allés s'enquérir de la situation, peu après la rafle, au poste de police ont été appréhendés, battus et ligotés. La dispersion des membres de l'UDPS venus nombreux au poste aboutira vers 20h à d'autres arrestations.

 

Voici la liste des membres arrêtés: Faustin Luyeye, Faustin Nyathe, Christian Ntuala, Frédéric Luyeye, Jean Luvualu et Jean-Marie Kapiamba.

 

Les membres de la JUDPS, dont les noms suivent, ont été enlevés aux premières heures de la matinée (vers 5h du matin) et conduits vers des destinations inconnues: Kitwa Ndombe, RubenBamfwindisoni, Dibangudi, Alfred, Mawila Felly, Guy Lema, Bob Mabiola.

 

- Le 12 février 1998 à 22h, les militaires de l'AFDL, armés, ont cassé la porte d'entrée de la résidence de Limete de M. Etienne Tshisekedi à Kinshasa. M. Tshisekedi a été emmené avec violence et brutalité, dans l'état où il se trouvait, c'est-à-dire avec un seul pantalon, une seule chemise, les babouches aux pieds et sans ses médicaments qu'il prend régulièrement. Le motif de l'enlèvement ne lui a aps été notifié. Alertés par des radios étrangères sur l'enlèvement de M. Tshisekedi, les membres de l'UDPS sont venus la même nuit à Limete pour avoir des nouvelles, et ont été arrêtés et emmenés vers une destination inconnue. Ceux venus le lendemain matin ont subi le même sort.

 

Alors que M. Kabila annonçait à la Communauté internationale, dès le 13 février 1998, que M. Tshisekedi, arrêté pour "avoir transgressé la loi interdisant les activités des partis politiques, avait été directement emmené dans son village pour cultiver les champs, M. Tshisekedi a pourtant été gardé à Kinshasa, du 12 au 15 février 1998, dans un lieu inconnu, qu'il décrit lui-même aujourd'hui comme "un lieu sombre et humide, sans lumière et sans aération". Au cours des 4 jours passés dans ce cachot, M. Tshisekedi était soumis, chaque jour, à un interminable interrogatoire. C'est suite aux dénonciations des mensonges de M. Kabila, par l'UDPS/Extérieur, mensonges lesquels M. Tshisekedi était déjà dans son village aklors que l'on gardait dans un cachot à Kinshasa pour l'y achever, que M. Kazbila s'est finalement décidé à envoyer, le lundi 16 février 1998, M. Tshisekedi au village. M. Tshisekedi saignait à la tête - traces des tortures subies- quand il a été amené, dans une jeep, à l'aéroport de Ndjili pour être embarqué vers Kabeya Kamuanga, sa collectivité, via Kananga.

 

M. Tshisekedi est resté prisonnier 4 mois durant (12 février 1998-1 juillet 1998). Il était privé de tout mouvement et de tout contact avec la population. Il lui était interdit de disposer d'une quelconque source d'information (radio, télévision, journaux). Son épouse, après avoir été fouillée sur tout le corps par les agents de la sûreté de M. Kabila, à l'aéroport, l'a rejoint le 3 mars 1998. Arrivée à Kabeya Kamuanga, elle a été également faite prisonnière: elle était également privée de tout mouvement et de tout contact avec la population. Dans une maison de 4 chambres, M. Tshisekedi était séparé de soin épouse , occupant une chambre (= cellule) tandis que son épouse en occupait une autre. Aucun contact entre eux ne leur était permis. Les militaires et les agents de la sûreté occupaient les 2 autres chambres et le salon, et vivaient avec eux.

 

- Le 13 mars 1998 vers 15h à Kinshasa, la Permanence de l'UDPS, sise 12ème rue, boulevard Lumumba n° 616, Kinshasa/Limete, a été attaquée par un groupe de policiers de l'AFDL, armés, venus à bord d'un mini-bus de marque Kombi de couleur orange/rouge. Après avoir forcé le portail de l'entrée principale, le policier chef de l'opération, qui a été reconnu par les gardes de la Permanence de l'UDPS en qualité d'un commandant oeuvrant à l'ex-Circo, actuellement devenu quartier général de la police d'intervention rapide (PIR) et d'agent de l'ordre participant à toutes les actions de répression gouvernementale contre l'UDPS, a voulu qu'on lui présente les responsables du Parti se trouvant sur les lieux.

 

Au même moment, un groupe de policiers ont fait descendre deux drapeaux de l'UDPS hissés sur la grille d'entrée et sur un mât servant de support d'antenne de télévision fixé sur la toiture du bâtiment. Un autre groupe de policiers ont fouillé les bureaux de l'UDPS qui gardaient encore des traces des casses et autres brutalités de la part des militaires de M. Kabila lors de leurs précédentes descentes sur les lieux.

 

Les gardes ont subi des brutalités atroces, des bastonnades à la matraque et crosses d'armes à feu et des menaces de mort. Cinq membres de l'UDPS commis à la garde de la Permanence et de la résidence du Secrétaire Général du Parti, le Dr Andrien Phongo, ont été copieusement molestés et embarqués à bord du mini-bus vers une destination inconnue. Il s'agit du pasteur Mbala Ntumba et MM. Alidi, Batupanzi, Nyimi et Bolanda. Les assaillants ont emporté le mobilier de la Permanence et le matériel de bureau dont les dossiers et 25 $US arrachés des mains de M. Tshilumba Jean-Pierre, membre de l'UDPS chargé des relations publiques; un ensemble de 6 lampes fluorescentes de 40 W et de 6 reglettes prévues pour l'éclairage des installations et deux drapeaux de l'UDPS.

 

- Dans la nuit du 29 mai 1998, les militaires et les agents de sécurité de l'AFDL ont enlevé M. Tshisekedi de Kabeya Kamuanga où ils le détenaient comme prisonnier depuis son arrestation le 12 février 1998. Sans l'avoir prévenu, sans son consentement, sans lui avoir permis de consulter les membres de son Parti et de toute l'Opposition dont il est le Chef de file, les militaires l'ont amené manu militari à Lubumbashi où, le 30 mai 1998 au Camp militaire Kimbembe, la rencontre avec son boureau Kabila lui a été imposée. Au cours de l'entretien, il s'est avéré, par des menaces et l'arrogance de M. Kabila envers sa victime, que le président auto-proclamé de la république tenait à obtenir par tous les moyens la reddition de sa victime épuisée par un voyage traumatisant. La résistance intérieure de M. Tshisekedi surprit M. Kabila qui, en fin de compte, sortit fâché du lieu de l'entretien, laissant sa victime à la merci de ses militaires. M. Tshisekedi dut subir un autre supplice au cours du voyage traumatisant et fut ramené par les militaires, toujours comme prisonnier, dans son village.

 

- Le 9 juillet 1998, treize collaborateurs de M. Etienne Tshisekedi ont été arbitrairement arrêtés dans sa parcelle de Limete à Kinshasa par des dizaines des soldats de l'AFDL fortement armés. Parmi eux se trouvaient les personnes suivantes: professeur Shabani Bin Biteko, Firmin Kama, Yaone, Mme Nabunyi, Marcel Mbayo, Me Jean Joseph Mukendi. L'arrestation s'est effectuée avec une brutalité inouïe. Les détenus ont été amenés au Circo, sans aucune motivation de leur arrestation ne leur soit notifiée. Ils ont été gardés illégalement dans ce cachot sans latrines, sans matelas, sans lit et sans nourriture. Ils dormaient à même le sol, et cela pendant deux semaines. Le professeur Shabani et M. Kama ont été particulièrement battus par des géôliers qui tentaient de leur faire signer un document reconnaissant l'interdiction des partis politiques. M. Marcel Mbayo a dû faire encore un mois en prison après la libération de ses collègues.

 

- Le 26 octobre 1998, M. Kabila a interdit à M. Tshisekedi de quitter le Congo pour répondre à l'invitation lui adressé par le Parlement Européen afin de venir expliquer, le 26 octobre 1998, son Plan de paix pour la solution globale et pacifique de la crise congolaise et régionale. Le passeport de M. Tshisekedi a été confisqué par les militaires et les services de sûreté de M. Kabila. Et le 26 octobre 1998, la résidence de M. Tshisekedi a été encerclée par les militaires dès 5h du matin et lui-même s'est vu interdire tout mouvement et tout contact. Jusqu'aujourd'hui, M. Tshisekedi est toujours en résidence surveillée à Kinshasa.

 

Que l'opinion se rappelle que l'usage du fouet au Congo avait pris fin avec l'indépendance en 1960.

 

D. EXECUTIONS SOMMAIRES ET EXTRA-JUDICIAIRES: QUELQUES CAS

 

- le 11 mars 1997 au Nord-Kivu, un carnage indescriptible a été commis par les soldats de l'AFDL qui ont tiré sur les enfants et les femmes sans défense. Les seuls survivants sont ceux qui étaient laissés pour morts. Espée Rajaba, 18 ans, atteinte de 2 balles à l'épaule est la seule survivante de la famille Rajabo dont le père, la mère Isabelle et les enfants Pierre et Yves ont été tués.

 

- Le 11 mars 1997, la population de Mushabambwa, village de la collectivité de Bwito, territoire de Rutshuru, a été invitée à un rassemblement par les autorités de l'AFDL poue entendre un message de nouvelles autorités. Réunis à la place indiquée, les paysans ont constaté que les militaires de l'AFDL les encerclaient et ont cru que c'était pour leur protection et sécurité. Mais, sur ordre de leur chef, les militaires se sont mis à tirer à bout protant sur les paysans. Les seuls survivants sont ceux qui étaient laissés pour morts.

 

- Le soir du 7 avril 1997 à Goma, le jeune Joseph, 24 ans, est interpellé par une patrouille de militaires de l'AFDL. Joseph s'est arrêté pour les écouter. Les témoins ont rapporté que ces militaires ont, gratuitement, violemment frappé Joseph avant de lui tirer des balles qui l'ont atteint à la poitrine et à la jambe. Conduit à l'hôpital CBK, Joseph a succombé de ses blessures deux heures plus tard.

 

- Le 9 avril 1997 sur la route entre Goma et Muja, un cultivateur nommé Kamate Tsong Ndaliko, 60 ans, qui revenait de ses champs

pour son domicile situé sur l'avenue Lumumba, Quartier Murara à Goma/Office, est abattu à bout protant par un soldat de l'AFDL.

 

- Le 12 avril 1997, les militaires de l'AFDL ont massacré plus de 30 paysans dans la localité de Mudja, territoire de Nyragongo, après les avoir rassemblés sur la place du village. Un rescapé de la tuerie, qui a été laissé pour mort, a pu identifier 36 victimes dont voici quelques noms: Jean Bosco Barigumya (45 ans), Muhima Sebazungu (43 ans), Bahati Karuganda (17 ans), Jovite Kakuru (50 ans), Ndamugabumwe Kazinga (44 ans), Bandegeye Kumbeshya (38 ans), Kakuru Kumbeshya (27 ans), Sebuzozi Byanze (45 ans), Rumazimisi (38 ans), Mizererosebitabi (38 ans),

Neretsebenda (45 ans), Nzabadora Benda (37 ans), Mafuti Singirumukiza (37 ans), Ndunzwenimana (70 ans), Paul Kinyamanza (25 ans), Mbitsemunda Sebakara (28 ans), Mugabo Kazinga (28 ans), Buregeya Shamamba (40 ans), Nsenga Marco (40 ans), Nsengiyumva Bugurano (18 ans), Kibwa Karisimbi (20 ans), Sisiri (30 ans), Ngendaguzi Ndanda (20 ans), Kabiona (35 ans), Zizi (14 ans), Kafasi (27 ans), Kiporisi (27 ans), Kamuzungu (27 ans), Kataliko (70 ans), Anuarite Kazamarande (enfant/1an), Ndamubuya (femme/77ans), Mazimwemunyenyetsi (femme/27ans), Nirere Agathe (femme/35ans).

Les blessés: Paluku Mukosasenge (27 ans), Barasebanya Bahinyuza (53 ans), Sébastien Sebanya (28 ans), Tutaishi Kakuru (8 mois).

 

- Le 23 avril 1997 à Bongya, territoire de Béni, Mme Mbambu Rulunda est abattue par des militaires de l'AFDL du Camp de Lume pour des raisons et dans les circonstances demeurées non élucidées.

 

Le 5 mai 1997, M. Kankonde Bakatupwekesha, 39 ans, et résidant au n 24 de l'avenue Circulaire, commune de la Kenya à Lubumbashi (Katanga) a été abattu par M. Mwangala, militaire de l'AFDL.

 

- Le 8 mai 1997, les soldats de l'AFDL ont massacré 250 paysans parmi lesquels il y avait les femmes et les enfants, dans les villages de Binza, Nyamituitu, Kigaligali et Busesa (Rutshuru).

 

- Le 15 mai 1997 à Mbandaka dans la province de l'Equateur, M. Boyemge W'onkosi Victor, chef de la collectivité de Losanganga, territoire de Bolomba, a été abattu par les militaires de l'AFDL.

 

- le 18 mai 1997 vers 15h, M. Batadulua Venant, garde civil, a été tué par 9 balles à la poitrine tirées par deux soldats de l'AFDL alors que la victime venait de remettre l'arme à la demande de l'AFDL.

 

- Les 19 et 20 mai 1997: 269 corps dont 80 brûlés et mutilés ont été enterrés dans une fosse commune au cimétière de Mikonga à Kinshasa;

 

- Le 20 mai 1997, Mme Nicole Bute, âgée de 30 ans, habitant dans la commune de Barumbu à Kinshasa a été froidement abattue par les militaires de l'AFDL.

 

- Le 22 mai 1997 dans la province orientale, M. Walala Botibolo, 60 ans, agent de surveillance à l'hôpital de l'Institut National d'Etudes et de Recherches Agronomiques (INERA/Yangambi) a été fusillé en public vers 14h par un militaire de l'AFDL.

 

- Le 23 mai 1997: 66 corps ont été enterrés dans une fosse commune à N'sele; 3 corps ont été enterrés dans une fosse commune au cimétière de Kintambo; 46 corps ont été enterrés dans une fosse commune à Minkao;

 

- Dans la nuit du 25 au 26 mai 1997 à Uvira, les militaires de l'AFDL ont tué 4 personnes suivantes: M. Mahungu Kangwa Nestor, greffier du tribunal secondaire de la collectivité des Bavira et son épouse Zihada Zanabo résidant sur l'avenue Musohoko n 11 (Ils ont été tués par balles); M. Muholu Amisi, maçon au diocèse d'Uvira, résidant sur la même avenue, tué à coup de couteaux; Mme Sidonia Mwagalaga habitant sur l'avenue Kirambo, tuée par balles.

 

Le matin du 26 mai 1997, des jeunes du quartier Kabindula ont eu subitement l'idée de marcher avec ces 4 cadavres. Les militaires de l'AFDL, sur ordre du commandant Ninja, ont tiré sur des manifestants tuant plus de 60 personnes et blessant plus de vingt autres.

 

Dans la journée, 12 personnes ont été enfermées dans une maison et ont été brûlées. Pour les empêcher de sortir et de fuir, les soldats de l'AFDL tiraient des balles aux alentours de la maison en flamme. 22 corps ont été dénombrés, pendant la journée, dans le même quartier de Kabindula, pour la plupart fusillés et poignardés et plus de 7 maisons brûlées.

 

Voici les noms de quelques victimes: Rugangu Jean-Pierre et ses 2 enfants; Chichanga et ses 4 enfants; Malenge; Kabiona; Rusazi; Benoît Nyamufunuka; Dunia Sengesenge; Muderwa Kajibwami (pasteur CBK); Rusazi Simon, son épouse et son enfant; un fils de Nkinzingabo; Kasambi et Jean Marie de Lwiro. Ces victimes ont laissé les orphelins et les veuves.

 

Certains blessés ont été identifiés: Murhamwe, Mulambuko, Nzigire, Kalombo et Mubake Lyandunga.

 

- Le même 26 mai 1997 dans le même quartier Kabindula, M. Jean Louis, membre de l'association des vendeurs des poissons (AVP), a été abattu à bout portant par des militaires de l'AFDL en patrouille.

 

- Le 26 mai 1997: 126 corps ont été enterrés dans une fosse commune à Pema et Mai-Ndombe sur la route de Bandundu;

 

- Le 27 mai 1997: 122 corps ont été enterrés dans une fosse commune à Mbankana;

 

- Le 28 mai 1997: 15 corps ont été enterrés dans une fosse commune à Kinsuka et plus de 100 coprs en état de composition étaient abandonnés sur le plateau de Bateke.

 

- Le 28 mai 1997, M. Vincent Tshikaya, 49 ans, pharmacien de son état, résidant sur l'avenue Biayi à Lubumbashi (Katanga) a été abattu dans sa maison vers 22h, par un groupe de 8 militaires de l'AFDL.

 

- Le 28 mai 1997, dans la localité de Lupembashi à Lubumbashi, Mme Kisabo Kipoyi a été contrainte par les militaires de l'AFDL de boire du poison (Tuodent). Antoine Kapoyi, fils de la victime, domicilié au Camp Chantier de Mangombo, a été obligé d'achever sa mère en lui assénant un coup de houe à la nuque.

 

- Le 30 mai 1997 vers 9h30, les soldats de l'AFDL ont investi le domicile de M. Lunuana Santos, au n 64 du quartier 5 dans la zone de Masina. Après l'avoir passé à tabac, lui et son épouse, ils se sont emparé de tous les biens de la maison et les ont amenés au Camp CETA;

 

- Le même 30 mai 1997 dans la soirée, 4 éléments de l'AFDL dont un en civil, se sont introduits dans la maison de M. Bisalu, ancien gérant de la Boulangerie Mondjio, sis rue Rutshuru, n 14 dans la zone de Barumbu. Après avoir menacé de mort à ce dernier,les assaillants ont emporté un téléviseur en couleur, un magnétoscope, une valise, une radio et 200$ US;

 

- Toujours le 30 mai 1997 dans la province du Kasaï Orientale, la manifestation pacifique organisée par l'UDPS/Mbujimayi contre la dictature de M. Kabila et la présence des troupes étrangères sur le territoire congolais a été réprimée dans le sang par les militaires de l'AFDL. Parmi plusieurs tués non identifiés, il faut citer l'étudiant Patrice Mwamba Tshibangu. A Mwene Ditu, 6 personnes ont été brûlées par les militaires de l'AFDL.

 

- Début juin 1997, MM. Limbete Lingole, 30 ans et cultivateur Habitant le village de Yabotumelase dans la collectivité de Bambelota et M. "Django" ont été abattus par les militaires de l'AFDL.

 

- Le 1er juin 1997, M. Kanda Mwamba Ditutu et un jeune homme non identifié ont été abattus dans la commune de Bipemba à Mbujimayi (Kasaï Oriental).

 

- Le 3 juin 1997, deux éléments armés de l'AFDL sont entrés, vers 22h50', dans la maison de M. Mwalimo, sujet gambien résidant au n 219 de l'avenue Boende dans la zone de Lingwala. Ils l'ont dépouillé d'une somme de 700$ US;

 

- Le 4 juin 1997 au Parking Moulaeri dans la zone de Bandalungwa, un receveur âgé de 25 ans qui a requis l'anonymat a reçu 25 fouets au ventre administrés par les militaires de l'AFDL. Il a été amené à l'hôpital saignant;

 

- Le 8 juin 1997 à Basoko dans la province Orientale, M. Dieudonné Kitenge a été fusillé en public près du grand marché par les militaires de l'AFDL.

 

- Le 9 juin 1997 au Kilomètre 112 sur l'axe Kisangani-Ubundu dans la province Orientale, les militaires de l'AFDL Alphonse Lupungu, Fundi Soso et Asani Makusudi ont enlevé et tué Gbelekese, Ndeke Yoani, Mukafa et son épouse, Mme Sophie Amajo. présumées sorciers de l'AFDL, assistés

 

- Le 11 juin 1997, lors des obsèques du général Mahele abattu dans la nuit du 16 au samedi 17 mai 1997 par les éléments de la DSP, un étudiant de l'Institut Supérieur du Commerce, Freddy de la 2ème année Graduat/jour, a été abattu à bout portant par les militaires de l'AFDL au niveau du Rond point Mandela sur le boulevard 30 juin à Kinshasa.

 

- Du 16 au 30 juin 1997, sur la place publique, 14 personnes ont été exécutées par les militaires de l'AFDL en poste à Kilwa, secteur Mwero, territoire de Pweto, sous le commandement d'un dénommé Yav.

 

- Le 25 juin 1997, Blaise, un adolescent d'environ 17 ans, a été abattu à bout portant à son domicile au n° 105 de l'avenue Kwamouth à Kinshasa.

 

- Le 14 juin 1997, M. Buingo Roger, 48 ans, sentinelle aux entrepôts de la VAV à l'aéroport de Goma, a été tué à coup de massue à la tête par les soldats de l'AFDL.

 

- Le 21 juin 1997, Mme Wivine, 25 ans, a été sommairement exécutée par les soldats de l'AFDL qui s'étaient introduits à son domicile, avenue des Aviateurs, quartier Virunga I à Goma au Nord-Kivu. D'après les témoignages recueillis par l'AZADHO/Goma, la victime a été tirée de sa maison et entraînée à côté de la chapelle catholique où une balle lui a été logée dans la tête.

 

- Début juillet 1997 dans la province Orientale, MM. Makundu Elombo Akiti et Longala ont été abattus par les militaires de l'AFDL et leurs corps jetés dans la rivière Aruwimi.

 

- Le 2 juillet 1997, M. Kasongo Gaston, 30 ans, domicilié sur avenue Luyeye au n 53 dans le quartier Kingasani à Kinshasa, a été abattu par deux militaires de l'AFDL. Un enfant d'environ 1 an, Christelle Vungu, portée au dos par sa mère, a attrapé une balle et a succombé sur le champ. Ses parents, Kasereka Vungi et Kahindo domiciliés au n 42 de la rue Nsiama, ont été grièvement blessés par balles aux jambes gauches et admis à l'hôpital Roi Baudouin 1er de Masina.

 

- Le 6 juillet 1997 tard dans la nuit, une bande de soldats circulant à bord de deux véhicules de l'AFDL ont tué 15 personnes. Il s'agit de: 1) Wasukiswa, 27 ans, rue Kisenso n 508, commune Masina; 2) Kivuila Mbuta, 28 ans, rue Faradje n 119, commune de Kasa-Vubu; 3) Mukendi, 49 ans, rue Irebu n 47, commune de Kasa-Vubu; 4) Kiwa, adulte, rue Pendjua n 66, commune de Bandalungwa; 5) Tambwe Binasalime, adulte, rue de Banana n 45, commune de Kintambo; 6) Bongala Joseph, adulte, rue Monkoto n 84, commune de Ngiri-Ngiri; 7) Sakameso Suamba, 20 ans, rue Kao n 7, commune de Selembao; 8) Albert, adulte, commune de Bandalungwa; 9) Inconnu, adulte, rue Bondo n 240; 10) Inconnu, adulte, ramassée au pont Kasavubu en face de l'ancienne Brigade routière; 11) Ilunga, adulte, adresse inconnue; 12) quatre inconnus adultes, adresses inconnues.

 

- Le 9 juillet 1997 vers 22h, sur l'avenue Mukoto, n 35 à Goma/Mabanga, domicile de M. Kakule Kyaviro Mwendapole, 38 ans et 9 enfants, 6 militaires de l'AFDL qui tenaient toute la famille en respect et exigeaient de l'argent, se sont mis à tirer pour appuyer leur demande. L'un d'eux a abattu d'une seule balle la fille José Kyaviro, moins de dix ans, pour faire taire ses cris. Kakule Kyaviro, qui a eu un geste de détresse vers le corps de sa fille, a été aussitôt criblé de balles qui l'atteignirent à la poitrine et aux reins. Il en mourut six jours plus tard à l'hôpital de Goma.

 

- Le 12 juillet 1997 vers 12h, M. Vata, domicilié au n 2 de l'avenue Ntantu dans la commune de Bandalungwa et M. Botuli de l'avenue Kenge n 206 dans la commune denGiri-Ngiri ont été abattus à bout protant par un soldat de l'AFDL à bord d'un véhicule de soldats. Une autre victime s'en est tirée avec une blessure à la tête.

 

- Le 13 juillet 1997 vers 20h, les militaires de l'AFDL ont abattu René Betika Mukwate, 7 ans, domicilié au n 4272 de l'avenue "Titres fonciers" dans la commune de Barumbu.

 

- Le 15 juillet 1997, M. Ewalo Monga, alias "Ngungi", commerçant domicilié au n 22 de l'avenue Mzengo, quartier Kingabwa-Uzam dans la commune de Limete, a été abattu par les militaires de l'AFDL qui ont emporté 14 millions de ZN.

 

- Le 16 juillet 1997, vers 8h du matin, des militaires de l'AFDL qui n'ont pas été identifiés ont abattu, dans son lit, le nommé Mahango Ngirariho, 39 ans, à BUshagara, territoire de Nyiragongo.

 

- Le 16 juillet 1997 à l'aéroport de Goma, une femme enceinte a été violemment rouée de coups par les soldats de l'AFDL. Cela a provoqué un avortement involontaire. Elle a succombé quelques heures plus tard.

- Le 17 juillet 1997, un sujet libanais domicilié au quartier Bon Marché a été abattu par les militaires de l'AFDL aux environs du Dancing bar "Mère Kusala". Il a été dépouillé d'une somme de 7000 $US.

 

- Dans la nuit du 20 au 21 juillet 1997, M. Joseph Makwaya, sentinelle dans la parcelle de Mme Hortense située au n 279 de la rue Kato dans la commune de Lingwala, a été égorgé par les militaires de l'AFDL.

 

- Le 21 juillet 1997 à Goma/Bujongo, des militaires de l'AFDL ont enlevé un paysan, M. Birizira, 28 ans, et l'ont ensuite abattu à la sortie du village pour des raisons demeurées inconnues.

 

- Le 25 juillet 1997 à Kinshasa vers 13h, la marche pacifique de PALU et le Jeunesse de l'UDPS (JUDPS) pour réclamer la poursuite du processus démocratique et le départ des troupes étrangères du territoire congolais a été réprimée dans le sang par les militaires de l'AFDL. M. Komisa Kiambukuta domicilié sur l'avenue Tembe na Tembe au n 12 a été abattu. Plus de 200 manifestants ont été arrêtés avec brutalité et amenés au Camp militaire Kokolo où ils ont été torturés. Vers 17h30', les militaires se sont rendus à Limete où ils ont saccagé et pillé la résidence de M. Antoine Gizenga, président du PALU et violenté des femmes et des filles qui s'y trouvaient.

 

- Le 12 août 1997, M. Ghislain Kabalo, 28 ans, domicilié dans la commune de Kampemba, sur la chaussée de Ksenga (Katanga) a été abattu par deux militaires de l'AFDL.

- Le 21 août 1997, M. Toto, 20 ans, habitant le quartier Bongonga dans la commune de Kampemba (Katanga) a été abattu par un soldat de l'AFDL.

 

- Le 24 août 1997, des soldats de l'AFDL non identifiés ont tué à l'arme blanche et par balles, Messieurs Jean Louis Kitambala, fils d'un industriel local et son ami Constant Bwanakawa alors qu'ils roulaient en automobile sur la route de Béni.

 

- Toujours en août 1997, au moins 23 personnes ont été tuées à Kyondo et enterrés dans des fosses communes par groupes de 7 sur la place appelée Centre et plus de 150 pêcheurs et membres de leurs familles ont été abattus dans le village des pêcheurs de Kyavinyonge.

 

- Le 26 août 1997, M. Alexandre Makolo, étudiant à l'Institut Pédagogique National (IPN) L 1 français, a été abattu àbout portant par des militaires de l'AFDL dans l'enceinte même de l'IPN.

 

- Le 28 août 1997 dans la province de Bandundu, un militaire de l'AFDL a abattu M. Watumba Gauthier, 30 ans, et père de 2 enfants, domicilié sur rue Nsay, n 254 au stade Ebeya à Kazamba-Kikwit.

- Le 31 août 1997 vers 12h, un commando de soldats de l'AFDL a fait irruption dans le village de Buzirambavu dans la zone de Masisi où il a commencé à tuer les habitants enfermés dans leurs maisons. Dans sa tentative de fuite avec son bébé de six mois, Mme Mawazo s'est retrouvée en face des tirs nourris d'un soldat, membre du commando. Elle et son bébé ont été tués. Le mari, Boniface, absent du village au moment des massacres, n'a trouvé que des cadavres.

 

Des opérations d'une plus grande ampleur ont été signalées à partir du 29 juillet 1997 lorsque, sur tout l'axe Ngungu-Nyabiondo en passant par Masisi-Centre, des villageois ont été massacrés, leurs maisons incendiées, leurs récoltes détruites. Pour toutes les localités attaquées, les méthodes étaient les mêmes: villages encerclés aux petites heures du matin, maisons incendiées et villageois arrosés de balles dans leur tentative de fuite. Le bilan de toutes ces opérations est particulièrement lourd selon les organisations locales. Fin août 1997, on estimait à plus de 2000 le nombre de morts recensés depuis juillet et plus de 50 le nombre de villages incendiés. A Goma, les déplacés estimés à des dizaines de milliers étaient hébergés par des familles ou pris en charge par la Caritas catholique.

 

- Le 1er septembre 1997, 5 militaires de l'AFDL se sont présentés au domicile de M. Muliro Lisani dans la localité de Thimbi au Nord-Kivu. La victime a été tabassée et sa maison pillée. Puis, le sergent en chef Tabu ordonna ensuite qu'il soit tué, ce que fit immédiatement l'un des militaires en lui tirant une balle dans la tête.

 

- Toujours le 1er septembre 1997, neuf personnes ont été massacrées par les soldats de l'AFDL à Bujongo au Nord-Kivu. Cette situation a paoussé la populationà abandonner des villages notamment à Vubiro, Kanyaruchinya et Bujongo dans le territoire de Nyirangongo. Le village de Kinyaruchinya a été transformé en camp militaire.

 

- Le 4 septembre 1997 à 20h, M. Benjamin, sentinelle de son état, domicilié sur l'avenue Ruzizi n 176 à Birere dans la ville de Goma, a été abattu à bout portant par les militaires de l'AFDL. La sentinelle du magasin voisin venu au secours de Benjamin a été à son tour criblé de balles et est mort sur le champ.

 

- Le 8 septembre 1997, Maman Odette Kasima, chef du quartier Bongisa à Idiofa (Bandundu) et tous ses enfants ont été abattus par les soldats de l'AFDL.

 

- Le 15 octobre 1997, M. Kimpembi, habitant à Ngeba/Kisantu dans le Bas-Congo a été abattu par un militaire de l'AFDL.

 

- Dans la matinée du 29 octobre 1997 à Basankusu à l'Equateur, un homme connu par tous les habitants de la collectivité comme un détraqué mental et du nom "Mamale", a été arrêté et battu à mort par les militaires de l'AFDL au motif qu'il était sorcier. Ensuite, les militaires l'ont obligé à citer les nomes de tous ceux qu'il pensait être les sorciers dans toute la collectivité. Tous ceux qui ont été cités par ce malade mental ont été arrêtés sur ordre du commandant Pascal Lakuanu de l'AFDL/Basankusu et exécutés. Il s'agit de 3 hommes à Basankusu II à Bonoko sur la route de Lisala: Is'a Lofete, Bekolo Eyobi et Losandja Is'Onkoto. A Baenga, 7 personnes dont 2 femmes ont été exécutées: le chef du groupement Lyenga, son petit frère Jean François Ilo; de MM. Paul Ebundja, Pierre Moscle, Maurice Belemo et Mmes Jeanne Mputu et Augustine Boleka, deux épouses de M. Bokandja. M. Paul Mboyo a échappé à la mort par maladresse du tireur et s'est jeté dans la rivière. Le village de Baenga s'est aussitôt vidé de ses habitants.

 

- Le 7 novembre 1997, MM. Mulbere, Kamuchache, Kabosyo et Léonard domiciliés au villageKisama au bord du Lac Edouard, territoire de Lubero, ont été arrêtés et exécutés par 18 militaires de l'AFDL.

 

- Le 2 décembre 1997 vers 21h, M. Mirindi Paul, propriétaire du Nganda "Bora" a été abattu par une balle dans le dos à son domicile pour n'avoir pas remis des dollars exigés par deux militaires de l'AFDL.

 

- Le 11 décembre 1997, M. Gbenza Siko Vicky a été abattu à bout portant par les militaires de l'AFDL dans la ville de Zongo à l'Equateur alors qu'il de Bwamanda où il était allé transporter des planches. Le commandant de l'AFDL qui avait donné l'ordre de l'abattre a exigé que son corps soit jeté dans la rivière Ubangi et a interdit l'organisation des funérailles. La parcelle de la victime a été aussitôt encerclée par les militaires.

 

- Le 25 décembre 1997 à Musayo dans le territoire de Nyirangongo, 5 personnes ont été tuées par des soldats de l'AFDL. Il s'agit de Sioka Mukungu, Sawita Kipoyi, Kasigwa Balebutsa, Habyarimana Mahano, Shiramberehabizaye et Léonard, le chef des "Nyumba Kumi". Enfermés dans une case, les corps des victimes ont été brûlés par la suite. Seul M. Abando a été grièvement blessé.

 

- Le 26 décembre 1997 à 8h, trois militaires de l'AFDL ont abattu MM. Kahembe Kabutiti, Ndeze Ndabishoboye, respectivement chefs des collectivités de Bukumu et de Bwisha; Léonard et Lwango, deux agents de la pêcherie de "Nyakakoma".

 

- En février 1998, la ville de Butembo a été encerclée pendant trois jours par les soldats de l'AFDL. Chaque maison a été perquisitionnée et tous les hommes (être masculins), adultes et enfants, tués. Il y a eu plus de 300 morts.

 

E. ENLEVEMENTS ET DISPARITIONS

 

- Le 10 avril 1997 au Kivu, 20 jeunes hutu en provenance des montagnes environnantes de Bunyole et 2 vieux responsables des villages qui les accompagnaient pour aller suivre la formation militaire dans le camp Mushaki sous la direction des militaires de l'AFDL ont été portés disparus une fois arrivés au Camp militaire.

 

- Le 16 avril 1997 au Kivu, M. Mbitsemunda Mazanga, chef du quartier de Ndosho, a été arrêté et emprisonné dans le cachot du 8ème Circo où il a disparu après un dernier entretien avec sa famille le même jour.

 

- Le 2 mai 1997, M. Zihalirwa Zihalir'omogabo d'Ishasha à Rutshuru, a annoncé à l'AZADHO/Goma qu'il était sans nouvelle de son père Clément Mujarwanda et de son oncle Vincent Chikala Ruba, arrêtés tous deux le 3 avril à Ishasha par les militaires de l'AFDL sur ordre du Commandant Césaire. On croit savoir qu'ils ont été exécutés le même jour. Un agent de poste local, nommé Lwaboshi, qui avait tenté d'intervenir auprès du Commandant Césaire pour la libération de deux victimes aurait été à son tour arrêté et l'on est aussi sans nouvelles de lui depuis le 25 avril 1997, dernière date à laquelle il a été vu vivant.

 

- Lors de la prise de la Voix du Zaïre le 17 mai 1997 à Kinshasa par les militaires de l'AFDL, les 61 militaires de la DSP qui s'étaient retranchés et arrêtés dans la grande salle par les militaires de l'AFDL n'ont jamais été retrouvés.

 

- Le 19 mai 1997, 16 militaires rwandais des ex-FAR internés à l'hôpital énéral (Mama Yemo) pour des soins ont été enlevés par les militaires de l'AFDL et conduits au camp Mobutu dans la zone de Lemba où ils ont été tous exécutés. Ces victimes sont: Mugirameza Pierre, Musabye Mungu Théo, Cymana, Nsengimama, Nkizumwami, Munyangazu, Munyarukiko, Byarugaba Jean Pierre, Byarimana, Turatshinze, Kamanzi, Ruzilirama, Utamuliza, Twagirayezu et Uwayezu.

 

- Le 26 mai 1997, le Commandant Vincent de l'AFDL a ordonné le rassemblement de toute la population de Vitshumbi à Rutshuru. 19 personnes ont été prises au hasard et conduites vers la station touristique de Rwindi dont 5 seulement sont retournées au village et l'on n'a plus eu de nouvelles des autres.

 

- Le 15 août 1997, le nommé Nyangoma, vendeur au marché de Kibirisi (Masisi) n'a plus été revu après avoir été envlevé par des militaires de l'AFDL alors qu'il exposait ses produits.

 

- Le 29 septembre 1997 au Katanga, M. Numbi Joseph, enlevé au niveau du terrain de football du village de Kapeya par les militaires de l'AFDL venus effectuer des razzias expéditives dans cette contrée a été porté disparu.

 

F. PERQUISITIONS ILLEGALES, EXTORSIONS ET RANCONNEMENTS

 

- Le 17 mai 1997: 2 éléments armés de l'AFDL ont pénétré dans la parcelle de M. Mpia Mora située au n 37 de l'avenue Général Bobozo près du Pont Matete dans la zone de Limete. Ils ont menacé l'occupant en swahili, arraché 40$ US, blessé son grand-frère avec une baïonnette à l'épaule gauche avant de repartir;

 

- Le 18 mai 1997: Mme Odette Biela Kanyanga, domiciliée au n 11 bis de l'avenue Montaigne dans la zone de Ngaliema a été agressée devant l'immeuble Ruzizi à la Gombe par des éléments armés de l'AFDL. Saignant de tout son corps, elle a été admise à la Clinique Dedicis où elle a dû être soignée à ses frais;

 

- Le 21 mai 1997, vers 10h30, 3 éléments de l'AFDL armés et en uniforme, à bord d'une jeep Isuzu Trooper de couleur rouge immatriculée KN 8696 X ont fait irruption au domicile de la famille Bunani, sis rue Cimbushi, n 9, Limete/Motel Fikin, ont menacé de mort son épouse et son frère Odon Ruharura avant d'emporter 50.000$ US;

 

- Le 25 mai 1997 vers 2h du matin, 3 éléments de l'AFDL armés ont fait irruption dans la maison de M. Richard et son frère Docta, domiciliés au n 253 de la rue Aketi dans la zone de Gombe, ont emporté les biens de l'intéressé dont des pièces de wax et une importante somme d'argent.

 

- Le mercredi 23 juillet 1997 vers 22h, 8 soldats de l'AFDL se sont introduits au domicile de Mlle Théthé Theha, ancienne chanteuse de l'Orchestre Victoria Eleison situé au quartier Yolo-Nord dans la commune de Kalamu. Ses biens devaleur et une importante somme d'argent ont été emportés par les assaillants qui tiré sur elle avant de repartir. Elle a succombé sur la route de l'hôpital général.

 

- Extrait du Rapport général publié par le Parti le 16 décembre 1997 à Kinshasa, signé par M. Bernard Nkwedi, président du Collège des Fondateurs:

 

"Sur le plan économique, tous ceux qui voyagent par bâteau dans l'arrière-pays ainsi que par route au départ de Kinshasa, ont pu se rendre compte du fait que sur le fleuve Congo et les rivières, les unités fluviales ou embarcations sont soumises à des fouilles systématiques menées par les éléments de l'Armée de l'AFDL (...) pour y prendre tout ce qu'ils peuvent et surtout toute somme d'argent qu'ils y trouvent. A l'heure qu'il est, entre Kinshasa et la ville de Mbandaka fonctionnent plus de 10 centres où ces fouilles sont organisées. Au lieu de 4 ou 5 jours de voyage pour atteindre Mbandaka par bâteau comme autrefois, les navires font maintenant 10 à 15 jours entre ces deux villes. Les délégués de l'AFDL sont installés dans toutes ces escales pour percevoir des taxes comme le font l'ANR, le commissariat fluvial, la Police nationale, les entités administratives (Provinces, Districts, Territoires...). A Bolobo se trouve le Quartier Général de l'AFDL qui coordonne ces fouilles.

 

"Sur les routes vers le Bandundu et le Bas-Congo, mêmes scénarios de fouilles des véhicules, mêmes tracasseries policières, mêmes menaces avec armes pour se faire remettre l'argent. (...) tous ces paiements ne sont constatés par aucune quittance."

 

- Le 11 décembre 1997, M. Eugène Diomi Dongala a été enlevé par les militaires de l'AFDL qui ont pillé sa résidence de Ma-campagne. Arrêté et séquestré, le président de FSD a été acheminé au camp Loano avant d'être amené au camp Kokolo où il a été torturéL'intéressé n'a pas été notifié du motif de son arrestation.

 

G. VIOLENCES FAITES AUX FEMMES ET AUX ENFANTS

 

- Le 3 mai 1997: Mademoiselle Solange Machozi Beni, 18 ans, élève à l'Institut Masisi, en route pour Goma, a été violée durant la nuit par plusieurs militaires au niveau de la barrière de Mustaki, au Nord-Kivu;

 

- Le 9 mai 1997, Mlle B.K., étudiante en droit à l'Université de Lubumbashi, a été déshabillée, fouettée et menacée de mort par les soldats de l'AFDL devant l'Inspection générale de Garde Industrielle de la Gécamines. Son crime était d'avoir porté un pantalon.

 

- Le 28 mai 1997 à Kintambo/Magasin (Kinshasa), Mlle Giselle Fatuma Cheka, adolescente, a été violée sous menaces d'armes dans la soirée par un soldat de l'AFDL en présence des habitants scandalisés du Camp Dumez.

 

- Le 31 mai 1997, Mlle Nellie Kalaba, à Lubumbashi, a reçu une balle dans la jambe et a été soignée aux frais de ses parents pour avoir résisté aux avances des soldats de l'AFDL dans son quartier.

 

- Le 13 juin 1997 à Lubumbashi, Le Centre pour Droits de l'Homme et Droit humanitaire, CDH, signale que deux dames qui ont requis l'anonymat empruntant l'avenue du Musée dans la Commune de Lubumbashi ont été interpellées et entraînées au Museum de Lubumbashi où elles ont été violées par les soldats de l'AFDL;

 

- Le 27 juin 1997 vers 12h30', deux écolières d'environ 15 ans dont l'une nommée Francine revenant des cours ont été interpellées et violées par les soldats de l'AFDL occupant un appartement dans l'une des résidences du Général Kikunda située en face des alimentations Ledya, quartier Funa, dans la Commune de Limete.

 

- Le 2 juillet 1997 à Katako, zone rurale au Nord-Kivu, Madame Sakina Afia, épouse de Mr Yole Mukela, a été extraite du cachot où elle était détenue, dans la nuit du 2 au 3 juillet 1997 par M. Cyrille Ngandu qui l'a offerte à un solfat de l'AFDL. Elle a du reste contracté une maladie sexuelle grave;

 

- Toujours le 2 juillet, deux soldats de l'AFDL ont interpellé une demoiselle dénommée Josée domiciliée au n 53 de la rue Luyeye, quartier Kisangani, commune de Kimbanseke et l'ont forcée à prendre un verre avec eux. Profitant de la distraction de deux soldats, la fille s'est enfouie. Les soldats l'ont suivie jusques chez elle. L'un des soldats s'est mis à tirer à bout portant. Un enfant d'environ 1 an, Christelle Pungi, portée au dos par sa mère a été atteint par une balle et a succombé sue le champ.

 

- Le 10 juillet 1997 au soir, Mademoiselle Cécile Rukiranye, fille de Samuel Mardad est victime d'un viol perpétré par les militaires de l'AFDL dans la parcelle familiale;

 

- Toujours au mois de juillet 1997 à Kinshasa, La Ligue pour la Défense des Droits des élèves et Etudiants a signalé le cas d'une écolière de 11 ans violée par un groupe de soldats de l'AFDL d'un Camp de l'Ouest de la Capitale et une embuscade tendue par les soldats de l'AFDL aux abords d'une école des filles à la Cité Pumbu, Commune de Selembao qui s'est soldée par l'enlèvement de 5 écolières qui ont été toutes violées.

 

- Le 23 août 1997 à Rugetsi, localité située à 50 Km au Nord-Est de Béni, un soldat de l'AFDL a tiré une balle dans le ventre de Mademoiselle Kahindo Ndungo, 15 ans, parce que cette dernière avait opposé une résistance à une tentative de viol;

 

- Dans la nuit du 14 au 15 septembre 1997, des femmes mariées et et des jeunes filles ont été violées à Kinshasa, dans les quartiers Righini, Mikondo et Kingasani par des soldats de l'AFDL. Ces derniers avaient semé la terreur toute la nuit en ouvrant le feu et en terrorisant les habitants de ces quartiers.

 

- Toujours au mois de septembre 1997, au village Katanga, une femme, mère d'un bébé de quatre mois, a été violée par six "askari" (soldats de l'AFDL). Ces derniers l'avaient d'abord menacée avec leurs armes, méprisant les cris du bébé. Dans le même village, les mêmes "askari" ont récidivé en abusant d'une autre femme qui se rendait au village Kimanshi. Dans les deux mois qui ont suivi l'entrée de l'AFDL au Katanga, plusieurs jeunes filles recrutées dans l'armée ont fait l'objet de viol dans les camps d'internement de la part des "askari".

 

H. EXPROPRIATIONS EXTRAJUDICIAIRES

 

- Au Nord-Kivu, des paysans de Bwisha dans la zone de Rutshuru signalent que, depuis, le 18 février 1997, ils sont régulièrement priés par les autorités de l'AFDL d'abandonner leurs champs et terres au profit d'éleveurs Tutsis armés qui arrivent par dizaines du Rwanda et de l'Ouganda avec leurs troupes.

 

- L'Anaddem-F a signalé, dans un rapport sur les biens mal acquis, que les dignitaires de l'AFDL ont exproprié, en six mois, 1031 villas et appartements et ravi 3737 véhicules à Kinshasa. Tous ces biens saisis ont été arbitrairement attribués à des individus membres de l'AFDL, aux dignitaires du nouveau régime et à leurs parents. C'est le cas notamment de plusieurs appartements du Building Wagenia situé près du Beach Ngobila dans la Commune de la Gombe qui ont été libérés de force le 24 juin 1998 et occupés par les éléments de l'AFDL et leurs amis. Des familles entières ont été jétées dehors sans ménagements. L'appartement n 10 de cet immeuble est occupé par une des innombrables copines de M. Ramazani, inspecteur chargé de sécurité de l'AFDL pour la ville de Kinshasa. L'appartement n 27 est occupé par le médecin de M. Kabila qui a confisqué tous les biens du précédent occupant et les a vendus sans scrupule.

 

- Le 20 avril 1998 à KInshasa, les militaires de l'AFDL se sont rendus à la Permanence de l'UDPS à Limete, ont arrêté deux gardes, MM. Kabasu et Tshilumba, vidé la Permanence de son mobilier et scellé le bâtiment et la grille d'entrée. Au cours de la semaine du 20 au 26 avril 1998, la Permanence a été repeinte sous les couleurs de l'AFDL par des hommes amenés et protégés par les militaires durant tout le travail. Et depuis le 26 avril 1998, l'AFDL a transformé la Permanence de l'UDPS en une polyclinique de la police de l'AFDL.

 

I. REPRESSION CONTRE LA PRESSE

 

- A Goma et à Bukavu, les radios et télévisions privées, dont radio Star ont été occupées par les forces de l'AFDL.

 

- A Kananga, la Radio Télévision Kananga Malandi (RTKM), une radio privée a été rebaptisée Radio Télévision Alliance Echo (RTAE).

 

- M. Tshivuadi wa Tshivuadi Kaniema, "Tshivis", journaliste au journal Le Phare et l'un des grands éditorialistes de la presse congolaise libre, a été contraint à vivre dans la clandestinité depuis la publication, le 5 septembre 1997, de son article critiquant le caractère tribal de l'armée de . Kabila. Il était recherché par les agents de la Déemiap (Détection militaire des Actions anti-patrie: nouveau service secret créé par M. Kabila pour surveiller et réprimer la population) et par l'ANR (Agence nationale de renseignements).

 

Le jeudi 27 novembre 1997, 4 hommes dont 3 en tenue militaire et 1 en tenue civile ont fait irruption à la résidence de M. Tshivuadi. N'y ayant personne, ils ont menacé et tabassé les voisins pour les contraindre à dévoiler le lieu où se cache le journaliste recherché.

 

- le journaliste Polydor Mubuyayi Mubanga, éditeur du journal Le Phare, a été enlevé tôt le matin du 8 septembre 1997, à son domicile à Lemba-Righini, par 6 éléments armés de la PIR (Police d'Intervention Rapide) non porteurs d'un mandat (2 hommes en tenue civile, 4 en tenue militaire). Acheminé dans les locaux de l'ancien Conseil National de Sécurité (CNS) à Binza Ma-Campagne, commune de Ngaliema, où il a été torturé avant d'être transféré au cachot du Parquet du Tribunal de Grande Instance de la Gombe.

 

M. Muboyayi subit un interrogatoire serré sur l'article publié dans le Phare intitulé "Kabila lance sa DSP" paru dans l'édition 696 du journal Le Phare du 5 septembre 1997 dont M. Kanyama était l'auteur. L'article parlait de cinq mille militaires qui venaient d'être formés à la base militaire de Kamina, province du Katanga. M. Muboyayi demeura 75 jours en prison et fut relâché suite à l'intervention personnelle de M. Kabila.

 

- Le 18 novembre 1997, le journaliste Bosange Yema, éditeur des journaux Mambenga, Essor africain et L'Alarme de Kinshasa a été arrêté alors qu'il se rendait à Kisangani couvrir les cérémonies de réouverture du transport maritime sur le fleuve. M. Kabila l'a accusé d'être un "agent" de la Commission d'enquête des Nations Unies.

 

- Au Colloque national de la presse qui s'était tenu le 15 décembre 1997 au Palais du Peuple à Kinshasa, le vice-ministre de l'Intérieur de l'AFDL, le commandant Faustin Munene, avait promis de frapper les journaux et les journalistes qui oseraient critiquer le régime AFDL, et qualifia les journalistes d"anciens agents du SNIP de Mobutu".

 

- Le 25 mai 1997, vers 6h à l'Hôtel Intercontinental à Kinshasa, des journalistes étrangers ont été l'objet des mauvais traitements lors d'une perquisition brusque effectuée dans leurs chambres par les soldats de l'AFDL. Un journaliste de l'agence Reuters a été étalé et piétiné à même le sol pendant que des matelas et ses affaires ont été complètement fouillés.

 

- Le 28 mai 1997, lors d'une marche de protestation organisée par les étudiants sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa, les militaires de l'AFDL ont arraché du matériel professionnel (films et cassettes) des mains des journalistes étrangers.

 

- Le 5 septembre 1997, les vendeurs des journaux ont été interpellés et chassés de grades artères de Kinshasa par les éléments de la Police de l'AFDL.

 

- Le 17 septembre 1997, M. Kileba, journaliste au "Soft", a été convoqué au Conseil National de Sécurité par le Chef du Cabinet du Conseiller spécial de M. Kabila, Polycarpe Kabeya chez qui il s'est rendu le 19 septembre. Il a été interrogé toute la journée sur des articles parus au Soft du 1er septembre au sujet de la mort d'André Kissase Ngandu, ancien compagnon de M. Kabila.

 

- Le 17 octobre 1997, M. Ekele, Directeur de publication du journal "Transparence" a été interpellé par le ministre de l'information et presse qui l'a enjoint de ne plus publier le supplément "Pot Pourri" dans le journal précité.

 

- Le 12 décembre 1997 à 10h, M. Kandolo Mulumba Célestin, Directeur du journal "L'Ouragan d'Afrique" a été agressé en public dans le Hall d'accès de l'aéroport de Ndjili par des hommes de service de sécurité de M. Kibassa Maliba, alors vice-ministre des Mines.

 

- Le 19 mai 1997, les locaux du journal "Le Soft" ont été entièrement détruits par les militaires de l'AFDL qui y ont fait irruption au moins 4 fois en un mois (mai-juin 1997).

 

- Le 20 octobre 1997, Les militaires de l'AFDL ont investi les bureaux du journal "Elima". Ils ont détruit et pillé tout le matériel.

 

- Le 23 décembre 1997, M. Kidimbu, journaliste au "Soft" a été arrêté et détenu au cachot de l'ANR. Il a été relâché le 26 décembre 1997 sans notification du motif de son arrestation.

 

- Le 30 décembre 1997 à Kikwit, l'abbé Evariste Pindi-Pindi, Directeur de la Radio diocésaine "Tomisa" a été arrêté par les militaires de l'AFDL sur ordre de la "hiérarchie militaire" et conduit à la prison centrale de Kikwit. Accusé d'avoir dénoncé le mauvais comportement des militaires la veille des manifestations, il a été détenu pendant 12 heures et libéré le même jour après avoir été dépouillé de ses objets de valeur.

 

- Le 23 février 1998, M. Modeste Mutinga Mutuishayi, éditeur-responsable du journal "Le Potentiel" a été arrêté et torturé pendant 3 jours pour avoir publié, dans son journal, des articles sur l'arrestation et la rélegation de M. Etienne Tshisekedi dans son village d'origine par M. Kabila le 12 février 1998.

 

- Toujours au mois de mars 1998, les forces de sécurité de M. Kabila ont saisi 2000 exemplaires du journal "Le Soft" à l'aéroport de Ndjili.

 

J. REPRESSION CONTRE LES DEFENSEURS DES DROITS DE L'HOMME

 

- Au mois de mars 1997, la section locale de l'AZADHO/Goma a fait l'objet des menaces de la part des autorités de l'AFDL pour avoir été à la bse du rapport publié, le 1 mars 1997, par le bureau cetral de l'AZADHO à Kinshasa, un rapport sur les charniers.

 

- Le 26 mai 1997, à l'issue d'une conférence sur "la démocratie et les droits de l'homme en RDC", Robert Ilunga Numbi, Président du groupe "Amis de Nelson Mandela" (ANM) et son collaborateur furent convoqués par les autorités de l'AFDL et menacés. Leurs documents furent saisis.

 

- Le 10 juin 1997, l'AZADHO publia un bref rapport dénonçant la "tendance à la dérive totalitaire" de l'AFDL (Appel Urgent n 003/97 "SOS au Congo-Zaïre, les espaces démocratiques menacés). Le démenti que le ministre de l'Information, presse et affaires culturelles fit immédiatement publier à la radio contenait une mise en garde claire adressée à toutes les organisations des droits de l'homme.

 

- Le 24 juin 1997, l'Association Nationale pour la défense des droits des Migrants et ceux de la Femme (ANADDEM-F) a été forcée de déguerpir de ses bureaux situés dans la commune de la Gombe/Kinshasa. L'Office des Biens Mal Acquis (OBMA) attribua ces bureaux aux membres de l'AFDL, Faustin Munyapenda (jeune frère de M. Jean Munyapenda, conseiller du Secrétaire général de l'AFDL Déosgratias Bugera), Nzamuye Gabriel et Ramazani.

 

- Dans un document publié conjointement avec la Fédération Internationale des droits de l'homme (FIDH) le 25 juin 1997, l'AZADHO dénonçait les menaces répétées subies de la part des autorités de l'AFDL, par les les ONG de défense des droits de l'homme, pour avoir critiqué les nombreuses exactions commises par l'AFDL contre les paisibles citoyens.

 

- Le 28 juin 1997, alors qu'il cherchait à recueillir des informations sur la détention des "dignitaires" du régime Mobutu, William Kalume Lualemba, membre de la Voix des Sans Voix (VSV) a été arrêté et détenu pendant 48 heures au cachot de l'Agence Nationale de Renseignements (ANR) où il a été interrogé par des autorités militaires de l'AFDL. Son collègue, M. Laurent Kantu, de l'Association des "Cadres Pénitentiaires" a été arrêté le 6 juillet 1997 et détenu pendant 12 heures au Camp Kokolo pour les mêmes raisons.

 

- Le 28 juillet 1997, pour avoir organisé un vidéo forum sur le film "Les enfants de Soweto" avec des jeunes à l'église Saint Albert de Binza/Ma- Campagne, M. Justin Mubikayi, dirigeant de CDDH, et le curé de la paroisse ont été arrêtés par un officier de l'AFDL et conduits dans un bureau où ils ont été gardés et interrogés toute la nuit.

 

- A Kindu (Maniema), Bertin Lukanda Bambul'oyo et Ramazani Diomba, dirigeants du Conseil Régional des ONG de développement (CRONGD/Maniema) ont été interpellés le 6 août 1997 et conduits au camp militaire "Lwama" où ils ont été gardés et torturés (notamment par flagellations au ventre, aux mains et aux pieds) par les commandants de l'AFDL Bikwete et "Lépold". M. Ramazani Diomba a été hospitalisé. M. Bertin Lukanda a été gardé et détenu pendant plus d'un mois et libéré le 7 septembre 1997. Les deux personnes étaient accusées de mener des enquêtes pour le compte de l'ONU au sujet des massacres des réfugiés rwandais hutu par les soldats de l'AFDL. Le 14 août 1997, Ass