17ème ANNINVERSAIRE DE LA CREATION DE L'UDPS (15 FEVRIER 1982-15 FEVRIER 1999)

 

MESSAGE DU BUREAU DE REPRESENTATION DE L'UDPS/BELUX AUX MEMBRES DE L'UDPS

 

Réf.: RBL/UDPS/DE/027/99

 

1. LA MEMOIRE DE NOS MARTYRS ET DE NOS HEROS

 

Très Chers Amis, Combattants de la liberté et Compagnons de lutte,

 

En ce jour où nous célébrons le 17ème Anniversaire de la création de notre cher Parti politique, UDPS, commençons par renouveler ici et solennellement, le pacte d'alliance que notre Parti a scellé avec tous nos membres déjà morts, martyrs du combat contre la dictature, la servitude et l'oppression imposées à notre Peuple par le régime de M. Mobutu hier et par celui de M. Kabila aujourd'hui. Nous avons le devoir sacré d'honorer et de conserver dans notre conscience la mémoire de ces martyrs, témoins tutélaires de notre Peuple, et de transformer le respect que nous leur devons en un culte.

 

Et la meilleure façon pour nous d'honorer leur mémoire, c'est de poursuivre leur combat pour la liberté, car à l'UDPS, nous sommes chaque jour davantage convaincus que la liberté est le bien le plus cher à l'homme, un don naturel dont aucun chef temporel n'a le droit de s'approprier et qu'aucun peuple n'a le droit d'aliéner. Notre liberté ne nous vient pas d'un César. Elle est une bénédiction reçue de Dieu lui-même. Nous l'avons reçue en naissant. Mettre cette liberté aux pieds d'un César alors qu'elle ne nous vient pas de lui et que nous ne lui devons aucune reconnaissance, serait un acte indigne de nous et qui dégraderait notre nature elle-même. Et nous savons que l'immortalité attend ceux qui imitent ces martyrs. Levons-nous et gardons une minute de silence en leur mémoire! Je vous remercie.

 

Pensons également à tous les autres membres, privés de leur liberté par la volonté arbitraire d'un homme, M. Kabila, et qui croupissent dans les géôles du tyran. Il s'agit notamment du Professeur Matthieu Kalele; de MM. Jean-François Kabanda et de tant d'autres combattants anonymes arrêtés lors des manifestations, ou à la Permanence de l'UDPS, ou devant la Résidence du Président National de l'UDPS; ou enlevés lors des assemblées de l'UDPS, ou sur les lieux de leur travail ou de leurs domiciles la nuit... Le crime commis par tous ces membres, c'est d'avoir usé de leur liberté inaliénable de pensée, d'opinion, d'association, de réunion...; c'est d'avoir dénoncé la dictature et l'occupation de notre pays par les troupes étrangères quand M. Kabila s'évertuait à affirmer qu'il n'y avait aucun militaire étranger sur le territoire congolais.

 

Intensifions la lutte afin que les pressions de plus en plus contraignantes soient exercées sur le dictateur congolais pour obtenir l'application du Projet de société démocratique issu de la Conférence Nationale Souveraine (CNS), projet dans lequel le respect des libertés politiques et civiles et des droits fondamentaux de la personne humaine occupe une place privilégiée.

 

Malgré la persécution gratuite et aveugle dont l'UDPS est victime de la part du tyran Kabila, l'UDPS continuera à se battre pour que les générations futures ne disent pas que nous avons tous été lâches, opportunistes et mercenaires devant la dictature déshumanisante et l'hypothèque de la souveraineté nationale et de l'intégrité du territoire national par des compatriotes anti-patriotes, anti-démocrates, irresponsables, opportunistes et aventuriers. Notre combat est noble. Non seulement il nous libère nous-mêmes et nos familles, mais il libère aussi nos bourreaux d'aujourd'hui, leurs enfants et leurs familles. C'est un combat qui prépare un avenir radieux pour tout citoyen congolais. Chaque compatriote pourra enfin mener une vie vraiment humaine; être libre et heureux dans un pays indépendant, souverain, démocratique et prospère; un pays où sa dignité humaine, toutes ses libertés et tous ses droits seront respectés; un pays qui fera partie du concert des nations civilisées.

 

Enfin, clôturons ce chapitre sur nos martyrs et nos héros par rappeler aux membres de l'UDPS que celui qui a la conscience d'avoir bien mérité de son pays et surtout de lui être encore utile, celui que ne rassasie pas une vaine célébrité et qui dédaigne les succès d'un jour pour une véritable gloire, celui qui dit la vérité et qui fait le bien indépendamment des mobiles mouvants de l'opinion populaire, cet homme porte en lui la récompense de ses services, le charme de ses peines et le prix de ses dangers; il ne doit attendre sa moisson, c'est-à-dire la destinée de son nom, que du temps, ce juge incorruptible qui fait justice à tous.

 

2. LA FIERTE D'ETRE MEMBRE DE L'UDPS

 

Chers Amis, Combattants de la liberté et Compagnons de lutte,

 

Un regard objectif sur le passé de notre Parti nous donne des raisons d'être fiers en tant que membres de l'UDPS, car depuis sa création jusqu'à ce jour, l'UDPS a tenu bon, contre tout et malgré tout. Non seulement tous les assauts meurtriers que l'UDPS a encaissés aussi bien de l'intérieur du Parti que de l'extérieur n'ont pas réussi à ébranler les fondations de l'édifice de l'UDPS; mais notre Parti en est toujours sorti victorieux, plus fort encore et déterminé plus que jamais à se battre pour l'instauration d'un Etat de droit démocratique au Congo.

 

Oui, l'UDPS a tenu bon, car depuis 1980 jusqu'à ce jour, notre Parti a été et est toujours:

 

- l'espoir de notre peuple pour la reconquête de sa dignité humaine et la sauvegarde de l'indépendance et de la souveraineté nationales;

 

- le fer de lance de sa lutte de libération et le symbole même de cette libération;

 

- la fierté de notre peuple, son âme et sa conscience patriotique et démocratique.

 

2.1. La Lettre Ouverte: critique du système et exigence de sa démocratisation

 

L'UDPS existe, en fait, depuis le 1er novembre 1980, date de la publication de la "Lettre Ouverte" adressée par les Treize Parlementaires à M. Mobutu. Avanrt cette date, c'est-à-dire de 1965 à 1980, le combat de notre peuple contre la dictature mobutiste avait un caractère récurrent, varié, multiforme, partiel et mené essentiellement de l'Extérieur..Pour la première fois dans l'histoire de la 2ème République, une analyse critique et rigoureuse de tout le système mobutiste fut présentée au peuple congolais. Le document fit rapidement le tour du monde et révéla les horreurs du dictateur Mobutu qui fut immédiatement condamné par le 2ème Tribunal Russel à Rotterdam les 18, 19 et 20 septembre 1982.

 

La "Lettre Ouverte" avait démontré comment que M. Mobutu, en faisant de son régime une dictature et du MPR Parti-Etat, avait dévié de deux textes démocratiques fondateurs, à savoir la Constitution du 24 juin 1967 pour le système politique, et Le Manifeste de la N'Sele pour le Parti MPR. Et le document se terminait par proposer à M. Mobutu, en dix points, la démocratisation du régime politique et l'instauration du pluralisme idéologique dans la société congolaise. M. Mobutu ne voulut rien entendre. Défié ainsi au plus fort de la dictature, M. Mobutu, surarmé, super-riche, au sommet de la gloire et bénéficiant du soutien massif et multilatéral de tous les pays occidentaux dans le contexte de la guerre froide, mit en marche sa machine répressive contre les treize "subversifs".

 

2.2. La Nouvelle Société: UDPS = Parti Démocratique d'Opposition, Parti anti-système avec un projet de société démocratique

 

Une répression impitoyable s'abattit, entre 1980 et 1982, sur les Treize Parlementaires en vue de les anéantir et d'étouffer ainsi dans l'oeuf leur projet et de décourager définitivement tous ceux qui seraient tentés de les imiter. La répression ainsi déclenchée produit l'effet contraire à celui escompté par M. Mobutu: les Fondateurs de l'UDPS franchirent le Rubicon et créèrent, le 15 février 1982, un deuxième Parti politique, un parti anti-système. D'emblée, l'UDPS déclara son combat éminemment politique et permanent, et l'installa à l'intérieur même du pays, c'est-à-dire au sein de la population et au coeur de la dictature même.

 

Dans sa Charte intitulée "La Nouvelle Société", l'UDPS a recensé les revendications et les aspirations de notre peuple, les a définies, hiérarchisées et thématisées sous forme d'un Projet de société démocratique. Ce Projet a repris toutes les revendications passées, les a intégrées dans une synthèse supérieure et en a présenté l'expression la plus achevée et la plus exhaustive.

 

2.3. Le Combat héroïque pendant dix ans de clandestinité (1980-1990)

 

Pendant dix ans de répression, M. Mobutu se heurta contre une résistance intérieure qu'il avait eu tort de sous-estimer. L'UDPS mena, dans la clandestinité, un combat héroïque qui exigeait le don de soi, l'esprit de sacrifices, la générosité de l'esprit et du coeur... La non-violence choisie par l'UDPS comme stratégie du combat fut une méthode très éprouvante face à la répression aveugle, mais elle s'avéra être la méthode la plus efficace et la plus efficiente pour transformer progressivement et patiemment, par les paroles et l'exemple, la mentalité et l'esprit de la population.

 

Dans le contexte de la guerre froide où M. Mobutu jouissait du soutien massif et multilatéral de tous les pays occidentaux, toute insurrection militaire serait immédiatement écrasée par les parrains du dictateur et et la victoire militaire directement transformée en victoire politique pour leur agent d'affaires. L'UDPS choisit plutôt une voie susceptible de libérer mentalement la population, de lui inculquer un état d'esprit et la conscience patriotique et démocratique au lieu de prendre des armes ou de lui en donner. La transformation de la mentalité et de l'esprit de la population a toujours été, toujours et partout, un préalable à toute révolution populaire et à tout développement endogène, bref un préalable à une véritable libération d'un peuple.

 

La population se débarrassa de la peur, changea son attitude vis-à-vis du dictateur démystifié et vis-à-vis de la dictature, se mit debout, prête à s'exprimer à la première occasion.

 

2.4. Les Consultations populaires: janvier-février 1990

 

Dix ans plus tard, lorsque M. Mobutu, contraint par les pressions externes dont notamment le vent de la Perestroïka, et les pressions internes menées essentiellement par l'UDPS, organisa les consultations populaires en janveir et février 1990, il découvrit, avec étonnement, dans les 6128 mémorandums qui lui furent adressés, le message de l'UDPS. Le Projet de société démocratique de l'UDPS était devenu ainsi national. Le peuple se l'était approprié. En 1990, l'UDPS n'était plus seulement un parti politique organisé et impnaté dans toutes les provinces, l'UDPS était aussi tout un esprit diffusé dans le peuple, une conscience.

 

2.5. La Conférence Nationale Souveraine

 

Et à la Conférence Nationale Souveraine, le Projet de société démocratique de l'UDPS fut légalisé, légitimé et institutionnalisé par toute la Nation à travers les 2850 délégués représentant toutes les couches, catégories et tendances idéologiques politiques, sociales, intellectuelles et religieuses de la société congolaise. Et jusqu'aujourd'hui, la majorité de notre peuple reste attachée au Projet de société de la CNS, et se désolidarise spontanément de toute manoeuvre du Pouvoir en place consistant à contourner le schéma de la CNS. La crise et son aggravation actuelles viennent du blocage de l'application des résolutions de la CNS. M. Mobutu l'a expérimenté à ses dépens. L'UDPS a survécu à Mobutu après l'avoir usé et affaibli: c'est un Mobutu politiquement et physiquement agonisant, une épave humaine et politique que l'AFDL est venu achever.

 

M. Kabila, à son tour, a voulu défier l'histoire et la nature. L'UDPS a été le fer de lance et l'âme du peuple dans le combat contre la nouvelle dictature. M. Kabila a tout fait pour anéantir l'UDPS en tant qu'organisation et force politique et sociale et éliminer physiquement et politiquement les membres de l'UDPS. Les membres de l'UDPS, depuis la Direction politique jusqu'au simple combattant, ont connu des arrestations arbitraires, des détentions illégales, des tortures et autres traitements dégradants et inhumains, des exécutions sommaires, des massacres massifs, des extorsions...

 

Aujourd'hui, nous pouvons affirmer que M. Kabila s'est heurté contre l'histoire et contre la nature qu'il voulait défier à l'instar de M. Mobutu. L'UDPS a été la première à tirer sur la sonnette d'alarme contre l'accumulation, par M. Kabila, au cours de ses quinze mois de pouvoir absolu, de tous les ingrédients d'un mélange détonant. Ce mélange a explosé le 2 août 1998. M. Kabila se trouve aujourd'hui sur une pente raide. Il est certain que l'UDPS lui survivra.

 

2.6. UDPS: Le seul parti politique congolais vrament national

 

Dans ses débuts et pendant toute la période de clandestinité, l'UDPS a compté ses membres surtout parmi les originaires du KasaÏ. Mais à partir des années 1990, l'UDPS s'est implantée dans tout le pays, et est aujourd'hui le seul parti politique congolais à qui les ressortissants de toutes les tribus et de toutes régions ont librement et indistinctement adhéré. Ce fait a été notamment démontré lors des élections organisées par l'AFDL, au cours de la guerre dite "libération", pour la désignation des gouverneurs dans les régions occupées.

2.7. Le rayonnement international de l'UDPS

 

- Représentativité

 

L'UDPS est le seul parti politique congolais qui ait la plus grande représentativité à l'Extérieur. L'UDPS est le parti politique congolais qui connaît l'adhésion populaire la plus massive même à l'Extérieur du Congo: les Bureaux de Représentation (= Ambassades) et les fédérations (Comités de la Base) de l'UDPS sont présents sur tous les cinq continents et dans plusieurs pays à travers le monde.

 

- Diplomatie agressive et marketing

 

Grâce à une diplomatie agressive et à un marketing bien mené, le Projet de société de l'UDPS est aujourd'hui bien connu par nos partenaires. L'image même du Parti et celle de son Président National se sont beaucoup améliorées à travers le monde. Nombreux partenaires considèrent aujourd'hui l'UDPS comme une Valeur positive et une Force politique et sociale incontournable au Congo/Kinshasa et dans toute la Région des Grands Lacs. L'UDPS compte aujourd'hui des points d'appui et les défenseurs de sa cause dans les différents milieux: politiques, diplomatiques, financiers, journalistiques, défenseurs des droits de l'homme, hommes d'églises, syndicalistes, universitaires...

 

- Le site sur l'Internet

 

Depuis avril 1998, l'UDPS est le seul parti politique congolais n'ayant pas participé au pillage du pays depuis son existence mais qui a son site sur l'Internet grâce à la détermination, à la générosité et au patriotisme des membres de l'UDPS/CANADA. Envers eux, le Parti a contracté une dette morale considérable. Nous ne leur serons jamais suffisamment assez reconnaissants pour avoir doté notre Parti de cet instrument précieux qui a donné à la lutte de l'UDPS une nouvelle dimension, une envergure mondiale, une impulsion inédite, un élan particulier, et une dynamique toute singulière.  

Après seulement dix mois d'existence, le site de l'UDPS est aujourd'hui l'un des sites les plus visités sur l'Internet et l'une de meilleures Références du monde pour les informations et les analyses de fond sur le Congo. Grâce à ce site, le message de l'UDPS atteint, dans quelques secondes, tous les cinq continents à la fois, et l'UDPS est devenue l'une des sources d'information de l'ONU sur le Congo/Kinshasa. Dans les messages qui nous viennent du monde entier, les internautes disent leur admiration pour la compétence avec laquelle le site est géré; l'objectivité des informations mises à la disposition du monde, la profondeur de la réflexion et la pertinence des analyses qui habitent dans les textes de fond, et la justesse des solutions proposées pour la crise.

 

2.8. L'UDPS devant les juridictions internationales pour mettre fin à l'impunité des

criminels au Congo/Kinshasa

 

Le Lundi 23 novembre 1998, l'UDPS/BELUX, assisté par Maître Georges-Henri Beauthier, a porté plainte, au Parquet de Bruxelles, contre M. Kabila pour crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. La plainte énumère d'une part des crimes contre les congolais, et d'autres part des crimes contre les étrangers sur le territoire congolais. Elle contient les noms des victimes, leurs adresses, les dates des crimes et le type du crime (arrestations arbitraires, détentions illégales, exécutions sommaires, massacres massifs, violences faites aux femmes et aux enfants, expropriations extra-judiciaires, tortures et autres traitements inhumains et dégradants. Elle a été déclarée recevable. Et depuis le 29 janvier 1999, le Parquet de Bruxelles a confié le dossier au Juge Vandermersch pour instruction. Tout laisse présager que cette plainte, dont l'évolution est suivie très attentivement par l'UDPS/BELUX, rattrapera tôt ou tard M. Kabila.

 

L'UDPS/BELUX prévoit de porter quatre autres plaintes au Parquet de Bruxelles:

- une plainte contre MM. Bizima et Bugera, anciens membres de la même association de malfaiteurs, AFDL, et coresponsables des crimes imputés à M. Kabila pour la période allant du 9 septembre 1996 au 2 août 1998;

- une plainte contre le RCD pour les violations massives des libertés et des droits de l'homme dont ils se sont rendus coupables depuis le 2 août 1998, date du déclenchement de la guerre civile;

- une plainte contre M. Kyungu Wa Kumwanza,.le génocidaire des populations kasaïennes au Katanga entre 1992 et 1994 et promu aujourd'hui par M. Kabila comme son Bras droit et son Ambassadeur plénipotentiaire de ce dernier au Kenya. Les faits suffisamment nombreux sont parvenus au Bureau de Représentation de l'UDPS/BELUX suite à l'appel de collecte des faits lancé sur Internet il y a un mois;

- une plainte contre M. Mobutu dans un procès post mortem

 

L'UDPS/BELUX tient à mettre fin, en recourant au Droit Pénal International, à l'impunité des criminels, l'un des facteurs qui ont transformé le Congo/Kinshasa en un enfer et la Région des Grands Lacs en un autre "Moyen Orient". Et oeuvrer pour mettre fin à l'impunité des criminels, c'est agir en faveur de l'instauration de l'Etat de droit démocratique au Congo/Kinshasa.

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2.9. Le diagnostic étiologique de la nature et de la cause principale de la crise

congolaise et de sa solution

 

- Le problème

 

L'UDPS revient, dans presque tous ses documents, sur la nature et la cause principale de la crise, car c'est le coeur du problème congolais, la clé de la solution et le début de notre véritable libération.. La meilleure perception de la crise constitue déjà un début de sa solution. Or, les faits abondent qui démontrent malheureusement que nombreux compatriotes, de bonne foi, n'ont pas une approche adéquate de la crise. Ils ont une attitude puérile et irresponsable vis-à-vis du drame congolais. Ils sont encore au stade où l'on se contente des analyses superficielles, ponctuelles, sporadiques et tronquées débouchant sur des conclusions inévitablement erronées et donc non seulement sont inaptes à résoudre la crise, mais l'aggravent même et risquent même de tuer le malade qu'est le Congo. Ces compatriotes sont préoccupés par la gestion des urgences, le traitement des symptômes de la maladie et des métastases du cancer:

 

Il suffit de lire certains textes publiés sur Internet par des "DOCTEURS"; d'être attentif dans des conférences-débats; de se rendre à des deuils et à des fêtes qui sont devenus les seuls lieux où nombreux congolais discutent de la politique et montrent enfin leur intérêt pour leur Patrie, l'avenir de leurs enfants et le destin des membres de leurs familles restés au pays. .. Ironie du sort, ce sont de tels compatriotes qui se mettent à faire des leçons à l'UDPS et à vouloir lui imposer leurs "solutions".

 

En décembre 1997, MM. Bizima et Mawapanga étaient en Belgique pour la "Réunion des Amis du Congo". Lors d'une conférence-débat animée à l'Université Libre de Bruxelles (ULB) par ces deux ministres de l'AFDL devant plus de 200 congolais, il a suffi que Bizima salue l'assemblée par un "Sango nini?" pour que la foule entre en transe et se mette spontanément debout pour ovationner, larmes de bonheur dans les yeux, leur ministre des Affaires étrangères. Dans cette foule, nous avions compté plusieurs "DOCTEURS". Soit dit en passant, M. Bizima, en utilisant le lingala pour avoir des congolais, avait imité les colonialistes qui avaient recouru au sel pour avoir les nègres. Et comme les colonialistes, M. Bizima avait réussi, non seulement ce soir-là à Bruxelles, mais durant quinze mois à Kinshasa. Et le Représentant de l'UDPS/BELUX fut hué par cette foule en délire lorsqu'il a dénoncé la dictature, l'occupation du pays par des troupes étrangères rwandaises et ougandaises et la présence des étrangers civils et militaires dans les services publics de l'Etat (présidence de la République, gouvernement, armée, entreprises, sécurité...)...

 

En septembre 1998, aux Facultés Universitaires Saint-Louis à Bruxelles (Belgique), un autre ministre de l'AFDL, M. Mova, devant une assemblée de 250 congolais, fut aussi ovationné par une foule en délire lorsqu'il répéta pendant deux heures que c'était les rwandais et les ougandais qui étaient la cause principale de tous nos malheurs; parla avec un profond mépris de la logique consensuelle et des résolutions de la Conférence Nationale Souveraine (CNS); et vanta les vertus de la guerre et de la logique révolutionnaire de la table rase... Le Représentant de l'UDPS/BELUX fut de nouveau hué par la foule en délire lorsqu'il prit la parole pour affirmer que le problème congolais est avant tout le congolais lui-même et non les étrangers; que la solution à la crise passe non par la guerre mais par les négociations devant déboucher sur un consensus et une réconciliation politique nationale autour d'un projet de société démocratique; et que la CNS avait légué à la postérité un patrimoine patriotique et démocratique positif vers l'instauration de l'Etat de droit démocratique au Congo....

 

En août 1998, lorsque la guerre civile a éclaté, nombreux compatriotes ont affirmé que M. Kabila était un nationaliste; que c'était le 2 août 1998 que le Congo venait d'être agressé par le Rwanda et l'Ouganda dont les troupes avaient déjà quitté le Congo depuis une année; et que ce sont des étrangers qui sont la cause de tous nos malheurs. Ces étrangers ont pour nom, hier, les négriers, les colonialistes, les néocolonialistes et les impérialistes. Aujourd'hui, ce sont les rwandais et les ougandais. Demain, ils s'appelleront angolais, zimbabwéens, namibiens, tchadiens, milices interhamwe... D'autres compatriotes sont allés même jusqu'à proposer à l'UDPS de résoudre une "urgence" en appuyant un tyran, un pyromane et un criminel comme M. Kabila, même pendant une seconde, soit disant pour chasser d'abord du territoire national les agresseurs rwandais et ougandais.

 

L'UDPS ne rit ni ne pleure à propos de ces compatriotes, mais est angoissée. Car ces compatriotes, de bonne foi dans leurs analyses et attitude, révèlent le degré de leur civilisation, le niveau de leur densité ontologique et axiologique et leur propre niveau d'être. Même s'ils ont passé plusieurs années dans des pays libres, civilisés, démocratiques et prospères, ils n'ont pas intériorisé les idées, les valeurs et les institutions qui fondent la stabilité politique et le progrès de ces sociétés. Ils se frottent à ces idées, à ces valeurs et ces institutions sans en assimiler la susbtance. Ils restent donc des troncs d'arbres jetés dans l'eau mais qui ne se transformeront jamais en crocodiles.

 

Ces compatriotes constituent une pesanteur, beaucoup plus lourde que M. Kabila, à la lutte de l'UDPS et donc à l'instauration d'un Etat de droit démocratique dans notre pays. Nous avons le devoir de leur ouvrir les yeux et de les aider à voir plus loin, plus large, plus haut et plus en profondeur comme nous l'avions fait pendant la clandestinité. C'est pourquoi nous ne nous lasserons pas de revenir, dans nos messages, à temps et à contretemps, sur la nature et la cause principale de la crise jusqu'au moment où nous nous rendrons compte du fait que la majorité de nos compatriotes a intériorisé et métabolisé le message de l'UDPS.

 

Et notre travail n'est pas vain. A la conférence-débat de l'ULB le 4/02/1999, à celle de l'Université Catholique de Louvain (Louvain-La-Neuve) le 9/02/1999 et à la conférence de presse de l'IPC du 16/02/1999, nombreux compatriotes ont avoué publiquement que l'analyse de l'UDPS sur la nature et la cause principale de la crise congolaise est la plus adéquate et que notre solution était la plus appropriée. Nombreux "DOCTEURS" qui avaient ovationné Bizima, Mawapanga et Mova, ou qui avaient accepté, pour 2000 FB, de chanter et de danser publiquement pour le tyran Kabila à Bruxelles, n'osent plus relever la tête pour nous regarder dans les yeux quand nous les rencontrons sur la route... Ils ont perdu leur voix pour nous répondre quand nous leur demandons les nouvelles sur la guerre, sur la logique révolutionnaire de la table rase; sur M. Bizima, leur ministre des Affaires étrangères...

 

- La nature et cause principale de la crise congolaise

 

Enrichie par l'expérience de dix-sept ans de lutte, l'UDPS a accédé à un niveau d'analyse qui lui a permis, par sa profondeur et son objectivité, de poser le diagnostic étiologique de la nature et de la cause principale de la crise. Le diagnostic adéquat posé, l'UDPS propose subséqsuemment la solution appropriée, c'est-à-dire:

 

- un traitement à court, à moyen et à long terme dépassant la gestion exclusive des

urgences;

- l'éradication de la cause même de la maladie plutôt que le traitement incomplet des symptômes de la maladie;

- l'extirpation du cancer central lui-même plutôt le traitement limitatif de ses

métastases.

 

Pour l'UDPS, la nature de la crise congolaise est politique et sa cause principale est est congolaise. La crise est provoquée par le refus d'une minorité de nos compatriotes de se plier à la volonté du peuple, de réaliser ses aspirations légitimes de voir sa dignité humaine, toutes ses libertés politiques et civiles et dans tous ses droits fondamentaux respectés, et de vivre libre et heureux dans un pays indépendant, souverain, démocratique et prospère; un pays bien organisé et bien gouverné; un pays dirigé par des hommes compétents, responsables, patriotes et démocrates, ayant la confiance du peuple et soucieux de ses intérêts et de l'intérêt supérieur de la Nation.

 

Mais ces compatriotes, anti-patriotes, anti-démocrates, irresponsables, aventuriers, opportunistes ne cherchent qu'à réaliser leurs intérêts égoïstes. Pour parvenir à cet objectif, ils s'investissent dans toutes sortes de manoeuvres maléfiques telles que l'achat des consciences par la corruption, la manipulation par les mensonges et la division des populations par des conflits interethniques. Pire encore, ils pactisent avec des étrangers désireux de dominer et d'exploiter le Congo, et acceptent bien volontiers de devenir des complices, des portes d'entrée et des agents d'affaires de ces étrangers au Congo.. Ces parrains et mécènes étrangers les placent alors au pouvoir par les armes, les aident à imposer la dictature à la population, et tous ensemble ils pillent les richesses nationales.

 

L'histoire du Congo est pleine des cas de tels compatriotes:

- Les Kapitas fournisseurs des esclaves aux négriers occidentaux et arabes;

- Les Kapitas médaillés pendant la colonisation;

- Les partis politiques dits "modérés" , dont le PNP, contre l'indépendance du Congo;

- Le Conakat pour la sécession katangaise;

- MM. Kasa-Vubu et Mobutu pour l'instauration d'un Etat néocolonial entre 1960 et 1964;

- Le Groupe de Binza pour instaurer une dictature néocoloniale de 1965 à 1990;

- M. Mobutu, sa famille politique, les vagabonds politiques issus de tous les horizons de

la société congolaise et une milice clanico-tribale pour bloquer l'application des

résolutions de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) de 1992 à 1997;

- L'AFDL pour tenter d'anéantir tout le patrimoine patriotique et démocratique issu de

la CNS et acquis au prix du sang par la population et imposer, à l'aide d'une armée

d'occupation, un régime fasciste et archaïque.

 

- La cause de la cause

 

Pourquoi certains compatriotes refusent de se plier à la volonté de la population, de réaliser ses aspirations légitimes et de rechercher l'intérêt supérieur de leur Patrie? Pourquoi ne poursuivent-ils que la satisfaction de leurs intérêts égoïstes? Pourquoi vont-ils jusqu'à pactiser avec des étrangers désireux de dominer et d'exploiter le Congo et se transforment-ils, une fois placés au pouvoir par les armes par ces étrangers, en leurs agents d'affaires?

 

- L'argument de l'ignorance

 

L'ignorance ne suffit plus à expliquer une telle attitude, car parmi ces compatriotes se trouvent des "DOCTEURS", et des compatriotes ayant vécu à l'Etranger dans les pays démocratiques et prospères. Ils savent comment leurs pays hôtes sont organisés et gouvernés; comment les gouvernants de ces pays sont préoccupés par les revendications de leurs populations et par l'intérêt supérieur de leurs Patries. Ces compatriotes ont bénéficié ou bénéficient encore des structures politiques et sociales de la démocratie acquises au prix du sang par les générations passées des pays hôtes. Grâce à ces structures politiques, leurs libertés politiques et civiles et leurs droits fondamentaux protégés sont protégés. Ils participent à des conférences-débat sur les thèmes politiques; tiennent des réunions politiques; manifestent dans les rues; s'expriment à travers les mass medias officiels ou privés des pays hôtes... sans être inquiétés. Grâce aux structures sociales de la démocratie, ils vivent de la sécurité sociale (allocations familiales, allocations au chômage, soins de santé...).

 

Mais quand il s'agit de leur propre pays, ces compatriotes soutiennent paradoxalement une dictature qui bloque la mise en place de mêmes structures politiques et sociales de la démocratie dont pourraient bénéficier les membres de leurs familles et auxquelles ces derniers ont même droit. Ces compatriotes croient libérer leurs familles en leur envoyant de l'argent ou des véhicules d'occasion....

 

Ces compatriotes sont semblables à des troncs d'arbre jetés dans l'eau et qui ne se transformeront jamais en crocodiles, en termes de culture et de conscience patriotique et démocratique, puisqu'il y a en eux quelque chose de fondamental qui les limite et qui les rend si aveugles.

 

- L'argument de la mauvaise foi ..

 

A la rigueur, la mauvaise foi n'existe pas, car nul ne peut se faire du mal à soi-même intentionnellement ou soutenir, en âme et en conscience, un système qui tue ceux qui lui sont très chers, c'est-à-dire les membres de sa famille. La mauvaise foi est en fait le reflet de l'ignorance. Et nous revenons à l'argument de l'ignorance.

 

- La cause de la cause: c'est le niveau de civilisation et la pauvreté anthropologique

 

Pour l'UDPS, il n'y a pas que plusieurs manières d'être homme, en terme de l'existence de plusieurs cultures, mais il y a aussi plusieurs niveaux d'être homme, plusieurs niveaux de civilisations, de richesse anthropologique et de densité ontologique et axiologique entre les hommes. Et ces différents niveaux ne sont pas liés à une race: ils existent dans chaque race.

 

La véritable valeur d'un être humain est, nous semble-t-il, vient de sa capacité d'intérioriser, par des efforts personnels d'humanisation et de spiritualisation, les idées et les valeurs qui tirent sa vie vers le haut; qui le font sortir de la boue et l'approchent du soleil. Ces idées et ses valeurs sont notamment relatives au respect et à la promotion des libertés et des droits fondamentaux de l'homme, qui sont en fait les facultés naturelles de la personne humaine. Une fois ces idées et ces valeurs métabolisées, elles deviennent la substance intrinsèque de l'individu; croissent sa richesse anthropologique et sa densité ontologique et axiologique; et font de l'intéressé un homme civilisé. Un tel homme se sentira désormais toujours interpellé, à la première personne, et vibrera spontanément, devant toute violation des libertés et des droits de l'homme dans son pays ou ailleurs dans le monde.

 

En clair, le niveau de civilisation d'un homme est intimement lié notamment:

 

- à son degré d'intériorisation des idées et des valeurs relatives au respect et à la promotion

des libertés et des droits fondamentaux de la personne humaine;

- à la conscience qu'il a du fait que la démocratie est le système politique et social qui peut, le mieux, protéger et promouvoir les libertés et les droits fondamentaux de la personne humaine, car:

 

- elle est fondée sur le principe selon lequel le peuple est la source, le fondement et le premier bénéficiaire de l'exercice du pouvoir;

- elle est exigence et instrument de la liberté, de la justice, du contrôle de la collectivité sur la croissance et sur le bon usage de la prospérité;

- l'autorité y subsiste mais elle est aménagée de telle sorte que, fondée sur le choix et l'adhésion des gouvernés, elle demeure compatible avec leur liberté;

- elle implique l'existence des mécanismes de contrôle de pouvoir, dont la participation du peuple à l'organisation et à l'exercice du pouvoir même, afin de protéger la liberté-autonomie de l'homme contre l'avènement d'un pouvoir politique dictatorial et arbitraire;

- et la qualité de sa participation au combat que mène l'humanité pour le respect des libertés et des droits de l'homme dans le monde en général et dans son propre pays en particulier.

 

Et par conséquent, le degré de civilisation d'une société se mesure au fonctionnement effectif et efficace des institutions démocratiques.

L'UDPS a donc posé le diagnostic étiologique de la nature et de la cause principale de la crise congolaise: la crise est politique et elle est due aux congolais eux-mêmes, d'abord.

 

- La solution à la crise congolaise: l'application du Projet de société démocratique de la Conférence Nationale Souveraine

 

Pour l'UDPS, aucune solution à la crise congolaise ne sera ni vraie, ni valable, ni durable et ni efficace si elle n'emporte pas l'adhésion du peuple congolais. Or, la volonté du peuple congolais a été exprimée de la meilleure manière, de la seule manière aujourd'hui valable, par la CNS, seul forum hautement politique qui ait valablement assumé les aspirations du peuple et ait abouti à des résultats positifs qui résistent à l'épreuve des difficultés et du temps, parce que c'était l'affaire du peuple. Et jusqu'aujourd'hui, le peuple congolais reste, dans sa très grande majorité, profondément attaché au Projet de société démocratique de la CNS, et pratiquement seulement à ce Projet, car il n'en a pas une autre meilleure ni même seulement comparable. Le peuple congolais se méfie et se désolidarise spontanément de tout schéma qui s'écarte de la voie tracée par la CNS. Pour le peuple congolais, le projet de société démocratique de la CNS incarne le "sens" qu'il entend désormais imprimer à son histoire. Cet attachement se comprend du fait que la CNS a été la seule instance à laquelle l'ensemble du epuple congolais s'est réellement identifié jusqu'à risquer et à consentir le sacrifice suprême pour obtenir sa tenue et garantir son déroulement et son aboutissement. Des hommes, des femmes et des enfants sont morts pour la CNS quand elle n'était encore que porteuse de vagues espoirs.. Le projet de société qui en est sorti constitue un trésor précieux , concret et inaliénable.

 

Le peuple congolais a donné la preuve de cet attachement depuis le 1er décembre 1992 - date de la révocation illégale, par M. Mobutu, de Mr Etienne Tshisekedi, Premier ministre Elu à la CNS et de son Gouvernement Légal de la Transition - jusqu'à ce jour malgré les actes les plus destructeurs posés par la volonté politique négative de M. Mobutu hier et de M. Kabila aujourd'hui, pour anéantir le Projet de société démocratique issu de la CNS et qui l'ont même rendu encore plus incontournable en le faisant apparaître comme infiniment meilleur que tout ce que les détracteurs ont proposé en échange, à savoir:

 

- L'Acte Constitutionnel harmonisé des Forces du Conclave;

- La réforme monétaire du gouvernement Birindwa;

- Le renforcement de la dictature mobutiste par le gouvernement Kengo;

- La logique paléo-révolutionnaire de la table rase, la radicalisation de l'héritage politique du mobutisme et l'hypothèque de la souveraineté et de l'intégrité du territoire national par l'AFDL.

 

C'est pourquoi, aucune tentative ou manoeuvre visant à contourner ou, pire encore

à effacer le patrimoine patriotique et démocratique issu de la CNS ne peut pas réussir au Congo. Elle peut, tout au plus, nourrir chez ses auteurs une illusion de succès, mais les expériences successives consistant à vouloir contourner le peuple montrent que les bénéficiaires mêmes de ce genre de "succès" sont toujours les premiers à devoir déchanter.Ils sont d'office condamnés à l'échec et confrontés au risque d'une mort politique par le désavoeu populaire.

 

Le peuple congolais sait qu'il n'y aura jamais assez de pain ni de sécurité des personnes et de leurs biens sans respect de la Loi. Il ne peut pas y avoir de développement, de bien-être, de prospérité sans la légalité comme le sens de l'action politique, comme base, cadre et référence obligée de l'exercice du pouvoir en conformité avec les exigences de la justice, de l'honnêteté, de l'équité, de la transparence, du contrôle et de la sanction.

 

Tout ou presque tout a été dit à la CNS. Mais la CNS n'a pas arrêté la marche de l'histoire. Le Projet de société de la CNS reste perfectible en qu'oeuvre humaine, mais il y a l'essentiel du patrimoine patriotique et démocratique issu de la CNS sur lequel l'UDPS ne peut négocier sans détruire son propre projet de société démocratique.

 

L'option fondamentale prise par tous contre toute forme de dictature, pour un changement politique qualitatif en profondeur; l'engagement collectif à réaliser ce changement en payant même le prix du sang; le sens de la dignité humaine, du caractère sacré de la vie; le sens du droit et de la loi; les aspirations profondes au bien, à la justice,, à la vérité, à l'unité nationale, à la paix; le mérite de l'intelligence et la quête de l'excellence... ont été la sève qui a nourri la pensée, le discours et l'action au cours de la CNS. Au-délà des lacunes, des insuffisances, des erreurs et des fautes possibles liées à l'imperfection inhérente à toute oeuvre humaine, l'esprit, les valeurs et les institutions légués par la CNS à la postérité constituent la véritable force historique des hommes et des peuples. '

 

2.10. La force politique et sociale non-violente la plus durable de toute la Région

 

Dans toute la Région des Grands, le recours de différentes forces politiques et sociales à la violence pour accéder au pouvoir ou pour résoudre les conflits politiques se généralise. L'UDPS est la seule force politique et sociale qui, depuis dix sept ans (1980-1997), ne recourt pas à la violence, mais aux négociations, au dialogue et aux concertations pour résoudre les conflits politiques et aux voies démocratiques pour accéder au pouvoir.

 

2.11. L'UDPS: Le meilleur cadre national de lutte pour l'instauration d'un Etat de droit démocratique au Congo/Kinshasa

 

L'UDPS représente le meilleur cadre national de lutte pour l'instauration d'un Etat de droit démocratique au Congo/Kinshasa grâce aux atous ci-après:

- son enracinement dans le peuple et l'expérience de dix sept ans de lutte;

- son organisation comme tout parti politique démocratique moderne;

- son projet de société démocratique a été adopté par la CNS (1991-1992);

- la présence, en son sein, des membres dont les convictions ont été éprouvées par la répression durant dix sept ans et qui donc sont parmi les congolais les plus décidés et les plus déterminés à se battre pour l'instauration d'un Etat de droit démocratique au Congo;

- c'est au sein de l'UDPS que se fait l'apprentissage de l'expérience démocratique: organisation en organes centraux et périphériques et leur fonctionnement harmonieux; référence des membres aux textes légaux du Parti (statuts, réglement d'ordre intérieur, circulaires...); élections des comités de Base; tenue des assemblées fédérales, sectionnaires et cellulaires conformément aux dispositions statutaires et réglementaires; autocritrique et réflexion sans cesse renouvelée sur les structures et le fonctionnement du Parti, sur les stratégies de lutte...

3. LA RESPONSABILITE D'ETRE MEMBRE DE L'UDPS

 

Mais être membre de l'UDPS est une lourde responsabilité que nous avons endossée face aux attentes et aux espoirs placés par la population dans notre Parti. L'UDPS doit prendre le pari de faire triompher sa cause, qui est celle de notre peuple, cette année. Cette année doit être l'année de la fin de la barbarie, de la dictature et de la violence; l'année de la victoire du combat pour la liberté, la paix, la justice, l'intérêt supérieur de la Nation et la démocratie.

 

Depuis l'avènement de M. Kabila au pouvoir, le message de l'UDPS semble avoir été bien compris par nos partenaires. Le régime Kabila est tombé progressivement en disgrâce devant la Communauté internationale. Et depuis le début de la guerre civile le 2 août 1998, toute la Communauté internationale a adopté le Plan de paix de M. Etienne Tshisekedi, plan selon lequel la crise est politique et non militaire et doit être résolu par les négociations entre toutes les forces politiques et sociales significatives et représentatives. Il faut que l'UDPS continue son offensive diplomatique pour obtenir de la Communauté intyernationale des pressions de plus en plus contraignantes sur les belligérants et sur tous les pays militairement engagés dans le conflit congolais en vue d'un cessez-le-feu, du retrait de toutes les troupes étrangères du territoire national et du début de la table ronde intercongolaise.

 

Par contre, le grand défi pour l'UDPS se trouve au niveau de sa Base et au niveau de la Communauté congolaise:

 

a) La Base de l'UDPS:

 

La Base de l'UDPS a besoin d'être mieux ancadrée et mieux mobilisée. Elle doit:

 

- Devenir une organisation dynamique, expansive, conquérante, convaincue et convainquante capable de remobiliser la communauté congolaise autour du Projet de société démocratique de la CNS. Pour ce faire, il importe que chaque membre de l'UDPS resté fidèle intériorise chaque jour davantage, grâce aux documents diffusés par le Parti, l'idéal de notre combat pour éviter des cas de trahison qui ont aidé la dictature mobutiste hier et kabiliste aujourd'hui à survivre. Et que les membres, dans nos différentes Cellules, ne gardent pas pour eux les documents du Parti contenant les prises de position et les analyses de fond et qui leur sont régulièrement envoyés par le Comité Fédéral. Que ces documents, non seulement deviennent des thèmes d'échange lors des assemblées cellulaires, mais qu'ils soient diffusés auprès des compatriotes résidant dans la Ville où se trouve la Cellule. Il faut donc que les membres de la Cellule de telle ou telle Ville inventorient les compatriotes de leur Ville et leur distribuent régulièrement, pour lecture, les documents du Parti. Les Conférences-débat peuvent être aussi organisées dans chaque Ville pour tous les congolais de la Ville concernée et les étrangers et dans chaque Université à l'initiative de la Cellule de la Ville concernée, Conférence à laquelle seront invités le Bureau de Représentation et le Comité Fédéral pour animation. Les Sit-in ou les manifestations de rue peuvent aussi être organisés: ils attirent l'attention des congolais et de la Communauté internationale sur l'UDPS et sur le drame congolais;

 

- Le 2ème défi concerne la contribution de la Base aux stratégies de la prise de pouvoir par l'UDPS. Chaque Cellule peut se pencher sur ce thème, formuler des propositions concrètes et les envoyer au Comité Fédéral. L'UDPS, par sa Base, doit prouver sa capacité de mobilisation populaire tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays et imposer le cessez-le- feu, le retrait des troupes étrangères et le début des négociations dont elle pourra assumer la direction. Il importe que l'UDPS ne soit plus surprise cette fois-ci, en cas de la victoire de l'un des belligérants. Que ce qui s'est passé lors de la prise de pouvoir par l'AFDL ne se répète plus. L'UDPS doit imposer des négociations à tous les belligérents ou du moins au vainqueur potentiel avant la victoire totale de ce dernier. C'est à chacun de nous de contribuer à trouver les voies et les moyens susceptibles de permettre à l'UDPS d'accéder cette année au pouvoir. Tenons bon, l'UDPS vaincra!

 

b) La Communauté congolaise

 

Notre cher et beau pays se trouve aujourd'hui, plus que jamais, au fond de l'abîme. En deux années, il a connu deux guerres. Suite à la première guerre (9 septembre 1996-17 mai 1998), le pays a été occupé pendant quinze mois par les troupes rwandaises et ougandaises. Et suite à la 2ème guerre déclenchée le 2 août 1998 et qui dure jusqu'à ce jour, le pays est littéralement assiégé par plusieurs armées étrangères et milices armées tant nationales qu'étrangères.

 

L'UDPS doit sensibiliser la Communauté congolaise afin qu'elle intériorise le message de l'UDPS, qu'elle se mobilise enfin et exerce, elle aussi, des pressions contraignantes sur les belligérants, sur les pays militairement engagés dans le conflit congolais et sur la Communauté internationale.

 

TENONS BON, L'UDPS VAINCRA!

Fait à Bruxelles, le 20 février1999.

 

 

Pour l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social

 

Dr François Tshipamba MPUILA

Représentant en Belgique au Luxembourg et

Auprès des Organisations internationales en Belgique

 

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