UNION
POUR LA DÉMOCRATIE
ET LE PROGRÈS SOCIAL




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COMMUNIQUÉ

Appel aux autorités françaises à l'occasion de la venue en France de M. Laurent-Désiré Kabila

25 novembre 1998.

Cet appel est signé par les membres du Réseau France Congo (ex-Zaïre) dont les noms suivent :

ACAT - Afrique 2000 - Agir Ici - Amnesty International / Section française - Association Rhône Bas-Congo Centre d'information et de solidarité avec le Congo-Kinshasa (COSI) - CIMADE Comité d'Echanges Isère Kivu - Comité de Jumelage de Villefontaine (Isère) - Frères des Hommes / France Ingénieurs d'agriculture sans frontières (AIDASF) - Terre des Hommes / France - Survie

ainsi que par :

Agir ensemble pour les droits de l'homme - CCFD - CRARDDA - RITIMO


[Texte de l'Appel]

A l'occasion de la XX° conférence des chefs d'Etat de France et d'Afrique, la France reçoit officiel-lement M. Laurent-Désiré Kabila, chef de l'Etat congolais depuis sa prise du pouvoir en mai 1997.

A l'heure où la RDC subit une deuxième guerre en moins de deux ans et sert de champ de bataille à plus d'une quinzaine d'armées nationales et de mouvements rebelles, les ONG signataires, engagées depuis de nombreuses années aux côtés de leurs partenaires congolais, jugent opportun de faire connaître les préoccupations suivantes :

Depuis son arrivée au pouvoir, M. Kabila a mis en place un régime caractérisé par la concentration des pouvoirs dans ses mains, le blocage du processus démocratique, la restriction des libertés publiques et les violations répétées des droits fondamentaux, la mise à l'écart de pans entiers de la société congolaise. En particulier, il a interdit l'activité des partis politiques et d'ONG de défense des droits de l'homme, reléguant et emprisonnant des hommes politiques, des militants associatifs, des journalistes.

Auparavant, lors de la guerre qui l'a porté au pouvoir, M. Kabila a couvert de son autorité des crimes de guerre, des crimes contre l'humanite et des actes de génocide. Il a ensuite fait obstruction au travail de la commission d'enquête des Nations Unies sur ces massacres, qu'il reconnaît maintenant tout en en rejetant la responsabilité sur d'autres.

Aujourd'hui, fort de la légitimité que lui confère la lutte contre l'agression et l'occupation du territoire par ses anciens alliés, il privilégie une option militaire que chacun sait sans issue, mais qui aggrave encore les atteintes aux droits et la détresse de populations déjà sinistrées.

A l'heure où la France s'apprête à célébrer le 50° anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, convaincus qu'il n'y aura pas de paix durable en RDC sans ouverture du régime, nous demandons au Président de la République et au gouvernement français :

- de demander aux autorités congolaises, ainsi qu'aux autres parties prenantes au conflit, qu'elles respectent les droits de l'homme et le droit humanitaire ;

- de défendre le principe de l'intangibilité des frontières et de l'intégrité territoriale de la RDC, et de tout faire pour obtenir le retrait des armées étrangères du pays ;

- de promouvoir auprès du chef de l'Etat congolais des scénarios de retour à la paix incluant, outre les négociations avec les parties en conflit, un processus de large consultation nationale ouvert à l'opposition démocratique et à la société civile ;

- d'empêcher que la France ne concoure, en aucune manière, à l'approvisionnement en armes et munitions des parties en conflit ;

- de poursuivre et d'intensifier son aide aux populations touchées par la guerre.

- de soutenir, à plus long terme, un processus de négociation régionale pour la paix dans la région des Grands Lacs, en vue d'aboutir à une sécurité durable des Etats de la région et de leurs populations. [FIN]

Contact : Jean-François Ploquin.
Réseau France Congo
Tél. 33/ (0)478 391 803
Fax 33/ (0)478 393 534.




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