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Réf: 051- 0 /UDPS : It.Tu.Al/2000 Maranello, le 30.06.2000
Son Excellence Monsieur Ousmane Dieng, Président du Comité Afrique de l’International Socialiste,
Monsieur Louis Ayala, Secrétaire Général de l’International Socialiste,
Monsieur le Président et Secrétaire Général du Front Socialiste Démocratique,
Distingués invités et chers confrères,
Mesdames et Messieurs,
Au nom de Son Excellence Monsieur Etienne Tshisekedi-wa-Mulumba, Président National de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS en sigle), et Chef de file de l’Opposition démocratique en République Démocratique du Congo, et au nom de la Direction politique de notre parti qui nous a chargé de la représenter à ces assises, nous tenons à exprimer à cette auguste Assemblée les salutations émanant du peuple ami du Congo.
Par ailleurs, au nom du Président National de l’UDPS, nous sommes heureux de formuler à l’intention de Son Excellence Monsieur Ousmane Dieng, Président du Comité Afrique de l’International Socialiste, l’assurance de toute notre gratitude pour l’honneur qu’il nous a témoigné en nous invitant à ce grand forum qui se tient en cette période charnière marquant la fin du 2ème et le début du 3ème millénaire. Nous aimerions également nous acquitter d’un heureux, paisible et grand devoir, à savoir celui de transmettre à cette auguste Assemblée le message de nos combattants et celui du peuple congolais tout entier : un message d’espoir pour une Afrique socialement unie et démocratique.
Son Excellence Monsieur Ousmane Dieng, Monsieur le Secrétaire Général de l’International Socialiste, Monsieur le Président et Secrétaire Général du Front Socialiste Démocratique, Distingués invités et Chers Confrères, Mesdames, Messieurs,
La date d’ouverture de ce grand forum du Comité Afrique de l’International Socialiste coïncide, heureusement, avec une date commémorative, d’une grande importance pour notre pays. Il s’agit de la date marquant l’anniversaire de l’indépendance de notre pays, la République Démocratique du Congo. En effet, il y a 40 ans, jour pour jour, le peuple congolais, à l’instar d’autres peuples d’Afrique, brisait les chaînes, rompant ainsi avec un colonialisme pratiqué au mépris des valeurs humanitaires, et au détriment du peuple noir d’Afrique. Profitant de cette occasion, nous aimerions rendre hommage, aujourd’hui, à tous nos compatriotes, vaillants combattants et héros de l’indépendance qui ont du payer, de leurs vies, le prix de la souveraineté du Congo ainsi que celui de la dignité de l’homme congolais. Notre présence parmi vous, Mesdames et Messieurs, constitue, pour cela, une grande opportunité pour l’UDPS et pour le peuple congolais puisqu’elle nous permet de faire entendre la voix du Congo profond : un Congo enfui et poussé dans les dédales des violences, des affrontements armés et des violations sans cesse des droits de l’homme. Le peuple congolais qui, de par son indépendance, le 30 juin 1960, s’est réveillé sous un ciel nouveau, a vite déchanté lorsque, quelques semaines plus tard, ses institutions mises sur pied par des méthodes démocratiques ont été menacées, notamment par le tout premier coup d’Etat de Mobutu du 14 septembre 1960. Cet acte ignoble commis à l’aube de notre indépendance constitua un germe générateur des dictatures au Congo ainsi que des souffrances atroces, contre lesquelles, tout notre peuple est, actuellement, en train de se battre très courageusement. Aujourd’hui, les conditions de vie du peuple congolais ne sont pas meilleures par rapport à l’époque de Mobutu. Ce dernier a marqué son pouvoir par la répression féroce, les arrestations arbitraires et les violations systématiques des droits de l’homme. Dès la prise de pouvoir par Mobutu, en novembre 1965 à la suite de son deuxième coup d’Etat militaire, tous les pouvoirs étaient concentrés entre ses mains. Jusqu’en 1977, les personnes devant animer les différents organes du pouvoir ainsi que les Commissaires Politiques du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR), Parti politique unique crée par Mobutu, étaient désignées exclusivement par ce dernier suivant des méthodes autocratiques. Lors de son discours du 1er juillet 1977, conscient de l’échec de sa politique dictatoriale, Mobutu annonça des mesures de réformes importantes au niveau du fonctionnement de certains Organes de l’Etat. Ainsi, au sens de l’article 52 de la Constitution de 1974, il organisa des élections législatives qui donnèrent naissance à une Assemblée nationale composée de membres élus par le peuple, disposant d’un pouvoir d’interpeller l’Exécutif et de procéder à des enquêtes parlementaires.
Non content des effets positifs engendrés par cette réforme politique, le régime Mobutu se rétracta et s’employa à museler les parlementaires. Il fit recours, entre autres, à la corruption, à l’intimidation et à des menaces de déchéance en l’endroit des élus du peuple. Certains Parlementaires cédèrent au chantage. D’autres, par contre, animés par un esprit des véritables démocrates, adressèrent à Mobutu une lettre ouverte, reprenant les analyses et conclusions de la gestion chaotique des affaires publiques sous le règne du MPR, parti - Etat.
Dans la lettre ouverte, les signataires rappelaient au Président Mobutu que la raison d’être de l’Etat congolais passait par :
Datée du 1er novembre 1980 et signée par treize parlementaires, parmi lesquels Monsieur Etienne Tshisekedi-wa-Mulumba, Président National de l’UDPS et Chef de file de l’Opposition démocratique congolaise, la lettre – ouverte adressée au Président Mobutu provoqua, de la part de ce dernier, une réaction foudroyante. Les treize parlementaires signataires de la lettre ouverte furent déchus de leurs mandats et privés de leurs droits civiques. Maintes fois, ils furent arrêtés et relégués dans leurs villages d’origine respectifs.
C’est dans ces conditions que naquit, le 15 février 1982, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), seul parti politique congolais à avoir conçu un projet de société répondant aux aspirations du peuple congolais et qui envisage la création d’une société harmonieuse dans laquelle, chaque congolais pourra jouir des bienfaits du progrès technique et d’assurer une répartition équitable du revenu national afin de diminuer les inégalités sociales et de promouvoir le progrès social. Brisant l’empire du silence, le sentiment de la peur, et bravant le régime sanguinaire de Mobutu, la création de l’UDPS constitua un véritable défi à la dictature dans la mesure où ce fut la naissance de l’unique mouvement d’opposition, crée à l’intérieur du territoire congolais au moment même où le régime répressif et sanguinaire de Mobutu était au firmament de son règne.
Acculé, puis contraint à un exil interne, à son village de Gbadolite, par l’opposition interne non armée, sous le leadership de l’UDPS, le régime Mobutu s’effondra à la suite d’une offensive armée venue parachever le travail déjà effectué en profondeur par l’opposition démocratique interne, non-armée. Ceci suscita, au sein de la population congolaise, un espoir nouveau qui a été aussitôt brisé par l’actuel régime au pouvoir à Kinshasa, véritable réplique du précédent dont les pratiques se traduisent par les faits ci-après :
Les conséquences de cette politique font que la République Démocratique du Congo se trouve aujourd’hui pris dans une spirale de violences. Devenu le théâtre des affrontements armés, impliquant plusieurs armées étrangères, le sol congolais ne cesse d’absorber le sang des innocents, victimes d’une nouvelle dictature, instaurée en remplacement de celle de Mobutu.
Face à la complexité du conflit armé qui se déroule actuellement en RDC, compte tenu des dangers réels qu’il représente pour la paix et le développement en Afrique, conscientes de la gravité de la situation et de l’absence d’une solution alternative à la crise en République Démocratique du Congo et dans les pays de Grands Lacs, les Instances Supérieures de l’UDPS, de par son Président National, Son Excellence Monsieur Etienne Tshisekedi-wa-Mulumba, ont, en septembre 1998, adressé au Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur Koffi Annan, un mémorandum dont l’objet était de :
A travers ledit mémorandum, l’UDPS a démontré que le peuple congolais avait les capacités nécessaires, en mesure de lui permettre d’assumer, dignement, son destin et de mener, jusqu’au stade final, son combat pour la liberté, en vue de l’instauration d’un Etat de droit, respectueux des principes et des règles de la démocratie. Les violations des libertés fondamentales, la gestion chaotique et opaque des affaires de l’Etat, la corruption, le népotisme, l’incompétence notoire des principaux responsables du pays, l’absence des réformes politiques et économiques, voilà, pour l’UDPS les causes internes essentielles qui sont à la base de l’actuel conflit armé en RDC.
Pour mettre fin à cette guerre, fidèle à sa philosophie qui prône la non – violence, l’UDPS a formulé, dans son mémorandum, le vœu de l’Opposition Démocratique de voir primer le dialogue et la concertation politique entre les principales forces politique du pays. Pour notre Parti, les pourparlers entre congolais constituent et restent l’unique voie en mesure de réunir les nécessaires conditions autour d’un consensus politique, en vue d’instaurer, en RDC, une paix durable, un Etat de droit, fondé sur la liberté, la justice sociale, capable de mettre en chantier le processus de modernisation du pays et du développement de la population.
Telle a été notre conviction et notre ligne de conduite durant toutes les négociations que nous avons eues à engager avec Mobutu. Aujourd’hui, avec le régime Kabila, nous continuons à attirer son attention sur la nécessité de son implication dans cette logique.
Son Excellence Monsieur Ousmane Dieng, Monsieur le Secrétaire Général de l’International Socialiste, Monsieur le Président et Secrétaire Général du Front Socialiste Démocratique, Distingués invités et chers confrères, Mesdames et Messieurs,
L’analyse que notre Parti politique se fait sur l’avenir de notre continent prend sa genèse dans l’amère constatation que l’Afrique est le seul continent de la planète qui ne dispose pas, localement, d’une quelconque Puissance Régionale. Nous estimons donc impératif et urgent que les nations africaines mobilisent le maximum de leurs capacités morales et intellectuelle pour arriver à se doter, rapidement, des institutions démocratiques fiables. En fonction de cet objectif, nous estimons qu’il soit envisageable la refonte totale des Statuts portant sur le fonctionnement de l’Organisation de l’Unité Africaine. Vis-à-vis de chaque chef d’état, un code d’éthique clair et rigide devrait être défini et reprendre les critères d’agrément et de participation aux séances plénières. Parmi ces critères, un accent particulier devrait se poser sur la manière dont l’intéressé est arrivé au pouvoir ainsi que sur le positionnement de son pouvoir par rapport au concept général de la démocratie. En fonction de cet objectif, nous estimons également admissibles l’activation et le renforcement du principe de l’intervention humanitaire. A défaut de cette intervention, dans certaines situations, il n’est plus à exclure que la Communauté Internationale soit passible d’être traduite en justice devant la Cour Pénale Internationale pour non-assistance aux personnes en danger.
Excellence Monsieur le Président, Distingués invités,
Une lecture attentive de l’histoire des civilisations contemporaines nous convainc clairement que la pauvreté prospère là où il n’y a pas des libertés. Ainsi, nous croyons que la campagne pour lutter contre la pauvreté en Afrique doit, avant tout et principalement, consister dans un effort permanent et constant de promotion des libertés individuelles et collectives.
C’est dans un environnement sain et libre que les énergies se dégagent et se conjuguent dans un complexe phénomène de développement. D’une manière générale, en ce début du XXI° siècle, est notre profonde conviction que l’Afrique, notre continent, se trouve à devoir répondre à une énorme responsabilité, celle de prouver au reste de l’humanité que l’homme africain, l’homme noir, n’est pas génétiquement incapable d’assujettir positivement son environnement en vue d’en tirer profit et de s’en garantir un progrès social global.
Ainsi, Excellence Monsieur le Président, Auguste Assemblée, nous sommes donc très heureux de faire observer que, trois des cinq thèmes inscrits à l’ordre du jour de cette réunion, à savoir le renforcement des Institutions démocratiques et les processus électoraux, la promotion de la paix et le soulagement de la souffrance, et enfin la lutte contre la pauvreté en Afrique forment, ensemble, l’un des noyaux sur lesquels s’est concentré le projet de société de notre Parti Politique.
Comme nous le disions plus haut, pour l’UDPS, les trois thèmes sont en étroite conjugaison et ont, comme principe accélérateur et multiplicateur commun, l’éclosion, le respect et la défense des libertés et droits fondamentaux de l’homme. L’harmonisation et la mise en application rapide de ce qui précède nous permettra de construire une Afrique moderne, prospère, capable de redonner espoir à l’ensemble de nos populations.
Vive l’Afrique des libertés, vive l’Afrique Unie, vive la démocratie.
Nous Vous remercions.
Dr Gilbert Ramazani Mulondani Représentant Plénipotentiaire UDPS : Italie-Turquie & Albanie
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