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LA THEORIE POLITIQUE SUR LE NATINALISME

LE NATIONALISME

Nos objectifs dans cet essai de publication politique sont : de faire connaître les notions du nationalisme. Critiquer le contenu de lidéologie nationaliste. Distinguer les penseurs, les évènements, les aspects économiques et politique du nationalisme. Situer le nationalisme dans lévolution des idéologies. Connaître limpérialisme. Définir les aspects économiques et politiques de limpérialisme ainsi que son évolution. Reconnaître le rôle de limpérialisme dans la politique mondiale. Comparer le nationalisme et limpérialisme.

Le nationalisme représente lun des facteurs les plus déterminants de la vie politique nationale et internationale. Lattachement des citoyens à leurs traditions, à leurs langues et à leur folklore dépasse souvent en intensité leur loyauté envers cette entité abstraite quest lÉtat moderne. Lorsque cette identité est bafouée, ils ont tendance à affirmer davantage leur caractère distinct. Ce qui est un réflexe tout à fait normal. Rivarol ne dit-il pas : " quune nation na point de droits contraires a son bonheur ".

Limpérialisme tend au contraire à nier lidentité nationale. Pour ce faire, il use de divers moyens pour dévaloriser les nations et les fondre dans un ensemble plus vaste, quitte à les intégrer complètement à son propre groupe dominant. Le nationalisme promet légalité entre les nations, tandis que limpérialisme promet la domination de lune dentre elles.

La définition du nationalisme :Lidéologie nationaliste propose que lautorité suprême de létat appartienne aux membres dune même nation, cest a dire a un groupe de citoyens qui se différencie des autres groupes par lorigine commune, la langue et la culture de ses membres. Les grandes décisions concernant " la nourriture (le prix de riz) et la guerre (les canons) " doivent alors être prises en fonction de la promotion, du développement et de la défense des intérêts de lindépendance de la nation. Cest ainsi que Sismondi " déclare que : " Lindépendance du gouvernement et les droits politiques font les peuples : la langue et lorigine commune font les nations ".

Le Dictionnaire Larousse de politique stipule que : " La nation nest pas une donne mais un construit ". Une nation est une collectivité humaine qui se considère différente des autres et qui est considérée différente par les autres. Cette différence repose sur un certains nombre de caractéristiques communes que les membres de cette collectivité veulent maintenir et affirmer. Lorigine, la langue et la culture sont de loin les caractéristiques les plus importantes, mais on peut y ajouter, par exemple, les façons de vivre et de penser, la culture politique, les idéologies, le territoire, la religion et lhistoire. A cause des interprétations politiques quil suscite, le terme " nation " ne fait pas lunanimité. En effet, il devient difficile de trouver lexpression qui englobe les sens multiples du concept de nationalisme : la différence de lorigine, la volonté politique des citoyens et un sens dappartenance qui évoque le lien familial. De plus, la fierté national se transmet de génération en génération; elle constitue en quelque sorte un héritage. Le nationalisme cherche a protéger cet héritage, mais cela exige une série de rapports de légitimités particuliers.

Le terme " nation " vient du mot latin natus qui signifie " natif ", " né ". Il refere donc à une origine commune et à des ancêtres communs, tout comme le terme " tribu ", " ethnie " et " race ". Ces trois derniers concepts ne revêtent pas a priori de signification politique, contrairement à lidée de nation. On doit distinguer en outre les mots suivants afin déviter la confusion sémantique.

LÉtat est une collectivité humaine qui habite un territoire délimite par des frontières et dont la souveraineté est préservé par un gouvernement. Le terme peuple a surtout une signification politique, puisquil désigne lensemble des citoyens soumis aux mêmes lois (comme dans la célèbre expression de la Rome antique :senatus populusque romanum : le sénat et le peuple romain on décide que), mais il ne possède pas a proprement parler de sens ethnique, quoiquon tende a lutiliser de préférence au terme " nation " ( en vue de maintenir quelques fois une certaines ambiguïté). La race était la notion la plus utilisée au 19eme siècle, mais, depuis le racisme hitlérien et les camps de concentration nazis, on na recours a ce terme que pour désigner les différentes couleurs de la peau. Quant au terme citoyen, il vient du mot " cite " et a aussi une connotation purement politique, tout comme le mot " État ".

Certains auteurs () prétendent que le nationalisme ne constitue pas une idéologie mais un sentiment. On confond ici le nationalisme avec le patriotisme, qui nest rien dautre que lattachement sentimentale à son origine, son pays. Le patriotisme est un état affectif qui nourri une partie de la culture politique parallèlement aux idéologies. Les gouvernants cultivent le patriotisme comme gage de la solidarité et de la loyauté envers lÉtat et favorise son expression comme pilier du sentiment normal dappartenance à un pays donné. Le nationalisme, en tant quidéologie politique, contient lui aussi une part de croyance et de sentiments, mais ce sont les idées qui laniment davantage.

Lidéologie favorise donc la différence sous toutes ces formes comme fondement de lintégrité dun groupe dans une société heterogene et même dans le monde. Cette différence est entretenue et promue au rang de valeur suprême. Elle entraîne par conséquent le goût de se distinguer, de manifester et de maintenir la séparation qui existe entre une nation et les autres. Le fait dappartenir a la collectivité nationale repose autant sur des critères objectifs ( lorigine commune, la langue, les comportements) que subjectifs, comme lévoquait au 19eme siècle Ernest Renan : " Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui a vrai dire nen font quune constituent cette âme, ce principe spirituel. Lune est dans le passé, lautre dans le présent. Lune est la possession en commun dun riche legs de souvenir; lautre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer a faire valoir lhéritages quon a reçu indivis. Ladjectif " indivis " renvoie a ce type dhéritage sur lequel plusieurs héritiers ont des droits mais quils ne peuvent pas diviser. Renan renchérit avec sa célèbre définition de la nation : Avoir des gloires communes dans le passe, une volonté commune dans le présent; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour être un peuple [] Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices quon a faits et de ceux quon est dispose a faire encore. Elle suppose un passe; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprime de continuer la vie commune ".

La nation est a la fois héritage et projet, le nationalisme devient partie intégrante de la culture politique et il se nourrit des idées qui accompagnent et fondent cette culture.

Le nationalisme et les pouvoirs adverses : Une nation étant définie par la différence de ses membres par rapport aux autres nations, il ne faut pas sétonner quelle vise deux cibles principales. Par sa nature même, elle sélève contre la République universelle ( tendance a luniversalisme) et les autres nations. Dans le premier cas la nation a remportée la victoire aisément. La République universelle représenterait la fusion de toutes les nations et de tous les États en une seule entité, les habitants de la terre devenant tout a coup solidaires, unilingue et uniformes. Utopie plus ou moins active, La République universelle continue de hanter les personnes qui rêvent du " Grand Jour " ou les distinctions ethniques, nationales et étatiques seront enfin abolies.

En ce qui concerne les autres nations, le combat trouve sa source en 1789, et même auparavant. Contrairement à ce que certains " universalistes " avaient annoncé, le nationalisme non seulement survit, mais il détermine encore essentiellement la politique internationale dun État. Nous navons qua rappeler, par exemple, la centaine de nouveaux États depuis 1945, léclatement de lURSS, la désintégration de la Yougoslavie, les secousses belge et canadiennes, les tumultes tribaux en Afrique centrale et raciaux en Afrique du Sud a lépoque dapartheid.

Une nation naccepte pas de fusionner avec les autres nations, ou résiste a une fusion éventuelle parce quelle valorise lappartenance a une communauté nationale, a une langue, a une culture, et a un patrimoine. Elle doit donc lutter contre des nations qui cherchent à contraindre ou à lassimiler. Ces nations différentes sont perçues comme des rivales.

La rivalité nationale (on devrait dire " internationale ", mais cet adjectif est plutôt synonyme d " inter-etatique ") peut prendre deux allures opposées, et cette distinction savère capitale dans lanalyse du nationalisme. Les adversaires de cette idéologie tendent souvent a confondre les deux formes de nationalisme dans le but évident de dénigrer globalement les idées qui la fondent. Voici les deux formes absolument contradictoires du nationalisme.

- Le nationalisme chauvin ( du nom du soldat de napoléon, Nicolas Chauvin, qui vantait fanatiquement la supériorité de son idole) prétend que la nation a laquelle on appartient est supérieur aux autres. Ainsi, Hitler tenta dimposer le mythe de la race aryenne a ses voisins, en leurs faisant croire quils etaient inférieurs. Ce mépris a légard des autres nations contribua au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

- Le nationalisme égalitaire, au contraire, affirme légalité souveraine des nations et leur droit a la sécurité et au développement. Cette forme de nationalisme est la source de lIndépendance américaine, en 1776, de la création de la Societe des Nations, en 1919 et, surtout, de la fondation de lOrganisation des Nations Unies, en 1945 et de lOrganisation de lUnité Africaine en 1963. Dans ces trois organisations internationales, on reconnaît clairement le principe dégalité et on rejette le concept de supériorité dune nation sur les autres, tout en tenant compte de la différenciation des nations.

En réalité, le nationalisme chauvin constitue une forme dimpérialisme, lidéologie contraire que nous aborderons prochainement. Par un juste retour des choses, nationalisme et impérialisme deviennent les pires ennemies. Tantôt une nation lutte pour sa survie contre une autre nation qui veut remplacer la langue et la culture de la première par dautres prétendues supérieures.

Médard Mwanyina Ndjabwanga

UDPS Toronto Sud/Est, Ontario (Canada)

(A suivre)


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