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[Courriers des lecteurs] [Page principale] [Home page] Pourquoi la démocratie est-elle le contraire du totalitarisme?INTRODUCTION Pour bien illustrer la démocratie, des éminents idéologues et penseurs dont Abraham Lincoln déclarent ce qui suit : " Ces morts ne seront pas morts en vain; ce pays, grâce à Dieu, renaîtra à la liberté; et le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple, ne périra pas sur cette terre ". Montesquieu pour sa part dit que : " Lorsque, dans la république, le peuple en corps a la souveraine puissance, cest une démocratie ". Jean-Jacques Rousseau quand à lui croit que: " Jamais on ne corrompt le peuple, mais souvent on le trompe ". Le libéralisme promet la liberté, tandis que le socialisme promet légalité. La démocratie, quant à elle, vise plutôt à contrôler le souverain, cest-à-dire le gouvernement de la société. Elle nignore ni la liberté ni légalité, mais son objectif est de faire en sorte que les décisions les plus importantes dune collectivité humaine soient prises par les membres eux-mêmes. La démocratie représente la plus ancienne de toutes les idéologies politiques, alors que le totalitarisme constitue la plus récente. Se comporter de façon démocratique signifie quon respecte les vux de la majorité. Le totalitarisme quant à lui, favorise la concentration de tout le pouvoir politique entre les mains dun seul individu ou dun groupe exclusif. LA DEMOCRATIE QU'EST-CE? La démocratie est une idéologie politique qui propose que les grandes décisions concernant "le mais, lécole, lhôpital ou laffrontement " soient prises par le majorité des citoyens, mais que la minorité puisse sexprimer librement et même être représentée. Lautorité suprême appartient alors à lensemble de la collectivité, et non plus à un groupe dominant, en vertu de la loi de la majorité ou " loi du nombre ". Lidéologie démocratique valorise légalité politique, légalité des chances, la confiance et le contrôle. En effet, la démocratie considère que la majorité des citoyens, étant capables de payer les taxes et les impôts, sont aussi éminemment capables de prendre des décisions concernant lusage de ces revenus. Comme la démocratie ne reconnaît plus aucune supériorité à certains groupes sur la masse, elle affirme que tous les citoyens peuvent participer à lélaboration et à la prise de décisions, en contribuant à leur façon à la recherche de lintérêt général. La majorité accorde donc sa confiance à certains groupes dans lexercice du pouvoir, mais elle maintient jalousement son contrôle sur les gouvernements ainsi formés. Le dernier mot doit toujours revenir à la majorité. La démocratie est aussi issue dune triste observation sur lexercice du pouvoir politique : labsence de modération et de tolérance qui le caractérise. " Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ", écrit Montesquieu en 1748. " Le pouvoir absolu corrompt absolument ", affirme Lord Acton. Le philosophe Alain renchérit : " Lexpérience a fait voire cent fois quune élite gouvernementale, quelle gouverne daprès lhérédité, ou par science acquise, arrive très vite à priver tout citoyen de toute liberté, si le peuple nexerce pas un pouvoir de contrôle, de blâme et enfin de renvoi. " Visant à empêcher la corruption inévitable du pouvoir incontrôlé, la démocratie sefforce de lui imposer des limites. Pouvoirs adverses La démocratie soppose essentiellement à linégalité politique, donc au gouvernement permanent et absolu dun petit groupe ou dune minorité de citoyens sur lensemble. Elle envisage la vie politique comme un échange de pouvoirs entre les gouvernants et les gouvernés, ces derniers détenant le contrôle ultime quant aux décisions des autorités. Ainsi, la démocratie ne cherche pas à abolir invariablement toute forme de gouvernement permanent, quel quil soit, mais considérer plutôt que tout gouvernement doit résulter du libre choix dune majorité de citoyens égaux qui peuvent le contrôler efficacement et le remplacer lorsquil le faut. Lune des plus ancienne et des plus puissantes idéologies politiques, la démocratie est née à Athènes, dans lantiquité. Après des absences répétées, elle est apparue plus forte que jamais au 17ème siècle en Angleterre et surtout à la fin du 18ème siècle en France. Chaque fois, la démocratie venait sopposer à une autre forme de gouvernement, laristocratie, cest-à-dire un gouvernement contrôlé par une élite ou par une minorité de citoyens, quils sagisse, par exemple, des plus riches, des plus intelligents, des plus nobles, des plus forts ou des plus méritoires. On peut rattacher les idéologies contraires de la démocratie et de laristocratie à la querelle entre Platon et son élève Aristote, il y a plus de 2000 ans. Les deux penseurs concevaient la vie politique comme une hiérarchie de citoyens, mais pour des raisons différentes. Pour Platon, on doit confier lautorité suprême à des philosophes-rois dont la sagesse et léducation aurait justifié la supériorité politique. Aristote, qui sopposait au excès des démocrates de son temps, loue plutôt le rôle modérateur de la classe moyenne, " le juste milieu entre les deux excès ". Les deux extrêmes quAristote appréhende sont labsence complète de gouvernement, qui mène tout droit à lanarchie, et légalité absolue des citoyens, qui conduit au collectivisme. Les principaux penseurs Dans luvre politique quil nous a laissé, Aristote procède à une analyse des régimes de son époque et de certains régimes antérieurs. Il dispose dun merveilleux laboratoire, puisque les grecs dominent alors une vaste étendue en Europe. Lorsquune de leurs cités devient trop populeuse, des colons en fondent une nouvelle, non sans avoir consulté les législateurs sur la meilleure constitution possible. On assiste donc à un foisonnement dexpériences et à une variété incomparable de régimes politiques, probablement jamais égalée par la suite. Il base sa démarche sur la science politique, quil accompagne dune recherche de la vertu. Cette qualité que tout citoyen doit posséder, représente un mélange harmonieux de tempérance et de modération ainsi quune capacité de se contenir et de refuser les excès et les extrêmes. Mais le contexte et particulier. Lesclavage domine à son à son époque. Les femmes, les étrangers et les esclaves nont aucun droit politique. Aristote soutient quen toutes choses, surtout en politique, " cest [ juste milieu ] quil faut rechercher " . Il ajoute : Dans les démocraties, il se trouve que les gens modestes ont la souveraineté sur les gens aisés; ils sont en effet plus nombreux, et cest lopinion de la majorité qui est souveraine [] Un autre signe, cest de vivre comme on veut [] car tel est leffet de la liberté [] De là est venue la revendication de nêtre, au mieux, gouverné par personne, ou sinon, de lêtre à tour de rôle. Et cela va dans le sens de la liberté fondée sur légalité. Voilà réunis pour la première fois les critères de lidéal démocratique; pouvoir à la majorité des citoyens, règne de lopinion publique, liberté ( par laquelle la démocratie rejoint le libéralisme ), capacité " de vivre comme on veut " et égalité et alternance des gouvernants. Aristote convient que lidéal, pour certains, consisterait à nêtre " gouverné par personne " ( définition de lanarchie ). Cependant, la possibilité dêtre tantôt gouverné, tantôt gouvernants demeure plus réaliste. Il se rend aussitôt que légalité poussée à lextrême conduit elle aussi à lanarchie, comme lexpérience concrète de la démocratie athénienne le prouva à son époque ( Aristote fut lui-même persécuté ). En effet, " la perversité des hommes est sans limites, et si tout dabord deux oboles suffisent, par la suite, lorsque cette pratique est devenu coutume, on a toujours besoin de plus, ainsi à linfini. Car la nature du désire est dêtre infini et cest à le combler que la plupart des gens passent leur vie ". Aristote en conclu donc que " le seul moyen de rendre un gouvernement stable, cest dinstaurer légalité selon le mérite et la propriété de son bien ". Il rejoint ainsi lidée de son professeur, Platon, qui proposait le " gouvernement au mérite ", mais sans y joindre les notions dégalité politique et de propriété. Aristote a défini la démocratie, plus de 300 ans avant Jésus-Christ, en la fondant sur légalité " selon le mérite et la propriété ", la liberté et le règne de la majorité et de lopinion publique. Il établi également les bases de la démocratie sur le respect des lois. Le philosophe grec distingue nettement la démocratie, qui est une idéologie, de la démagogie, qui consiste à flatter lopinion publique et à la séduire sous de fausses représentations. Il appelle " première sorte " de démocratie celle qui est basée sur légalité. OU MENE LE TOTALITARISME? La plupart des totaritaristes du deuxième millénaire déclarent tours à tours que : " Notre doctrine, cest le fait ". Mussolini. " Le peuple est au chef ce que linconscience est à la conscience ". Alfred Rosenberg. " Lhistoire du monde est faite par le minorités () Le rôle du plus fort est de dominer et non de se fondre avec le plus faible ". Adolf Hitler. Le concept de totalitarisme est relativement récent, mais lidée elle-même porte la marque de lhistoire. Lidéologie totalitaire consiste à promouvoir le gouvernement dune minorité ou dun chef unique auquel doit obéir la majorité des citoyens. Ce gouvernement concentre tous les pouvoirs entre ses mains et sappuie sur la contrainte physique et idéologique afin de réduire à néant lopposition. Le totalitarisme affirme la supériorité de lélite sur la masse aveugle et inconsciente, la suprématie du petit groupe bien organisé sur les discussions futiles et les consultations interminables, la force du chef sur lopposition inutile. Lautorité suprême appartient donc à une minorité et les pouvoirs adverses sont écartés plus ou moins brutalement. Les décisions concernant " le beurre ou les canons " relèvent dun individu ou dune élite. Dans lAntiquité grecque, on employait les termes tyrannie ou despotisme pour désigner le totalitarisme. Il est décrit par Aristote sous tous ses aspects : quand un individu ou un petit nombre " gouverne en vue de [son] propre avantage [] ce sont des déviations ", écrit-il. " Car ou bien il ne faut pas appeler citoyens ceux qui participent à la vie de la Cité, ou bien il faut quils en partagent les avantages [] Une tyrannie est une monarchie exerçant sur la société un pouvoir despotique. " Le philosophe grec distingue déjà plusieurs types de tyrannies, dont la " tyrannie par excellence ", quil définit ainsi : elle " correspond à la monarchie absolue [] dans laquelle un homme commande sans rendre de comptes à lensemble de ses semblables ni même à de meilleurs que lui, à son avantage et non à celui des gouvernés. Cest pourquoi elle repose sur la contrainte, car aucun homme libre ne supporte de son plein gré un tel pouvoir ". Chez les Romains de lAntiquité apparaît la dictature. Cette magistrature extraordinaire était cependant légale. En effet, la Constitution romaine prévoyait que, dans les temps de crise grave, on confie tous les pouvoirs à un homme, pendant une période déterminée ( six mois ). Contrairement à al tyrannie, ou le pouvoir est confisqué et se maintient par la force contre le consentement des gouvernés, la dictature est, répétons-le, un mécanisme institutionnel parfaitement légale ( cela nempêcha pas lun des derniers dictateurs à être choisi, Corneluis Sylla [ 138-78 av. J.-C. ], dexercer le pouvoir jusqu'à sa mort ). Le terme " dictature " est souvent utilisé comme synonyme de totalitarisme, étant donné son étroite correspondance avec ce phénomène. Un autre terme, le fascisme, est employé pour décrire la réalité totalitaire, mais il ne réfère à une période assez courte. Le mouvement fasciste italien, devenu un parti entre 1915 et 1919, fut fondé par Benito Mussolini ( 1883-1945 ), qui se faisait alors appeler Il Duce ( le Guide ). Mussolini prend le contrôle du gouvernement en 1922 et sassure ainsi la maîtrise de tous le leviers de lÉtat. Il obtient dabord les plein pouvoirs pour 12 mois par un vote de 306 députés sur 429. Ensuite, les autres partis sont supprimés. En 1926, même le pouvoir législatif lui échoit. Ayant participé aux côtés de lAllemagne à la Seconde Guerre mondiale, il est néanmoins poursuivi par le Grand Conseil fasciste quil a lui-même crée, demis de ses fonctions et fusillé par des partisans communiste le 26 avril 1945. Le national-socialisme, ou nazisme, est également considéré comme un mouvement fasciste, mais il nen distingue pas ses origines, son contenu idéologique et ses conséquences. On utilise quelquefois les mots autoritaire et autocratique pour décrire une situation politique grâce à laquelle un gouvernement dispose arbitrairement des pouvoirs et opprime lopposition. Ce concept, toutefois, savère relativement souple dans la mesure ou les adversaires de nimporte quel régime politique tentent daccuser les dirigeants dautoritarisme et dautocratie. Il faut user de prudence dans lusage de ces termes politiques ( tyrannie, dictature, fascisme, nazisme, autoritarisme et autocratie ), parce que ces concepts renvoient à des évènements historiques précis et correspondent à des époques circonscrites. De plus, lopposition, même dans les démocraties, a tendance à les utiliser indifféremment pour marquer son dépit et ses frustrations face à la loi de la majorité. On a rigoureusement défini le concept de totalitarisme afin déviter cette confusion. Que fait le totalitarisme des pouvoirs adverses? La concentration des pouvoirs entre les mains dun petit groupe de personnes seffectue généralement au nom de lefficacité. Les partisans du totalitarisme sattaquent donc à la démocratie, et en particulier à la démocratie parlementaire, celle-ci étant définie comme le gouvernement élu dont lautorité provient de ladoption de lois votées par des députés représentant la majorité des citoyens. En effet, la démocratie parlementaire, par définition, délègue le pouvoir des citoyens à une assemblée représentative délibérante qui a pour tache détudier aussi complètement que possible toutes les facettes dun enjeu politique. On accuse fréquemment de lenteur ou de paralysie les acteurs de cette forme de démocratie. Les dictateurs jugent futiles et encombrants les mécanismes de discussion imposés par la démocratie parlementaire : propositions, protestations, votes, contre-propositions, amendements, ententes plus ou moins secrètes. Ces mécanisme ne favorisent même pas, selon eux, lexpression démocratique des opinions des citoyens. En temps de crise, et le totalitarisme est presque toujours en réaction à une crise, il faut plutôt prendre les décisions rapides et décréter des solutions efficaces et pertinentes. Mussolini a été lun des premiers à opposer lÉtat totalitaire au libéralisme et au socialisme. Selon lui, la conception fasciste de lÉtat se trouve aux antipodes du " libéralisme classique, qui est né du besoin de réagir contre labsolutisme et qui a épuisé sa fonction historique depuis que lÉtat sest transformé et possède la même conscience, la même volonté que le peuple. Le libéralisme met lÉtat au service de lindividu; le fascisme réaffirme lÉtat comme la véritable réalité de lindividu. " Mussolini va plus loin encore en affirmant la supériorité de sa conception. " Et cela parce que pour le fasciste, tout est dans lÉtat et rien dhumain ou de spirituel, pour autant quil est de la valeur, nexiste en-dehors de lÉtat. Dans ce sens le fascisme est totalitaire et lÉtat fasciste, synthèse et unité de toute valeur, interprète, développe et donne puissance à la vie tout entière du peuple. " Non seulement le fascisme contredit-il le libéralisme, mais aussi, " le fascisme est opposé au socialisme qui rétrécit le mouvement historique au point de le réduire à la lutte des classes et qui ignore lunité de lunité de lÉtat qui, lui, fond les classes en un seul bloc économique et moral ". Enfin, couronnement de largumentation, Mussolini oppose le fascisme à la démocratie : en effet, les individus " sont avant tout et surtout " État ", État qui nest pas le nombre considéré comme un total dindividu formant la majorité dun peuple. Cest pourquoi le fascisme est opposé à la démocratie pour qui seule la majorité compte et qui abaisse le peuple au niveau du plus grand nombre. " Hitler, le plus célèbre disciple de Mussolini, renchérit : " La société sans classes des marxistes est une folie. Lordre implique toujours une hiérarchie. Mais la conception démocratique dune hiérarchie basée sur largent nest pas une moindre folie [] Le secret de nôtre succès et précisément davoir rétabli, au centre de la lutte politique, la loi vitale de la véritable domination. La véritable domination ne peut naître que là ou se trouve la véritable soumission [] Il ne sagit point de supprimer linégalité parmi les hommes, mais de lamplifier [] Il ne peut y avoir un droit égal pour tous. " Le totalitarisme contredit donc la démocratie et sa loi de la majorité; il soppose aussi au libéralisme, à sa liberté individuelle et à ses Press any key to return to index.oppose enfin au socialisme et à son égalité sans classes sociales. Les dictateurs ne semblent pas entretenir beaucoup de respect pour les idées de leurs prédécesseurs.
Médard Mwanyina Ndjabwanga [Courriers des lecteurs] [Page principale] [Home page] | |