UNION
POUR LA DÉMOCRATIE
ET LE PROGRÈS SOCIAL




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PERENISER LE 30 JUIN POUR TOUS LES CONGOLAIS PRESENTS ET A VENIR.

A la demande de nos compatriotes, nous lançons sur le net, le texte du discours commemoratif du 39e anniversaire de l'independance prononce devant la communaute congolaise de Quebec, dans la Salle Newman du Pavillon Lemieux, a l'Universite Laval.


Mr le President du Comite directeur de l'Association des Congolais du Quebec (ACQ),

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs amis du Congo,

Chers compatriotes,

Accepter que je commence mon propos par m'acquiter d'un devoir agreable, celui de remercie sincerement Mr le President et tous les membres du Comite, pour avoir porte leur choix sur ma tres modeste personne pour fixer le sens de cette ceremonie dans sa pespective historique, en rapport avec les circontances actuelles au Congo.

Le jeudi 30 juin 1960 à 11h 45, heurres de Kinshasa, au Palais de Nation, feu le roi Baudouin 1er des Belges proclamait l'independance du Congo, en ces termes: ''Peuple congolais, mon pays et moi-meme, nous reconnaissons avec joie et emotion que le Congo accede ce jour, en pleine amitie avec la Belgique, a la souverainete nationale et internationale''.

Avec cela, une epoque se terminait, celle des cinquante-deux ans de regime colonial et de quatre-vingt cinq ans de presence des autorites europeennes au Congo. Elle mettait aussi fin a deux ans d'agitation du nationalisme anticolonialiste a travers le territoire. Naturellement, la naissance du jeune Etat congolais a suscite une enthousiasme legitime parmi les populations congolaises.

Au cours de son allocution historique, le Premier ministre du premier gouvernement congolais, Mr Patrice Emery Lumumba avait tenu a preciser le sens de cette journee: ''Combattant de l'independance aujourd'hui victorieux,...je vous demande de faire de ce 30 juin 1960 une date illustre que vous garderez ineffaçablement gravee dans vos coeurs, une date dont vous enseignerez avec fierte la signification a vos enfants, pour que ceux-ci a leur tour fassent connaitre a leurs fils et a leurs petits-fils l'histoire glorieuse de notre lutte pour la liberte.''

La ferveur populaire a l'idee de cette independane avait deja inspire a l'immortel musicien congolais Kabasele Tshamala (Kalle Jeff) une chanson inoubliable a jamais: Independance Chachacha, au son duquel les Congolais de toutes les provinces, de tous les ages, de tous les sexes et de toutes les convictions avaient danse pour celebrer la liberte reconquise.

C'est pour mieux traduire l'emotion inimaginable de 14 millions de Congolais que Patrice Emery declara au cours de ce meme discours: ''Nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c'est par la lutte qu'elle a ete conquise...Cette lutte, qui fit des larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu'au plus profond de nous-memes, car ce fut une lutte noble et juste,...``

On ne pouvait pas passer une si belle occasion sans proclamer la vision d'avenir d'un peuple qui s'etablissait en communaute nationale souveraine. Et c'est de ce meme discours de Patrice Lumumba qu'elle ressortira : ''Nous allons montrer au monde, ce que peut faire l'homme noir quand il travaille dans la liberte, et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l'Afrique tout entiere''.

Au lieu de tout cela, les 39 ans d'histoire du Congo independant se sont transformes en histoires de misere, de dictature repressive, de sang et de confiscation brutale des terres heritees des ancetres. C'est dans la tristesse, la desolation et la confusion les plus totales que le peuple de Kasavubu, de Lumumba, de Moise Tshombe, de Weregemere, d'Albert Kalonji, d'Antoine Gizenga et de Bolikango passe la journee du 39e anniversaire de notre accession a l'independance.

On se rappelera que le jour meme de l'independance, un jeune Congolais arracha a Baudouin 1er le sabre qui symbolisait son pouvoir royal, parce qu'a ses yeux le roi n'avait plus de raison d'avoir le pouvoir. La longue serie de confusion etait inauguree.

Sous l'influence des puissances exterieures, des melodrames se sont succedes au sommet du jeune Etat independant depuis ses premieres heures. Cinq jours seulement apres l'independance, (le 4 juillet), le peuple congolais sera surpris par une brusque et brutale mutinerie de la Force Publique (ancetre des Forces Armees Congolaises). Le 12e jour (le 11 juillet), la premiere secession eclata au Katanga, suivie d'une seconde au Sud-Kasai. Le 5 septembre le president de la Republique et le premier ministre se revoquerent mutuellement. Le 17 janvier 1961, Patrice Lumumba et ses deux compagnons d'infortune (Mpolo Maurice et Joseph Okito) furent assassines au Katanga, suivi de l'assassinat de plusieurs leaders nationalistes a Bakwanga (actuellemet Mbuji-Mayi).

Les crimes de sang commis a l'aube de l'independance ont ainsi inaugure une mauvaise culture d'assassinats politiques qui tristement façonnent l'image du Congo (Zaire) de Mobutu et a laquelle s'entichent les belligerants Congolais de tous bords aujourd'hui. En faits tous les actes sordides de l'aube de l'independance continueront a hanter notre histoire, car les faits se sont cyniquement repetes depuis lors:

la mutinerie de la Force Publique nous est revenue sous forme de pillages inities par les soldats auxquels le peuple croyait avoir donne mission d'assurer sa securite. Les episodes de 1991, 1992 et 1993 ont ete particulierement devastateurs pour l'economie du Congo.

Les secessions ont inspire des velleites autonomistes aux elites d'au moins trois provinces d'ou des compatriotes congolais ont ete expulses entre 1992 et 1995. La revocation mutuelle entre le president Kasavubu et le premier ministre Lumumba a fait des emules chez Mobutu et Tsheskedi qui se sont contestes mutuellement la legitimite. Cette logique continuera par la suite, entre Mobutu et Kabila, et enfin Bizima et Kabila annonceront l'un la decheance de l'autre.

En 1960, l'opinion mondiale justifiait la crise congolaise (connue alors sous le nom de congolisation) par l'absence des cadres. Albert Lillar, Le ministre du gouvernement royal reconnaissait implicitement la responsabilite de son pays, lorsqu'il declarait devant les delegues congolais a la cloture des travaux de la Conference de la Table-Ronde belgo-congolaise de Bruxelles (en fevrier 1960): ''C'est une grande aventure que celui qui vous attend...Vous n'ignorez pas que dans beaucoup de milieux on aurait souhaite convenir des etapes successives, afin que vous puissiez vous familiariser avec les responsabilites, en les assumant chaque annee davantage. Vous nous avez dit que c'etait impossible, et nous avons reconnu que c'etait ainsi, malgre le fait qu'a la difference de vos collegues africains, vous n'avez pas ete associes a votre administration, il etait impossible, etant donne le vent de decolonisation qui se repand en Afrique, de priver longtemps encore au peuple congolais, cette promotion majeure de devenir un Etat pleinement independant.''

Mais aujourd'hui, le Congo compte parmi les pays d'Afrique qui ont le plus de cadres. Paradoxalement, la crise congolaise est devenue plus grave aujourd'hui qu'elle ne l'etait en 1960, parce que l'existence meme de l'Etat congolais est menacee. Mais peut-on vraiment acabler ces pauvres intellectuels congolais disperses dans le monde entier a cause de la deche que leur ont imposee un pouvoir retrograde etabli par des puissances exterieures au profit de leurs interets? Certes, une infime minorite de cette elite a participe au depecement de la societe congolaise et particulierement a celui de son tissu economique et social. Il convient de signaler aussi la prostitution de certains intellectuels dans la consolidation de la dictature et sa justification.

Le souhait que nous formulons a l'intellectuel congolais aujourd'hui, c'est de pouvoir appliquer un dicton tres connu dans notre pays: ''les esprits inferieurs discutent sur les individus, les individus moyens discutent des evenements et les esprits superieurs discutent des idees''. Les intellectuels d'un grand pays comme le notre devraient accorder une place plus importante au debat sur les idees concernat la maniere de sortir de la guerre ou de la crise dans son ensemble et les strategies pour pouvoir recrer le reve du Grand Congo.

Nous pourrions contribuer a redorer le blason terni de notre beau pays si nous faisions passer les concepts comme l'integrite du territoire et la souverainete du Congo, la bonne gouvernance la democratie, l'avenir economique du Congo face a la mondialisation, etc... plutot que de nous depenser jour et nuit sur le meilleur leader congolais, alors que nous ne parlons meme pas de quel genre d'institution il devrait animer pour mieux gouverner le peuple congolais en lui assurant la meilleure affection et la meilleure repartition des ressources nationales. C'est depuis 1960 que nous discutons sur la valeur de nos leaders. Hier nous nous sommes divises a propos du soutien a acorder a Lumumba ou a Kasavubu, a propos de Tshombe et Kasavubu, de Tshombe et Mobutu, de Mobutu et Tshisekedi, de Mobutu et Kabila, de Kabila et Tshisekedi, de Kamanda et Likulia, de Kabila et Wamba; aujourd'hui encore j'ignore si nous devons parler d'Ilunga et Kabila, Ilunga et Wamba ou Kabila etTshisekedi. Il est temps que nous parlions prioritairement du Congo d'abord, avant de parler de nos ''sauveurs'' alors que chaque ''sauveur'' a pousse le Congo un peu plus vers l'abime.

Il y a aussi un autre reproche que nous devrions nous faire a tant que Congolais (particulierement nous de la diaspora), c'est le fait d'avoir laisse libre voie, jusqu'ici, a l'intervention etrangere sur la scene politique congolaise. Nous ne semblons pas avoir pese de tout notre poids pour decourager le developpement de l'influence exterieure dans les affaires du Congo d'ou que cela vienne (de l'Occident ou de nos pays limitrophes). Certes, le Congo devrait demeurer un pays ouvert au monde, mais le gouvernement du Congo devrait etre l'affaire des Congolais seuls.

Nous ne devons ni perdre l'espoir, ni croiser les bras. La lethargie actuelle doit ceder la place a un activisme particulier, d'autant plus que la menace qui pese sur l'existence meme du Congo l'exige.

Un sursaut nationaliste s'impose aujourd'hui. Il est temps de cesser de minimiser les souffrances des paysans congolais deplaces de leurs terres parce que cela permettrait a un proche d'acceder au pouvoir. Il est temps de cesser de minimiser l'impact de la guerre sur l'avenir du Congo parce cela permettrait a un ami de garder le pouvoir. L'interet superieur du Congo doit primer parmi les Congolais.

Le passe de notre pays nous donne quelques exemples de sursauts nationalistes salvateurs qu'il nous faut aujourd'hui:

Vers 1956, l'intellectuel nationaliste Kenyan Tom Mboya, rentrant d'une conference en Europe, declara qu'ils y avaient discute de perspectives de decolonisation dans presque tous les pays d'Afrique, et il y ajouta qu'ils ont eu ''meme les nouvelles du Congo''. En fait a cette epoque, le Congo etait perçu comme une colonie modele. Une colonie ou les Belges pouvaient dormir sur leurs lauriers alors qu'ailleurs les Africains demandaient l'independance. Mais, subitement le monde entier se reveilla un certain 4 janvier 1959, au criptement des depeches extremement graves en provenance de Leopoldville (Kinshasa aujourd'hui), ce fut les emeuttes nationalistes que nous commemorons toujours comme la journee des martyrs de l'independance.

En janvier 1960 lorsque les delegues congolais arriverent a Bruxelles pour participer aux travaux de la Table-Ronde belgo-congalaise en vue de discuter sur l'avenir politique du Congo, le monde entier s'attendait a une resolution favorable a la these d'une Communaute belgo-congolaise defendue par le colonisateur. Ce sentiment se justifiait par la diversite d'opinions et les divisions parmi les congolais arrives en desordre en Belgique. Mais subitement, une courte reunion organisee a l'initiative de la diaspora congolaise d'alors (les etudiants congolais de Bruxelles) decidera tous les delegues a parler d'un seul langage, a presenter un front commun devant des interlocuteurs aguerris. Les Belges dont la devise nationale est: ''l'Union fait la Force'' ont du apprendre les effets de l'union a leur propre depens. Les Congolais exigerent et obtinrent par la force des choses, l'independance immediate et totale le 30 juin 1960. Soit 25 ans avant la date avancee par les Belges les plus progressistes (Cfr:le Plan de 30 ans du professeur Van Bilsen).

Un troisieme sursaut nationaliste a eu lieu en 1991, lorsque le peuple congolais a impose a l'ex-dictateur Mobutu la convocation de la Conference Nationale Souveraine dont il ne voulait pas entendre parler, par la suite, les conferenciers ont vote contre son candidat a la primature, malgre les tonnes de billets de banque leur distribuees en vue de maintenir le statut quo. Lorqu'un peuple decide d'imposer des changements, il les obtient toujours.

En 1996, au moment ou Mobutu, sur d'avoir reussi a faire isoler ses adversaires les plus irreductibles au moyen de la repression et de la corruption, s'activait a organiser une parodie d'election pour se faire plebisciter, le monde entier sera surpris par le declenchement d'une action armee que personne au monde n'avait predite. C'est un peuple profondement frustre qui choisira de se solidariser avec les insurges et leurs mantors, envoyes soient-ils par le diable, pourvu que Mobutu s'en aillent. C'est surtout ce rejet populaire du regime Mobutu par le peuple, plutot que les armes de ses ennemis ruandais, qui a fait tomber le dictateur.

Aujord'hui, le territoire congolais est en proie a une guerre atroce qui coute leurs vies aux milliers de nos compatriotes inoncents, les terres de nos ancetres sont arrachees a leurs tenanciers, le viol est administre aux femmes congolaises pourtant privees de possibilte d'acces aux soins medicaux quasi inexistants, le virus de sida leur ainsi distribue a dessein, avec toutes les consequences que cela represente sur la survie du peuple dans son ensemble.

Il y a aussi plus grave encore, les declarations enregistrees au cours des dix derniers mois dans les milieux americains, français et anglais, qui denotent de façon evidente une collusion entre les lobbies juifs qui soutiennent les theses hegemoniques ruandais et les hauts dirigeants politiques des pays suscites. La possibilite evoquee, au Senat americain, de revision des frontieres heritees de la colonisation ne doit pas faire endormir l'intellectuel congolais. Il s'agit plutot d'un complot contre les frontieres du Congo et non contre les frontieres africaines dans leur ensemble. Personne n'ira proposer la revision des frontieres des pays stables comme le Gabon, la Zambie, le Mali ou la Tunisie. C'est le Congo en proie aux problemes de gestion en particulier et de gouvernance en general qui est vise.

Les perspectives d'une solution politique a la guerre (si celle-ci n'hypotheque pas les interets fondamentaux du peuple congolais) sont a saluer, afin que le Congo puisse se remettre sur la voie de son necessire reconditionnement. Mais la menace sur la forme actuelle de ses frontieres pourrait ne pas disparaitre avec cela. C'est le devoir des intellectuels congolais de la diaspora (comme les Justin Marie Bomboko en Belgique, en 1960) de combattre, par leurs ecrits (ouvrages, articles, debat d'internautes, etc...), leurs interventions dans les medias, dans les milieux academiques (conferences, seminaires, discussions libres, sermons d'eclesiastes, etc...), les audiences des representants des colonies congolaises aupres des dirigeants politiques des pays hotes,...au besoin des marches de protestation, pour denoncer le mal et l'etouffer a tout prix.

Nous devons nous agripper au seul pays au monde que Dieu nous a donne avec toutes les ressources de notre culture. A l'exterieur, nous sommes venus nous habriter contre les intemperies politiques et socio-economiques que nos hotes font regner au Congo. Mais, nous ne serons jamais chez-nous dans ces pays. Chez-nous, c'est au Congo. Nous devrons faire comme les Quebecois, ou qu'ils se trouvent, ils ont toujours une devise: ''Quebec, je me souviens''.

Nous devons defendre ce Congo que nous ont laisse nos ancetres. Le Congo pour l'unite duquel Patrice Lumumba ne s'est pas retracte meme devant un sacrifice supreme. Un Congo a l'Etat ou nous l'ont laisse Joseph Kasavubu, Joseph Bolikango, Moise Tshombe, Weregemere, Andre Guillaume Lubaya, Pierre Mulele, et Evariste Kimba.

Nous voulons un Congo que revait Joseph Ileo, le professeur Lihau Eboa, le Docteur Lumbi, Bernardin Mungul Diaka, et tant d'autres. Mais aussi un Congo que reve Kabila, Tshisekedi, Kamanda, Likulia, Kengo et meme Manda Mobutu. Un Congo que reve toutes les Congolaises et tous les Congolais.

Ce Congo que desirait l'ancien dirigeant Chinois Mao Tse-Toung en declarant:'' Celui qui controlera le Congo va dominer le monde'', un Congo dont Franz Fanon disait: ''L'Afrique a la forme d'un revolver dont la gachette est cachee au Congo''. Un Congo dont le geologue belge Jules Cornet avait dit qu'il est '' Un scandal geologique''. Ce Congo de 50 millions de nos compatriotes que Dieu nous a envoyes, avec ses onze provinces, etablies dans ses 2345409 km2. Pas autre chose!

Que vive le Congo, que vivent les Congolaises, que vivent les Congolais.

Le Compatriote Lambert Opula / Quebec , Canada.


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