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[Courriers des lecteurs] [Page principale] [Home page] N.B.: CE DOCUMENT A ÉTÉ MALHEUREUSEMENT DIFFUSÉ DANS DES CONDITIONS DRAMATIQUES. D'ABORD DANS SA VERSION NON FINALISÉE, ENSUITE, LE TEXTE A ÉTÉ RÉPÉTÉ PLUSIEURS FOIS PAR SUITE D'UNE ERREUR DE MANUPILATION. NOUS NOUS EXCUSONS DE TOUTES LES DIFFICULTÉS QU'IL A OCCASIONNÉ AUPRÈS DE VOUS. CI-APRÈS, LA VERSION QUI AVAIT ÉTÉ APPRÊTÉE POUR VOUS. Le comportement politique d'une population est souvent la résultante des effets provenant des événements passés. La vague de violence qui déferle actuellement à l'Est du territoire congolais suggère la nécessité d'approfondir la connaissance des événéments passés dans les relations intercommunautaires dans la région. Pour se faire un jugement sur les prétentions des uns et des autres, des liens s'avèrent nécessaires avec les grands bouleversements politiques tant au Congo, au Ruanda qu'au Burundi. Nous dirons aussi pourquoi nous pensons que le danger de l'expansionnisme ruandais est global et non pas ethnique. Nous avons évité toute analyse circonstantielle, pour permettre l'émergeance d'une prospective efficace. Chacun pourrait ainsi en tirer une synthèse qui justifie l'attachement des patriotes congolais à l'application équitable des lois congolaises et internationales sur la naturalisation, à base du principe de la demande individuelle. I. LE PEUPLEMENT ÉPISODIQUE TUTSI AU NORD-KIVU Les peuplades de souche tutsi appelées Banyarwanda à l’Est du Congo étaient arrivées sur leur habitat actuel par vagues successives. Si les Banyamulenge sont rencontrées au sud-Kivu, avec quelques poches isolées au Katanga; les autres composantes Hima appelées ici Banyarwanda, mais dont les membres préfèrent s’appeler Congolais d’expression rwandaise, eux, vivent dans le Nord-Kivu. L’analyse du peuplement Banyarwanda au Nord-Kivu permet de ressortir un processus à trois étapes : le traité sur la frontière de 1910, l’immigration organisée par les colonisateurs, et le mouvement des réfugies politiques des années 1960. I.1. Le traité de 1910 sur la frontière orientale Les représentants des puissances européennes réunis à Berlin en 1885 avaient procédé, on ne le sait que trop, à un découpage du continent noir, sans tenir compte des réalités socio-éthniques. Le caractère artificiel de ces frontières a été maintes fois souligné. Au sud du Congo, par exemple, l’ancien Royaume Kongo a été divisé en trois parties se répartissant entre l’Angola, le Congo-Kinshasa et le Congo-Brazzaville. Les Lunda non seulement ont été divisés entre le Congo, la Zambie et l’Angola, mais aussi, ceux du Congo sont à leur tour répartis entre les provinces du Katanga, du Kasaï et de Bandundu. À Berlin, la frontière entre le Congo de Léopold de Saxe Combourg et les territoires allemands du Rwanda et de l’Urundi passait à l’Est de la tracée actuelle. La région dite de l’Ufumbiro revenait à l'État Indépendant du Congo. Ce territoire, situé à l’Est de la rivière Ruzizi, entre les lacs Kivu et Léopold II suscita un conflit frontalier entre l’Allemagne et la Belgique qui avait hérité le Congo en 1908 du roi Léopold II. Le traité de 1910 signé sous l’arbitrage des puissances européennes restitua une partie du territoire à l’Allemagne, pour adopter la limite actuelle : une ligne passant au milieu du lac Kivu, de Goma à Bukavu, d’où la frontière suit la valléee de la rivière Ruzizi et au délà, un ancien exutoire du lac Tanganyika, jusqu'à ce dernier. Malgré cet arrangement, quelques contrées tusti restèrent en terres congolaises : le Bwisha dans la zone administrative de Rutshuru et le Gihari dans la zone de Masisi. Dans ces contrées les populations banyarwanda étaient ainsi tombées sous la juridiction congolaise (PARANEL J.P., 1991). Il en est de même de Djomba, Kanurusi et l’Île d’Idjwi. Au regard du droit international, ces territoires devenus congolais par des mesures d'application et autres dispositions prises en rapport avec le traité de Berlin de 1885, demeurent des territoires à part entière de la République Démocratique du Congo. Un principe adopté dans la charte fondatrice de l'Organisation de l'Unité Africaine (O.U.A.), lequel a été entériné par l'Organisation des Nations-Unies proclame l'intangibilité des frontières héritées de la colonisation. Il en fut ainsi, comme de l'É.I.C. qui avait perdu une grande partie du pays Lunda au profit du Portugal (le nord de l'Angola actuel), et une bonne partie du littoral atlantique, au profit de la France et du même Portugal. Il ne reviendra à l'idée de personne aujourd'hui au Congo, de nourrir des prétentions sur ces territoires auxquels le droit international ne nous accorde plus la moindre propriété. I.2. L’immigration banyarwanda sous la colonisation La défaite de l’Allemagne en 1918 entraîna la ré-attribution de ses ex-territoires d’Afrique, sous mandat de la Société des Nations, aux puissances de l'alliance. La Belgique qui reçut la tutelle sur le Rwanda et l’Urundi, considéra le premier, en proie avec la surpopulation, comme un réservoir de main d’oeuvre au profit de la sa colonie du Congo, relativement moins peuplée mais où l’activité économique s'accélérait. C’est en 1937 que les autorités coloniales du Rwanda et les autorités coloniales de la province congolaise du Kivu signèrent un premier accord, au bénéfice du Comité National du Kivu qui avait reçu des droits concessionnaires dans la région. Cet accord portait création de la mission d’immigration Banyarwanda (M.I.B.). Celle-ci avait comme objectif non seulement d’organiser la migration des Banyarwanda vers le Kivu, mais aussi de créer et peupler une circonscription dans les terroirs peu peuplés de la zone de Masisi. Au prix de 29.600 Francs belges, le chef Kalinda des Bahunde signa un acte de cession au profit de l’administration, pour l’implantation de ladite circonscription sur 351 km2. Dès le départ les immigrants tutsi se donnèrent leur propre chef, qui relevaient directement de l’administration coloniale. Le rythme d’immigration était lente durant la première phase qui s’étala de 1937 à 1949. Par contre, le rythme s'accéléra dans la deuxième phase, de 1949 à 1953, à cause de la famine qui régna alors au Rwanda. On dénombrait 6000 familles Banyarwanda en 1950 dans le Gishari. Dans la troisième phase qui alla de 1953 à 1955, le peuplement des immigrants déborda les limites de la circonscription pour occuper les terres Hunde (PABANEL J.P., 1991, p. 33). Ils colonisent ainsi 150, 000 hectares (GUICHAOUA A., 1989, p.207). C’est alors que furent occupées les régions de Washali-Makoto. L’ampleur de ce mouvement migratoire déclencha dès lors la réaction des populations autochtones, car les nouveaux arrivants jouissant des structures autonomes, ne pouvaient s’intégrer aux structures socio-culturelles de leurs voisins, dont ils se présentèrent en position de ravir les possessions foncières. Un autre mouvement compléta cette étape de grandes migrations : le recrutement de la main-d’oeuvre rwandaise au profit des entreprises du Congo. Des bureaux de recrutement établis au Rwanda et au Burundi approvisionnèrent les entreprises en main-d’oeuvre agricole et minière au Katanga, au Maniema et dans le reste du Kivu. PABANEL (1991) estime leur effectif total à 80 000 personnes. Le gros de ces contingents fût dirigé vers la Société des Mines d’or de Kilo-Moto dans l’Ituri, la Compagnie Minière de Grands lacs africains (Ituri et Kivu-Maniema), le Comité National du Kivu et de l’Union-Minière du haut-Katanga. I.3. Les réfugies politiques Avant de parler des peuplements réfugies Tutsi au Nord-Kivu, il nous a paru utile de résumer les événements politiques qui les ont provoqués. Le praxis historique sur les collines des Grands lacs africains a longtemps été décrit comme un conflit entre deux collectivités à savoir les pasteurs tutsi et les agriculteurs hutu. Les premiers furent décrits comme des seigneurs dominants et les derniers comme des assujettis. L’image est certes culturaliste et suspecte, mais on admet malgré tout l’existence d’un antagonisme historique potentiellement déterminant, pour alimenter la combustion lorsque apparaissent des catalyseurs. Car déjà au début du siècle, les Tutsi sont peints comme "une race de seigneurs supérieurs dominant par la force et le mépris une population considérable des Hutu, exploités … et serviles dépendants des Watutsi (Kandt Richard, 1921). Aux Hutu qui se plaignaient Kandt répondait : "je leur ait dit de s’aider eux-mêmes et je me suis moqué légèrement d’eux en leur demandant comment ils ont pu se laisser soumettre par les Watsutsi auxquels ils sont cent fois supérieurs en nombre et pourquoi ils se lamentent comme des femmes". Toutefois, la politique de l’exclusion et la volonté d’extermination de l’autre qui se manifestent à travers le comportement génocidaire réciproque de deux groupes, étaient absents du système politique du Rwanda pré-colonial (WILLAMEJE, 1994). Les fractures ouvertement raciales sont imputables au système colonial et à son héritage post-colonial. Après les décennies d’une vie en symbiose entre les Belges et les seigneurs tusti, pour l’exploitation des masses hutu, les colonisateurs se sentirent trahis par l’élite tusti lorsque subitement celle-ci se mit à revendiquer l’indépendance. Le renversement à près de 180 degré de la stratégie coloniale envers les Tutsi raviva l’hostilité entre les deux communautés à l’approche de l’indépendance, lorsque pour ne pas perdre leur territoire sous-tutelle, les Belges particulièrement ceux du clergé catholique firent circuler des bruits sur une mythique révolution des masses populaires contre les féodaux. La publication en 1957 du Manifeste des Bahutu, suivie de la fondation de l’Association pour la Promotion Sociale de la Masse (APROSOMA) avec le soutien du clergé catholique et le silence de l’administration, fit monter la panique chez les Tutsi, surtout lors de la mort inopinée du roi, le Mwani Mutara le 23 juillet 1959, dont la rumeur fit état de son assassinat par les Belges. Ainsi la création par les Tutsi de l’Union Nationale Rwandaise (UNAR) pour soutenir le nouveau Mwami suscita la réaction hutu par le lancement d’un véritable parti un mois après : le Parti du Mouvement d’Émancipation des Hutu (PARMEHUTU). Celui-ci se lève contre le servage et le travail forcé de paysans hutu. Le despotisme et l’arrogance des chefs tutsi sont mises en cause; la chicote qu’ils utilisaient au nom de l’administration est bannie. De là divers prétextes et les incidents ravivèrent la tension entre les deux communautés, jusqu’à l’éclatement de premiers massacres des Tutsi qui eurent lieu du 1er au 12 novembre 1959, présentés comme des actes de violence des ''Aprosomites'' sur les ''Unaristes'' (WILLAME J.C., 1990). De nombreux Tutsi prirent le chemin de l’exil. Environ 60,000 d’entre eux vinrent au Congo. Le mouvement anti-féodal hutu établissa un nouveau pouvoir cheftal sous la bénédiction de l’administration belge. Les nouveaux chefs reçurent la légitimité par voie électorale. Comme autrefois avec le Mwami qui incarnait la suprématie tutsi, désormais c’est Grégoire Kayibanda, le Hutu, qui établit un système présidentiel au Rwanda. Ipso facto, il est vénéré par les Hutu comme un monarque (Le Monde, 19 février 1962). Le nombre de réfugies tutsi dans les pays voisins était estimé le Haut Commissariat des Nations Unies aux Refugiés (HCR) entre 130 et 150 milles personnes: 60 000 au Nord-Kivu, 35 000 en Ouganda, 35 à 42 milles au Burundi et 10 000 en Tanzanie. Alors que le gouvernement ougandais de l’époque interdisait toute attaque d’un pays voisin à partir de son territoire, les brigades tutsi baptisés Inyenzi organisèrent un premier raid contre le Rwanda de Kayibanda en octobre 1963 à partir du Burundi. Mais c’est surtout en décembre que fut perpétrée la première attaque sérieuse dite "l’invasion du Bugeresa". C’est alors que le pouvoir rwandais lança une véritable chasse de 600 hommes deux jours plus tard, tandis que d’autres raids furent lancés à partir du Kivu les 21 et 22 décembre et se terminèrent lamentablement à Cyangungu. En février 1964, une dernière tentative eut lieu au poste frontalier de Bugarama. Plusieurs milliers de personnes furent tuées au cours de ces massacres. Le dénombrement des morts fut rendu difficile par la censure du gouvernement. Le HCR estima à 50 000 le nombre de réfugiés arrivés dans les pays voisins à la suite des événements de 1963. 120 à 140 milles Tutsi restèrent tout de même à l’intérieur, contre 393 milles recensés en 1956 (WILLAME, J.C., 1994). À l’époque le gouvernement interdisait leur sortie, de peur qu’il ne renforcèrent les Inyenzi de l’extérieur. À l’approche des élections présidentielles de 1973, l’opinion est polarisée au Rwanda : les gens (Hutu) du Nord majoritaires dans l’armée ont le sentiment d’être minorisés sur la scène politique par ceux du centre et du Sud, particulièrement dominés par les originaires de la préfecture de Gitarama, d’où le président est lui-même originaire. Alors qu’en principe il est interdit d’un autre mandat après trois échéances suucessives, le président Kayibanda résolut de s’en prendre aux "féodaux tutsi qui continuent à détenir en nombre des postes importants dans la haute administration, dans l’enseignement et dans le secteur privé. Un élan des déguerpissements brutaux des Tutsi provoqua entre 400 et 450 morts (Willame, J., 1973). I.4. Les immigrants clandestins Contrairement aux Barundi qui ne se sont pas avérés expansionnistes à l’Est du Congo, les Banyarwanda ont fourni le gros des peuplements récents observés le long de 400 km de frontières entre ce pays et ses deux voisins de Grands lacs. Bien que dans une moindre mesure qu’en périodes de crise politique, l’exode des Banyarwanda vers le Congo est continu. Quatre facteurs sont à la base de ce phénomène : la perméabilité des frontières; la forte densité de la population au Nord du Rwanda, atteignant parfois 200 hab./km2 à la fin des années 80; la présence sur place d’une importante communauté Banyarwanda ayant bénéficié de l’intégration administrative. En effet, l’existence d’une population Banyarwanda intégrée constitue un appel pour une émigration plus facile que dans d’autres pays où ils rencontrent des obstacles dus au statut d’étranger. Une fois sur le terrain, il est difficile de distinguer les immigrants des années 30, des réfugies politiques des années 60 et ceux-ci des immigrants clandestins récents. En plus des caractéristiques morphologiques qui augmentent la ressemblance entre eux et ipso facto le contraste avec les Bantous, les faiblesses de l’administration congolaise leur a facilité la tâche, par l’obtention aisée des documents d’identité au moyen de la corruption. Ci-après un extrait du rapport de la commission parlementaire dite Commission Vangu Mambueni dépêchée au Kivu par le H.C.R.-P.T. sur la question: " Dans la région du Nord-Kivu comme dans la région du Sud-Kivu, il n’a pas été possible à la Commission de rencontrer de réfugiés rwandais de 1959-1960 car tous ont par voies frauduleuses, obtenue la carte d’identité pour citoyen zaïrois... Bisengimana,.... Gisaro les y ont aidés jusqu’à la nomination de hauts fonctionnaires de l’état zaïrois en lieu et place des nationaux. II. L’ATTITUDE DES BANYAMULENDE FACE À L'INSURRECTION DES NATIONALISTES AU CONGO (1963-1968) II.1. Le Congo à l'aube de l’indépendance Les événements tragiques qui éclatèrent au Congo à l’aube de l’indépendance proclamée le 30 juin 1960 étaient considérés par les patriotes congolais, comme découlant directement de la prise de contrôle du pays, par le groupe dit de Binza, pour le compte de la C.I.A. américaine et de l’ex-puissance coloniale, la Belgique. Membre de ce groupe, aux côtés de Mobutu, mais prisonnier de ces puissants alliés, le Président Kasa-Vubu tourna rapidement le dos à l’esprit de réconciliation, consécutive à l'assassinat de Lumumba, lequel esprit avait conduit à la formation du gouvernement Adoula au conclave de Lovanium en 1962. La fermeture du parlement décrétée par le chef de l’état en 1963, en vue d’éviter la mise en minorité du gouvernement priva les nationalistes de l’unique moyen d’expression qui leur restait. Plusieurs personnalités lumumbistes traversèrent le pool-Malebo pour se réfugier à Brazzaville. Sous la protection du gouvernement socialiste de Massamba Débat, où ils fondèrent le Comité National de Libération de 1963, pour libérer le Congo de l’oppression et de l’emprise néo-coloniale Dès le second semestre de 1963, Pierre Mulele ouvre le maquis du Kwilu qui ébranle les autorités de Kinshasa, tandis que les leaders nationalistes insurgés: Christophe Ngbenye, Gaston Soumialot, le général Olenga et un certain colonel Kabila déclenchent à leur tour la rébellion des Simba de l’Est, qui s’empare du Kivu-Maniema, de la province Orientale, du Nord-Katanga, du Sankuru et d’une partie de la province de l’Équateur. Trois-quarts du pays furent ainsi occupés en quelques mois. II.2. Des Seigneurs éleveurs et conservateurs Alors que les insurgés congolais bénéficiaient de la collaboration du gouvernement tutsi du Burundi et des bandes armées tutsi qui harcelaient le gouvernement hutu de Kayibanda au Rwanda, les Banyarwanda du Sud-Kivu quant à eux se dressèrent contre la Rébellion des Simba sur les flancs des monts Mitumba. En effet, en 1964 craignant les idéaux marxistes dont les leaders de la rébellion faisaient étalage, les éleveurs tutsi apportèrent leur concours à l’armée gouvernementale dirigée alors par le colonel Mobutu, dont ils provoqueront la chute en 1997. Entourés de Bafulero, Babembe et Bavira, les Banyarwanda croyaient que les forces marxistes allaient procéder à la redistribution de la totalité de leurs troupeaux et de leurs terres. Par ailleurs, il convient de souligner l’impact des relations conflictuelles avec les autochtones sur la position des Banyarwanda face à l'insurrection des Simba. II.3. Le règlement d’un vieux compte Le comportement des acteurs socio-politiques du Sud-Kivu a souvent des justifications qui se perdent dans les filières façonnées par l’histoire depuis plusieurs décennies. Ainsi pour expliquer la lutte des Banyarwanda du Sud-Kivu contre l'insurrection de Kabila et ses collègues en 1964, il importe de savoir comment la lutte révolutionnaire a atteint cette contrée et quelles étaient les antécédents entre les protagonistes. Avant l’adoption de l’appellation Banyamulenge en 1976, sous l’impulsion du député Banyarwanda Gisaro Muhoza et dans le but de créer une identité politico-administrative pour le groupe, les Banyarwanda du Sud Kivu étaient établis sur quatre sites : ceux de Minembwe dans la zone de Figi, ceux d’Itimbwe à Mwenga, ceux de Bijombo et de Mulenge à Uvira. Par ailleurs, à l’exception du groupe Zige installé à Kisanga, les Barundi ne constituèrent pas un établissement stable dans la région jusqu’à la fin de la première guerre mondiale. Seuls les transfuges politiques, les voleurs de bétail et autres aventuriers effectuaient des va-et-vient incessants. Cependant, après la pacification de la région par les Belges venus chasser les esclavagistes arabes vers 1899, un certain Kinioni, alors sous-chef de Mwezi, roi du Burundi à l’époque, quitta fugitivement son territoire pour ne pas se soumettre aux Allemands. Il vint s’installer en terres bafulero, dans le territoire d’Uvira. Peu après et suite à la rigueur de la répression des agents du roi Léopold II, le Mwami Fubiro Nyamagira et sa population fulero durent s’enfuir sur les hauts plateaux, pour échapper aux tracasseries. Les Belges comblèrent le vide en installant le chef de bande barundi Kinioni sur le trône de Nyamogira le Fulero. Malgré cette promotion, Kinioni ne s’empêcha pas de se saisir d’un important cheptel de la région et s’enfuir dans son Burundi natal vers 1904. Encore une fois les Belges imposèrent son fils Magabo, qui à son tour, dût s’enfuir avec le cheptel perquisitionné en 1906. Sans tirer les leçons de deux déffections précédentes, les Belges installèrent au pouvoir fulero un certain Lubisha, ancien adjoint de Kinoni. Le caractère inadéquat du choix était relevé dans le rapport administratif de la même année : "presque tous les indigènes du chef Lubisha sont des Vafuleros quoique, personnellement, ils soient Varundis". En pleine période des troubles post-indépendance, un jeune Fulero du nom de Marandura parachève la longue lutte de son peuple contre la domination des tutsi venus de l’Est, en chassant le dernier successeur de Kinoni. Cependant, Marandura ne parvint pas à prendre le pouvoir. Au comble du mécontentement, il alla rencontrer Christophe Gbenye à Bujumbura, d’où il ouvre un front révolutionnaire dans la région, peu avant que Kabila n'ouvre un autre un peu au sud, à Kalemie, au départ de Kigoma en Tanzanie. La réaction tutsi dans le sud-Kivu fut naturellement celle de résistance contre les insurgés parmi lesquels Marandura, un leader anti-Tusti occupait une position très remarquable. Ainsi, dans une double réaction des seigneurs éleveurs voulant protéger leurs cheptels des mesures éventuelles d’étatisation par les marxistes et d’occupants contestés des terres de Bafulero, qui risquaient d’être jetés dans le lac Tanganyika, les Banyarwanda et les Barundi du Sud-Kivu prirent les armes, pour aider le Général de brigade Mobutu d’alors à mâter la rébellion des Simba dans le sud-Kivu. Le sentiment anti-Banyarwanda devenu anti-tutsi s’aggrava à cet épisode. III. LE NORD-KIVU : "DU TUTSI-LAND" AU "HUTU-LAND" La décennie 90 aura été celle de nombreux événements tragiques pour les populations du Nord-Kivu. Tantôt suite aux calculs politiques des autorités de Kinshasa, tantôt à leur insu, le drame rwandais s’est paradoxalement transformé en drame du Nord-Kivu. Le cycle de violence qui a commencé en 1993 avec la guerre des Banyarwanda contre le Hunde-Nyanga s’est poursuivi avec les épisodes de plus en plus explosifs jusqu’au massacre récent des réfugies Hutu. III.1. Les Hunde-Nyanga se dressent contre l’expansionisme Tutsi. Les troubles qui ont embrassé le Nord-Kivu en 1993 semblent trouver ses racines déjà dans la société coloniale. Déjà en 1956, les "relations du natif avec l’immigré,... ne sont pas les meilleures,...La poussée des immigrants est trop forte. Le natif se voit quasi perdu dans une masse d’arrivants dont la présence l’intéresse économiquement et l’inquiète politiquement et socialement". Enfin, l’auteur renchérissait : "D’année en année quelques noyaux assez importants rayonnent dans le milieu Hunde et Hawus... L’allure de cette compénétration intertribale est telle que d’ici un siècle les peuplades Hunde et Havu seront à peine reconnaissables dans leur réalité ethnique. Sans en avoir l’air, le Rwandais tend à s’imposer comme élément le plus cultivé et socialement le plus important". Une autre source signale l’existence d’un conflit majeur durant les années de troubles post-indépendance : "À la suite des migrations liées aux problèmes ethniques de 1959-60 au Rwanda, l’insoumission des immigrants s’est traduite par une révolte massive. Profitant de la rébellion muleliste, celle-ci connut son point culminant en 1963-1964, les révoltés étant accusés de vouloir constituer un deuxième état rwandais. Parmi les causes des récriminations des autochtones contre les immigrés, on peut retenir, le manque d’intégration et les rivalités politiques. - La question foncière : l’administration coloniale installait les immigrants sur des terres qu’elle considérait vacante, alors que dans le système foncier traditionnel africain, toute terre mise en valeur ou pas possède un propriétaire individuel ou communautaire. Dès l’accession à l’indépendance, la question des immigrants installés par les colonisateurs sur les sols ancestraux se posa. D’autres conflits naquirent du fait des chefs coutumiers qui vendirent des terres aux immigrants à insu de leurs populations. - Le manque d’intégration et le cumul de nationalité Les Banyarwanda pensaient pouvoir obtenir la nationalité congolaise par l’achat de la carte d’identité, qui était supposée leur accorder tous les droits liés à ce statut. Tout en se réclamant la nationalité congolaise, les Banyarwanda du Nord-Kivu pratiquaient en général le cumul de nationalité. Sur le plan social, ils sont accusés d’être un corps social à part : pratique stricte de l’endogamie, redistribution interne des emplois pour lesquels ils font venir même leurs parentés au Rwanda en cas de besoin et le refus de dépendre de l’administration congolaise locale. - Les rivalités politiques : la difficulté qu’il y a-t-il de distinguer qui est congolais et qui ne l’est pas fait du Nord-Kivu une entité où l’organisation des élections pose toujours un problème administratif aiguë. L’origine des candidats suscite chaquefois une vive contestation. Le cas de l’agitation Hunde en 1980 est un exemple frappant : à la suite de la publication de la liste des membres du Comité Central de l’ex-parti-état (M.P.R.), on s’aperçut qu’il y avait trois Banyarwanda et un Hunde. Ces derniers crièrent à une tentative d’élimination de leurs institutions nationales par des Banyarwanda. Par ailleurs, à l’origine l’immigration concernait à la fois les membres des ethnies Tutsi et Hutu sans distinction. C’est la raison pour laquelle l’appellation Banyarwanda s’était imposée. Mais à partir des affrontements sanglants de 1959-1960 qui avaient permis au Hutu de se hisser en position de force au Rwanda, nombre des Hutu regagnèrent progressivement le Rwanda, et inversement les contingents des immigrants ne furent constitués que des Tutsi. Ainsi observait-on une nette dominance Tutsi à l’est du Congo. Un autre épisode important dans le développement du peuplement Banyarwanda au Congo fut l’ascension de Barthélémy Bisengimana Rwema. Ce Banyarwanda était né dans la colline de Nyamasheke, préfecture de Cyangungu au Rwanda où il fit ses études primaires. Immigrés au Congo en 1959 à la suite des massacres des Tutsi, il devient plustard président des étudiants rwandais à l’Université Lovanium à Kinshasa. Après ses études, il se fabriqua une origine de l’île congolaise d ‘Idjwi sur le lac Kivu. Passé ainsi pour congolais, Bisengimana se fit nommer Directeur du cabinet du chef de l’État par le président Mobutu, remplaçant à ce poste une équipe alors très nationaliste constituée d’Évariste Loleki, Gérald Kamanda et Stephane Kashama N’Koy tous connus pour leur compétence. Pendant les neuf ans (1968-1977), Bisengimana assurant la promotion de Banyarwanda par leur nomination à des postes stratégiques et détachement des communautés rurales de la tutelle administrative des autorités coutumières locales. Dans les institutions des Nations-Unies par exemple, on épingle le cas du Programme des Nations Unies pour le Développement (P.N.U.D.), où plus de la moitié des représentants du Congo étaient des Banyarwanda. Bisengimana jouissant de la confiance du Président Mobutu obtient de celui-ci une ordonnance présidentielle accorda une nationalité collective aux Banyarwanda. Une raison des tensions entre les autochtones et les immigrés, la question de la nationalité prit une recrudescence particulière dès le lancement du multipartisme en 1990. À la suite d’un débat mené avec beaucoup d’émotion sur la question, la Conférence Nationale Souveraine de 1991-1992 adopta une résolution qui invalidait l’ordonnance du président Mobutu sur la nationalité collective des Banyarwanda. Le principe obtenu fût celui de la nationalité sur demande et au cas par cas. Mobutu ayant réussi à paralyser l’ordre issu de la Conférence Nationale, les Banyarwanda crurent le moment venu pour contester la résolution de la Conférence Nationale et toute atteinte à leurs droits fonciers. Les autochtones eux s’en tenaient à l’option prise par la Conférence Nationale. À l’heure où Mobutu, fragilisé par les forces démocratiques, cherchait à opposer les populations les unes contre les autres afin de réapparaître par la suite comme le seul capable de garantir l’unité du Congo, un conflit sanglant éclata entre les autochtones Hunde-Nyanga et les Banyarwanda. De Mars à Août 1993, ce conflit fît plus de 8 milles morts dans les zones de Walikale et de Masisi ainsi que dans la collectivité de Bwito dans la zone de Rutshuru. III.2 Réalité et mythe du " Hutu-land " au Nord-Kivu Au fil du temps, le drame découlant de la haine ethnique du Rwanda se muta en drame des populations congolaises du Nord-Kivu. L’irruption soudaine d’environ un million des réfugiés Hutu en Avril 1994 a été perçue comme une catastrophe dans une région déjà fortement peuplée. En effet, le génocide de Tutsi au Rwanda par les Hutu, à la suite de la mort tragique du président Habyarimana le 6 Avril 1994, avait poussé les Tutsi du Front Patriotique Rwandais (F.P.R.) de réagir pour arrêter ce génocide et prendre le pouvoir. Malgré le bouclier déployé au sud par les soldats français de l’opération Turkoise, les Hutu ne trouvèrent le salut que dans l’exil au Congo. L’armée de Mobutu désarma une infime partie des " Interahmwe " (des milices Hutu entraînées pour la défense civile) et des ex-soldats de Forces armées rwandaises (F.A.R.). Ragaillardis par la présence d’environ 50 milles " Interahmwe " et 20 milles soldats au Nord-Kivu, ainsi que 14 milles soldats et 35 milles au Sud-Kivu, les réfugiés déclarent que " si le Zaïre ne contribue pas à une solution non-biaisée à leur retour au Rwanda, ils restent au Zaïre même si cela peut leur coûter le sacrifice suprême. Les ex-soldats comme les " Interahmwe " se reprocha leur participation aux tueries sur les Tutsi cherchaient à se confondre aux " Hutu congolais " et utiliser les réfugies comme un bouclier humain. Réunis dans le " Magrivi ", les réfugies et les Hutu congolais livrèrent la bataille aux Tutsi installés au Congo, pour refouler vers le Rwanda. Dans toute la bande frontalière du territoire congolais, la circulation devint presqu’entièrement " rwandalisée ". Les populations autochtones se trouvèrent minorisées du coup et le territoire assiégé. Devant l’indifférence totale des autorités de Kinshasa et du président Mobutu qui depuis son exil interne de Gbadolité, tenait à se réhabiliter diplomatiquement à travers la question des réfugies, ceux-ci se permirent de radicaliser leur position. On vit une organisation clandestine à l’oeuvre : le Point ou le Programme d’Organisation de l’Intégration de Nouveaux Transplantés. En effet, cette organisation estimant qu’" il n’y a pas avenir au Rwanda pour tous ceux qui se sont rendus coupables du génocide de des massacres...a donc décidé de faire le deuil de la perte de la mère-patrie. Qu’à cela ne tienne, une solution de rechange nettement avantageuse lui semble disponible. Elle s’emparera, sans coup férir, des zones zaïroises de Rutshuru, Masisi et Nyirangongo déjà militairement peuplés de rwandophones zaïrois et depuis quelques années massivement infiltrées par le Hutu rwandais ". Le programme d’action du point comprendrait deux étapes : - débarrasser les zones précitées de leurs minorités gênantes, notamment les Tutsi, capables d’identifier qui est qui parmi les Hutu, ensuite les Hunde, Nyanga, Warega et Bashi noyés dans la masse des réfugies. Cet objectif a été atteint en grande partie.; - réussir la diversion susceptible d’amener les autorités congolaises à se méprendre sur leurs intentions. À partir de décembre 1995, par l’action combinée du POINT et de l’armée dépêchée par Mobutu, il n’y avait plus de Tutsi sur ce territoire deux fois plus grands que le Rwanda, devenu alors le " Hutuland ". À partir de principaux sites de réfugies : Katale Kibumba, Mungunga et ses intentions, les Hutu contrôlent leur nouveau territoire. La presse congolaise parla alors du " Hutusation " de la région. " Ferdinand Ferella le correspondant de la voix de l’Amérique à Kinshasa alors exprima son étonnement sur le manque de prise de conscience par les autorités et le peuple zaïrois, de la gravité de la situation dans la partie orientale du Zaïre et notamment dans le Nord et le Sud-Kivu, régions où des réfugies Hutu en provenance du Rwanda projettent de s’installer définitivement La situation demeura ainsi jusqu’à l’offensive dite des Banyamulenge contre le Congo. Les Interahamwe et les soldats de l’ex-FAR ne rentrèrent pas au Rwanda avec les autres réfugies et furent massacrés sur 2000 km qui séparent la frontière de l’est avec le Congo-Brazzaville, par les soldats Tutsi de l’armé de Kabila, décidés à venger un million de Tutsi, victimes du génocide de 1997. La deuxième guerre de l'Est quant à elle n'a pas eu de précédents socio-ethniques à proprement parler. Elle semble avoir été déclenchée pour des objectifs géopolitiques autres que les rapports entre groupes dans l'Est du Congo. Tout juste pourrions-nous retenir l'agitation parmi les Banyamulenge qui espéraient obtenir sans tarder la reconnaissance formelle de leur nationalité congolaise par le régime Kabila. Ce dernier, au cours de son discours à Bukavu en 1998, avait d'abord menacé d'arrestation et même de mort les chefs coutumiers et les leaders politiques locaux qui ne voulaient pas reconnaître les Banyarwanda comme leurs compatriotes, s'est peu à peu distancé de cette position impopulaire au Congo. À la suite de l'attaque perpétrée contre le territoire congolais par les armées ruandaise et ougandaise, les bandes armées banyarwanda sont vite apparues parmi les assaillants. Alors que les Banyarwanda occupaient l'essentiel des postes stratégiques tant dans l'entourage de Kabila que dans l'ensemble des institutions nationales depuis accession de Kabila au pouvoir, ils n'ont pas manqué de se plaindre de tendances dictatoriales et des erreurs politiques du président. Nombre d'entre eux sont impliqués dans les massacres à série perpétrés sur les populations congolaises dans les régions occupées. De tout ce qui précède, nous voyons ici s'affronter les facteurs défavorables à la thèse longuement défendue par les Banyaruanda: leur nationalité congolaise comme droit acquis, et ceux qui sont à l'appui de la thèse des autochtones: le statut d'étranger des Banyaruanda. À l'appui des Banyaruanda, il y a les carrences des administrations suscessives au Congo, depuis l'époque coloniale. À aucun moment, le colonisateur n'avait défini clairement sa position devant cette question. La nationalité belge conférée aux populations de leur colonie et des territoires placés sous leur autorité par mandat de la Société des Nations, expliquerait ce silence. Mais le transfert de souveraineté, lors des indépendances respectives des territoires belges d'Afrique posa ce problème imprévu. La durée de séjour sur le territoire congolais, des populations depuis les premières vagues d'immigrants ensuite des refugiés suscite une difficulté qui fonde l'incompréhension des thèses congolaises auprès des observateurs neutres. Chaque groupe cependant recours à nombre d'exemples historiques pour démontrer la pertinence de sa position au regard de la jurisprudence. Enfin, l'ordonnace signée par Mobutu, sous l'influence de de son ancien directeur de cabinet, Mr Bisengimana, ayant reconnu le principe de la nationalité collective aux populations concernées, celles-ci s'en réfèrent pour s'agriper sur le principe du droit acquis. À l'appui des peuples autochones, on retient l'occupation souvent par la force des terres des ancêtres, par des peuplades protégées par le colonisateur, ensuite par l'individu Mobutu, allié des Tutsi de Bisengimana (son ancien directeur de cabinet), dans un premier temps, et des Hutu d'Habyarimana dans un second temps. Dans l'un comme l'autre des cas, les terres des ancêtres ont été spoliées par des contraintes extérieures, sans l'assentiment des hôtes. La signature par Mobutu lui-même d'une ordonnance postérieure reglementant la procédure d'obtention de la nationalité congolaise, en abrogation bien sûr de la première, n'a fait que relancer le débat. Bien que n'ayant pas été promulgué sous forme d'outil légal par le chef de l'État d'alors qui n'en avait cure, une résolution de la Conférence Nationale Souveraine de 1992, disqualifiait toute acquisition de la nationalité congolaise d'une manière collective. Enfin, à travers le monde, la naturalisation se fait sur base d'une demande individuelle. Quant à nous autres, les patriotes congolais lumumbistes, nous plaçons en premier lieu la défense de la sécurité du territoire congolais, où doit règner la paix parmi tous les peuples qui l'habitent. La nationalité congolaise est un privilège de Droit, elle s'acquière selon le prescrit en droit congolais, certes sans préjudice des principes du droit international en la matière. La nationalité ne peut pas être décretée de manière collective, comme elle ne peut pas être refusée à quiconque en remplit les conditions s'il la demande selon la procédure requise. En outre, seules les institutions congolaises issues des élections démocratiques se chargeront, avec le concours des expertises qu'elles auros requises librement, de l'identification des résidents réguliers qualifiés à solliciter le privilège de la nationalité, si bien sûr et ils devraient être rares, les concernés ne sont pas convaincus de toute implication dans les massacres sur le territoire congolais. Opula Lambert Montréal, Québec, Canada. [Courriers des lecteurs] [Page principale] [Home page] | |