RAPPORT FINAL
DE LA CONFERENCE DE LA SOCIETE CIVILE
DE LA RDC A COTONOU
DU 19 AU 21 OCTOBRE 2000
I. INTRODUCTION
a. Contexte
A l'initiative de l'Association Africaine des Droits de l'Homme ( ASADHO) en collaboration avec GERDDES Afrique et l ' appui financier de Droits et Démocratie (Canada) ainsi que de Développement et Paix (Canada), s'est tenue à Cotonou au Bénin, du 19 au 21 octobre 2000 une Conférence de la Société Civile de la RDC sur le thème : "RELANCE DU PROCESSUS DE PAIX EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO".
Vingt deux délégués des différentes organisations de la Société Civile en provenance aussi bien du territoire sous contrôle gouvernemental que des provinces sous occupation des forces rebelles et d'agression y ont pris part. La rencontre a été également rehaussée par la présence de quelques observateurs étrangers. De nombreux messages de soutien et de solidarité émanant de diverses personnalités africaines ont été adressés aux participants.
Cette rencontre s'inscrit dans le cadre de la recherche des voies et moyens pour débloquer et relancer le processus de négociation pour une paix durable en RDC.
b. Objectifs
La rencontre s'est assignée comme objectif général de permettre à la Société Civile Congolaise de développer un consensus sur une nouvelle stratégie d'action en vue d'accélérer le processus du dialogue inter congolais et le retour de la paix et de la démocratie en RDC. Pour ce faire, la rencontre avait pour ambition:
- de réactualiser les conclusions des rencontres précédentes de la Société Civile,
- d'harmoniser les différents cahiers de charge de revendication et des propositions à apporter à la table de négociation et
- d'arrêter des stratégies spécifiques pour la réalisation de cet objectif.
c. Ordre du jour
L'ordre du jour de la rencontre était constitué de quatre (4) points essentiels à savoir :
- Examen du processus de paix, par rapport à une brève revue de tout le processus, à l'identification des facteurs de blocage et des perspectives de déblocage.
- Gestion de la transition,
- Programme minimum de transition notamment en ce qui concerne le cadre institutionnel, le processus électoral, la justice, la sécurité intérieure et sous régionale, ainsi que la situation socio-économique et humanitaire
- L'adoption des recommandations finales et des stratégies de leur mise en œuvre
d. Méthodologie de travail
La méthode de travail a été celle de diagnostic de situations. Elle a comporté les étapes suivantes:
- L‘analyse de positions des différentes composantes de la société congolaise en rapport avec les perpectives de paix,
- l‘identification des points de convergences et des divergences,
- la formulation de nouvelles propositions de la société civile en vue du déblocage du processus de paix en RDC.
Mais avant de procéder à cette analyse, un rappel historique sur les causes, les facteurs et enjeux de ce conflit a permis de circonscrire les attentes de l‘actuelle rencontre qui s‘inscrit dans le prolongement des actions de mobilisation et de recherche de la paix entrepris par la société civile de la RDC.
e. Difficultés rencontrées
- Plusieurs difficultés ont marqué l‘organisation et la tenue de ces assises, il s‘agit entre autres:
- de la faiblesse progressive de l‘intérêt porté à ce conflit au plan international,
- du manque des ressources matérielles et financières
- de la coordination des opérations des déplacements des délégués
- du temps limité d‘analyse et de recherche de solutions à un conflit de plus en plus complexe.
Ces multiples difficultés n‘ont cependant pas ruiné la détermination aussi bien des organisateurs que des délégués qui ont consenti d'énormes sacrifices afin de rendre effective cette rencontre.
f. Marques de Soutien et participation ponctuelle
Organisées en terre africaine du Bénin, ces assises ont reçu les marques de sympathie et d’encouragements de la part aussi bien des autorités de la République du Bénin que de plusieurs personnalités parmi lesquelles MM Albert Tévoédjre, Conseiller du Facilitateur du Dialogue inter congolais et de Halidou Ouedraogo, Président de l’Union Inter africaine des Droits de l’homme et Me Robert Dossou, ancien ministre des affaires étrangères de la République du Bénin.
D’autres marques de sympathie sont venues des organisations internationales et africaines représentées à la XXVIIIème Session Ordinaire de la Commission africaine des Droits de l’homme et des Peuples dont la tenue a coïncidé avec les travaux de cette rencontre.
II. DEROULEMENT DES TRAVAUX
a. Cérémonie d‘ouverture
La cérémonie d‘ouverture a eu lieu le jeudi 19 octobre 2000 à 10 h 30 dans la grande salle des conférences de l'hôtel du Lac de Cotonou sous la présidence de Mr. Bruno Lokuta Lyengo, Vice Président de la Voix des sans Voix..
Elle a été marquée par deux messages de soutien et d'encouragement prononcés par le Président du Gerddes- Afrique Me. Luiz Angelo et de l'Agent régional Afrique de l'institution Droits et Démocratie du Canada, Mr Akouété Akakpo - Vidah.
Dans son allocution, le Président du Gerddes Afrique a salué le courage et la détermination de la société civile congolaise et a appelé à la tenue du dialogue face aux conséquences fâcheuses du Conflit tant pour la RDC que pour l‘Afrique.
Pour sa part, Mr Akouété Akakpo-Vidah, après avoir présenté le travail de son organisation et exprimé son soutien à la société civile congolaise. Il a exprimé le vœu de voir la Société civile être pleinement impliqué au processus du dialogue et de retour à la paix en RDC.
Le discours d‘ouverture a été prononcé par Me. Dave Banza, Président de l‘Asadho. Après avoir rappelé le contexte d‘organisation de cette rencontre, à savoir le blocage du processus de paix , le président de l'Asadho en a appelé au sens de responsabilité des participants en vue d‘un diagnostic sans complaisance de la situation pour en proposer des remèdes adéquats.
b. Organisation des travaux
La première séance plénière a été consacrée à l‘examen et l‘adoption des projets du programme et calendrier des travaux , à la mise sur pied du Bureau de la Conférence, aux orientations pédagogiques et à la constitution des Ateliers.
Le projet de programme présentés a été adopté avec quelques amendements
( cfr. Annexes 1 & 2).
Sur la base d‘une proposition consensuelle du Comité d‘organisation, les personnes suivantes ont été désignées pour assurer les tâches de coordination en regard de leurs noms
- Mr. Akouété Akakpo - Vidah, Président
- Mr. l‘Abbé Apollinaire Malumalu, Ier Vice Président
- Mme Jeannine Mukanirwa, 2ème Vice- Président
Les participants se sont ensuite repartis en deux groupes de travail en vue de débattre en ateliers de toutes les matières prévues au programme.
A la fin de chaque atelier, les participants se réunissaient en plénière afin de mettre en commun, examiner et adopter les rapports de deux groupes de travail.
c. Matières soumises à examen
Les matières suivantes ont été soumises à l ' examen des participants
A1. Examen du Processus de paix en RDC
a. Bref aperçu historique du processus de paix en RDC
b. Identification des facteurs de blocage
c. Perspectives de déblocage
d. Alternatives
e. Stratégies de mise en œuvre
A2. Gestion de la Transition
a. Examen des positions de différentes composantes
b. Synthèse
- Convergences
- Divergences
c. Nouvelles propositions de la Société Civile
d. Stratégies de mise en œuvre
A3.Programme minimum de Transition
a. Evaluation des positions des différentes composantes sur:
- Cadre institutionnel
- Processus électoral
- Justice, Responsabilités et Réparation
- Sécurité intérieure et Sous régionale
- Situation Humanitaire
- Stabilisation et Relance de la situation économique et sociale
b. Synthèse et Propositions de la Société Civile
c. Stratégies de mise en œuvre
A4. Synthèse, Recommandations finales et Stratégies de mise en œuvre
III. RESULTATS ET SYNTHESES DES TRAVAUX
Les questions soumises au débat ont fait l'objet des discussions dans les deux ateliers et de ré- examen en plénière.
En rapport avec le blocage du processus de paix, les participants ont entre autre relevé les points suivants:
- De l'examen du processus de paix en RDC
- Facteurs de blocage
- Le manque de volonté politique dans le chef des belligérants à mettre en œuvre l'Accord de cessez le feu de Lusaka et le dialogue inter congolais.
- La peur du gouvernement de Kinshasa de perdre le pouvoir lors des négociations prévues dans l'Accord de Lusaka d'où un climat de terreur et l'exacerbation de la situation par des attitudes négatives.
- La peur des mouvements rebelles de porter la responsabilité des conséquences de la guerre notamment des crimes contre l'humanité incluant des massacres de la population civile .
- La refus des agresseurs et des alliés du gouvernement de Kinshasa de perdre la position hégémonique qui leur permet de piller, de spolier les richesses de la RDC.
- La culture de l'arbitraire , l'opportunisme et l'irresponsabilité par rapport aux engagements consentis par les parties prenantes à l'Accord de Lusaka.
- L'arrogance, le dédain et l'intransigeance de la part des belligérants .
- La prise en otage du processus de paix et des populations civiles par des seigneurs de la guerre et les présidents auto- proclamés bellicistes.
- La marginalisation de la société civile et de l'opposition politique non armée par rapport au processus de Lusaka.
- Une interprétation divergente et intéressée de certaines dispositions de l'Accord de Lusaka.
- Une interprétation trop restrictive du rôle du Facilitateur .
- La complaisance de la communauté internationale à l'égard des pays qui ont violé l'intégrité territoriale de la RDC comme agresseurs.
- L'absence de sanctions dans les dispositions de l'Accord de Lusaka et dans les différentes résolutions du Conseil de sécurité invoquant le chapitre 7 de la Charte de l'ONU.
- L 'ambiguïté dans la réponse de la communauté internationale eu égard à la gravité et à l'intensité de la crise congolaise et de ses conséquences humanitaires.
- L ' insuffisance de la mobilisation des populations par la société civile.
- L'insuffisance du recours à la mémoire collective et institutionnelle en RDC pour faire face à la crise actuelle.
- Perspectives de déblocage
- L'exercice intensifié de pressions internes et externes sur les parties congolaises en conflit et leurs alliés.
- La transformation de la mission de l'ONU en RDC de son rôle d'observateur du processus de cessez - le - feu à un rôle d'imposition et d'établissement de la paix.
- La responsabilisation de la communauté internationale face à la sécurité humaine des populations civiles de la RDC et de la région.
- L'application intégrale de la Résolution 1304 du Conseil de Sécurité de l'ONU.
- Le renforcement des activités coordonnées et concertées de la société civile.
- Le soutien sans faille au Facilitateur du dialogue inter congolais de la part du peuple congolais et de la communauté internationale.
- La création d'un réseau de pays, personnalités et institutions étrangères favorables au processus de paix pour renforcer la capacité de lobbying.
- Le soutien sans ambiguïté de l'Accord de Lusaka en dépit de ses insuffisances.
- La systématisation de l'information donnée au public sur les faits, causes et conséquences de la guerre en RDC ainsi que la nécessité d'une paix durable.
3. Stratégies de mise en œuvre
- Systématiser les activités de lobbying au niveau interne et externe notamment par l'harmonisation des positions, cahier de charge et création d'un réseau de pression permanente.
- Intensifier la mobilisation sociale de la population congolaise en faveur du processus de paix par la vulgarisation des textes de référence ( Accord de Lusaka, résolutions de Conseil de Sécurité), l'éducation civique incluant la préparation aux élections, les manifestations, les pétitions etc...
- Mobiliser les sociétés civiles africaines en particulier celles des pays impliqués dans la guerre.
- Isoler les criminels de guerre et engager à leur égard des actions en justice spécifiques.
- Créer un fond congolais de soutien au processus de paix en RDC.
- Etablir des alliances stratégiques avec les composantes, parties prenantes au dialogue inter congolais partageant les mêmes points de vue que la société civile.
- Synchroniser les activités de la société civile partout en RDC et à l'étranger.
- Développer un réseau de recherche et de documentation pour mieux préparer les actions.
- Organiser un boycott national de certains produits symboles en provenance des pays impliqués dans la guerre en RDC.
- Alternatives ultimes de la société civile en cas de persistance du blocage au processus de paix
- L'entreprise des actions de désobéissance civile synchronisées sur toute l'étendue du pays pour obtenir la démission du gouvernement de Kinshasa et de toutes les administrations rebelles.
- L'exercice temporaire des responsabilités civiques et politiques par des représentants choisis au sein des forces démocratiques et sociales non violentes sous la supervision internationale en vue de préparer des élections libres et transparentes.
b. De la gestion de la transition
1. Positions des différentes composantes
- Pour le gouvernement de Kinshasa:
- la transition est en cours depuis le 17 Mai 1997 ;
- sa gestion est exclusive;
- l‘ordre institutionnel est déterminé par lui – même dans une perspective monolithique (cas des comités du pouvoir populaires : CPP, mise en place d'un parlement constitué des membres non élus...)
- le texte constitutionnel demeure le décret – loi 003 du 27 mai 1997;
- la société civile et l‘opposition non armée ne comptent pas dans les négociations et le partage du pouvoir;
- le Facilitateur actuel a des attitudes partiales et s`est donc disqualifié dans l'accomplissement de la mission lui confiée;
- l‘Accord de Lusaka doit être réouvert et révisé;
- il n‘y a pas de rébellion en RDC, mais des forces d‘occupation.
- Pour l‘opposition armée :
- Il faut une transition à l‘issue du Dialogue intercongolais pour partager le pouvoir avec Kabila ou le faire partir;
- la société civile et l‘opposition politique non armée ne comptent pas dans les négociations réservées aux seuls signataires de l‘Accord de Lusaka ;
- les élections ne sont pas à l‘ordre du jour de leur agenda.
- Pour l‘opposition politique non armée:
- la transition n‘a pas encore commencé; elle ne le sera qu‘à l‘issue du dialogue intercongolais ;
- sa gestion devra être consensuelle et inclusive ;
- les élections ne peuvent être libres, démocratiques et transparentes qu‘avec la participation de toutes les sensibilités politiques à son organisation;
- un gouvernement d‘union nationale devrait gérer la transition;
- le projet de société de la CNS devrait servir de base à la gestion de la transition et de la IIIème République ;
- la prise de pouvoir par les armes ne peut être encouragée comme mode d‘accès et de conservation du pouvoir;
- la société civile n‘est pas concernée par les négociations et la gestion de la transition.
- Pour la société civile:
- la transition n‘a pas encore commencé ; elle ne le sera qu‘à l‘issue du dialogue inter congolais ;
- sa gestion devra être consensuelle , mais sans la participation des personnes impliquées directement dans les crimes de guerre , les crimes contre l‘humanité, les crimes à caractère économique et autres ;
- les élections libres, démocratiques et transparentes constituent le seul mode d‘accès à la gestion du pays;
- le projet de société de la CNS devrait servir de base à la gestion de la transition et de la IIIème République;
- la prise du pouvoir par les armes ne peut être encouragée comme mode d‘accession et de conservation du pouvoir;
- la société civile doit jouer un rôle important dans le processus de paix , la gestion de la transition et l‘instauration d‘un nouvel ordre politique en RDC.
2. Nouvelles propositions de la société civile
Compte tenu des divergences constatées, la société civile fait les propositions suivantes en ce qui concerne la gestion de la transition :
- Mettre tout en œuvre pour créer un cadre favorable aux négociations inter - congolaises,
- Elaborer un programme national commun pour la relance de la vie démocratique,
- Elaborer un projet de constitution devant régir la RDC après les élections,
- Définir les modalités d'organisation immédiate d'élections en vue de désigner l'équipe dirigeante nationale chargée d'appliquer le programme national commun,
- Organiser les élections sous la supervision de la Monuc avec la collaboration de la société civile et les administrations existantes ( aussi bien dans les territoires sous contrôle gouvernemental que dans les régions sous contrôle des groupes rebelles)
Pour atteindre cet objectif, la société civile se propose les stratégies suivantes:
- Ramener le Facilitateur à intégrer les nouvelles propositions de la société civile dans sa démarche.
- Impliquer la communauté internationale dans la mise en œuvre de ces nouvelles propositions.
- Développer un travail de sensibilisation en direction des autres composantes (opposition armée, opposition non- armée et gouvernement de Kinshasa ) et des pays impliqués dans la guerre ou dans le processus de paix.
- Œuvrer pour le déblocage du processus de Lusaka et veiller à sa conduite à terme par les stratégies précédemment retenues.
- Renforcer l’éducation civique.
- Rédiger une proposition de texte constitutionnel de la transition et des dossiers techniques relatifs à la gestion du pays.
c
. Programme minimum de la transition
Cadre institutionnel
Mettre sur pied une commission constitutionnelle indépendante
Tenir compte des orientations suivantes:
* Forme de l’état: Fédéralisme:
* Partage des compétences entre le pouvoir fédéral et fédéré:
**Pour le pouvoir fédéral: matières de souveraineté (monnaie, diplomatie, défense);
**Pour le pouvoir fédéré: matières qui relèvent de l’administration, la justice,
la sécurité des citoyens, forêts, mines, éducation etc.
* Régime politique : présidentiel avec un président élu au suffrage universel direct à
deux tours.
* Parlement bicaméral : mode d’élection proportionnel à plus forte moyenne.
* Multipartisme
- Processus électoral
- Mettre sur pied une commission nationale électorale indépendante chargée d’organiser les élections dans tous leurs aspects.
- Justice, responsabilité et réparation
- Mettre sur pied une commission " JUSTICE - VERITE ET RECONCILIATION"
- Travailler à l'établissement d’un tribunal pénal international ad hoc pour connaître des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité, des actes de génocide et des crimes à caractère économique commis par les troupes étrangères et les criminels de guerre congolais avérés et autres.
- Développer une expertise indépendante sur les allégations de crimes économiques et autres pillages des ressources naturelles de la RDC.
- Soutenir l'initiative du Secrétaire Général de l'ONU concernant l'envoi d'un groupe d'experts pour enquêter sur les allégations de crimes économiques et autres pillages des ressources naturelles de la RDC.
- Sécurité intérieure et sous-régionale
- Créer une armée républicaine et une police nationale.
- Intégrer dans l'armée et dans la société des volontaires issus des composantes militaires des groupes rebelles , des milices et des anciens éléments des FAZ.
- Démobiliser et travailler à la réinsertion sociale des enfants soldats.
- Démanteler des milices étrangères
- Réhabiliter et créer des bases militaires pour assurer la défense et l'intégrité territoriale.
- Renforcer la coopération militaire sous- régionale.
- Gérer les flux migratoires.
- Créer une commission pour aider la résolution du problème de nationalité.
- Mettre en place un système de contrôle et d’éradication de la circulation et du trafic des armes à feu et armes légères avec l’appui de la communauté internationale.
- Soutenir l’idée d’une conférence internationale sur la région des Grands Lacs Africains
- Situation humanitaire
- Appel urgent à la communauté internationale pour une aide humanitaire en faveur des déplacés de guerre et des réfugiés abandonnés à eux-mêmes.
- Appel urgent à la communauté internationale pour le soutien du programme de réinsertion sociale des victimes de guerre .
- Stabilisation et relance de l'économie
- Elaboration d’un plan d’urgence.
CONCLUSION.
S‘inscrivant dans le cadre de recherche des solutions au blocage du processus de paix en RDC, la conférence de Cotonou de la société civile congolaise s‘était fixé comme objectif de réaliser un nouveau consensus entre les forces sociales sur les voies et moyens de mettre fin à la guerre et de relancer le processus de démocratisation garante d‘une paix durable.
Aux termes de ces trois jours ,les participants estiment avoir atteints de façon satisfaisante ces objectifs et réalise un nouveau consensus dans la poursuite du processus de paix en RDC. Interpellés par les innombrables souffrances des populations et la mémoire des multiples vies humaines détruites dans ce conflit, ils prennent à témoin la Communauté Africaine et Internationale et réaffirment leur attachement à l‘Accord de Lusaka et ce en dépit de ses faiblesses.
Ils réitèrent leur soutien au Facilitateur désigné unanimement par les parties congolaises signataires de l‘Accord de Lusaka et enteriné par l‘OUA, l‘ONU et accepté par l‘oppostion politique non armée et la société civile.
Ils déclarent envisager très serieusement de recourir à d‘autres alternatives en cas de poursuite du blocage actuel.
LISTE DES DOCUMENTS REMIS AUX PARTICIPANTS
- Accord de LUSAKA
- Rapport du Secrétaire Général de l'ONU sur le déploiement préliminaire des Nations Unies en République Démocratique du Congo
- Rapport du Secrétaire Général sur la mission de l'Organisation des Nations Unies en République Démocratique du Congo
- Deuxième rapport du Secrétaire Général sur la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République Démocratique du Congo
- Troisième rapport du Secrétaire Général sur la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République Démocratique du Congo
- Quatrième rapport du Secrétaire Général sur la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République Démocratique du Congo
- Mémorandum aux Secrétaire Généraux honoraires de l'OUA du 8 juillet 2000
- Résolution adoptée par le Conseil de sécurité à sa 4189ème séance, le 23 août 2000
- LA RESOLUTION 1304 du Conseil de Sécurité de l'ONU
- RESOLUTION 1291 (2000)
- RESOLUTION 1279 (1999)
- RESOLUTION 1234 (1999)
LISTE DES PARTICIPANTS A LA RENCONTRE DE SOCIETE
CIVILE CONGOLAISE A COTONOU
DU 19 AU 21 OCTOBRE 2000
1) Lucien Naki, Commission indépendante (Canada), Comité Préparatoire
2) Dave Banza ASADHO, Comité Préparatoire
3) Peter NTUMBA, VSV (Kinshasa),
4) Paul Nsapu, Ligue des Electeurs (Kinshasa),
5) Jeanne Bilonda ASADHO/katanga, Comité Préparatoire
6) Bertin SALUMU, campagne pour la paix (Kinshasa),
9) Marie claude Kazal-a-Rukan, organisation des femmes au Katanga, Cosi( Lyon, France),
10) Omekongo Kitoko, Haki Za binadamu Maniema (Lyon France),
11) Joseph kyalangilwa, Coordination Sociéte Civile - Sud Kivu
12) Bruno Lokuta, VSV, Secrétariat technique
13) Emmanuel Kabengele, ASADHO Bureau International, Secrétariat technique
14) Gregoire Mulamba T, CDH/Katanga
16) Abbé Malu Malu, Société Civile - Nord Kivu
17) Jeanine MUKANIRWA, PAIF
18)Theophile Zamba, Commission Indépendante, (Canada)
20) Sabin BANZA, Comité Droits de l'Homme Maintenant (Kinshasa),
21) Jose Ndjemoti, ASADHO Bureau International.
22) Jean Christophe Elembo Yangotikala, Commission Justice et Paix, ECC
MEMBRES OBSERVATEURS:
23) Akouete Akakpo -Vidah , Droits et Démocratie ( Canada)
24) Peter Kupfer, (Suisse)
25)Klaus Rudiger(Suisse)
26) Martial de-Paul Ikounga, Secrétaire Exécutif / GERDDES AFRIQUE
27) Maurice NIATY MOUAMBA Représentant de GERDDES AFRIQUE aux assises.
COMPOSITION DES ATELIERS
Atelier I.
- Paul NSAPU
- Jean Christophe ELEMBO YANGOTIKALA
- Grégoire MULAMBA
- Peter NTUMBA
- Théophile ZAMBA
- José NDJEMOTI
- Jeanine MUKANIRWA
- Akouete AKAKPO - VIDAH
- Emmanuel KABENGELE
- Peter KIPFER
- Klaus RUTIGER
- Bruno LOKUTA
Bureau.
- Président: Théophile ZAMBA
- Rapporteur: Paul NSAPU
Atelier II.
- Ab. Appolinaire MALU MALU
- Jeanne BILONDA
- Dave BANZA
- Lucien NAKI
- Omekongo KITOKO
- Marie Claude KAZAL
- Sabin BANZA
- Joseph KYALANGILWA
- Lucien NAKI
- Maurice NIATY MOUAMBA
- Bertin SALUMU
- Emmanuel KABENGELE
Bureau:
- Présidente : Jeanne BILONDA
- Rapporteur: Bertin SALUMU
MOTION DE REMERCIEMENT AU PEUPLE ET AUX AUTORITES DU BENIN
Nous, Dirigeants de la Société Civile de la République Démocratique du Congo,
Réunis du 19 au 21 Octobre 2000 à Cotonou dans le cadre de la Conférence sur la Relance du Processus de Paix en RDC,
Exprimons nos vifs remerciements et notre gratitude au peuple et aux autorités de la République du Bénin pour l'accueil et l'hospitalité qui nous ont été réservés tout au cours de nos assises dans ce pays phare de la démocratie en Afrique.
C' est pour nous une marque de solidarité indubitable avec le peuple congolais en lutte pour la paix et la démocratie.
Nous voudrions à travers le peuple béninois , lancer un appel aux autres peuples frères d'Afrique pour un soutien continu aux efforts du peuple congolais pour le rétablissement de la concorde nationale et la démocratie en République Démocratique du Congo
Fait à Cotonou, le 21 Octobre 2000
Les Participants
DECLARATION DE LA SOCIETE CIVILE DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO A L'ISSUE DE LA RENCONTRE DE COTONOU DU 19 AU 21 OCTOBRE 2000
NOUS, DIRIGEANTS DE LA SOCIETE CIVILE CONGOLAISE,
REUNIS DU 19 AU 21 OCTOBRE 2000 A COTONOU EN REPUBLIQUE DU BENIN DANS LE CADRE DE LA CONFERENCE SUR LA RELANCE DU PROCESSUS DE PAIX EN RDC,
APRES AVOIR CONSTATE LE BLOCAGE DELIBERE DU PROCESSUS DE DIALOGUE INTER CONGOLAIS PAR LES PARTIES BELLIGERANTES ET APRES EN AVOIR ANALYSE LES RAISONS,
INTERPELLES PAR LES INNOMBRABLES SOUFFRANCES DES POPULATIONS CONGOLAISES DU FAIT DE LA GUERRE,
MUS PAR NOTRE DETERMINATION A OBTENIR LA TENUE DU DIALOGUE INTER- CONGOLAIS POUR LE RETOUR DE LA PAIX ET DE LA DEMOCRATIE ET L'INSTAURATION D'UN ETAT DE DROIT DANS NOTRE PAYS,
PRENANT A TEMOIN LA COMMUNAUTE AFRICAINE ET INTERNATIONALE,
- REAFFIRMONS NOTRE ATTACHEMENT A L'ACCORD DE PAIX DE LUSAKA, ET CE, EN DEPIT DE SES FAIBLESSES,
- REITERONS NOTRE SOUTIEN AU FACILITATAEUR DU DIALOGUE INTERCONGOLAIS DESIGNE UNANIMEMENT PAR LES PARTIES CONGOLAISES SIGNATAIRES DE L'ACCORD DE LUSAKA ENTERINE PAR L' OUA ET L'ONU, ET ACCEPTE SANS EQUIVOQUE PAR L'OPPOSITION NON ARMEE ET LA SOCIETE CIVILE, SIR KETUMILE MASIRE, ET LUI DEMANDONS DE PROCEDER SANS DELAI A LA CONVOCATION DE CE FORUM NATIONAL QUE LE PEUPLE CONGOLAIS APPELLE DE TOUS SES VOEUX,
- DECLARONS ENVISAGER TRES SERIEUSEMENT DE RECOURIR A D'AUTRES ALTERNATIVES DEFINIES DANS LE RAPPORT FINAL DE PRESENTES ASSISES, EN CAS DU BLOCAGE CONTINU DU PROCESSUS DE PAIX,
4. LANCONS UN APPEL PRESSANT A L'ONU ET A L'OUA AFIN DE CESSER TOUTES TERGIVERSATIONS ET DE S'IMPLIQUER RESOLUMENT A LA RECHERCHE, SINON A L'IMPOSITION DE LA PAIX EN RDC, EN PARTICULIER L'APPLICATION INTEGRALE DE LA RESOLUTION 1304 EXIGEANT LE RETRAIT DE TOUTES LES TROUPES ETRANGERES DE LA RDC
.
5.DEMANDONS AU CONSEIL DE SECURITE DE L'ONU DE PRENDRE TOUTES MESURES COERCITIVES POUR L'APPLICATION EFFECTIVES DE SES RESOLUTIONS EN RAPPORT AVEC LA SITUATION DE GUERRE EN RDC,
6.LANCONS UN APPEL URGENT A LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE POUR UNE AIDE HUMANITAIRE URGENTE EN FAVEUR DES POPULATIONS CONGOLAISES VICTIMES DE LA GUERRE .
FAIT A COTONOU, LE 21 OCTOBRE 2000
LES PARTICIPANTS