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UDPS / KATANGA
S E C R E T A R I A T F E D E R A L

LE RADICALISME D'ETIENNE TSHISEKEDI EST UNE VOIE OBLIGEE POUR L'INSTAURATION D'UN ETAT DE DROIT, LIBRE ET DEMOCRATIQUE AU CONGO-KINSHASA

Un bon nombre de nos compatriotes sont loin de comprendre que M. Etienne TSHISEKEDI, Président National de l'UDPS, soit resté constant dans la défense de ses idées en vue de l'instauration d'un Etat de droit, libre et démocratique au Congo-Kinshasa. Depuis bientôt 22 ans, il ne fait que combattre les régimes dictatoriaux qui se succèdent dans notre pays. A un certain moment, certains Congolais voulaient considérer cette qualité comme un défaut, donc une tare. Il a fallu que toutes ses prophéties politiques s'accomplissent pour que la majorité de notre peuple le considère comme le prophète de son bonheur.

Dans ce travail, nous allons essayer de montrer l'origine du terme radical et son sens profond ; pourquoi le radicalisme aujourd'hui sera la question à laquelle nous allons tenter de répondre avant de conclure.

1. La naissance du qualificatif radical

Avec la création de l'UDPS, il s'est formé au Congo Zaïre un camp qui s'est donné pour mission essentielle de combattre la dictature mobutienne afin d'instaurer un Etat de droit, libre et démocratique au cœur de l'Afrique. Ce camp est dénommé opposition. Il s'oppose effectivement au système dictatorial mis en place par feu Maréchal Président.

Jusque-là clandestine, l'opposition (UDPS principalement) a commencé à opérer au grand jour à partir du 24 avril 1990, date à laquelle le défunt Président Mobutu, dans un discours pathétique et larmoyant, annonça le début du processus démocratique au Congo Zaïre.

On vit alors surgir M. Jean Nguz très actif dans l'opposition. Il se fit d'ailleurs vite passer pour un des grands opposants du moment. De manière aussi inattendue, il se déclara candidat à la Présidence de la République. Sa candidature fut même soutenue par un bon nombre des citoyens qui croyaient encore en son « opposantéité » ou en sa sincérité politique. Alors qu'une frange de la population qui connaissait bien ses liens de sang (Prima Curia) avec feu Mobutu continuait à le considérer comme un « oppositionniste » (communément appelé taupe).

Il se trouva qu'en ce temps-là au niveau de l'opposition il était entendu que le premier ministre devait être issu de l'opposition (voir accords du palais de Marbre II). Contrairement à cela, et au moment où l'on s'y attendait le moins possible, M. Jean Nguz accepta la primature lui accordée unilatéralement par le défunt Président Mobutu en lieu et place de M. Etienne Tshisekedi qui fut désigné et présenté par l'opposition. En acceptant de faire triompher la volonté du dictateur, M. J. Nguz trahissait le peuple et participait par conséquent au maintien et renforcement de l'oligarchie au pays. De ce fait, il embarquera M. Gabriel Kyungu wa Kumwanza (alors opposant venimeux) et avec celui-ci la plupart des Katangais dans un avion dit de la mouvance présidentielle au dépens du changement radical pour lequel nombreux de nos compatriotes sont morts.

Après la nomination unilatérale de M. Jean Nguz par feu Mobutu, le fondateur du caméléonisme politique au Congo Zaïre, tout en se réclamant de l'opposition, créa ainsi une aile appelée Union sacrée libérale et démocratique qui se voulait modéré. Dès lors, les opposants véritables comprirent que le terme opposition prêtait déjà à confusion. C'est alors qu'ils préférèrent renforcer le terme opposition en y ajoutant le qualificatif ''radical''. Voilà ce qui amènera la vie politique dans notre pays dans une bipolarisation certaine, reconnue même par la constitution transitoire d'avril 1994 : la mouvance présidentielle représentée par les FPC dont la direction était confiée à un certain moment à M. Jean Nguz après sa brève présence à la tête de l'ADELI (variante des FPC) et l'opposition radicale de Tshisekedi. Voilà dans quelles conditions est né le qualificatif radical qui domine à ce jour les discours politiques au Congo-Zaïre.

2. Les sens du qualificatif radical

Le terme radical est devenu actuellement un mot passe partout et dont le sens est souvent sujet à plusieurs interprétations. Il était devenu même un cheval de bataille des FPC qui ont fini par lui attribuer beaucoup de significations fantaisistes dans le dessein de flouer notre peuple acquis au changement.

En vérité, le qualificatif radical ajouté au terme opposition n'est pas superfectatoire. Il est venu renforcer le sens de l'opposition et lever l'équivoque créée délibérément par les ouailles de feu Président Mobutu afin de semer la confusion dans l'esprit du peuple déjà tourné vers la clairvoyance dans le but d'obtenir un semblant de crédit auprès du souverain primaire. Avec ce crédit, ces faux opposants ou ces ''oppositionnistes'' espéraient ronger l'opposition de l'intérieur au profit de la continuité du mobutisme

En conjugaison, par exemple, le terme radical signifie la partie du verbe qui ne change pas quelles que soient les conditions. Tandis qu'en politique, un radical ou encore un radicaliste est un homme qui tient à ses idées au nom de l'idéal qu'il s'est fixé tout en demeurant ouvert au dialogue franc et sincère. Dans ce sens, il est bon de comprendre qu'un radical prêche la concertation et privilégie le débat intelligible. Mais, tout en discutant, il reste attaché au fond des idées surtout s'il les juge salutaires et humanitaires.

Dans ce contexte, Monsieur Etienne Tshisekedi est souvent qualifié de radical par ceux-là qui veulent aliéner sa pensée politique ou qui ne comprennent pas celle-ci. Lorsque l'on dit que Monsieur Etienne Tshisekedi est radical, il faudra entendre par là qu'il tient mordicus à faire appliquer les principes démocratiques, à faire respecter les libertés et à créer un Etat de droit au Congo-Zaïre. En ce sens, il s'opposera et s'oppose à toute idée tendant à faire de ce grand pays une jungle où règnerait la volonté d'un seul homme. Pour lui, le Congo appartient à nous tous et doit être gouverné dans l'intérêt de toute la communauté.

Voilà pourquoi les idées toutes faites et dictatoriales sont d'office récusées par le Président national de l'UDPS préférant de mourir dignement et tête haute que vivre dans un Congo où règneraient le clanisme, le tribalisme et la dictature. C'est dans cet esprit qu'est né le radicalisme qui est une voie obligée pour amener le Congo à un Etat de droit, libre et démocratique.

3. Le radicalisme Tshisekedien

Le sens du qualificatif radical étant compris, il est maintenant nécessaire d'expliquer ce qu'on entend par radicalisme. On peut de prime abord dire que parler du radicalisme oppositionnel c'est autant parler du radicalisme Tshisekedien car le peuple en sa majorité et la classe politique congolaise s'accordent indubitablement sur le fait que Etienne Tshisekedi demeure ''l'opposition congolaise incarnée''.

En effet, le radicalisme est l'ensemble des idées-forces défendues et soutenues en vue d'engendrer le changement au pays. Cela veut dire exactement que le radicalisme est une doctrine politique ou une philosophie qui enseigne au peuple qu'une détermination certaine s'impose pour amener le pays à un système démocratique sans recourir aux armes. Il faut encore dire que le radicalisme d'Etienne Tshisekedi est une idéologie qui sous-tend l'opposition radicale donc pacifique au Congo. Il renferme en son sein, l'idée d'une révolution, mais une révolution non violente, car procédant du changement des mentalités, d'un changement s'opérant au niveau de l'esprit et de façon profonde. Quoique pacifique, cette révolution n'est pas à confondre avec une simple reforme politique des institutions. Car celle-ci laisserait intactes les souches de la dictature non encore éradiquées. Une telle révolution contrairement à ce que l'on pense, vaut plus qu'une révolution violente, car celle-ci est superficielle ; c'est-à-dire qu'elle n'affecte pas l'esprit ni le mental et donne beaucoup de possibilités aux révolutionnaires d'instaurer un système tyrannique ou dictatorial basé sur l'oligarchie ou le népotisme. Les exemples sont légion pour ce genre de révolution.

Sachant que le système dictatorial a pour fondement le respect des anti-valeurs, le radicalisme tshisekedien s'est donné pour mission de lutte pour l'extirpation de ces anti-valeurs que d'aucuns considèrent comme des valeurs républicaines. Il n'est pas étonnant d'apprendre de la bouche de certains politiciens prêcher le tribalisme, la xénophobie … en lieu et place du nationalisme et de la fraternité en tant que membres d'une même nation. Ce genre de politiciens constituent à vrai dire un frein à l'instauration d'un Etat de droit et forment un creuset de l'obscurantisme.

Connaissant que certains hommes politiques ont brillé par une mauvaise gestion de la chose publique, le radicalisme tshisekedien refuse de les associer à la gestion des affaires publiques pendant la transition afin de recréer la confiance du peuple dans le gouvernement. En ce sens, le radicalisme tshisekedien devient un exclusionisme positif. Voilà pourquoi Monsieur Tshisekedi a fait recours aux nouveaux politiciens dans la plupart des gouvernements formés par lui même (gouvernement de salut public et celui de la CNS) à l'instar de Tshombe en 1964.

Un dictateur s'empare du pouvoir qui, en réalité, devrait venir du peuple. Il marche sur l'idéal que ce même peuple s'est assigné. Dans ce cas, le radicalisme tshisekedien tient à faire respecter l'idéal démocratique et l'expression de la volonté générale qui veut que seul le peuple gère lui-même le pouvoir par l'entremise de ses représentants librement élus ou mandatés par consensus.

4. Pourquoi le radicalisme aujourd'hui ?

D'aucuns estiment que le radicalisme tshisekedien devrait prendre fin avec la prise du pouvoir par L.D. Kabila. Cela devrait en fait être vrai si L.D. Kabila avait respecté les principes fondamentaux de la démocratie après sa victoire militaire. M. Etienne Tshisekedi, Président national de l'UDPS, a constaté avec amertume que l'Etat AFDL-CPP-PPRD a commencé à marcher sur les acquis de la CNS, à diriger sur base d'un décret présidentiel élaboré unilatéralement, à fouler aux pieds les principes démocratiques qui sont entre autres, l'égalité devant la loi, la libre expression, le multipartisme, la tolérance, etc. Les arrestations arbitraires, le tribalisme et le régionalisme sont revenus à la surface. C'est ainsi que M. Etienne Tshisekedi a estimé que tant que l'objet de sa lutte n'est pas encore atteint, l'épée de DAMOCLES devra être suspendue sur la tête des dictateurs.

C'est pourquoi il a crié haut et fort à l'élaboration d'un cadre juridique consensuel afin que tous les fils et filles du pays se sentent concernés par la reconstruction nationale dont parlait le Président L.D. Kabila. Le Président national de l'UDPS est demeuré donc radical et intransigeant sur ce point. Il faut ici dire que M. Etienne Tshisekedi s'en tient strictement à toutes décisions issues d'un consensus national. C'est comme le cas de la CNS et aujourd'hui du Dialogue intercongolais. Il est tout à fait clair qu'il a exigé la tenue d'une Table ronde dès l'entrée de l'AFDL pour éviter la dérive totalitaire de tout régime issu des armes. Il a tout fait en dépit de toutes les humiliations et tortures subies pour que sa revendication triomphe. Aujourd'hui, le peuple congolais parle du Dialogue intercongolais. Ce forum national, après son ouverture solennelle à Gaborone, s'est tenu à Sun City. Grâce à son génie indubitable, M. Etienne Tshisekedi a réussi à sauver la tenue du DIC chaque fois qu'elle était mise à l'épreuve par le Gouvernement de Kinshasa : 37 résolutions ont été obtenues avant que le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba et le Gouvernement de Kinshasa aient réussi à signer frauduleusement l'accord-cadre de Sun City le 19 avril 2002 à l'hôtel Cascades.

Tenant à aller jusqu'au bout des travaux, M. Etienne Tshisekedi a conscientisé tous les non signataires de l'accord pirate à s'unir pour sauver le dialogue menacé par ceux qui ne veulent pas du bonheur à notre peuple au profit de leurs intérêts égoïstes qu'ils ne peuvent être réalisés que par l'occupation démesurée d'un poste au sommet de l'Etat. Dans ce cas précis, le profil d'un leader (Chef) n'a rien à faire ! C'est ainsi que contre toute logique humaine, Joseph Kabila tient à trôner vaille que vaille au sommet de l'Etat comme Président de la République alors que le niveau intellectuel ne le recommande pas.

Ainsi l'UDPS, le RCD et les autres partis politiques non signataires de l'Accord-cadre sont arrivés à mettre sur pieds une alliance dénommée ''Alliance pour la Sauvegarde du Dialogue intercongolais (A.S.D.) afin de faire pression sur les opportunistes, signataires de l'accord pirate de Sun City, afin qu'ils retournent à la table des négociations. Le seul moyen dont ils disposent pour atteindre leur but est la voie diplomatique. Au moment où nous couchons ces lignes, la Communauté internationale, par le biais de son délégué Moustapha Niasse, vient de donner raison à l'A.S.D. L'essentiel pour le Président de l'A.S.D. étant la reprise du DIC au format réduit conformément à la décision de la plénière du 19/04/2002. L'on peut bien le constater, M. Etienne Tshisekedi tient au respect des textes, à la parole donnée. C'est notamment le manque de culture politique et de la culture des textes doublé de la mauvaise foi de certaines puissances occidentales (France et Belgique) qui induisent sciemment certains compatriotes en erreur, qui est à la base de l'imbroglio politique que notre pays connaît. Toutefois, M. Etienne Tshisekedi tient à leur montrer que les Congolais peuvent être aussi respectueux des textes.

Il est connu qu'un dictateur ne respecte nullement les textes légaux consensuels régissant le pays et la revalorisation de la personne humaine, centre de tout développement. Nul n'ignore qu'un dictateur est un homme sans cœur, un bourreau des autres, un monstre politique. Pour lui donner une leçon, le radicalisme tshisekedien se fait fondamentalement humanitaire, c'est-à-dire personnaliste et communautaire. Il est personnaliste dans la mesure où il tient au respect de la personne humaine et recherche le bien-être général du peuple. Communautaire dans le sens que le bien commun doit être sauvegardé. Toutes les aspirations du peuple étant rassemblées dans les acquis de la CNS, le radicalisme tshisekedien demeure sans nul doute son refus de voir les acquis de la CNS être bradés dans l'intérêt égoïste ou dans celui d'une caste mais estime qu'ils peuvent être revus en tenant compte de l'évolution de la réalité politique du pays. Voilà pourquoi il avait toujours exigé une Table ronde qu'il a fini par obtenir sous forme d'un Dialogue intercongolais.

5. Conclusion

Le radicalisme tshisekedien doit être saisi au sens d'un effort politique continu que Monsieur Etienne Tshisekedi, en tant qu'opérateur politique, et d'autres opposants déploient pour amener le Congo à un Etat de droit, libre et démocratique. Pour celui qui croit que le Congo est déjà libre et démocratique, en toute honnêteté intellectuelle, le radicalisme d'Etienne Tshisekedi devient pour lui un radicalisme futile, improductif et négatif. Mais, il doit savoir qu'il est en train de rêver. En marge du radicalisme d'Etienne Tshisekedi,, il faudrait interpeller les politiciens véreux afin qu'ils évitent les discours incendiaires ; discours qui créent des conditions défavorables au bon fonctionnement de la chose politique et publique. Adoptons des discours d'union et de solidarité nationales. Soyons au-dessus de nos clans, tribus et provinces ; élevons-nous au niveau de la Nation et nous réussirons.

Bruno TSHIBANGU KABAJI
Président Fédéral a. i.
UDPS/KATANGA


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