UNION
POUR LA DÉMOCRATIE
ET LE PROGRÈS SOCIAL




[Page principale] [Home page]

S E C R E T A R I A T F E D E R A L

 

MISE AU POINT DE L'UDPS/KATANGA SUR LA SITUATION POLITIQUE ACTUELLE EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

 

L'opinion tant nationale qu'internationale a été induite et continue à être induite en erreur expressément par le gouvernement de Kinshasa et les rebelles du MLC en cherchant à justifier le bien-fondé de l'Accord – Cadre de Sun City signé le 19 avril 2002.

Pour éclairer l'opinion là-dessus, l'UDPS/Katanga se fait le devoir patriotique de faire la mise au point suivante :

 

1. Quid de l'Accord de Lusaka ?

Mobutu a été combattu et chassé du pouvoir à cause de la dictature. L'A.F.D.L. qui l'a chassé a aussi opté pour une nouvelle dictature en R.D.C. L'U.D.P.S. d'Etienne Tshisekedi n'a pas hésité de la dénoncer et de la combattre par la non-violence. Devant l'intransigeance de L.D. Kabila, quelques-uns de ses partisans ont décidé de prendre des armes. D'où la naissance du R.C.D. et du M.L.C.

La revendication principale de l'UDPS suivie en cela par des mouvements rebelles parrainés respectivement par le Rwanda et l'Ouganda, était l'exigence de la démocratisation de la vie politique du pays. L.D. Kabila est demeuré intraitable sur ce point se contentant d'un pouvoir absolu et indivisible !

Devant le refus et au regard de la situation inhumaine que traversait et continue à traverser notre peuple, la communauté internationale s'était sentie interpellée afin de trouver une solution durable aux conflits qui déchiraient notre pays. D'où la signature de l'Accord de Lusaka qui prévoyait en son chapitre 5, l'organisation et la tenue du Dialogue Inter-Congolais.

 

2. Du Dialogue Inter-Congolais

Pour résoudre définitivement les conflits en R.D.C, le Dialogue entre Congolais était prévue. Les rebelles du R.C.D. et du M.L.C., le gouvernement de Kinshasa, l'opposition politique (non armée) et les forces vives de la Nation (Société Civile) constituaient les composantes à ce forum national.

Lors du déroulement des travaux du DIC, les délégués devaient faire recours au consensus dans la prise de décisions et non à l'élection qui implique la prise des décisions à la majorité (art. 16 du R.O.I. du DIC).

Les objectifs poursuivis par le DIC étaient : restauration de la paix – réunification du pays – réconciliation nationale – mise sur pied des nouvelles institutions et de leurs animateurs consensuels – élaboration du texte constitutionnel de la Transition.

 

3. Quelques difficultés à la tenue du DIC créées par le gouvernement de Kinshasa.

  • Le gouvernement de Kinshasa s'était employé à tergiverser quant à l'entendement de l'opposition politique et la confondait expressément à la classe politique. Avec le souci des rebelles du R.C.D. et du M.L.C. ainsi que celui du facilitateur de voir le DIC se tenir urgemment, cette confusion a été tolérée. Les partis politiques pro-gouvernementaux comme UNAFEC, MSD, ROC, etc. ont été incorporés parmi les partis reconnus de l'opposition politique non armée dits groupe de Contonou comprenant en son temps : l'UDPS d'Etienne Tshisekedi, Fonus d'Olenghankoy, PDSC/Bo-boliko, Palu, M.N.C./L de François Lumumba, MPR-fait privé de Madame Nzuzi wa Mbombo. Ce sont en fait ces partis qui avaient élevé le ton contre la nouvelle dictature de L.D. Kabila et qui avaient revendiqué une table ronde politique pour résoudre les conflits. A ces six partis, l'on a ajouté huit autres proches du pouvoir.
  • Cette difficulté décantée, le gouvernement avait réussi à soulever un autre problème relatif à la représentativité des Chefs Coutumiers, des confessions religieuses et des Maï-Maï au nom de l'inclusivité du DIC alors que parmi les membres de la Société Civile figuraient déjà au moins u chef coutumier, un clergé ou un Maï-Maï ! Toujours dans le souci de voir le DIC se tenir, les rebelles et le facilitateur avaient dû céder devant cette exigence du gouvernement.
  • Le deuxième problème résolu, le gouvernement avec la complicité de quelques membres du Bureau du facilitateur avaient eu à confectionner et déposer auprès de celui-ci et à l'insu des autres composantes, une liste de 20 personnes représentant certaines formations politiques non représentatives sur le terrain afin qu'elles participent nécessairement aux travaux du DIC à Sun City. Le RCD/Goma et le M.L.C ainsi que la composante partis politiques avaient rejeté en bloc cette liste. Le gouvernement menacera de se retirer du DIC si la liste n'est pas validée. Pour sauver ce forum, le Président National de l'UDPS a pu persuader ses collègues d'autres partis et 18 personnes avaient été retenues. Kibassa et Vunduawe ont été écartés afin d'éviter le dédoublement de l'UDPS et du MPR fait-privé au sein du DIC.

 

4. Pendant le déroulement du DIC

Comme avant la tenue du DIC, pendant le déroulement des travaux du DIC à Sun City, le gouvernement s'était employé à créer sciemment des problèmes afin d'empêcher le bon déroulement de ces travaux. Il était devenu tel un bébé sous les bras des autres composantes entrain d'être bercé pour éviter le capotage du DIC !

 

a. Quelques difficultés créées par le gouvernement

Interprétations erronées et tendancieuses des termes pourtant bien expliqués dans l'Accord de Lusaka tels que le nouvel ordre politique et la formation d'une armée nationale et républicaine …

Pour le gouvernement, le nouvel ordre politique impliquait la mise en place des nouvelles institutions sauf l'institution Président de la République et la désignation des animateurs sauf l'animateur de l'Institution Président de la République parce qu'il existe déjà : Joseph Kabila !

Quand on parle d'un nouvel ordre politique, c'est par opposition à un ancien ordre politique en R.D.C. Cet ancien ordre politique n'est autre que celui de L.D. Kabila continué par Joseph Kabila. Cela suppose que le DIC devrait sortir un nouvel ordre politique consensuel contrairement à l'ancien ordre politique issu d'un coup de force.

Au cours du débat, l'on a vu le gouvernement se battre seul comme un diable dans un bénitier pour faire triompher son point de vue. Malgré que la grande majorité des composantes soutenaient le contraire, aucune décision n'avait jamais été prise car il ne s'agissait pas de la décision par la majorité mais par consensus conformément à l'Accord de Lusaka.

Ce qui fait donc que ce point a été renvoyé à la fin des discussions.

Quant à la formation d'une armée nationale et républicaine, le gouvernement soutenait qu'il s'agissait de l'intégration des autres armées dans les FAC qui, selon lui, était bien organisée. A ce sujet, la majorité des composantes avaient soutenu que la formation d'une armée nationale et républicaine devrait se faire par la fusion de toutes les armées (RCD/Goma, MLC et les FAC …). Malgré que le gouvernement soit minorisé, aucune décision n'avait été prise par la majorité. Il a fallu qu'ils s'entendent de manière consensuelle pour arriver à la formule : formation d'une armée nationale, républicaine et intégrée.

 

b. Le gouvernement suspend sa participation au DIC

Les discussions au sein de la commission défense et sécurité avait tourné au vinaigre entre Jean-Pierre Ondekane et Mwenze Kongolo particulièrement. Celui-ci a voulu montrer à celui-là que si l'on fusionnait les armées, il aurait risque de retrouver dans l'armée nationale et républicaine des sujets Rwandais. Contre cette allégation, Ondekane réagira pour lui montrer que RCD/Goma ne commettra pas l'erreur de L.D. Kabila qui, après la victoire de l'AFDL, avait nommé des sujets Rwandais à la tête des FAC et même dans la sécurité de l'Etat, nous ne commettrons pas non plus l'erreur que le gouvernement de Kinshasa a commise, celle d'avoir placé Joseph Kabila, que nous connaissons très bien comme sujet hutu rwandais, au sommet de l'Etat congolais.

Touché par ces révélations troublantes, Mwenze Kongolo les a considérées comme des attaques personnelles et avait vidé la salle ! Le lendemain, le gouvernement décidera de suspendre sa participation aux travaux du DIC prétextant assurément que la localité de Moliro qui lui appartiendrait serait récupérée par le R.C.D./Goma ! Il a fallu que le R.C.D./Goma soit condamné par la MONUC pour que le gouvernement accepte de revenir à la table des négociations à Sun City.

 

c. La signature de l'Accord-cadre de Sun City

Le DIC était prévu pour une durée de 45 jours sans tenir compte des imprévus. Les 45 jours ont été consommés sans qu'un consensus national ne soit dégagé.

Sur la décision de la plénière et avec le consentement du Facilitateur et du Président de la République Sud-Africaine (pays hôte), sept jours ont été ajoutés. Pendant les 52 jours, 37 résolutions ont été adoptées par consensus. Il ne restait qu'à discuter du nouvel ordre politique en R.D.C. quand le 52ème jour touchait à sa fin. Selon la même procédure, le DIC, en sa plénière du 19 avril 2002, et avec le consentement du Facilitateur et du Président Thabo Mbeki décidera de poursuivre le DIC sous un format réduit de 5 délégués par composante. Le gouvernement de Kinshasa y avait consenti.

Cependant, le même jour et dans une chambre de l'hôtel Cascade à Sun City et en présence du ministre Ougandais des Affaires étrangères, le gouvernement, le MLC, quelques partis politiques et membres de la Société Civile signeront en dehors du cadre officiel et à l'insu du Facilitateur Ket Masire, l'Accord-cadre de Sun City et décréteront la fin du Dialogue Inter-Congolais ! Avaient-ils qualité de clôturer à la radio et à la télévision le DIC ?

L'UDPS/Katanga estime que le DIC avait été officiellement ouvert à Gaborone et devait être solennellement clôturé à Sun City par le Facilitateur lui-même.

Ainsi donc, malgré leur départ de Sun City, les non-signataires de cet Accord frauduleux et qui tiennent à poursuivre le dialogue sous son format réduit sont restés aux côtés du Facilitateur Ket Masire et du Président Thabo Mbeki du pays hôte et un des sponsors de ce forum des Congolais. Pour exprimer leur volonté de sauvegarder le DIC, ils ont mis sur pied, l' « Alliance pour la Sauvegarde du Dialogue inter-congolais » A.S.D. en sigle.

 

d. Conséquences de la signature de l'Accord-cadre.

  • l'une des conséquences malheureuses de la signature du frauduleux Accord-cadre de Sun City demeure le retour triomphal des Mobutistes avant la réconciliation nationale prévue par la commission vérité et paix du DIC. Est-ce à dire que Joseph Kabila a craché sur un des acquis chers à son père ? Avait-il oublié pourquoi L.D. Kabila avait démoli le régime de Mobutu ? Les a-t-il approché au nom du principe : qui se ressemblent s'assemblent ? Pourquoi l'AFDL avait combattu le régime Mobutu ? Pourquoi Jean-Pierre Bemba avait pris les armes pour combattre Kabila ? Avait-il combattu pour le partage du pouvoir ou pour la démocratisation de la R.D.C. ?
  • Avec la signature de l'Accord-cadre de Sun City, nous avons compris l'amateurisme de la classe politique congolaise caractérisée par le manque de culture de texte, la corruptibilité, le manque d'idéal, la primauté des intérêts égoïstes et par d'autres émotions négatives.

  • Aucun problème n'est résolu : pas de paix, pas d'unité nationale ni d'intégrité territoriale, pas de réconciliation nationale, pas d'institutions légales et légitimes, pas de constitution de la transition …
  • Continuité de la misère du peuple due au non-paiement des salaires des travailleurs, fonctionnaires et Agents de l'Etat, aux arrestations arbitraires, aux tortures et autres traitements inhumains …
  • Continuité dans la gabegie financière et le détournement des deniers publics par le gouvernement monolithique de Kinshasa.

 

e. De la création de l'Alliance pour la sauvegarde du dialogue inter-Congolais

Déterminés pour que les travaux du DIC se poursuivent sous un format réduit tel que décidée par la plénière du 19 avril à Sun City, le R.C.D./Goma, l'UDPS d'Etienne Tshisekedi, la Dynamique pour la transition neutre de Raphaël Katebe Katoto et d'autres partis politiques ont créé l'Alliance pour la Sauvegarde du Dialogue inter-Congolais, « A.S.D. en sigle ».

L'A.S.D. n'utilise que les moyens diplomatiques pour faire comprendre aux différents partenaires de la R.D.C. que le DIC aillent jusqu'à la fin. Que l'on signe un Accord global, inclusif et consensuel afin d'atteindre les objectifs que ce forum s'est assignés. Pour cela, ils ont déjà rencontré la plupart des Chefs d'Etats africains et des responsables de la SADC, de l'O.U.A. et de l'ONU qui ont admiré le sens patriotique des leaders de l'A.S.D. et leur ont promis de s'y mettre. Ils comptent désormais poursuivre leurs contacts en dehors de l'Afrique.

Les fondateurs de l'A.S.D. leur avaient demandé avec insistance que la pression soit faite sur le gouvernement de Kinshasa et sur les rebelles du MLC pour qu'ils acceptent de revenir à la table des négociations au nom de l'intérêt supérieur de la Nation. Le trio de l'A.S.D. continue à croire que l'essentiel n'était pas le partage du pouvoir mais la réalisation des objectifs assignés au DIC.

 

f. Les réactions du gouvernement contre la création de l'A.S.D.

Dès la création de l'Alliance pour la sauvegarde du dialogue inter-Congolais, le gouvernement de Kinshasa a qualifié le mariage entre le R.C.D./Goma et l'U.D.P.S. de mariage contre nature. Les autres Congolais proches du gouvernement de Kinshasa estiment qu'avec la création de l'A.S.D., l'U.D.P.S. cessait d'être non-violente pour devenir violente !

A cet effet, l'U.D.P.S./Katanga précise qu'au sein de l'A.S.D. chaque parti demeure autonome, c'est-à-dire qu'il n'y a pas eu fusion entre le R.C.D./Goma, l'U.D.P.S. et la Dynamique pour une transition neutre. Un seul objectif les habite, celui de tout faire pour que « les tricheurs » de l'Accord-cadre de Sun City reviennent à la table des négociations.

Faut-il aussi signaler que par le fait même l'U.D.P.S. n'est pas devenue l'allié du Rwanda. Elle est en droit de faire alliance avec tout parti politique, tout mouvement politique congolais qui accepterait que le DIC aillent jusqu'au bout et qu'une solution durable soit trouvée pour sortir le pays du bourbier.

L'U.D.P.S serait-elle devenue violente ? Non. Dès lors que le cessez-le-feu est totalement observé et que nous nous sommes retrouvés au DIC, il n'y a plus de violents, nous sommes tous devenus non-violents et partisans du dialogue comme moyen de résoudre nos problèmes.

Par contre, le gouvernement de Kinshasa a contracté un mariage contre nature avec le M.L.C. de Jean-Pierre Bemba. On le constate après la signature de l'Accord-cadre de Sun City. Les deux ne s'entendent pas et s'accusent mutuellement. Le gouvernement exige la relecture dudit Accord alors que le M.L.C. exige qu'il soit coulé comme tel dans la Constitution de la transition. Plus d'un mois, rien n'est fait !

Peut-on dire que le gouvernement de Kinshasa continue de tergiverser en refusant de respecter le texte de l'Accord-cadre qu'il a pourtant pompeusement signé. Il y a de quoi penser que ce fameux Accord n'était pas l'œuvre du gouvernement – M.L.C. Il serait venu d'ailleurs et probablement de Louis Michel de Belgique.

A ceux qui disent que l'A.S.D. est devenue l'Allié du Rwanda, l'UDPS/Katanga note que si le R.C.D./Goma est soutenu par les Tutsi Rwandais, le gouvernement de Kinshasa vit en symbiose avec les Hutus Intarhamwe rwandais. L'alliance est congolaise et n'a rien à faire avec le Rwanda. Faudra-t-il aussi noter que le Rwanda est au R.C.D./Goma ce que l'Ouganda est au gouvernement – M.L.C.

Ainsi donc, l'A.S.D. disparaîtrait avec le retour à la table des négociations de la coalition gouvernement – M.L.C.

Au vu de ce qui précède, l'UDPS/Katanga :

  • Constate avec regret l'échec du gouvernement de Kinshasa d'assurer le bien-être au peuple et invite celui-ci à choisir la voie du bonheur en dehors de tout esprit tribalo-provincialiste qui ne fait que profiter aux gouvernants ;
  • Condamne énergiquement l'intoxication de la population contre l'A.S.D., une Alliance pourtant salvatrice pour notre pays ;
  • Invite le gouvernement et le M.L.C. à rejoindre le camp des nationalistes qui défendent la continuation du DIC en Afrique du Sud pour conclure un Accord global, inclusif et consensuel ;
  • Note que le mode de prise des décisions au DIC était le consensus et non la loi de la majorité comme le fait prévaloir le camp des signataires de l'Accord-cadre de Sun City.
  • Condamne l'ingérence nuisible de l'Union européenne en général, de la France et de la Belgique en particulier dans le processus des négociations entre Congolais ;
  • Accueille favorablement la résolution du Conseil de sécurité prise le 14 juin 2002 invitant le camp de l'Accord-cadre à rejoindre Sun City pour un Accord global, inclusif et consensuel ;
  • Condamne le silence du gouvernement devant la tuerie des Congolais à Ituri, Bunia, etc., par les militaires Ougandais alors que las massacres de Kinsangani étaient mis a priori sur le dos des Rwandais.

 

Fait à Lubumbashi, le 19 juin 2002

 

 

Président Fédéral a.i.

 

 

 

Bruno TSHIBANGU KABAJI

 

 


[Page principale] [Home page]