UNION
POUR LA DÉMOCRATIE
ET LE PROGRÈS SOCIAL




[Page principale] [Home page] [UDPS au Canada]


LA DÉLÉGATION CONGOLAISE AU SOMMET DE MONCTON (NEW BRUNSWICK)

Le VIIIe sommet de la francophonie a été marqué, le samedi 4 septembre, par la manifestation pacifique d'un groupe de congolais du Canada devant l'hôtel où était logée la délégation de la RD Congo conduite par le président Kabila. Les mobiles de cette manifestation étaient la violation systématique des droits de l'homme et le blocage du processus démocratique.

Le chef de la garde rapprochée du Président Kabila, Maître Mbuyu, a voulu se faire justice et disperser les manifestants à l'aide d'une arme blanche. Pour ses actes violents, il a été arrêté par la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) chargée de la sécurité des lieux. Rélâché à cause du visa diplomatique qui lui avait été donné, le gaillard s'est même adressé à la presse en ces termes : "C'est ne pas la famille d'une personne qui doit combattre le gouvernement d'union nationale!" Pourtant, les manifestants qui n'étaient les membres d'une famille, venaient de partout au Canada.

C'est ne un secret pour personne que quelques-uns des premiers actes du régime de Kabila en RDC aient été les éxecutions sommaires, les tortures et les rélégations des opposants dans leurs villages d'origine. Parmis les deuxièmes actions, on peut citer la suppression pure et simple de tous les Partis politique existant. Les grandes victimes de cette politique de la table rase étaient l'UDPS, le Palu, la presse, la société civile et les défenseurs des droits de l'homme. Dans un premier temps, Kabila a préféré traiter avec les étrangers, ensuite il s'est replié sur quelques ressortissants de sa province d'origine en général et de sa tribu en particulier. Ainsi les postes clés de son gouvernement dit d'union nationale (justice, intérieur et défense nationale) sont entre les mains de ses frères.

Le gouvernement d'union nationale auquel le chef de la garde rapporchée fait allusion devrait, à notre entendement, rassembler toutes les forces vives de la nation. Comment peut-il l'appeler "d'union nationale" alors que l'exclusion en est la règle et qu'une partie importante du pays échappe à son contrôle? D'ailleurs, cette exclusion touche aussi un certain nombre de groupes éthniques du Katanga, province d'origine de Kabila.

Kabila heurte le mur. Il croit remettre le pouvoir au peuple en mettant sur pied les comités de pouvoir populaire (CPP) qui sont en faite des structures préparant la création du Parti unique, structures semblables aux défunts CVR (Corps des Volontaires de la République) et MPR (Mouvement Populaire de la Révolution).

Dès lors, on comprend l'agitation du Président autoproclamé et de son chef de sécurité devant la contestation de la légitimité qu'ils prétendent avoir. Cette agitation, particulièrement chez Maître Mbuyu, a été donc la manifestation de l'intolérance et de la violence, cette violence dont sont quotidiennement nourris les populations congolaises a été exhibé à l'extérieur, dans un pays épris de paix comme le Canada, par un exhalté qui a voulu montrer à son chef son éfficacité à la scène parcequ'il était couvert par l'immunité diplomatique. Est-ce le sens de l'immunité diplomatique? Et si une telle manifestation avait eut lieu au Congo, qu'aurait été le sort de ces manifestants?

Kabila n'admet pas la moindre violation des droits de l'homme dans son pays. Faisant allusion aux manifestants qui dénonçaient les abus commis par son régime à l'extérieur, il prétend que si c'étaient à Kinshasa la population aurait fait toute la bésogne sans l'intervention de la police et "des forces spéciales". Tout est connu au Congo. Les militaires et les policiers sont souvent habillés en civil pour disperser les opposants et on fait croire que c'est la population qui règle les choses. Dans le cas actuel, les opposants sont toujours ceux dont le seul tord est de dire qu'ils ont faim parcequ'ils ne sont pas payés or les salaires font partis de droits. Lorsqu'ils ne sont pas versés, mais détournés par une clique des gens du pouvoir, n'est-ce pas là une preuve de violation des droits de l'homme et du sadisme?

À Moncton la délégation congolaise avait une occasion d'assimiler certaines règles de civilité. Hélas! Elle a raté cette belle occasion de convaincre l'opinion publique internationale par la maladresse et le manque d'humilité de son Président qui, sur les antennes de la télévision canadienne suivie d'un océan à l'autre, n'a pu convaincre personne que son pays était un modèle de démocratie. À la grande surprise du journaliste intervieweur, il a confondu démocratie et démographie. En plus, pour justifier sa mise en quarantaine au sommet, il a commis l'indélicatesse d'accuser les dirigeants du monde libre de rancunniers qui regrettent amèrement l'expulsion de Mobutu du pouvoir. Paranoïa. La brutalisé et la violence ne vont résoudre aucun problème au Congo.

Ben Mwembia Kalambayi
UDPS
Ottawa, Canada


[Page principale] [Home page] [UDPS au Canada]