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[Page principale] [Home page] Ingérence aux assises du Dialogue Intercongolais (DIC) à Sun City (RSA).
Honorables, Membres du Parlement canadien, Par la présente, nous venons dénoncer les ingérences des puissances occidentales au déroulement des assises du DIC. Elles ont pour conséquence la division des Délégués face à la réforme d`État qu`appelle l`ampleur de la crise, rendant ainsi un compromis politique difficile à dégager. En effet, les assises de Sun City destinées à amener des fractions congolaises en conflit, à dégager un accord politique, relatif à l`État de transition, est dans une impasse. Celle-ci découle de la non prise en compte des aspirations nationales. Alors qu`une dynamique se dégage en faveur du renouvellement des institutions de la transition, des puissances occidentales ( France, Belgique, E.U. etc.) cherchent à imposent Joseph Kabila comme Chef d`État pour la période de transition. Cette pratique est un recul par rapport à la maturité politique dont font montre les Congolais devant la gravité de la crise généralisée qui sévit dans leur pays. Comme vous l`avez suivi, lors des discours d`ouverture au DIC, les composantes nationales à ce forum ( RCD, MLC, Opposition démocratique, Société civile), dans leur majorité, ont défini la crise congolaise comme étant une crise d`État. Sa solution passait, dès lors, par une réforme profonde de l`État. Celle-ci devant se traduire aussi bien par la conception des institutions démocratiques, garant de la liberté, la paix, la citoyenneté et de l`unité nationale que par leur mise en place pour la période de transition. Un texte constitutionnel issu du Dialogue Intercongolais, pour être respecté par toutes les composantes, doit recueillir l`adhésion de chacune d`elles. La démission du gouvernement congolais devant cet objectif primordial est irresponsable et mérite que la communauté internationale la condamne. Et pourtant, à la place que des pressions de la part des gouvernements occidentaux ( France, Belgique, USA, Angleterre, etc. ) sur l`organisation des assises, dans le sens de maintenir Joseph Kabila comme Président de la R.D.C. Ceci est à l`encontre de la dynamique de changement démocratique des Délégués congolais à Sun City. Une décision souveraine sur des animateurs des institutions de la transition, le Président de la République comprise, devrait permettre d`installer au Congo un Président crédible et un nouvel ordre politique, capable d`asseoir une culture démocratique et d`organiser des élections transparentes. Une nouvelle culture, caractérisée par le respect des accords, la négociation, le respect des libertés et par la participation politique des citoyens, serait une base pour la paix, l`intégration nationale et le développement. Un pareil ordre politique, garant de la culture démocratique en R.D.C., est désirable par les nationaux aussi bien que par des pays dits « envahisseurs » et par toute la communauté internationale. Les nationaux y verraient la garantie de la reprise du travail, la justice dans la répartition des ressources et de liberté en tant que pouvoir d`agir et donc source du développement. Les pays voisins y verraient l`extinction d`une source d`insécurité pour leur pays, un exemple d`intégration nationale et d`instauration de régime démocratique. La communauté internationale compterait la R.D.C. parmi ses partenaires solvables. En guise de conclusion, l`UDPS-Canada voudrait obtenir qu`il soit laissé aux Congolais la chance d`organiser leur État en toute souveraineté, après une longue exploitation coloniale et une longue dictature du fait de l`Occident. Le Congo est un des pays les plus endettés du monde, dont la dette contractée sous le régime dictatorial n`a pas servi au développement. Pays riche en ressources humaines et naturelles, le Congo a besoin de la démocratie pour démarrer son développement. Celle-ci doit se traduire par une grande participation des citoyens aux activités du développement. Alors, la liberté d`entreprendre, d`association et d`opinion que seule une démocratie profonde peut promouvoir, deviennent l`objectif principal recherché par des Congolais. A défaut, il sera difficile pour la R.D.C et pour la région des Grands Lacs d`Afrique de retrouver la paix, tant les aspirants à la paix et à la démocratie chercheront, par tous les moyens, à chasser tout système autoritaire imposé de l` extérieur. Honorables Députés, Excellences, Membres du corps diplomatique, la crise d`État au Congo est trop aiguë pour qu`on se permette une distraction à un moment décisif pour sa résolution. Elle est à la base de la misère du peuple, de la rébellion, de la nombreuse présence militaire étrangère, avec l`implication directe de cinq pays africains, et de diverses souffrances chez des congolais. Il y a lieu d`espérer que sa résolution démocratique par la rationalité discursive débutée en Afrique du Sud, contribue au rétablissement d`un ordre général dans la région. Il suffit que tous s`inscrivent dans la voie de la réforme profonde de l`État, diagnostiqué comme source du mal. Plutôt qu`imposer Joseph Kabila comme Président contre le gré de la dynamique de Sun City, la communauté internationale, devrait contribuer au respect de la souveraineté des Délégués et à l`implication des parties concernées à la dynamique de la réforme politique.
Marc Kapend [Page principale] [Home page] | |