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Université Libre de Bruxelles (ULB)
Conférence-débat ce jeudi 30 mai 2002
Thème: "Le renouvellement de la Classe politique congolaise: mythe ou réalité?"
Texte intégral de l'exposé du Dr François Tshipamba Mpuila
Représentant de l'UDPS au BELUX
1.Introduction: pourquoi nous concentrer sur un symptôme et non sur la racine même du mal?
Bien que la qualité de l'élite congolaise soit l'un des thèmes essentiels de la crise congolaise, sa programmation, ce jour, nous inspire néanmoins de l'inquiétude, voire même de l'angoisse. En effet, l'organisation d'une conférence, maintenant, sur le thème "Renouvellement de la Classe politique congolaise: mythe ou réalité?", nous fait penser que le fond de la crise congolaise, les enjeux et le problème fondamental et urgent à résoudre ici et maintenant ne sont ni identifiés ni compris. Néanmoins, dans notre exposé, nous irons, du thème proposé, dans la profondeur de la question. D'où, nous intitulons plutôt le même thème de la conférence de la manière suivante:
"La médiocrité de l'élite congolaise: conséquence des systèmes d'asservissement, condition de leur survie et obstacle à la libération"
L'état de santé de l'élite d'un pays ne peut pas être étudié isolément de l'ensemble de la société. Il est l'un des reflets, l'un des symptômes, l'une des manifestations, l'une des caractéristiques d'un système politique et de société, et donc un problème de structures politico-sociales, de mentalité et d'esprit et non un problème d'âge. Problème de société, il affecte toutes les couches, toutes les catégories et toutes les tendances de la population et toutes les dimensions de la vie sociale. La médiocrité est donc générale et y baignent les hommes politiques, les religieux, les fonctionnaires, les intellectuels, étudiants, les professeurs, les paysans, les parents, les enfants…
Un système politique d'asservissement secrète nécessairement une élite médiocre. La médiocrité signifie ici la pauvreté de la densité ontologique et axiologique de la victime. Un système démocratique secrète nécessairement une élite excellente. Analysons succinctement ces deux systèmes.
2.Un système politique d'asservissement
2.1. Différents systèmes d'asservissement et leurs produits
Les systèmes d'asservissement, ci-après, se sont abattus sur notre pays: la traite des esclaves, la colonisation, la dictature de Mobutu, la dictature de LD Kabila, la dictature de Joseph Kanambe. Et le pouvoir illégitime et illégal que les amants diaboliques Kanambe-Bemba s'apprêtent à installer au Congo, avec l'aide de la France et de la Belgique, et qui aggravera inéluctablement la crise.
Ils ont produit, de par leur nature, leurs mécanismes de fonctionnement et leurs stratégies de survie, une élite médiocre. Et cette élite médiocre devient à son tour la condition de survie et de maintien du système, l'obstacle à la sortie du système et le blocage à la libération. Et plus le système perdure, plus l'élite sombre dans la déchéance humaine et toute la société se décompose et meurt.
2.2. Illustration de l'élite médiocre produite par les systèmes d'asservissement
La traite des esclaves avait secrété les Kapitas fournisseurs d'esclaves, la colonisation les Kapitas médaillés et le projet néocolonialiste des années 1960 le groupe de Binza. La dictature de Mobutu avait hérité du groupe de Binza avant d'engendrer ses propres pures créatures qui furent par après regroupés dans la "Mouvance présidentielle"; la dictature de LD Kabila a amené ses propres créatures appelés les "kabilistes". Ce sont eux qui entourent aujourd'hui Joseph Kanambe. Au coeur de l'arrangement Kanambe-Bemba se trouvent réunies les créatures de Mobutu et celles de Kabila. C'est la cohabitation fatale, dans un même corps (dans la société congolaise), par le choléra (kabilistes) et la peste (mobutistes). Un tel corps meurt nécessairement. L'arrangement Kanambe-Bemba engendrera à son tour une classe politique encore plus médiocre faite de véritable pègre qui détruira et pillera davantage le Congo et plongera le Peuple dans une misère et une souffrance encore beaucoup plus indescriptibles. Il n'en sera pas autrement.
La médiocrité signifie ici la pauvreté de la densité ontologique et axiologique de l'homme, l'absence de consistance de l'être profond d'une personne et de tout répère des valeurs morales et spirituelles.
2.3. Les autres caractéristiques communes à tous ces systèmes d'asservissement
- Mépris de la dignité du peuple en tant que peuple et de son droit inaliénable d'être souverain sur son territoire, c'est-à-dire d'être, à l'instar des autres peuples, la source et le fondement du pouvoir politique, de sa légitimité, de son organisation et de son exercice au Congo. Le pouvoir vient de l'extérieur du pays et est assuré par les opportunistes et les aventuriers, agents d'affaire des intérêts étrangers. C'est aux peuples esclaves qu'on impose de l'Extérieur des institutions et des dirigeants politiques.
- Relations, non de partenariat, mais de servitude et de dépendance politique, militaire, économique, culturelle… avec les parrains extérieurs dont le système tire sa légitimité, sa protection et sa survie.
- Mépris de la dignité de chaque personne humaine par la violation de ses libertés politiques et civiles et de droits fondamentaux. Or, ces libertés et ces droits ne sont pas des épiphénomènes, des attributs accessoires ou des appendices greffés sur notre nature humaine. Ils sont des facultés naturelles de l'homme. Leur respect constitue la reconnnaissance minimale de notre dignité humaine. Un être sans liberté ni droit est soit un esclave, soit un animal, soit un objet. Chacun des systèmes d'asservissement qui ont régne au Congo n'a pas reconnu notre statut d'êtres humains comme des autres peuples.
- Pour s'intaller, un ystème d'asservissement recourt à la terreur, à la violence, à l'intervention des parrains étrangers, à la corruption et à la division de la population par la création des conflits ethniques et tribaux artificiels.
- Le monopole de l'activité politique est réservé à un parti: le Parti-Etat dont le dictateur est le Père-Fondateur. Le Parti-Etat est animé d'une idéologie qui devient la vérité officielle de l'Etat. Les institutions de l'Etat tels que la présidence de la République, le gouvernement, le parlement, les cours et tribunaux deviennent les organes du Parti-Etat. C'est le règne de la pensée unique, du monolithisme idéologique, politique, social et moral. C'est le conformisme avilissant, appauvrissant et mortel.
- Le Parti-Etat se donne le monopole des moyens de force et de persuasion. L'Armée n'est pas au service de la Nation et du Peuple, mais un instrument au service d'une minorité au pouvoir. Les mass medias publics de l'Etat sont monopolisés par le Parti-Etat et transformés en instruments de propagande, d'intoxication et d'abrutissement de la population.
- Le dictateur identifie sa personne à l'Etat, sa volonté arbitraire à la loi, l'Armée et les richesses nationales à sa propriété privé. L'Armée devient la milice privée du tyran. L'Etat, le droit et la loi sont absents tels qu'ils existent dans la société démocratique moderne.
- Pour sa propre survie, un système d'asservissement bloque l'émergence d'une élite responsable, patriotique et démocratique, capable de défendre les aspirations, les revendications et les intérêts du Peuple. Les hommes politiques ne sont pas issus de la volonté du Peuple. Ils sont de pures créatures de la volonté arbitraire d'un individu, le dictateur. Celui-ci les nomme ex nihilo, les révoque, fait et défait leurs fortunes. Ils ne représentent pas les aspirations du Peuple et ne défendent pas les intérêts de ce dernier auprès du dictateur. Ils sont nommés pour servir la volonté arbitraire du tyran. Ils ne deviennent pas de vrais acteurs politiques, ils sont des esclaves de leur maître, les caisses de résonance et les amplificateurs de sa volonté arbitraire.
- Ils sont soumis à une idéologisation qui les vide de toute leur substance ontologique et axiologique, les imprègne des anti-valeurs telles que le goût de l'argent facile, la conception de la politique comme source d'enrichissement et de domination, le clientélisme, le despotisme, le favoritisme, le tribalisme, l'égoïsme, le détournement des deniers publics, l'impunité des criminels, les mensonges, l'esprit du mercenariat et du profit…
- Produits finis du système, ces "hommes politiques", tous les âges confondus, deviennent des loups sans scrupule, ni remords, ni gène, dressés contre leur propre nation et contre leur propre peuple. Ils se coalisent avec des étrangers avec qui ils détruisent et pillent leur pays. Ils affament leurs compatriotes et les plongent dans une misère et une souffrance indescriptibles. Ils se nourrissent du sang de leurs compatriotes.
- Ces individus sont sans culture politique et sans aucun respect des textes, des engagements pris et de la parole donnée; des hommes sans dignité, sans amour propre et sans personnalité; des hommes facilement corruptibles et manipulables; des hommes sans consistance et sans idéal. Ce sont opportunistes et des aventuriers, des mercenaires dans leur propre pays; agents d'affaire des intêrêts étrangers.
- Ces hommes deviennent les défenseurs du système et bloquent tout effort tendant à sortir de ce système. Ils deviennent l'obstacle à la solution de la crise. Et aussi longtemps que les systèmes d'asservissement perdurent au Congo, notre élite sera médiocre et le deviendra toujours davantage.
- Toutes les activités de la société (activités économiques, sociales, professionnelles, religieuses, intellectuelles et autres) sont incorporées à l'Etat et soumises à la vérité officielle et au monolithisme idéologique, politique, social, moral et spirituel. Les Acteurs économiques, sociaux et religieux et l'intelligentsia deviennent ainsi, non des groupes de pression sociale, morale et spirituelle sur les dirigeants politiques comme dans une société démocratique, mais les agents du Parti -Etat et les instruments serviles utilisés par le tyran pour mâter et asservir la population. Une faute économique et professionnelle devient une faute idéologique et politique et est punie par une terreur à la fois idéologique et policière.
Conclusion: c'est donc une contradiction dans les termes que de parler de "renouvellement d'une élite" dans un système d'asservissement. C'est un non sens de chercher dans un tel système une élite excellente.
2.4. Tout système d'asservissement et d'exploitation produit, malgré lui, ses fossoyeurs
Dans le "Mythe de la Caverne" de Platon, un homme a fini par soupçonner que ce qu'il devait exister quelque part plus de lumière que dans la Caverne et que ce qui était présenté sur l'écran placé devant tout le monde comme la vérité pouvait être autre chose que la vérité. Il est sorti de la Caverne au prix de tant d'efforts et de sacrifices et a découvert que c'est à l'Extérieur que se trouvaient la lumière et la vérité. Il a découvert qu'un rayon lumineux entrait dans la Caverne par un petit trou et projetait sur l'écran, comme dans une salle de cinéma, les ombres des hommes assis dans la salle. Rentré dans la Caverne pour réveiller ses compatriotes de leur torpeur et leur révélait la vérité, il n'a pas été cru. Il a été même persécuté et traité de fou. C'est au prix de dur labeur, d'abnégation et de sacrifice qu'il a poursuivi son apostolat, convaincu un petit nombre avec lequel il a pu provoquer progressivement une véritable libération mentale de ses compatriotes.
Des hommes pareils existent dans tout système d'asservissement et d'exploitation. Il n'est pas possible de dominer, d'exploiter et de tromper toute une société et tout un peuple éternellement. Le capitalisme a secrété, sans le vouloir et ni le prévoir, le socialisme comme son antidote. La colonisateurs a, parmi les évolués, secrété malgré elle les chanteurs de la Négritude et ceux qui ont exigé l'indépendance. La dictature a produit, malgré elle, ses destructeurs, l'opposition patriotique et démocratique.
3. Un système politique démocratique
Un système politique démocratique secrète nécessairement, de par sa nature, ses mécanismes de fonctionnement et les valeurs véhiculées, une élite excellente. Et les exigences d'un système démocratique obligent inéluctablement l'élite à s'améliorer indéfiniment. Et une élite poussée ainsi à devenir toujours plus excellente devient le moteur de l'amélioration toujours inachevée du système démocratique.
Les caractéristiques du système démocratique
- Etat de droit: c'est une communauté d'hommes fixée sur un territoire propre et ayant une organisation politique d'où résulte une puissance suprême d'action, de commandement et de coercition. Cette organisation politique aide l'Etat à se constituer, encadre la vie sociale en proclamant l'unité et la cohérence du système juridique. Mais l'Etat de droit n'est démocratique que s'il admet l'idée de la souveraineté populaire.
- Souveraineté populaire
- Contrairement à la logique dictatoriale qui impose toutes les décisions politiques, les institutions et les dirigeants d'en haut et par la force, et le peuple est ici la source le fondement du pouvoir politique, de sa légitimité, de son organisation et de son exercice. Le peuple se choisit librement les institutions et les dirigeants politiques du pays. La définition la plus simple de la démocratie, "le gouvernement du peuple par le peuple", n'acquiert son plein sens qu'en considération de ce qu'elle exclut: le pouvoir d'une autorité qui ne procéderait pas du peuple. L'autorité est ici fondée sur la volonté de ceux qu'elle oblige et sur leur libre adhésion.
- La subordination de la vie politique aux aspirations, aux revendications et aux besoins de la population et aux rapports entre les acteurs politiques et les acteurs sociaux. Les acteurs sociaux rappellent contsmment aux acteurs politiques leurs promesses électorales et les intérêts des gouvernés.
- Le respect des libertés politiques et civiles et des drois fondamentaux de la personne humaine. La charpente des constitutions des pays démocratiques est constituée par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. D'ailleurs, le respect de la souveraineté du peuple et le respect de ses libertés et droits fondamentaux sont corrélatifs. Un peuple ne peut se choisir ses institutions et ses dirigeants que s'il jouit de ses libertés et de ses droits: droit de vote, liberté d'expression, d'opinion, de pensée, de réunion, d'association…
- La limite du pouvoir des gouvernants: il est limité par le respect des libertés politiques et civiles et par les lois constitutionnelles qui explicitent ces libertés et ces droits.
- La représentativité: le pluralisme idéologique, politique, intellectuel et social se trouve représenté aussi bien à la Base que dans les diffréntes sphères du pouvoir. Les intérêts de chaque couche, de chaque catégorie et de chaque courant se trouvent ainsi protégés et défendus par ses délégués. Un homme politique ne tombe pas d'en haut de par la volonté arbitraire d'un tyran comme dans un système dictatorial, il vient d'en bas, il vient du peuple, il est mandaté par une une portion de la population et est nécessairement un vrai acteur politique.
- La citoyenneté: le système démocratique, par la culture politique acquise grâce au débat démocratique généralisé, à la formation et à l'encadrement des membres dans les partis politiques et dans les organisations de la société civile, sort quelqu'un de l'esclavage et le transforme en citoyen. Un citoyen est celui qui a une conscience aiguë d'appartenir à une collectivité politique (commune, province, état, nation), à une communauté fondée sur les valeurs républicaines et soudée par une culture et une histoire à l'intérieur des frontières nationales. Cette appartenance se définit par des droits, des devoirs, des garanties, des responsabilités et des revendications politiques et sociales. Les citoyens ont une conscience aiguë de leurs libertés et de leurs droits et de leur caractère inviolable; ils en sont jaloux et sont prêts à tout sacrifier pour les défendre. Ils s'intéressent à la gestion de leur pays, se considèrent comme les acteurs et les moteurs de leur libération, de leur propre histoire et du développement de leur pays.
- L'égalité politique: tous les citoyens sont égaux devant la loi et devant la protection que celle-ci procure. Ils jouissent également l'égalité des chances. Le système démocratique tend ainsi à réduire les inégalités sociales, par les droits sociaux et au nom des droits moraux, de sorte que l'Etat démocratique reconnaît à ses citoyens les moins favorisés le droit d'agir, dans le cadre de la loi, contre un ordre inégal. Les membres les plus faibles de la communauté politique ont ainsi le droit, de la part de leur gouvernement, à une attention et à un respect égaux à ceux que les membres les plus puissants s'assurent pour eux-mêmes. Ainsi, si certains individus ont la liberté et le pouvoir de prendre des décisions, tous les individus doivent jouir de la même liberté. Et ces appels doivent être entendus par les gouvernants, car il y va de la paix, de la stabilité politique, de la cohésion et de l'intégration sociales.
- Les mécanismes de controle de pouvoir et de pression sociale et morale. Parmi les mécanismes de controle de pouvoir se trouvent la représentativité du pluralisme idéologique et politique dans toutes les sphères du pouvoir, la séparation des pouvoirs, le parlement, l'opposition politique, la presse, les élections, la vigilance quotidienne des citoyens… Les mécanismes de pression sociale et morale sont exercés par les organisations interprofessionnelles (syndicats), les confessions religieuses, les organisations de défense des droits de l'homme, les milieux universitaires, les organisations de la jeunesse...
- La conception de l'Etat:
- L'Etat est le titulaire, le support et le siège du pouvoir politique: il y a donc dissociation entre le pouvoir et celui qui l'exerce. Un individu ne peut ici, comme dans le système dictatorial, identifier sa personne à l'Etat, sa volonté arbitraire à la loi, l'Armée et les richesses nationales à sa propriété privée.
- L'Etat est une institution dotée d'une constitution: les lois sont au-dessus de tous, y comrpis des gouvernants.
- L'Etat est l'arbitre et le régulateur des dialectiques: Il régule la concurrence, les tensions et l'affrontement des forces en présence; détermine la mesure de leur victoire et procure à la dialectique le cadre qui permet d'aboutir à un dépassement et non à une destruction.
- L'Etat est l'expression de l'unité, de la souveraineté et de la conscience nationales: quand la Nation est menacée, toutes les forces en présence dépassent leurs antagonismes, s'unissent pour sauver la valeur suprême qui est la Nation, se tournent vers l'Etat, se confient en lui et sont prêtes à lui obéir et à le soutenir dans ses décisions importantes pour défendre et sauver la Nation.
- Le rôle des partis politiques dans une société démocratique
- Les partis politiques constituent un élément essentiel dans l'organisation et le fonctionnement de toute société démocratique. En effet, celle-ci est organisée et fonctionne avec les partis politiques (côté politique) et les organisations de la société civile. Nous voulons insister, ici, sur le rôle, méconnu dans notre société, des partis politiques dans la formation et le renouvellement de la classe politique.
- Un parti politique est un groupe social qui sollicite le soutien et le suffrage populaire en vue d'accéder au Un parti pouvoir et de s'y maintenir pour réaliser son projet de société. Son organisation dans le temps et dans l'espace dépasse la durée de vie et l'influence personnelle de ses dirigeants.
- Fondements d'un parti politique: Quelle est la nature de l'appel qui rassemble les membres d'un même parti politique et qui maintient leur unité?
- Un même projet de société, un même idéal politique, une même idéologie, un même programme;
- Les mêmes intérêts sociaux, économiques et extra-économiques;
- L'organisation, l'implantation à la base et la discipline
- L'exercice direct du pouvoir politique
4) Fonctions des partis politiques dans une société:
- Ils participent à la légitimation des institutions politiques et de leurs animateurs;
- Ils recensent les aspirations, les revendications et les besoins de la population, les définissent, les articulent, les hiérachisent, en formulent les priorités et les thématisent sous forme d'un projet de société;
- Ils rassemblent les citoyens autour d'un même projet de société, des intérêts politiques, sociaux, culturels, économiques et extra-économiques; Ils les encadrent, les entraînent à intérioriser l'idéal poursuivi par le parti et à le vivre et assurent la mobilisation électorale;
- Ils forgent la conscience nationale et démocratique du peuple et ils lui apprennent les valeurs républicaines, civiques, patriotiques et démocratiques;
- Ils livrent au pays le personnel politique: ils assurent la formation politique de leurs membres et choisissent, parmi ses meilleurs cadres, les candidats aux élections communales, provinciales, législatives et présidentielles;
- Ils assurent le pluralisme idéologique et politique; participent au débat démocratique et permettent ainsi à la démocratie de fonctionner, d'évoluer et de chercher des solutions aux problèmes de la population;
- Ils protégent les minorités menacées par le système politique dans lequel ils vivent;
- Ils permettent, quand ils sont dans l'opposition, au mécanisme de controle de l'exercice du pouvoir, de fonctionner, et partant aider les gouvernants à améliorer la gestion de l'Etat et ils contribuent au progrès général de la société;
- Ils affectent la valeur de la représentation, de la stabilité et de l'efficacité du gouvernement; ils conditionnent également la façon dont les divers partis qui le composent agissent dans le système politique;
- Ils constituent des instruments de modernisation particulièrement efficaces car ils favorisent l'unification de la Nation et la sécularisation de la société; et ils organisent la mobilisation des énergies, à travers une organisation et une discipline particulières, pour le développement du pays.
4. Conclusion
Nous lançons ce jour, du haut de cette tribune, un appel pressant à tous les Congolais en général et à ceux résidant en Belgique en particulier. Le Congo et les membres de nos familles respectives vivant au Congo sont aux soins intensifs. Tous les paramètres vitaux sont au rouge pour la pays et pour ses habitants. Nous-mêmes, ici à l'Etranger, sommes victimes de la discrimination et du mépris. Et quelle que soit notre situation ici à l'Etranger, nous ne serons jamais mieux que chez-nous, si nous faisons de notre beau et riche pays un Etat de droit souverain, démocratique, moderne et prospère. Nous serons enviés par le monde entier.
Ne nous focalisons pas sur un symptôme. La cause profonde de tous nos malheurs est connue: c'est l'absence d'Etat et d'un pouvoir politique démocratique et légitime, depuis 1960 à ce jour. La solution durable et définitive est aussi connue: c'est l'instauration d'un Etat de droit souverain et démocratique. Organisons-nous, certains dans les partis politiques, les autres dans les organisations de la société civile, attaquons tous ensemble le mal à sa racine et extirpons-le à jamais de notre société. Le monde entier nous regarde: relevons tous ensemble ce défi. Je vous remercie.
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