UNION
POUR LA DÉMOCRATIE
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Communiqué de presse

A la rencontre de ce vendredi 29 novembre 2001, l'UDPS a rappelé à M. Louis Michel sa position sur les réunions d'Aboudja et de Bruxelles: La crise congolaise est née en 1960 et entretenue jusqu'à ce jour par les blocages successifs de la dynamique positive interne et du consensus national et l'imposition au Peuple Congolais des schémas néfastes conçus à l'Extérieur

Réf.: RBL/UDPS/BELUX/DE/093/01

Hier vendredi 29 novembre 2001, sur invitation de M. Louis Michel, Vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, un groupe de congolais représentant environ 45 organisations congolaises de la diaspora (partis politiques et société civile) s'est retrouvé au Cabinet du ministère belge des Affaires Etrangères. L'UDPS y était présente. Nombreux participants étaient des barons du régime Mobutu: Kengo Wa Dondo, Kamanda Wa Kamanda, Albert Ndele, Victor Nendaka Mbika, Mokolo Wa Pombo, Mutombo Bakafwa Nsenda...

L'objet de la réunion s'est avérée, sur place, être double: le rapport de M. Louis Michel sur la tournée de la Troïka européenne en Afrique centrale et l'avis des Congolais sur la réunion, «préparatoire du Dialogue Intercongolais, DIC» (sic) que M. Louis Michel compte organiser à Bruxelles, pour l'Opposition politique et la Société civile congolaises, en janvier prochain.

1. L'option néfaste de M. Louis Michel dans la crise congolaise

L'UDPS a rappelé son soutien total et ses encouragements adressés à M. Louis Michel, lors de l'arrivée de ce dernier au Ministère des Affaires Etrangères, pour l'intérêt qu'il avait suscité pour le Congo en Belgique, en Europe et dans le monde. Et l'UDPS avait démontré à M. Louis Michel et à ses Conseillers, à travers des échanges directs et des documents, que le ministre devait, pour l'intérêt du Peuple Belge et celui du Peuple Congolais, soutenir, dans toute son action, l'instauration d'un Etat de droit souverain et démocratique au Congo.

L'UDPS a dû vite déchanter. Chantre de la fermeté envers l'Extrême droite (Haider en Autriche) et envers les dictateurs (Pinochet au Chili) et du soutien aux forces démocratiques dans ces deux pays, le ministre belge a affaibli plutôt les forces démocratiques congolaises en rendant le tyran LD Kabila fréquentable et en l'élevant au même niveau que les forces démocratiques. Comme il fallait s'y attendre, LD Kabila s'entêta et radicalisa la dictature et la logique de la violence. Au lieu de résoudre la crise congolaise, il l'aggrava. Et M. Louis Michel en a sa part de responsabilité.

Après l'assassinat de LD Kabila le 16 janvier 2001, le ministre belge soutient publiquement le Camp Kabila, rend impossible la tenue du DIC pour prolonger le pouvoir militaire et dictatorial de Joseph « Kabila » et le pillage des richesses nationales et n'envisage la tenue du DIC qu'au moment où il (M. Louis Michel) sera sûr d'y imposer son pion Joseph «Kabila» aux Congolais comme Président de la République de la Transition. Parmi les preuves de ce soutien, l'UDPS a cité notamment le contenu des textes que présente M. Louis Michel, depuis la présidence belge de l'Union Européenne, au Conseil Européen pour adoption sur la crise congolaise; les rapports émanant des membres de l'UDPS présents dans l'entourage de M. Joseph «Kabila» et de M. She Okitundu, les déclarations indiscrètes et les confidences dévoilées par les membres du Camp Kabila. L'UDPS a attiré l'attention de M. Louis Michel sur le fait que ses pions de Kinshasa s'illustrent tristement par l'immaturité humaine et le manque criant d'un minimum de culture politique et que c'est ainsi qu'ils étalent sur la place publique tous les projets et les plans qu'il (M. Louis Michel) fomente avec eux.

L'UDPS a invité M. Louis Michel à abandonner définitivement son option actuelle qui va inéluctablement prolonger et même aggraver la crise ainsi que la souffrance du Peuple Congolais.

2. Le paternalisme de M. Louis Michel et le blocage du DIC par ses initiatives

L'UDPS a condamné l'attitude de M. Louis Michel consistant à concevoir unilatéralement tout, et tout seul, à partir de Bruxelles, sur le Congo et à vouloir l'imposer au Facilitateur et aux Congolais. Il entreprend ses initiatives et les exécute sans concertation préalable avec ceux qui sont les premiers acteurs et les premiers concernés: les leaders des 5 composantes congolaises au DIC et le Facilitateur. Certaines initiatives sont même parallèles à celles du Facilitateur et des leaders congolais ou même court-circuitent leur travail, les bloquent, les fragilisent, sèment la confusion, désorganisent le terrain et défont ce que les leaders congolais et le Facilitateur sont en train de construire ensemble en faveur du DIC. Bref, M. Louis Michel bloque la dynamique interne et le consensus national en cours et la tenue rapide du DIC.

L'UDPS souhaite que toutes les initiatives de M. Louis Michel, si bienveillantes soient-elles, soient préalablement soumises à la concertation avec les leaders de toutes les 5 composantes au DIC et avec le Facilitateur et qu'elles s'exécutent avec leur implication et sous la supervision du Facilitateur.

2. Blocage de la dynamique interne et du consensus national en cours

La dynamique positive, déclenchée depuis l'Accord de Lusaka, s'est intensifiée depuis la réunion de Gaberone (20-24 août 2001) entre toutes les 5 composantes au DIC et un consensus national était déjà en train de se construire entre ces composantes. A Gaberone, une volonté politique positive s'était créée parmi toutes les 5 composantes au DIC pour mettre fin à la crise. Le Pacte républicain y a été signé par toutes les composantes. A Addis-Abeba (15-23 octobre 2001), toutes les composantes, à l'exception du Camp Kabila qui avait claqué la porte de la réunion et fui le débat démocratique, ont progressé dans ce consensus en harmonisant leurs positions notamment sur le caractère inclusif du DIC, le nouvel ordre politique à venir, le réglement d'ordre intérieur et l'ordre du jour du DIC.

Concernant notamment le caractère inclusif du DIC, les composantes présentes à Addis-Abeba avaient élargi la composition de chaque composante (Opposition politique, Société civile, Camp Kabila et rébellions armées) et intégré les femmes, les syndicats, les confessions religieuses et la diaspora.

L'UDPS est convaincue que ceux qui ont initié la réunion d'Aboudja entre les belligérants en décembre 2001 et programmé la réunion de Bruxelles entre les non-belligérants en janvier 2001 veulent retarder le plus possible la tenue du DIC et même rendre la tenue du DIC impossible, prolonger la crise en faveur du Camp Kabila et du pillage des richesses nationales, casser la dynamique positive interne et le consensus national en cours entre toutes les composantes, diviser les Congolais en belligérants et en non-belligérants, et, parmi les non-belligérants, opposer ceux de la diaspora à ceux de l'Intérieur du pays.

3. La médiocrité de l'élite congolaise était au rendez-vous

3.1. Ignorance coupable

L'UDPS s'est publiquement étonnée et attristée en constatant que les participants qui prétendaient être les représentants des partis politiques et les responsables de la Société civile de la diaspora n'étaient ni en possession et ni même au courant des conclusions de la réunion d'Addis-Abeba tenue il y a un mois. Ils ignoraient que beaucoup de questions et de problèmes qu'ils posaient à la réunion et dont ils attendaient des réponses de M. Louis Michel, notamment la participation de la femme et de la diaspora au DIC, avaient déjà été résolus à Addis-Abeba par les Congolais.

Ils ignoraient aussi que le quotidien belge, La Libre Belgique, avait publié le jour même de la réunion (29 novembre 2001), l'interview de M. Azarias Ruberwa et de M. Olivier Kamitatu, les n°2 respectivement du RCD/Goma et du MLC (deux mouvements rebelles) et que ceux-ci avaient exprimé des réserves sur l'organisation de la réunion par M. Louis Michel à Bruxelles en janvier prochain. Certains Représentants des partis politiques dont les Directions politiques sont à Kinshasa, ont soutenu, séance tenante, l'initiative de M. Louis Michel en ignorant que leurs Directions politiques avaient déjà exprimé, à Kinshasa, aux côtés de l'UDPS, des réserves sur la dite initiative.

4.2. M. Louis Michel transformé en Parrain politique et en Maître à penser

L'UDPS a stigmatisé, séance tenante, l'attitude indigne adoptée par certains Congolais envers M. Louis Michel, attitude consistant à solliciter auprès de lui la légitimité et le certificat de leur participation au DIC, et à attendre de lui des réponses à tous leurs propblèmes. Le ministre belge s'est même montré désagréablement surpris et gêné par cette attitude et l'a fait remarquer à ses interlocuteurs en abondant dans le sens de la remarque faite par l'UDPS.

L'UDPS a conseillé aux intéressés de s'impliquer dans la dynamique interne et dans le consensus national en cours, d'envoyer leurs délégations à Kinshasa pour négocier avec les forces démocratiques internes au lieu de s'accrocher au cou du ministre belge, d'attendre tout de lui et d'encourager un schéma qu'on tente de nous imposer, encore une fois, de l'Extérieur pour bloquer, comme dans le passé, la dynamique interne et le consensus national et qui va aggraver la crise et la souffrance de notre Peuple.

4.3. Représentants d'eux-mêmes et de leurs propres intérêts individuels

L'UDPS s'est publiquement étonnée que les participants qui prétendaient être les représentants et les responsables des organisations démocratiques (partis politiques et société civile) engagent, sur un problème aussi grave et qui venait de leur être soumis par M. Louis Michel séance tenante, leurs soit-disantes organisations sans juger nécessaire d'aller d'abord consulter leurs directions politiques ou leurs bases respectives. L'UDPS le leur a suggéré, sur place, en vain. C'est la preuve supplémentaire que plusieurs organisations n'existent que de noms et que ceux qui se disent représentants et responsables de ces organisations ne dépassent pas une seule personne et sont en même temps la direction politique et la base. Ils ne représentent qu'eux-mêmes et leurs intérêts individuels.

5. La crise est née au Congo depuis 1960 et entretenue jusqu'à ce jour par les blocages successifs de la dynamique interne et du consensus national

Les réunions d'Aboudja et de Bruxelles ne sont pas les premières, dans l'histoire nationale, où la coalition formée par l'Extérieur et une minorité de compatriotes opportunistes et aventuriers casse la dynamique positive interne et le consensus national entre les Congolais, et impose un schéma néfaste initié et planifié de l'Extérieur. Et ce sont ces schémas imposés de l'Extérieur qui sont à la base de la crise congolaise depuis 1960 à ce jour.

a) En 1960, la dynamique positive interne et le consensus national issus de la Table Ronde de Bruxelles et qui avaient donné lieu à la Loi Fondamentale de mai 1960, aux institutions démocratiques et aux dirigeants démocratiquement élus en mai 1960, ont été cassées par la coalition Extérieur/Groupe de Binza avec Mobutu comme chef de file, par la révocation illégale du Premier ministre le 5 septembre 1960, le coup d'Etat militaire du 14 septembre 1960 et l'assassinat du Premier ministre le 17 mai. Une dictature néocoloniale fut imposée à notre Peuple jusqu'au Conclave de Lovanium (22 juillet-2 août 1961).

b) Le 2 août 1961, le Parlement légal, convoqué au Conclave de Lovanium en session extraordinaire sur pression des forces patriotiques et démocratiques, relança la dynamique positive interne et le consensus national interrompu en 1960 et mit en place un Gouvernement d'Union Nationale dirigé par M. Cyrille Adoula, Premier ministre plébiscité par le Parlement. Le Premier ministre fut contraint, sans l'aval du Parlement, par la coalition Extérieur/Groupe de Binza avec Mobutu comme chef de file, à vider son gouvernement de patriotes et de démocrates et à les remplacer par les agents néocoloniaux. Le gouvernement légal, légitime et voué à la cause populaire fut ainsi transformé en un gouvernement néocolonial imposé au Peuple et dévoué aux intérêts égoïstes de l'Extérieur et d'une minorité de Congolais.

c) Le 24 novembre 1965, le coup d'Etat militaire perpétré par la coalition Extérieur/Groupe de Binza, dont Mobutu était le chef de file, bloqua la dynamique positive interne et le consensus national issus des élections locales, provinciales et législatives qui avaient déjà été organisées sur base de la Constitution démocratique de Luluabourg rédigée par une Commission extra-parlementaire réunie à Luluabourg du 10 janvier au 14 avril 1964, légitimée par le réferendum populaire et promulguée le 1er août 1964 par le Président Kasa-Vubu. Une dictature néocoloniale fut imposée au Peuple Congolais pendant plus de trois décennies (1965-1997).

d) Le 1er décembre 1992, le coup d'Etat militaire perpétré par le Camp Mobutu bloqua la dynamique positive interne, le consensus national et la mobilisation populaire pour la construction nationale issus de la Conférence Nationale Souveraine (CNS), laquelle Conférence avait mis en place les fondements d'un Etat de droit souverain et démocratique moderne.

e) Le 17 mai 1997, l'AFDL a, à partir d'un schéma initié et planifié de l'Extérieur, accédé au pouvoir par un coup d'Etat militaire contre le régime Mobutu. L'AFDL, non seulement bloqua comme le régime Mobutu, l'application des Résolutions de la CNS, mais annihila même les libertés politiques et civiles et les droits fondamentaux qui étaient déjà respectés du vivant même de Mobutu entre 1990 et 1997; nous ramena à la période d'avant 1990 dans le domaine du processus démocratique par le retour du Parti-Etat; de la pensée unique; du monolithisme idéologique, politique, social et moral; le retour à une constitution personnelle (décret-loi n° 003), taillée sur la mesure du tyran et qui est l'expression et l'institutionnalisation de sa volonté arbitraire; le retour à la période coloniale dans le domaine des tortures par la réapparition des mutilations et de la peine de fouet... La crise s'aggrava.

f) Le 26 janvier 2001, Joseph «Kabila», mis en place à partir d'un schéma imposé de l'Extérieur par les troupes angolaises et zimbabwéennes, poursuit la logique dictatoriale de LD Kabila; bloque la tenue du DIC et la dynamique interne et le consensus national qui y mènent.

6. Conclusion

L'UDPS invite le Peuple Congolais à soutenir la dynamique positive interne et le consensus national en cours et à s'opposer à tous les schémas néfastes qu'on tente de nous imposer, encore aujourd'hui, de l'Extérieur. L'UDPS interpelle la Communauté internationale pour qu'elle appuie la dynamique positive interne, le consensus national en cours et la volonté politique positive qui se sont déclenchés entre toutes les 5 composantes congolaises depuis Gaberone en vue de parvenir ensemble à une solution politique durable de la crise.

Fait à Bruxelles, le 30 novembre 2001.

Pour le Bureau de Représentation de l'UDPS/BELUX

Dr François Tshipamba Mpuila
Représentant

Contact:

- Représentant: 8 Pachthof, 3010 Leuven, Tél. 016/25.97.81; GSM 0475/33.89.34
- Représentant-Adjoint: Ir Victor Nzuzi Kabamba: 26/29 Rue de Vlogart, 1060 Bruxelles, GSM 0498/80.36.20
- Directeur du Cabinet: Dr Ir Grégoire Mbuyi Kamba: 48/301 Verte Voie, 1348 Louvain-La Neuve, Tél. 010/45.22.12
- Conseiller: Ir Raphaël Kashala Mutambayi: 59 Tiensenstraat, 3020 Aarschot, GSM 0477/233.968
- Conseiller: Dr Pharm. Félicien Shambuyi Ngombo Mukendi: 24/47 Champ des Hirondelles, 1970 Wezembeek-Oppem, Tél. 02/731.16.72


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