Communiqué de presse

La position de l’UDPS/BELUX sur la désignation des délégués de l’Opposition politique congolaise extérieure au Dialogue Intercongolais

Réf. : RBL/UDPS/DE/016/02

 

  1. La phase ultime de notre combat : les forces démocratiques doivent impérativement triompher au DIC. Nous devons les aider à travers nos délégués

Le Dialogue Intercongolais (DIC) débutera très probablement le 25 février prochain en Afrique du Sud (Sun City). Il constitue l’étape ultime de notre combat. Ce forum tant réclamé et attendu par l’ensemble de la société congolaise depuis le hold up de l’AFDL le 17 mai 1997 devra apporter la solution politique appropriée et définitive à la crise congolaise. Il devra :

A l’issue du DIC, nous devrons enfin devenir nous aussi, comme les autres peuples, des citoyens libres et heureux et un peuple respecté dans sa dignité en étant souverain sur notre territoire, c’est-à-dire la source et le fondement de tout pouvoir politique au Congo, de sa légitimité, de son organisation et de son exercice. Nos libertés politiques et civiles et nos droits fondamentaux seront enfin respectés. Nous élirons nous-mêmes, démocratiquement, nos dirigeants politiques et nous serons enfin les premiers bénéficiaires des richesses nationales.

Cette aspiration profonde et légitime de la population ne sera réalisée que si, au DIC, les forces démocratiques l’emportent sur les forces tyranniques, les opportunistes, les aventuriers, les bourreaux et les pilleurs. Donc, chaque voix, venue de l’Intérieur et de l’Extérieur du pays, sera importante dans les débats et dans les décisions à ce forum. Que tous les membres de l’UDPS extérieure en soient plus que conscients et veillent, dans leurs pays hôtes respectifs, à ce qu’ils ne soient pas le tremplin utilisé par les mobutistes, les kabilistes, les personnes peu sûres, les traîtres, bref tous ceux qui nous ont amenés à la tragédie actuelle pour aller au DIC. Une fois arrivés au DIC, avec notre bénédiction et complicité, ou à cause de notre indifférence, léthargie et ignorance coupables, tous ces requins, loups et vautours, censés être partis nous représenter, combattront les forces démocratiques et notre Leader.

D’orès et déjà, nous dénonçons le comportement irresponsable et coupable de l’UDPS/France qui a permis à un individu comme Kamanda Wa Kamanda d’être présenté comme le délégué de toute l’Opposition politique congolaise de France! Ce penseur du mobutisme est l’un des géniteurs de la 3ème Voie conçue en 1994 et qui avait bloqué de 1994 à 1997 l’application des Actes de la CNS. Il quitta le Gouvernement Légal de la Transition pour entrer dans le gouvernement illégal mobutiste en 1994.

De 1994 à 1997, le processus démocratique fut bloqué et la dictature ressuscita. La répression aveugle et sanglante s’abattit sur l’UDPS et sur les autres forces démocratiques, et plusieurs des nôtres sont morts sous les tortures dans des prisons ou jetés dans le fleuve en pâture aux crocodiles. Kamanda, porte-parole de ses victimes d’hier : qui l’eût cru ? Et encore aujourd’hui, à une réunion organisée à Bruxelles le 24 novembre 2000, il s’était violemment attaqué à notre Président National. Nous ne l’avons jamais vu dans des réunions de l’Opposition, ni dans des manifestations politiques, ni dans des Sit-In. Juste quelques interviews et déclarations deavant la presse. Il ira au DIC pour bloquer la poursuite du processus démocratique et combattre notre Leader. Et l’UDPS/France en porte une très lourde responsabilité. A quoi bon d’avoir lutté tant d’années pour la liberté et enfin envoyer au forum décisif un poison contre notre projet de société et contre notre Leader?

  1. Le sens exact des mots pour rétablir la vérité, rendre justice à qui de droit et barrer la route aux opportunistes
    1. Débarrassons-nous de l’héritage politique du mobutisme et du kabilisme des hommes politiques éthérés et des délégués acosmiques sans attaches ni liens politiques avec la population ni avec ses aspirations

Dans le mobutisme et le kabilisme, un homme politique est un être descendu telle une génération spontanée, d’un buisson ardent. Il est une pure créature de la volonté arbitraire du tyran. Il n’est pas membre d’un parti politique, il est dans le Parti-Etat (MPR, AFDL, CPP). Il n’est pas nommé suite à un concours ou sur base des critères objectifs. Il n’est pas non plus délégué par un groupe d’opinion ou par une partie de la population dont il défendra les revendications et les aspirations. Il est nommé pour être une caisse de résonance du Guide ou de M’Ze, son amplificateur, l’exécutant servile de sa volonté arbitraire. S’il a une partie de la population derrière lui, il doit s’employer pour en faire des soumis et des esclaves du Chef. En récompense, ces hommes ainsi nommés recevaient du Chef la bénédiction de voler impunément et ils n’avaient de compte à rendre qu’au tyran et non au Peuple. L’idéologisation les a imprégnés des anti-valeurs jusqu’à la moêlle et a fait d’eux des produits finis et des fruits mûrs de la pensée, des actes et des enseignements de leur Chef. Ils n’ont aucune pensée politique, aucun projet de société. Ils ne penseront jamais à l’Intérêt Supérieur de la Nation et ne respecteront jamais les libertés et les droits du Peuple dont ils n’ont que du mépris: ils sont irrémédiablement égoïstes.

Pour une société et une organisation démocratique, un homme politique est un porte-parole, un délégué d’une partie de l’opinion ou d’une partie de la population. Il ne défend ni ses idées ni ses intérêts, mais de ceux qui l’ont délégué. Il n’est leader que par la volonté de ceux qui l’ont élu. Il est l’émanation d’une partie de l’opinion et de sa société. Il est membre d’un parti politique, c’est-à-dire d’un groupe social sollicitant le suffrage et le soutien de la population en vue de l’exercice direct et de la conservation du pouvoir politique afin d’appliquer son projet de société. Il participe à la vie de son parti politique.

Le parti politique a pour rôle de recencer les aspirations de la population, de les définir, de les hiérarchiser et de les thématiser sous forme d’un projet de société qui est présenté à la population lors de la campagne électorale. Il mobilise la population autour de ce projet de société; encadre politiquement les citoyens et forge en eux la conscience patriotique et démocratique; Il contribue à former les dirigeants politiques du pays en encadrant politiquement ses cadres et en choisissant les candidats aux élections parmi les meilleurs de ses cadres; il participe à la construction de l’Etat, à la vie démocratique à travers les débats et les propositions et à la légitimation des institutions et des dirigeants politiques; il contribue à l’amélioration de la gestion du pays quand il est dans l’Opposition par ses critiques contre la majorité au pouvoir…

2.1.1. Les délégués de l’Opposition politique congolaise extérieure au DIC : de qui seront-ils alors l’émanation et les porte-parole? Autrement dit: qu’appelle-t-on l’Opposition politique extérieure ?

Les opportunistes ont répandu l’idée erronée selon laquelle cette Opposition n’est composée que des formations et des plate-formes politiques de l’Opposition ne se trouvant qu’à l’Etranger et ont réussi à séduire la bonne foi, la naïveté et l’ignorance des membres de la Facilitation et de certaines Composantes au DIC non bien informés de la véritable réalité de l’Opposition extérieure. Ces tricheurs diffusent cette contre-vérité dans la presse congolaise et internationale et sur l’Internet sous couvert d’auteurs anonymes ou interposés sans avoir, comme nous, le courage et l’honnêteté de signer eux-mêmes et en toute transparence leurs écrits. Les échanges que nous avons eus ici en Belgique avec les délégués de la Facilitation et avec les membres de différentes Composantes au DIC ont permis de détruire les mensonges, de rétablir la vérité et de rendre justice à qui de droit.

Nos arguments contre cette idée:

2.1.2. Qu’appelle-t-on une forme politique démocratique ?

L’Opposition politique, extérieure et intérieure, est forcément démocratique car elle se définit dans son essence même par sa lutte contre la dictature pour instaurer un Etat de droit démocratique au Congo. Donc, les formations politiques qui se battent contre la dictature sont ipso facto démocratiques : elles doivent avoir des racines dans le Peuple dont elles enregistrent les aspirations.

Une Opposition démocratique totalement extérieure au pays est une contradiction dans les termes car une organisation n’est démocratique que si elle a ses racines dans le Peuple dont elle reçoit le mandat et défend les aspirations. Pour nous répondre, toutes les formations et plates-formes politiques se trouvant ici à l’Extérieur nous avaient répondu, dans le premier temps, qu’elles avaient leurs Bases et une partie de leurs Directions politiques au pays. Vrai ou faux, force est de constater que ces Directions politiques et ces Bases n’ont pas pu s’affirmer comme des partenaires crédibles et incontournables au sein de l’Opposition politique intérieure, et n’ont pas été retenues parmi celles qui ont des délégués au DIC.

      1. Quand un déficit et une faiblesse se transforment en un avantage et en une qualité !
      2. Dans le 2ème temps, se croyant toujours plus malins que nous, ces hommes nous ont affirmé que leurs formations et plates-formes ne sont qu’à l’Extérieur, que l’Opposition politique extérieure ne se définit plus désormais que comme étant composée uniquement des formations et plates-formes ne se trouvant qu’à l’Extérieur et que le choix d’un délégué appartenant à une formation ou plate-formation se trouvant à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du pays et dont la formation ou la plate-forme a déjà un délégué à partir du pays pour le DIC serait une double représentation.

        Le déficit et la faiblesse de ces formations et plates-formes à l’intérieur du pays ne peuvent se transformer, sponte sua, en avantage et qualité à l’extérieur au point que ces formations et plates-formes, sans s’être affirmées ici à l’extérieur comme des partenaires crédibles et incontournables, exigent d’exclure de la course les formations et les plates-formes qu’elles ont trouvées ici à l’extérieur enracinées depuis des années dans la lutte et ayant forgé la réalité même, l’identité, la consistance et la crédibilité de l’Opposition extérieure, elles exigent d’être les seules formations et plates-formes habilitées à déléguer leurs hommes au DIC au nom de toute l’Opposition extérieure! Quelle tricherie? Quel sophisme? Quelle étroitesse d’esprit?

      3. La différence entre les délégués issus des formations ou plates-formes politiques de l’intétieur et ceux issus de l’Opposition extérieure

Argument des opportunistes pour éliminer les vrais délégués de l’Opposition politique congolaise extérieure : les opposants se trouvant ici à l’extérieur et membres des formations politiques existant à l’intérieur du pays et déjà retenus pour le DIC ne peuvent pas être les délégués de l’Opposition extérieure, car ce serait une double représentation pour ces formations politiques.

Cet argument est erroné car, à l’intérieur du pays, chaque formation politique choisit ses délégués et ceux-ci présenteront au DIC le projet de société de leur formation politique ou de leur plate-forme, tandis qu’à l’extérieur, les délégués sont choisis par une assemblée composée de représentants de toutes les formations et plate-formes politiques existant à l’extérieur dans le pays concerné, et ces délégués iront présenter au DIC, non le projet de leurs formations ou plate-formes politiques respectives, mais le projet rédigé par les formations et les plate-formes ensemble.

2.2. L’UDPS ne peut sanctifier ce qui est un recul par rapport à sa lutte et à ses résultats positifs acquis au prix du sang

Dans tous les cas de figure, l’UDPS doit traiter avec mépris et rejeter sans nuance l’idée d’une formation ou d’une plate-forme politique congolaise qui n’existerait, aujourd’hui’hui, qu’ici à l’extérieur. En effet, depuis 1980, l’UDPS a installé le combat contre la dictature pour la démocratie au sein de notre Peuple et au coeur même de la dictature. Accepter et encourager l’idée d’une formation politique qui n’existe qu’à l’extérieur aujourd’hui, c’est reculer de 22 ans. Le combat à partir de l’intérieur du pays a coûté à nos leaders et à nos membres les arrestations, les emprisonnements, les bannissements, les traitements inhumains, cruels et dégradants, les relégations, les tortures, les licenciements, les infirmités physiques et mentales, les expropriations et même la mort.

Mais ce combat et les sacrifices endurés par nos membres de 1980 à 1990 n’ont pas été vains. Nous avons arraché beaucoup d’acquis positifs qui constituent aujourd’hui le patrimoine patriotique et démocratique de notre combat. Les Congolais ont été débarrassés de leur pire ennemi, la peur. Ils ont pris conscience de leurs libertés politiques et civiles et de leurs droits fondamentaux. Ils se sont mis à réclamer, avec nous dans les rues au Congo même, la fin de la dictature et l’instauration d’un Etat de droit démocratique. Le dictateur Mobutu avait fini par avouer publiquement l’échec généralisé et flagrant de son régime en 1990. Il perdit sa légitimité politique lors des consultations populaires de janvier-février 1990 et sa légitimité juridique en démissionnant de la présidence du MPR Part-Etat le 24 avril 1990. La fin du Parti-Etat fut proclamée le 24 avril 1990 et le pluralisme politique et idéologique fut officiellement et publiquement annoncé le même jour par le tyran lui-même. Le débat démocratique s’instaura partout dans le pays. Les mécanismes de controle de pouvoir et de pression sociale et morale virent le jour et imposèrent progressivement leur légitimité et leur autorité.

La Conférence Nationale Souveraine se tint à la demande générale (7 août 1991- 6 décembre 1992), refit la lecture de l’histoire du Congo, diagnostiqua la cause profonde et la nature de la crise congolaise et balisa notre avenir en dotant le Congo de fondements d’un Etat de droit souverain et démocratique. Tout ce que Mobutu fit, entre 1992 et 1997, pour bloquer bloquer ce processus irréversible, ne lui réussit pas. Le Peuple s’en désolidarisa. Le régime Kabila tenta à son tour, à partir du 17 mai 1997, de bloquer ce processus et même de nous ramener à la période d’avant 1990. Le peuple s’en désolidarisa encore une fois et le régime Kabila aggrava la crise.

Les membres de l’UDPS présents à l’extérieur se sont enfui du Congo pour échapper à la répression et la plupart à une mort certaine. Ils gardent tous l’espoir de rentrer au Congo dès que la dictature aura été défaite et tout son appareil de répression, de propagande et de renseignement démantelé et l’Etat de droit démocratique instauré.

  1. Le cas de la Belgique

Pour la place de deux délégués, sept candidats se sont présentés le dimanche 3 février dernier : Me Nimy, M. Mpeti, M. Otete, Me Mutombo Bakafwa Nsenda, Mme M’Poyo Kasa-Vubu, Me Ndala et le Dr Fr. T. Mpuila. Me Nimy s’est retiré au soir du jour même et a confirmé son désistement le lundi 4 février. Me Mutombo Bakafwa Nsenda s’est présenté comme une étoile filante dans la salle et a jugé bon de laisser sa présentation et à sa défense aux soins de son délégué Jibi Ngoyi.

Les critères ci-après ont été retenus de commun accord pour départager les candidats :

Il est clair que le candidat de l’UDPS est parmi les rares candidats qui remplissent avec brio tous ces critères. L’Assemblée élective, composée de représentants de formations et plates-formes politiques, ci-après, et invités par le Délégué de la Facilitation, départagera les candidats le week-end prochain :

Nous pensons que cette Assemblée est composée de vrais opposants et des hommes mûrs, des hommes qui veulent être représentés au DIC par les délégués qui sont l’amanation de l’Opposition extérieure, des hommes sûrs et constants qui n’iront pas combattre, au DIC, le projet de l’Opposition politique et les leaders de l’Opposition,

L’élection de deux délégués sera suivie de celle de deux suppléants.

4. Conclusion

L’UDPS/BELUX lance un appel vibrant à tous les membres de l’UDPS extérieure et à tous les membres des formations et plates-formes qui ont mené le combat ici à l’Etranger, sans considération du critère erroné inventé par les opportunistes en lieu et place de nous tous de n’être qu’à l’extérieur, de se jeter, là où ils résident, dans la bataille de la désignation des délégués de l’Opposition extérieure au DIC. Il s’agit d’un enjeu ultime à ne pas négliger.

Fait à Bruxelles, le 8 février 2002.

Pour le Bureau de Représentation de l’UDPS/BELUX

Dr François Tshipamba Mpuila

Représentant

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