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POUR LA DÉMOCRATIE
ET LE PROGRÈS SOCIAL




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Les révélations tristes mais malheureusement nécessaires de Sun City

 

Réf.: RBL/UDPS/DE/DIC/002/02

Sun City nous a appris plusieurs leçons, notamment sur la Classe politique congolaise, la Société civile, les belligérants, la Facilitation, le Président Thabo Mbeki, nos partenaires et bien sûr sur l'UDPS notre très Cher Parti. Nous nous focalisons aujourd'hui sur certaines révélations, ci-après, que la Cité sud-africaine du Soleil nous a livrées nous a généreusement livrées.

  1. La séléction naturelle s'est spontanément opérée: la reconstitution de deux Composantes au lieu de 5: la Mouvance présidentielle et la vraie Opposition politique.
  2. Paris, Bruxelles, leurs pions de Kinshasa et de Gbadolite et certains membres de la Facilitation agissant pour les intérêts de Paris et de Bruxelles avaient mis en place plusieurs stratégies pour réaliser leur complot ourdi de longue date. L'une de ses stratégies consistait à exercer des pressions sur le RCD, notamment à Abudja (décembre 2001) et à Génève (février 2002) pour que ce dernier accepte le partage de pouvoir entre les trois belligérants, avec Kabila comme "Primus inter pares". Vu le refus du RCD, Paris et Bruxelles mirent au point l'arrangement Kabila-Bemba avec l'espoir de l'imposer par toutes sortes de pressions, de campagnes, d'astuces et de ruse au RCD et à toutes les autres Composantes. C'est donc la fermeté du RCD qui est un des éléments qui, d'une part a sauvé la substance du DIC et qui a permis au DIC de se tenir sous la forme de Sun City, avec un ordre du jour complet adopté par les délégués eux-mêmes, et d'autre part permis à toutes les Composantes de donner à Sun City leur vision sur les questions fondamentales telles que le Nouvel Ordre Politique, les Institutions, les Animateurs de la Transition, la formation de l'Armée…

    Le DIC étant devenu inévitable, la deuxième stratégie a consisté infiltrer et à affaiblir la Composante "Opposition politique" et la Composante "Société Civile/Forces Vives". La Composante "Opposition politique" fut transformée en un four-tout: la vraie Opposition a été contrainte d'accepter, au sein de sa Composante, les agents avérés de Bruxelles, de Paris et du pouvoir militaire et dictatorial de Kabila. Les vrais patriotes et démocrates membres de la Société civile ont été écartés et remplacés par les clients de Kabila.

    Mais chasser le naturel, il revient au galop. L'arrangement Kabila-Bemba initié et conclu dans les capitales occidentales, la façon dont il a obtenu les signatures des autres délégués, son impact néfaste sur l'issue du DIC et la recomposition de l'espace politique congolais qu'il a créé révèlent ce qui suit:

    1. La Mouvance Présidentielle. Elle est composée des opportunistes et aventuriers, vestiges et victimes des systèmes d'asservisssement - dont les deux derniers sont plus de trois décennies du mobutisme et cinq ans de kabilisme - et des campagnes d'abrutissement menées à longueurs des journées sur nos populations à travers les mass médias publics de l'Etat. Ces opportunistes et aventuriers qui bloquent la solution définitive et durable à la crise, se sont révélés eux-mêmes à Sun City: les deux belligérants et leurs alliés signataires de l'arrangement Kabila-Bemba. Leurs alliés sont les agents et les taupes qui étaient injectés par milliers dans la Composante "Opposition politique" et dans la Composante "Société Civile/Forces vives". Ces alliés sont des individus méprisables, sans personnalité, sans idéal, facilement manipulables et corruptibles, prêts à sacrifier la population pour 1000 $US et à vendre leur âme et leur pays pour un poste ministériel.
    2. La vraie Opposition. Elle est composée de vrais patriotes et de vrais démocrates. Ils n'ont pas signé l'arrangement Kabila-Bemba. Ils ont résisté à la corruption, aux intimidations, au clientélisme, à la ruse, à la magouille, aux combines nocturnes et aux offres de postes ministériels, pratiques dans lesquelles le gouvernement Kabila et le MLC ont excellé à Sun City et par lesquelles ils se sont désormais rendus tristement célèbres. La vraie Opposition se caractérise par la culture des textes et par le respect du droit et de la loi, des principes adoptés, de la parole donnée ainsi que des engagements pris. Ils veulent que les textes ci-après soient respectés: l'Accord de Lusaka signé le 10 juillet, le 31 juillet et le 31 août 1999 par tous les belligérants impliqués dans le conflit congolais, la Déclaration des principes fondamentaux des négociations politiques intercongolaises signée par les trois belligérants congolais le 4 mai 2001 à Lusaka, le Pacte Républicain signé à Gaborone le 24 août 2001 par les participants à la réunion technique préparatoire du DIC et le Réglement d'ordre intérieur du DIC adopté à Sun City par toutes les Composantes au DIC.
  3. L'existence des compatriotes à l'esprit faible, superficiel et étroit
  4. Après Sun City, un problème concret et grave se pose à la conscience de nous tous. Nous savons tous que la solution définitive et durable à la crise congolaise est fondamentalement politique et réside dans un Accord politique transparent, consensuel, inclusif et global issu des organes officiels du travail du DIC et conformément au mode de décision prescrit dans l'Accord de Lusaka et dans le Réglement d'Ordre Intérieur du DIC. Cet Accord a déjà été obtenu, à partir du Plan II du Président Mbeki, sur les questions fondamentales tels que le Nouvel Ordre Politique, les Institutions politiques et citoyennes, certains Animateurs de la Transition, la durée de la Transition et la gestion démocratique de tous les secteurs de la vie nationale (cfr 37 résolutions adoptées au DIC). Restaient deux questions limitées: le Conseil supérieur de la République et le Conseil de la défense. Une journée de négociations aurait suffi à vider ces deux questions.

    Nous savons aussi que brusquement, les aventuriers et les opportunistes qui, par définition et principe, n'aiment pas des solutions transparentes et préfèrent la magouille, les combines nocturnes, la corruption, la ruse et la tricherie, ont fait échouer le travail de 52 jours des négociations. Ils ont bloqué la progression vers cet Accord attendu par toute notre population et par la Communauté Internationale, manipulé les esprits faibles, méprisables et indignes et les ont amenés, sur base de la corruption, des intimidations, du chantage, du clientélisme et de la promesse des postes ministériels, à signer un arrangement privé et informel dont M. Louis Michel, ministre belge des affaires étrangères, est le géniteur et l'architecte, un arrangement qui, au lieu de résoudre réellement la crise, va l'aggraver. Et ce n'est pas M. Louis Michel qui en pâtira, mais nos populations et nous-mêmes.

    Curieusement, certains compatriotes font preuve d'une étroitesse d'esprit et d'une déchéance humaine inimaginables: ils laissent en paix M. Louis Michel et ses pions congolais qui ont bloqué l'Accord tant attendu, qui ont fui le Dialogue et qui s'apprêtent à mettre à exécution leur plan à Kinshasa. Ces compatriotes s'acharnent contre ceux qui restent fidèles à l'Accord de Lusaka, à la Déclaration des principes fondamentaux des négociations politiques intercongolaises, au Pacte Républicain et au Réglement d'Ordre Intérieur du DIC. Ils s'attaquent contre ceux qui oeuvrent pour un Accord politique inclusif et global nécessaire pour résoudre la crise et essaient de s'organiser pour l'obtenir. Quelle attitude suicidaire?

  5. L'exploit de Louis Michel
  6. Une autre révélation lugubre est le fait que, 42 ans après l'indépendance du Congo, M. Louis Michel a, à partir de son bureau de Bruxelles et grâce au controle exercé par son ambassadeur omniprésent à Sun City sur les pions de Kinshasa et de Gbadolite, réussi à manipuler plusieurs congolais réunis à Sun City et réaliser, à plusieurs kilomètres de distance, son plan machiavélique contre la recherche de la solution définitive et durable de la crise congolaise.

  7. Que faire alors? Des pressions

Les opportunistes et les aventuriers qui ont fui le Dialogue sont incapables de comprendre par eux-mêmes que leur attitude est nuisible à la Nation et à eux-mêmes à long terme. Seules les pressions pacifiques et même militaires peuvent les ramener à la table des négociations pour parachever le travail presque fini.

Mobutu n'avait pas compris de lui-même et malgré notre insistance que la démocratisation du pays par l'application des Résolutions de la Conférence Nationale Souveraine était bénéfique pour toute la Nation et même pour lui-même et pour sa famille. Rappelez-vous dans quelles conditions il a dû quitter le pouvoir. Il est allé mourir loin de sa terre natale et des siens, et il a été enterré comme un chien.

LD Kabila n'avait pas compris de lui-même et malgré notre insistance, la nécessité d'organiser le Dialogue Intercongolais à Kinshasa dès son accession au pouvoir et de procéder, de façon négociée et en toute transparence, au rapatriement des forces étrangères dans leurs pays respectifs. Il a recolté la tempête. Rappelez-vous dans quelles conditions il est mort. On a beau le proclamer Héros national et lui construire des mausolées: L'histoire, la vraie et non celle que certains courtisans essaient de manipuler et falsifier, le classera parmi les dictateurs à l'esprit rétrogade, parmi les hommes qui s'étaient trompés d'époque et de peuple et qui avaient retardé l'insertion de leurs pays dans le concert des nations libres, civilisées, démocratiques et prospères.

Nos compatriotes du gouvernement de Kinshasa et du MLC ont prouvé, par l'acte irresponsable qu'ils ont posé à Sun City, qu'ils ont été incpabales, par eux-mêmes, de s'inspirer de leçons de l'histoire. Ils comptent sur leur Maître à penser Louis Michel et sur la naïveté et l'ignorance actuelles de nombreux compatriotes. Leurs campagnes d'intoxication et de mensonges, à travers les mass médias publics de l'Etat, contre les vrais patriotes et les vrais démocrates tels que M. Etienne Tshisekedi, semblent porter des fruits dans certains milieux. Mais c'est une victoire apparente et à court terme. Ni LD Kabila ni certains compatriotes n'avaient saisi la vérité contenue dans nos propos lorsque nous leur avions dit en 1997 et en 1998:

  • que la guerre et ses atrocités étaient, non la cause porofonde de la crise, mais l'une des parties visibles de l'iceberg, l'un des symptômes de la crise et que la cause profonde de la crise était politique et consistait dans l'absence de l'Etat et de la démocratie et la transformation subséquente du Congo en une jungle;
  • que la solution à la crise et donc à la guerre était l'instauration d'un Etat de droit souverain et démocratique au Congo, et la seule façon d'y parvcenir était l'organisation à Kinshasa, par LD Kabila, du Dialogue Intercongolais;
  • qu'il faut résoudre de façon transparente et réelle le problème posé par nos voisins relatif à l'insécurité créée sur leurs territoires respectifs à partir du Congo (Rwanda, Angola, Burundi, Ouganda…) et que ce problème ne pouvait être mieux résolu que si le Congo devenait un Etat de droit souverain et démocratique;
  • qu'il faut cultiver, entre les congolais et entre les congolais et leurs voisins, les sentiments de solidarité et de respect et confiance mutuels, de sécurisation et d'enrichissement culturel et racial réciproques, de création de sous-ensembles régionaux de coopération politique, culturelle, économique… et;
  • qu'il faut absolument bannir la culture, à tout point de vue nuisible à l'auteur et à la victime, de la haine, de la violence et de la vengeance jadis véhiculée par les colonisateurs au sein des ethnies rwandaises les unes contre les autres et au sein des ethnies congolaises les unes contre les autres pour diviser les noirs afin de mieux les dominer politiquement et les exploiter économiquement, haine entretenue aujourd'hui par les politiciens opportunistes et aventuriers noirs en manque de projet de société politique démocratique et crédible et incapables de s'imposer devant leurs adversaires politiques sur base des arguments pertinents et conhérents.

Au lieu de mieux écouter et de de réfléchir sur le message de l'UDPS, ils se sont plutôt épuisés dans de vains efforts pour dialobiliser M. Etienne Tshisekedi et notre Parti; ils ont juré qu'ils ne négocieraient jamais avec les pions et les marionnettes de l'Ouganda et du Rwanda; ils ont recouru à la campagne de mensonges et aux armes pour vaincre militairement la rébellion et ils ont promis à la population et au monde entier qu'ils ameneraient la guerre jusqu'à Kampala et Kigali. Ils paraphrasaient ainsi les propos qu'avait tenus Mobutu, insensible aux conseils du même Tshisekedi et de l'UDPS, à l'égard de l'AFDL.

Le même LD Kabila rencontra plusieurs fois Museveni et Kagame, sans prévenir au préalable la population, en qui il avait injecté la haine contre les rebelles et contre l'Ouganda et le Rwanda. Et pire encore, après ces entretiens, il n'en fit aucune fois, à la population, le compte rendu.

De 1998 à 1999, LD Kabila et ses acolytes ne remportèrent de victoire militaire ni sur la Rébellion ni sur l'Ouganda et le Rwanda. Il ne recupérèrent même aucune localité conquise par la Rébellion. Entretemps, la guerre et ses atrocités continuaient à sévir sur les popuplations congolaises en général et sur les populations du Kivu en particulier, lesquelles populations du Kivu continuaient devraient donc se rendre compte que LD Kabila et son régime sont en fait leur premier bourreau, en fournissant aux forces étrangères l'alibi de leur maintien au Congo.

En juillet et août 1999, LD Kabila se retrouva, comme Mobutu sur Outenica face à LD Kabila, à la même table avec les rebelles "pions et les marionnettes de l'Ouganda et du Rwanda" et même avec l'Ouganda et le Rwanda pour signer l'Accord de paix Lusaka. Et après avoir signé l'Accord, LD Kabila en bloqua l'application. Il oeuvra pour le maintien des troupes rwandaises sur le territoire congolais en concluant des alliances avec les génocidaires interahamwe et les Ex-FaR…, offerant ainsi l'excuse largement utilisée par ce pays pour se maintenir au Congo. Mais grâce aux pressions, le cessez-le feu fut respecté et le DIC eut lieu à Sun City.

Que tous ceux, congolais et partenaires étrangers, qui sont lucides, qui comprennent les enjeux et la nécessité de l'Accord politique consensuel, inclusif et global pour résoudre la crise de façon définitive et durable, soutiennent ceux qui oeuvrent pour l'obtention de cet Accord et intensifient des pressions sur M. Louis Michel et sur ses pions de Kinshasa et de Gbadolite.

Fait à Bruxelles, le 12 mai 2002

Pour le Bureau de représentation de l'UDPS/BELUX

Dr François Tshipamba Mpuila

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