UNION
POUR LA DÉMOCRATIE
ET LE PROGRÈS SOCIAL




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Communiqué de presse

Rappel de la position de l'UDPS à la veille de l'ouverture de la réunion de M. Louis Michel : «M. Louis Michel dépense l'argent du contribuable belge pour aggraver la crise congolaise et les souffrances de notre Peuple»

Réf. : RBL/UDPS/DE/006/02

L'UDPS ne participera pas à la réunion organisée par M. Louis Michel à Bruxelles, du 15 au 16 janvier 2002, pour des raisons ci-après:

1. Mépris de la Lettre du 26 novembre 2001

L'Opposition politique avait, le 26 novembre 2001, adressé à M. Louis Michel, à partir de Kinshasa, une lettre dans laquelle elle (Opposition politique) demandait de plus amples informations sur la raison d'être et la mise en oeuvre pratique de son initiative afin de l'enrichir et de contribuer à sa réussite. M. Louis Michel n'a jamais répondu à cette lettre. Au contraire, son Ambassadeur à Kinshasa a communiqué à la presse congolaise, il y a une semaine, quelques indications prises unilatéralement par M. Louis Michel sur l'organisation et les objectifs de sa réunion au mépris de la lettre du 26 novembre 2001.

2. Préservation des acquis positifs vers l'application de l'Accord de Lusaka : une dynamique positive interne et le consensus national.

Dans notre combat pour l'instauration d'un Etat de droit démocratique au Congo, l'UDPS refuse la politique qui nous a été imposée jusqu'à ce jour par une minorité de Congolais soutenus par certains étrangers : l'éternel retour en arrière, l'éternel recommencement. Nous combattons la culture de la table rase continuel. Nous tenons à préserver les acquis positifs de notre combat, à en consolider les étapes déjà parcourues et à progresser en avant en nous appuyant sur les progrès déjà enregistrés dans le passé. Parmi les résultats positifs acquis dans la réalisation du volet politique de l'Accord de Lusaka, il y a la dynamique positive interne déclenchée depuis la réunion de Gaberone (20-24 août 2001) , dynamique où se trouvaient engagées et impliquées toutes les 5 composantes prévues au Dialogue (Opposition politique, Société civile, Camp Kabila, MLC et RCD).

Grâce à cette dynamique, un consensus national s'était amorcé et concrétisé dans le Pacte Républicain signé le 23 août 2001 par toutes les 5 composantes à Gaberone et dans le Communiqué Conjoint signé le 23 octobre 2001 à Addis-Abeba par l'Opposition politique et l'Opposition armée sur l'harmonisation de leurs points de vue concernant notamment le caractère inclusif du Dialogue, le nouvel ordre politique à venir, le réglement d'ordre intérieur et l'ordre du jour du Dialogue.

Concernant la réunion d'Addis-Abeba, le Camp Kabila, au lieu de rester à la table des négociations politiques avec les autres composantes, défendre ses positions à l'aide des arguments valables et négocier pour arriver à un compromis, avait préféré claquer la porte, fuir le débat démocratique et venir crier, à l'intention de l'Occident, à l'échec de la réunion d'Addis-Abeba et solliciter des appuis extérieurs pour continuer à imposer la dictature à notre Peuple.

Où sont des divergences dont M. Louis Michel parle tant ? Les divergences existent plutôt entre ce que M. Louis Michel veut nous imposer et notre conception, en fait entre le Camp Kabila et toutes les autres composantes.

Au lieu d'exercer des pressions sur le Camp Kabila pour qu'il s'implique dans la dynamique collective, défende ses positions à l'intérieur de cette dynamique et négocie avec les autres composantes, M. Louis Michel a cassé cette dynamique et ce consensus en initiant deux réunions, celle d'Abudja et celle de Bruxelles. Ces deux réunions nous ramènent en arrière à la période d'avant Gaberone. M. Louis Michel crée deux camps : les belligérants et les non-belligérants. Entre les deux camps il crée un antagonisme artificiel: il inculque aux non-belligérants l'idée conflictuelle et belliqueuses, face aux belligérants, idée selon laquelle les non-belligérants risquent d'être marginalisés au Dialogue par les belligérants.

Dans cette stratégie, M. Louis Michel croit réaliser son intention qui est, d'abord de placer Joseph « Kabila » dans le camp qu'il croit fort, celui des belligérants, pour forcer l'Opposition armée à sceller une alliance- contre-nature avec le pouvoir militaire et dictatorial du Camp Kabila; et ensuite d'imposer à l'Opposition armée au sein du Camp des belligérants son idée d'accepter Joseph « Kabila » comme le Président du Congo pendant la Transition, et enfin d'amener tous les belligérants ensemble à imposer, aux belligérants au Dialogue, Joseph « Kabila » comme le Président de la Transition.

Si la dynamiqsue collective et le consensus national déclechés à Gaberone sont sauvegardés, il n'y aura pas de place pour parler de la marginalisation d'une telle ou telle composante. Les 5 composantes avanceront ensemble, à travers des réunions où elles sont toutes présentes, négocient entre elles, se comprennent progressivement et scellent leur consensus national sur tous les thèmes vers le Dialogue.

3. Respect de vrais acteurs : les leaders congolais de 5 composantes prévues au Dialogue et le Facilitateur

L'Accord de Lusaka ne donne aucun rôle particulier à M. Louis Michel. Mais s'il veut contribuer de façon particulière à la solution de la crise congolaise, nous ne pouvons que nous en réjouir, le remercier et l'encourager. Mais tout initiative, si bienveillante soit-elle, doit être, avant d'être diffusée et exécutée, préalablement soumise au Facilitateur et aux leaders des 5 composantes prévues au Dialogue. Et elle doit s'exécuter sous la supervision du Facilitateur. L'initiative de M. Louis Michel a été conçue dans les circonstances et pour les raisons que nous connaissons bien : c'est une initiative anarchique, parallèle et intempestive qui ignorait superbement le Facilitateur et les leaders des 5 composantes prévues au Dialogue. C'est suite à nos critiques que M. Louis Michel a essayé, après coup, d'habiller ses desseins maléfiques avec la peau de l'agneau par l'implication de la facilitation, de l'Union Européenne, de l'ONU…

4. Texte de travail

M. Louis Michel insulte l'intelligentsia congolaise quand il déclare à la presse et à l'oponion qu'il n'existe, jusqu'à ce jour, aucun texte rédigé par les Congolais pour le Dialogue, et que le seul texte est celui qu'il veut imposer aux congolais lors de sa réunion.

L'UDPS rappelle que tous les schémas qui nous ont été imposés de l'Extérieur, au mépris de la dynamique positive interne et du consensus national, comme tente de le faire encore aujourd'hui M. Louis Michel, ont été néfastes contre notre Pays et contre Notre Peuple. Il existe bien des textes, rédigés par les Congolais, et déjà prêts pour le Diaologue. Les 2850 délégués à la Conférence Nationale Souveraine (CNS), représentant toutes les couches, catégories, provinces et tendances de l'ensemble de notre société, s'étaient réunis au Palais du Peuple à Kinshasa pendant 16 mois (7 août 1991-6 décembre 1992). Ils avaient fait la relecture de toute l'histoire nationale, diagnostiqué la cause profonde de la crise congolaise et mis en place, pour la solution de la crise, les fondements d'un Etat de droit démocratique moderne. Dans ces textes se trouve conservé et élevé dans une synthèse supérieure, tout le patrimoine et tout l'héritage juridique, politique, patriotique et démocratique contenu dans la Loi Fondamentale de la Table Ronde de Bruxelles (20 janvier-20 février 1960) et dans la Constitution démocratique de Luluabourg (1er août 1964).

L'application de ces textes a été bloquée par Mobutu, par LD Kabila et par Joseph « Kabila ». Dans toute l'histoire nationale (avant et après la CNS) jusqu'à ce jour, il n'y a pas d'autres textes meilleurs ou même aussi valables que les textes produits par la CNS. L'UDPS, qui a déjà apprêté tous les textes de base de la CNS relatifs aux 5 commissions du Dialogue, les présentera au débat démocratrique et aux négociations politiques qui auront lieu au sein du Dialogue pour être enrichis et adoptés, par consensus, par les participants au Dialogue.

5. M. Louis Michel et Joseph « Kabila »

Sans pudeur, M. Louis Michel a invité les représentants de M. Joseph « Kabila » comme observateurs à sa réunion de Bruxelles. Et il n'a jamais condamné les actes, ci-après, de M. Joseph « Kabila » : il garde jusqu'à ce jour, dans ses géôles humides, les membres de l'UDPS, les journalistes, les étudiants et les femmes; il a boycotté la réunion d'Addis-Abeba; il a fait obstruction aux réunions programmées par l'Opposition politique et la Société civile à Pointe Noire et à Kisangani; il a scellé des alliances avec les génocidaires interahamwe et entretient la guerre à l'Est du Congo en alimentant en armes les forces négatives; il continue à faire fonctionner tout l'appareil de répression, de propagande et de renseignements hérité de Mobutu par LD Kabila et la Cour d'Ordre Militaire par laquelle il condamne à mort et exécute les opposants politiques et d'opinion…

6. L'UDPS est au courant des intentions maléfiques de M. Louis Michel sur notre pays

L'UDPS est bien au courant de toutes les promesses faites par M. Louis Michel au Camp Kabila; de tous les textes contradictoires qu'il a soumis aux autres ministres des Affaires étrangères de l'Union Européenne pendant la présidence belge, à la fois pour soutenir l'Accord de Lusaka et le Camp Kabila - l'une des composantes au Dialogue et ayant un statut identique avec les autres composantes selon le même Accord de Lusaka !-; de ses voyages pour trouver des appuis politiques et financiers à Joseph « Kabila »; de ses démarches auprès de différentes composantes prévues au Dialogue pour imposer Joseph « Kabila » comme le Président du Congo pendant la Transition.

7. Dépenses inutiles de l'argent du contribuable belge

La Belgique n'a versé, pour le Dialogue, qu'un 40ème du montant global prévu pour la tenue du Dialogue. Mais M. Louis Michel trouve de l'argent pour transporter de Kinshasa à Bruxelles et aller-retour plus ou moins 100 personnes, les loger et les nourrir pendant au moins deux jours, pour une réunion controversée et qui aggarave la crise et les souffrances de notre Peuple, réunion dont les conclusions seront rejétées en bloc et sans nuance par l'UDPS et par l'Opposition armée.

Fait à Bruxelles, le 14 janvier 2002.

Dr François Tshipamba Mpuila
Représentant

Contact :

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- Représentant-Adjoint : Ir Victor Nzuzi Kabamba, 26/29 Rue de Vlogart, 1060 Bruxelles, GSM 0498/80.36.20
- Directeur du Cabinet : Dr Ir Grégoire Mbuyi Kamba, 48/301 Verte Voie, 1348 Louvain-La-Neuve, Tél. 010/45.22.12
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