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[Page principale] [Home page] [UDPS Belux] LES CAUSES DE LA TRAGEDIE ACTUELLE AU CONGORéf. : RBL/UDPS/DE/033/2000 La cause profonde de la crise congolaise est l'absence d'Etat et de démocratie. Le Congo est transformé en une jungle, une foire, une entreprise commerciale et financière par une minorité de congolais, seigneurs de guerre et chefs de faction, pions consentants des parrains étrangers parmi lesquels se trouvent les chefs dEtat africains, les hommes daffaires africains et de tous les horizons, tous prédateurs qui cherchent à dominer et à exploiter le Congo. Une jungle, une foire na pas de souveraineté propre, elle appartient au plus fort et au plus rusé. Nimporte qui peut y entrer quand il veut, y imposer sa volonté arbitraire par la force et par la ruse, tuer , détruire, piller et partir quand il veut. Et la longue et pénible lutte du peuple congolais pour y apporter une solution appropriée - c'est-à-dire une solution qui soit vraie et durable - avait abouti à la Conférence Nationale Souveraine (CNS) d'où sortirent les fondements d'un Etat de droit souverain, démocratique et moderne. Ces L'UDPS a déjà publié plusieurs documents explicitant le patrimoine patriotique et démocratique contenu notamment dans la constitution démocratique de la transition, le projet de constitution démocratique pour la 3ème République, les orientations prises pour gérer chaque secteur de la vie nationale, l'élection démocratique du Premier ministre du Gouvernement Légal de transition, la mise en place du gouvernement de transition, le programme du gouvernement de transition, le code d'éthique pour la bonne gouvernance et le profil des dirigeants de la transition et de la 3ème République. Toutes les Résolutions de la CNS avaient été prises par consensus par les 2850 délégués du peuple congolais issus de toutes les couches, catégories, régions et tendances idéologiques, politiques, intellectuelles et religieuses. Le blocage de l'application des Actes de la CNS, par Mobutu hier et par Kabila et les rebelles aujourd'hui, constituent le fond de la tragédie que le Congo connaît depuis la clôture des travaux de la CNS le 6 décembre 1992 jusqu'à ce jour. Nous nous attardons dans ce document sur les causes immédiates de la tragédie congolaise. 1.1. Les Accords de Lemera Les Accords de Lemera ont été signés le 23 octobre 1996 entre les congolais membres de lAFDL, le Rwanda et lOuganda. Ces Accords: - consacrent un curieux panafricanisme selon lequel le Congo perd sa souveraineté et devient un sous-ensemble dun vaste Empire contrôlé par trois des «Nouveaux leaders de lAfrique», Museveni, Kagame et Kabila et dirigé par Museveni. Cet Empire comprend notamment toute lAfrique centrale; - Crèent lAutorité politique gestionnaire de ce sous-ensemble, AFDL, inféodé à lAFDLA, (Alliance des forces démocratiques pour la libération de toute lAfrique) dont elle est lune des émanations et dépendante; - Appellent lAFDL à imposer à la population congolaise la dictature, la pensée unique et le Parti-Etat; - Déclarent que le sol et le sous-sol sont une propriété privée de lAFDL et par ricochet de lAFDLA; - Ordonnent à lAFDL de céder 300 km aux frontières congolaises, à lintérieur du pays, pour sécuriser ses voisins ougandais, rwandais et burundais contre linsurrection rebelle. Cest le principe de lannexion des régions de lEst du Congo au Rwanda, à lOuganda et au Burundi; - Demandent à lAFDL daccorder une récompense spéciale aux alliés après la victoire; - Imposent la retraite politique à tous les politiciens congolais des années 60 et ceux ayant collaboré avec le régime Mobutu; - Accordent collectivement la nationalité congolaise aux camarades banyamulenge et aux autres rwandais établis au Congo avant le 30 juin 1960; - Font de langlais et du swahili les langues concurrentes du français au Congo. 1.2. LApplication des Accords de Lemera Sans le savoir, les congolais ont déjà vécu les premières applications des Accords de Lemera: - les Statuts de lAFDL, rédigés en février 1997, font de cette dernière le Parti-Etat, la seule institution politique du Congo, «la Nation congolaise politiquement organisée» à linstar du Parti-Etat MPR; et confirment que les richesses du Congo sont une propriété privée de lAFDL; - Le Programme didéologie politique de lAFDL affirment que le régime politique appliqué au Congo par l'AFDL au Congo doit être autoritaire et policier; et que tous ceux qui sy opposent doivent être considérés comme des mobutistes et traités comme tels; - Le Programme triennal du gouvernement Kabila déclare, à la page 12, que les richesses du Congo appartiennent à toute lAfrique et que tous les Africains peuvent y avoir accès; - La Déclaration de prise de pouvoir du 17 mai 1997 faite par Kabila à partir de Lubumbashi fait de lAFDL la seule Autorité politique devant gérer le Congo; - Le Décret-loi 003 du 28 mai 1997 identifie la personne de Kabila à lEtat et sa volonté arbitraire à la Loi et lui permet de concentrer entre ses seules mains tous les pouvoirs de lEtat; - Sont devenus collectivement congolais non seulement tous les banyamulenge, mais aussi tous les rwandais et ougandais membres de lAFDL; et ils ont été tous promus par Kabila à de hautes fonctions au Sommet de lEtat congolais : présidence de la république, gouvernement, armée, sécurité, entreprises; - Kabila a maintenu les troupes étrangères sur notre territoire tout en niant leur présence: non seulement le Congo était devenu un sous-ensemble dun vaste Empire comprenant le Rwanda et lOuganda et que les troupes de lAFDLA se trouvaient bien sur le territoire au Congo, mais aussi la nationalité congolaise était collectivement accordée à tous les étrangers membres de lAFDL. Ces troupes ont aidé Kabila à imposer la dictature à la population pendant quinze mois et avaient reçu de lui lautorisation de piller les richesses du Congo; - Kabila, président autoproclamé de lAFDL, avait accepté que les soldats de lAFDL et de lAPR massacrent plus de 200.000 réfugiés rwandais hutus et déplacés congolais; avait couvert ces massacres devant la Communauté internationale, bloqué lenquête de lONU et promu tous les génocidaires à de hautes fonctions au sommet de lEtat congolais après la victoire. Aujourdhui, les CPP remplacent lAFDL, mais le contenu politique et idéologique est resté le même. Lapplication de ces Accords a été lune des causes des déceptions, des révoltes et des contestations chez les démocrates. LUDPS dénonce et condamne les Accords de Lemera. Et pour lUDPS , les congolais qui ont signé les Accords de Lemera ne sont habités par aucun amour pour leur patrie et pour la population congolaise. 1.3. La réactualisation des accords de Lemera Kabila se trouve à présent dans une impasse due à quatre facteurs: - Limposition de la dictature est le seul moyen pour lui de survivre politiquement et de piller les richesses du pays. Mais il se heurte à la volonté farouche de la population et de toutes les forces politiques et sociales démocratiques déterminées à faire du Congo un Etat de droit souverain, démocratique et prospère dont les fondements ont été posés par les Actes historiques de la Conférence Nationale Souveraine (CNS). Et Kabila ne sait pas anéantir cette volonté et cette détermination. Au contraire, la population et lOpposition sortent progressivement du traumatisme dû à la répression aveugle et barbare de la part du régime Kabila; et poussés par lintensification de la misère, les atrocités de la guerre et lattachement aux libertés politiques et civiles et des droits fondamentaux de la personne humaine sans cesse violés, commencent à menacer un régime qui ne cesse de sombrer dans un tribalisme abject; - Kabila a perdu lillusion de gagner militairement la guerre que mènent contre lui les rebelles congolais et ses anciens alliés rwandais et ougandais; - LAccord de Lusaka que Kabila avait signé par contrainte mène à la paix et à la poursuite du processus démocratique au Congo. Kabila sait que, dans un système démocratique, il rendra tôt ou tard compte à la population de ses crimes commis comme auteur et co-auteur depuis la guerre dite de libération jusquà ce jour; - Au sein du régime Kabila, les loups ne cessent de se disputer et de se menacer autour du gâteau. La méfiance réciproque et les rivalités grandissent entre eux ; les interpellations et les arrestations se multiplient Dans ce contexte, Kabila nentrevoit son salut que dans la réactualisation des Accords de Lemera. Cest pourquoi il est allé ramper devant Museveni à Syrte et devant Kagame à Endoret. Ces démarches ont encouragé ses anciens alliés rwandais et ougandais à se disputer le contrôle de la ville de Kisangani riche en café, diamant, bois LUDPS dénonce et condamne ces démarches de Kabila auprès de Museveni et de Kagame pour réactualiser les accords de Lemera. 1.4. Un pouvoir autoritaire personnel et le tribalisme Sans le consentement de ses compagnons et alliés, Kabila a fait évoluer son pouvoir vers une dictature personnelle. Et sous la pression de ses frères de tribu, Kabila sest mis à remplacer ses compagnons de lAFDL, congolais et étrangers membres de lAFDL par ses frères de tribu. Les congolais étaient chassés dans lhumiliation, arrêtés pour «détournements des fonds publics sans jamais passer devant la justice». Les étrangers remplacés nétaient pas priés de rentrer chez eux, mais ils étaient nommés à dautres postes jugés moins importants et moins rentables par eux. Ce facteur a créé les tensions au sein de lAFDL et a conduit ceux qui avaient porté Kabila au pouvoir à vouloir sen prendre à son pouvoir et même à sa vie. 1.5. Les caractéristiques de tous les camps des belligérants (Kabila, Mbemba, Wamba, Emile Ilunga) - Un pouvoir arbitraire et non légitime, et donc non légalement habilité à faire appel aux troupes étrangères; - Labsence de démocratie, de gestion saine et transparente et dadministration efficace; - Le rôle des pions consentants joué par les congolais aux côtés de leurs parrains étrangers qui sont les maîtres à penser et les vrais acteurs; - Le pillage des richesses nationales par les pions congolais et par leurs parrains étrangers; - Les violations systématiques et massives des libertés politiques et civiles et des droits fondamentaux de la personne humaine; les massacres des populations civiles; larrêt de lactivité économique; la misère; la destruction des infrastructures routières, scolaires et sanitaires Fait à Bruxelles, le 11 juin 2000
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