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BUREAUX DE REPRESENTATION DE L'UDPS/BELUX ET UDPS/CANADA
La position de l'UDPS sur la Déclaration commune faite le mardi 23 avril 2002 par la Belgique, la France et la Grande Bretagne sur le Congo/KinshasaRéf.: RBL/UDPS/DE/DIC/001/02 L'UDPS est choquée par la Déclaraction commune faite mardi le 23 avril 2002 par la Belgique, la France et la Grande Bretagne sur le Congo/Kinshasa, déclaration dans laquelle ces trois pays affirment que"L'accord politique conclu à cette occasion entre le gouvernement Kabila et la rebellion MLC et auquel s'est ralliée majorité des participants faciliter la transition politique et contribuer à consolider le processus de paix" et que la non adhésion des autres participants audit accord "menace l'espoir de paix né à Sun City"! L'UDPS rappelle ce qui suit: 1. L'accord est privé et informel et constitue un Coup d'Etat civil contre l'Accord de Lusaka, contre le Réglement d'Ordre Intérieur du Dialogue, contre la Direction officielle du Dialogue (La Facilitation) et contre le Président Sud-Adfricain Thabo Mbeki Dans l'accord vanté par la Belgique, la France et la Grande Bretagne, Joseph Kanambe et Jean-Pierre Bemba se sont autoproclamés ex cathedra, et l'on ne sait sur base de quels mérites particuliers, le premier en tant que Président de la République et le 2ème en tant que Premier ministre. Et le contenu de leurs prérogatives respectives fait d'eux deux dictateurs, chacun dans son rayon d'action. Le gouvernement Joseph Kanambe, le MLC et leurs alliés n'ont eu le courage, à Sun City, de présenter leur accord ni à la Direction du Dialogue, c'est-à-dire à la Facilitation, ni aux organes officiels de travail et de décisions du Dialogue, à savoir la Plénière, les commissions et les sous-commissions, ni au Président Sud-Africain, Thabo Mbeki qui s'était totalement investi et impliqué dans le Dialogue. C'est dans des chambres des hôtels, la nuit, en cachette et dans le secret que les initiateurs dudit accord ont ourdi leur complot, acheté les consciences des esprits faibles et accompli leur forfait. Dès que le gouvernement Joseph Kanambe et le MLC avaient conclu leur accord et obtenu quelques signatures des autres délégués, ils se sont montrés avoir obtenu leur but au Dialogue et ont déclaré publiquement que le Dialogue était terminé pour eux et qu'ils s'apprêtaient à partir de Sun City. C'est à la dernière Plénière du vendredi 19 avril 2002, lorsque certains signataires ont voulu que l'on introduise le cas dudit accord dans les débats, que Me Jean Mbuyu, Conseiller Principal de Joseph Kanambe en matière de Sécurité, a lui aussi, au nom de la toute la Délégation du gouvernement Kanambe, et en guise de conclusion aux débats, dénoncé et désavoué ledit accord comme venaient de le faire le Président Sud-Africain Thabo Mbeki, le Facilitateur Masire, la Vraie Opposition, le RCD et une grande partie de la Société Civile, et confirmé que ledit accord était privé et informel et qu'il était inutile d'en discuter dans la Plénière. Il n'a été contredit par personne d'autre dans son camp comme dans le camp du MLC. En outre, le gouvernement Kanambe et le MLC se sont, au cours de cette dernière Plénière, ralliés publiquement et offciellement à la décision du Président Thabo Mbeki et du Facilitateur Masire, et à la position de la majorité de délégués de poursuivre les négociations sous un format réduit pour aboutir à tout prix à la solution adéquate et durable de la crise consistant en un Accord Politique consensuel, inclusif et global de toutes les Composantes sur le Nouvel Ordre Politique, la rédaction de la Constition démocratique de la Transition et la désignation démocratique des dirigeants de la Transition. Nous rappelons que, selon l'Accord de Lusaka et le Réglement d'Ordre Intérieur du Dialogue, le mode décisions au Dialogue était le consensus entre toutes les composantes. Ledit accord viole ce mode de décisions. 2. Les signataires de l'accord Le 1er initiateur de l'accord est le gouvernement Joseph Kanambe. Il était venu à Sun City avec une seule obsession: maintenir le rwandais Joseph Kanambe à son poste de président du Congo, garder en place l'ordre politique actuel et y intégrer les autres composantes. Le gouvernement Kanambe a constitué, à Sun City, un obstacle permanent à la réalisation des objectifs fondamentaux du Dialogue tels que prescrits dans l'Accord de Lusaka, dans le Réglement d'Ordre Intérieur et dans l'Ordre du jour du Dialogue, à savoir: la recherche de la solution adéquate et durable de la crise congolaise. Transformant en veto permanent le consensus - mode de décisions décidé par l'Accord de Lusaka et par le Réglement d'Ordre Intérieur du Dialogue -, le gouvernement de Kinshasa a bloqué tout ce qui pouvait apporter une paix véritable au Congo, réconcilier les Congolais, réunifier le pays, instaurer l'autorité de l'Etat sur toute l'étendue du territoire congolais, permettre le désarmemenent des groupes armés, sécuriser le Congo et ses voisins, amorcer la poursuite immédiate du retrait ordonné de toutes les troupes étrangères et restaurer les relations de bon voisinage et de confiance réciproque entre le Congo et ses voisins, c'est-à-dire: - Un Accord politique, consensuel, inclusif et global sur le Nouvel Ordre Politique; - la rédaction de la Constitution démocratique de la Transition de manière impersonnelle et; - la désignation démocratique des dirigeants de la Transition sur base des critères objectifs et politiques, notamment: la nationalité congolaise indiscutable, la compétence, le niveau d'instruction, être d'un certain âge, une expérience éprouvée, une vie morale irréprochable, n'avoir pas été impliqué dans les crimes politiques et économiques, la preuve d'un engagement résolu et constant dans le combat pour la démocratie, être capable de mobiliser la population pour la reconstruction nationale en étant par exemble le leader d'une organisation ou d'une formation politique ayant une assise populaire large… Le 2ème initiateur de l'accord, le MLC: il est arrivé à Sun City, avec deux handicaps qui faisaient de lui une proie facile. D'abord, le MLC n'a plus d'armes ni d'armée. Les militaires non payés nous ont confié à Sun City qu'ils ne rentreraient plus à Gbadolite après le Dialogue. Ensuite, les mobutistes affairistes qui se sont entassés autour de Bemba sont ruinés et minés par l'exil et pressés de rentrer aux affaires pour piller encore davantage le pays et achever le peuple qu'ils ont laissé, au soir du 16 mai 1997, exsangue et gémissant sous le poids d'une dette extérieure de plus de 14 milliards de $US. Devant la rigueur du RCD qui, du reste, connaît bien ces mobutistes pour les avoir accueillis à Goma au début de la rébellion en 1998 avant de s'en débarrasser par la suite, le MLC n'avait d'autre choix que de pactiser avec le diable de Kinshasa. Pour obtenir la signature des autres participants, le gouvernement Kanambe a dû recourir à l'achat des consciences: les signataires de l'accord a reçu chacun 1000 $ US. Couverts de honte, aucun de ces signataires n'a eu le courage de déclarer publiquement avoir signé l'accord. Tous nous trompaient qu'ils n'avaient pas signé. La liste des signataires nous a été remise par certains membres du gouvernement Kanambe qui n'avaient pas de conscience tranquille et reprochaient à leur Comoposante d'avoir fait échouer le Dialogue Et malgré l'argent, la majorité des délégués n'a pas signé l'accord, contrairement à ce qu'affirment les trois pays précités. La vraie Opposition Politique (UDPS, PALU, FONUS, MNCL/François LUMUMBA, Mouvement Progressiste Lumumbiste et le G14) et 17 formations politiques du Groupe de 20 n'ont pas signé l'accord. Incomparable est la qualité des non-signataires par rapport aux signataires constitués principalement de partis alimentaires sans Base. Et même en quantité, les non-signataires sont plus de 20, tandis que les partis signataires sont au nombre de 20: CODEP, UDRC, UNAFEC/EGO, FCI, FSDD, FRUONAR, PNCD/GRAP, MD, MPR, UNAFEC, PDSC, ROM, FSD/DC, MSDD, EGO/ROC, FCN/CAD, FPC/FIDSN, DCFIN, Pionniers de l'Indépendance et 2 membres sur 3 de l'Opposition extérieure (Kamanda et Muyima). La Société Civile est divisée en deux: dans chaque province, les signataires sont des individus isolés, opportunistes et en quête d'argent. Tous ceux qui avaient une conscience aiguë du fond du problème congolais et des enjeux immenses et fondamentaux en présence, notamment le fait que la crise congolaise bloque le développement de toute l'Afrique et que par conséquent sa solution est une nécessité absolue, prioritaire et urgente, n'ont pas signé. 3. Conclusion Ledit accord ne présente pas l'espoir comme l'affirment le communiqué de trois pays précités, mais plutôt un obstacle à l'instauration d'un Etat de droit démocratique au Congo et une menace pour la paix. La crise et ses atrocités ne pourront que s'aggraver: la dictature, les violations des libertes politiques et civiles et des droits fondamentaux de la personne humaine, la souffrance et la misère de la population, la partition du pays, le maintien des groupes armés et des troupes étrangères au Congo, l'insécurité au Congo et dans les pays voisins, le blocage de tout développement dans la Région et en Afrique… Au lieu de vanter un accord si néfaste, la Belgique, la France et la Grande Bretagne rendront un grand service au Congo, à la Région des Grands Lacs, à l'Afrique et au Monde entier en exerçant des pressions sur le gouvernement Kanambe et sur le MLC afin qu'ils se remettent à la table des négociations avec les autres Composantes, s'animent de volonté politique positive réelle et s'engagent résolûment dans la dynamique majoritaire et collective vers un consensus politique consensuel et global sur le Nouvel Ordre Politique comprenant la Constitution démocratique, les nouvelles institutions démocratiques et la désignation démocratique des dirigeants de la Transition. Fait à Bruxelles, le 25 avril 2002.
Pour l'UDPS/Belgique: Dr François Tshipamba Mpuila,
Représentant UDPS/BELUX
Pour l'UDPS/Canada: Claude Kiringa, Représentant-Adjoint UDPS/Canada [Page principale] [Home page] | |