UNION
POUR LA DÉMOCRATIE
ET LE PROGRÈS SOCIAL




[Page principale] [Home page]

COMMUNIQUE DE PRESSE DE L'UDPS/BELUX DU 25 MAI 2002

 

La position de l'UDPS sur les événements de Kisangani

et sur les violations des droits de l'homme commises sur toute l'étendue du territoire congolais

Réf.: RBL/UDPS/DIC/DE/007/02

  1. Concernant les événements particuliers de Kisangani, l'UDPS/BELUX condamne les troubles qui ont éclaté et les violations graves des droits de l'homme subséquentes, quels qu'en soit l'origine et les mobiles, et exige la mise en place d'une Commission d'enquête indépendante et internationale pour établir la véritable origine des troubles, les responsabilités et les sanctions. L'UDPS/BELUX témoigne sa sympathie envers les populations de la ville-martyre et les exhorte à oeuvrer avec nous pour la véritable solution à leurs souffrances et à celles de toutes les autres populations congolaises habitant aussi bien dans le territoire contrôlé par le Camp Kanambe que dans celui contrôlé par les rebelles. Cette solution réside dans l'instauration d'un Etat de droit souverain et démocratique au Congo.
  2. De façon générale, l'UDPS/BELUX condamne:

  • Toute tentative d'occupation de nouvelles positions sur le terrain et de mouvements des forces et des équipements militaires d'un endroit à l'autre; la poursuite des hostilités, des mouvements et renforts militaires ainsi que des actes hostiles, y compris la propagande hostile et la diffusion de la culture de la haine et de la violence comme celle qui est menée par le gouvernement Kanambe à travers les mass medias publics de l'Etat contre certains groupes ethniques et certains leaders congolais;
  • Les alliances établies entre le gouvernement Kanambe et ces forces négatives et leur insertion dans les FAC au lieu de les désarmer et de livrer les génocidaires au Tribunal Penal International pour le Rwanda;
  • Tous les actes de violence contre les populations civiles, comme ceux qui viennent d'avoir lieu a Kisangani, y compris les exécutions sommaires, la torture, le harcèlement, la détention et l'exécution des civils sur base de leur origine ethnique et tribale, l'armement des civils, la violence sexuelle…;
  • Toute autre autre action qui peut entraver l'évolution normale du processus de pacification et de démocratisation du Congo.

  1. L'UDPS/BELUX constate que nombreux compatriotes et partenaires étrangers sont victimes de la campagne d'abrutissement et d'intoxication menée par le Camp Kanambe à travers les mass medias publics de l'Etat toujours monopolisés par le Parti-Etat. Cette campagne a fini, d'une part par détourner l'attention de l'opinion nationale et internationale des crimes politiques et économiques graves commis par les collaborateurs civils et les milices armées (FAC) de Joseph Kanambe ainsi que par ses parrains dans la partie militairement contrôlée par le Camp Kanambe, et d'autre part à focaliser l'attention de tous, y compris même l'attention des victimes du régime Kanambe et l'attention des membres de leurs familles vivant au Congo et à l'Etranger, sur les seuls crimes commis à l'Est et au Nord du Congo dans les parties militairement contrôlées par les rebelles du RCD et ceux du MLC.
  2. Nous n'avons jamais ignoré ni minimisé le drame des populations de l'Est à qui nous avons toujours montré notre solidarité et à qui nous rappelons que le combat de l'UDPS qui correspond à notre vocation nationale et africaine consiste, d'une part à résoudre, non le problème d'une partie du Congo, mais le problème global de tous les Congolais par l'avènement de la démocratie, et d'autre part à résoudre le problème de sécurité au sein du Congo et entre le Congo et tous ses voisins.
  3.  

  4. En plus des derniers événéments de Kisangani, sur les quels toute la lumière doit être faite, l'UDPS/BELUX rappelle quelques-uns des récents crimes commis au Congo:

  1. Crimes économiques. A Mbujimayi, la population est frustrée d'assister au pillage du diamant par les zimbabwéens, pillage dont l'ampleur dépasse de loin celui connu sous le régime Mobutu. Les gros camions chargés de graviers bruts sont transportés dans de gros avions cargots vers Harare où s'effectue le traitement. Même l'exploitation des mines-réserves de la MIBA est en cours, avec l'autorisation du gouvernement Kanambe. Sur le littoral dans le Bas-Congo, l'Angola s'occupe de l'exploitation du pétrole congolais et controle sa commercialisation sur toute l'étendue du territoire national.
  2. Crimes politiques.

  • M. Kayoyo Mona Cebe, membre de l'UDPS, a été arrêté au Rond Point Victoire à Kinshasa par les agents armés de la Demiap qui l'ont trouvé en train de photocopier pour son ami le document de l'UDPS présenté à la Commission Défense et Sécurité au DIC à Sun City. Ils l'ont accusé de détenir des documents séditieux sur lui et l'ont amené vers une destination inconnue jusqu'à ce jour.
  • Le Dr Masukidi Lukau est Médecin à la Compagnie Sucrière de Kwilu Ngongo et Secrétaire Fédéral de l'UDPS/Cataractes. Pour avoir désobéi à l'ordre des autorités locales d'aller défendre le Camp Kabila au DIC dans les rangs de la Société civile du Bas-Congo, le Dr Masukidi a été enlevé de son domicile dans la nuit du 6 au 7 avril 2002 par les milices armés de Joseph Kanambe et amené vers une destination inconnue. Choquée par cet acte et inquiète du sort de son fils introuvable, sa mère succomba subitement le 19 avril. Après de laborieuses recherches, sa famille le trouva à la prison centrale de Mbanza-Ngunu où il attend d'être condamné à mort et fusillé par la Cour d'Ordre Militaire. Il n'a pas été autorisé à assister aux obsèques de sa mère qui ont eu lieu le 22 avril.
  • M. Jean-Baptise Mulumba Ntambwe, Conseiller Economique de M. Etienne Tshisekedi, a été arrêté le 12 mai 2002 à l'aéroport de Loano à Lubumbashi en provenance de Mbujimayi. Après avoir été enfermé 4 jours au cachot de l'ANR/Lubumbashi et coupé de tout contact, il a été transféré à Kinshasa le 16 mai où il est détenu au cachot de l'ANR/Kinshasa. Il est privé de toute visite de sa famille, des membres du Parti et de son avocat. Il lui a déjà été annoncé qu'il serait condamné à mort par la Cour d'Ordre Militaire et fusillé comme exemple à tous ceux qui veulent s'opposer au pouvoir illégitime Kanambe-Bemba.
  • La famille de Jean-Baptise Mulumba vit depuis lors un véritable calvaire. Son fils Jimmy Bukasa Mulumba a été enlevé du domicile de ses parents le 15 mai. L'épouse de Jean Baptise Mulumba est recherchée par les milices armées et les agents de la Demiap et vit en clandestinité. Sa secrétaire Mme Henriette Falanka Djamba a été enlevée de son domicile. La maison de Jean-Baptiste Mulumba a déjà été fouillée et pillée à trois reprises, depuis le 15 mai dernier, par les agents de la Demiap et les milices armées. Les personnes trouvées à la maison le 15 mai ont été toutes molestées, frappées avec des matraques et des coups de crosse de fusil et enfermées dans une petite annexe pendant toute une nuit. Il s'agissait des domestiques, des visiteurs et des membres de la famille. Parmi les objets emportés figurent les dossiers, les photos, les cartes de visite, la voiture Nissan Bleubird de l'épouse de M. Mulumba, les bijoux, une montre, une somme de 5000 $US, la thèse du petit-frère de M. Mulumba sur une disquette…;
  • M. N'sii Luanda, président d'une ONG des droits de l'homme dénommé "Comité des Observateurs des droits de l'homme", en sigle CODHO, a été arrêté le 19 avril à son domicile dans la Commune de Ngiri-Ngiri par deux inspecteurs de la Cour d'Ordre Militaire. Une fouille a été effectuée dans sa maison et toutes les listes qu'il détenait des compatriotes arbitrairement arrêtés et illégalement détenus dans des prisons officielles ou dans des cachots privés emportées. M. N'sii a été emmené à l'ANR et attend d'être condamné à mort par la Cour d'Ordre Militaire et fusillé.
  • M. José Feruzi Samwegele, journaliste à la RTCN 2, a été arrêté le 3 avril 2002 par les milices armées de Joseph Kanambe et emmené au cahot de la Demiap où il est détenu jusqu'à ce jour. Il lui est reproché d'avoir eu l'intention de diffuser un communiqué de l'UDPS rendu public à Sun City lors de la tenue du DIC. Depuis l'entrée de Joseph Kanambe en fonction, 27 journalistes ont déjà arrêtés.
  • Au Katanga, les membres du Comité Fédéral et des Comités Sectionnaires et S/Sectionnaires de l'UDPS/Katanga sont traqués depuis le 16 avril 2002 par les agents de l'ANR et les milices armées de Joseph Kanambe et vivent en clandestinité. Leurs maisons sont fouillées et leurs biens emportés. C'est le cas notamment de MM. Tabu-Kalala Mwin Dilemb (président fédéral), de son fils Mwenz Kaburep, Ezéchiel Kaboko (président sectionnaire de Mampala), Léon Gilbert Masowa Kyungu (vice-président fédéral), Mutombo (vice-président s/sectionnaire de Kilobelobe, section Kampemba), Fortunat Badiambile (2ème vice-président section/Katuba centrale), Kabwe Ilunga (3ème vice-président section/Katuba centrale) et Martin Kamanda (secrétaire administratif permanent section/Katuba centrale).
  • A Kinshasa, les agents de sécurité et les milices armées de Joseph Kanambe se livrent aux arrestations arbitraires et aux filatures des cadres de l'UDPS. C'est notamment le cas de M. Désiré Birihanze, Secrétaire National au Travail et à l'Emploi qui a été arrêté le jeudi 18 avril 2002 au niveau de la Commune de Kalamu et a été emmené vers une destination inconnue jusqu'à ce jour.
  • A Mbujimayi, les cadres de la JUDPS/Mbujimayi dont les noms suivent ont été arrêtés le 19 avril dernier: Jean-Paul Mbwebwe, Maurice Bamanayi et Bernard Nyandu.

6. L'UDPS/BELUX réaffirme la nécessité de trouver des solutions aux préoccupations de sécurité du Congo et des pays voisins. L'UDPS/BELUX rappelle les dispositions pertinentes de l'Accord de Lusaka et les Résolutions du DIC sur le désarmement nécessaire des groupes armés étrangers, y compris les génocidaires, déstabilisateurs des pays voisins (Angola, Ouganda, Rwanda et Burundi) à partir du territoire congolais. L'UDPS/BELUX encourage notre Parti à continuer à diffuser la culture de la paix, de la réconciliation, de la coexistence pacifique entre les différentes ethnies congolaises et entre les Congolais et leurs voisins.

7. L'UDPS/BELUX rappelle à l'opinion ce qui suit:

  • Les violations des droits de l'homme commis sur toute l'étendue du Congo, aussi bien à l'Est et au Nord du Congo que dans le territoire militairement contrôlé par le Camp Kanambe, ont une seule cause, à savoir l'absence d'Etat de droit et de démocratie au Congo.
  • La solution globale et définitive à ces violations réside dans l'instauration d'un Etat de droit souverain et démocratique au Congo. Cette instauration passe aujourd' par le Dialogue Intercongolais (DIC) dont la réussite dépend, d'une part de la volonté politique de chaque Composante de s'engager positivement dans la dynamique collective vers la solution, et d'autre part du respect de tous les cinq textes directeurs du DIC, à savoir l'Accord de Lusaka, la Déclaration des principes fondamentaux des négociations politiques intercongolaises, le Pacte Républicain, le Réglement d'Ordre Intérieur du DIC ainsi que la synthèse du Document Mbeki II.
  • Seuls la volonté politique positive de tous et le respect des textes ci-haut mentionnés peuvent nous conduire à un Accord politique consensuel, inclusif, transparent et global entre toutes les Composantes sur le Nouvel Ordre Politique, les nouvelles institutions, la formation d'une nouvelle Armée et les dirigeants de la Transition.

Fait à Bruxelles, le 25 mai 2002.

Pour le Bureau de Représentation de l'UDPS/BELUX

Dr François Tshipamba Mpuila

Représentant

Contact:

  • , Tél. 010/45.22.12, E-mail: repre.udps.belux@posphost.eunet.be
  • Représentant: 8 Pachthof, 3010 Leuven, Tél. 016/25.97.81, GSM 0475/33.89.34, E-mail tshidibi.tshipamba@chello.be
  • Représentant-Adjoint: Ir Victor Nzuzi Kabamba, 26/29 rue de Vlogart, 1060 Bruxelles, GSM 0498/80.36.20
  • Directeur du Cabinet: Dr Ir Grégoire Mbuyi Kamba, 48/301 Verte Voie, 1348 Louvain-La-NeuveConseiller: Ir Raphaël Kashala Mutambayi, 59 tiensestraat, 3020 Aarschoot, GSM 0477/233.968
  • Conseiller: Dr Pharm. Félicien Shambuyi Ngombo Mukendi, 24/47, Champ des Hirondelles, 1970 Wezembeek-Oppem, Tél. 02/731.16.72

 

 


[Page principale] [Home page]