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Réf.: RBL/UDPS/DE/048/02 1. Confiscation des mass médias publics de l'Etat Depuis l'accès du régime actuel au Pouvoir le 17 mai 1997, les mass médias publics de l'Etat sont jusqu'à ce jour confisqués par le Parti-Etat qui les utilise comme instruments d'obscurantisme, de propagande du Parti-Etat et de son chef de file (LD Kabila hier et Joseph Kanambe aujourd'hui) ainsi du dénigrement des patriotes et des démocrates. Et la répression contre la presse démocratique et privée avait commencé dès le 17 mai 1997. Elle perdure jusqu'à ce jour. Nous donnerons quelques cas la période allant de 1997 à 2001 (pendant le règne de LD Kabila) et quelques cas pour la période allant de 2001 à ce jour (pendant le règne de Joseph Kanambe). 2. La répression contre la presse démocratique et privée de 1997 à 2001 1.. Au Colloque national de la presse qui s'était tenu le 15 décembre 1997 au Palais du Peuple à Kinshasa, le vice-ministre de l'Intérieur de l'AFDL, Faustin Munene, avait menacé les journalistes et promis de frapper les journaux et les journalistes qui oseraient critiquer le régime AFDL, et qualifia les journalistes d'anciens agents du SNIP de Mobutu. 2.. A Goma et à Bukavu, les radios et les télévisions privées, dont la radio Star, ont été occupées par les forces de l'AFDL. 3.. A Kananga, la Radio Télévision Kananga Malandji (RTKM), une radio privée, a été rebaptisée Radio Télévision Alliance Echo (RTAE). 4.. M. Tshivuadi Wa Tshivuadi, "Tshivis", journaliste au journal Le Phare et l'un des plus grands éditorialistes de la presse congolaise libre, a été contraint à vivre dans la clandestinité depuis la publication, le 5 septembre 1997, de son articile critiquant le caractère tribal de l'armée de LD Kabila. Il a été recherché par les agents de la Demiap (Détection militaire des Actions anti-patrie, nouveau service secret que LD Kabila venait de créer pour surveiller et réprimer la population. Ce service fonctionne jusqu'à ce jour) et par l'ANR (Agence Nationale de Renseignements). Le jeudi 27 novembre 1997, quatre hommes dont trois en tenue militaire et un en tenue civile avaient fait irruption à la résidence de M. Tshivuadi. N'ayant trouvé personne, ils ont menacé et tabassé les voisins pour les contraindre à dévoiler le lieu où se cache le journaliste recherché. 5.. Le journaliste Polydor Muboyayi Mubanga, editeur du journal Le Phare, a été enlevé tôt le matin du 8 septembre 1997, à son domicile à Lemba-Righini, par six éléments armés de la PIR (Police d'Intervention Rapide, un autre service créé par LD Kabila pour surveiller et réprimer la population) non porteurs d'un mandat. Il a été emmené dans les locaux de l'ancien Conseil National de Sécurité (CNS) à Binza Ma-Campagne, comme de Ngaliema, où il a été torturé avant d'être transféré au cachot du Parquet du Tribunal de Grande Instance de la Gombe. M. Muboyayi y subit un interrogatoire serré sur l'article publié dans Le Phare intitulé "Kabila lance sa DSP) paru dans l'édition n°696 du journal Le Phare du 5 septembre 1997 dont M. Kanyama était l'auteur. L'article parlait de cinq mille militaires qui venaient d'être formés à la base militaire de Kamina, province du Katanga. M. Muboyayi demeura 75 jours en prison. 6.. Le 18 novembre 1997, le journaliste Albert-Gilbert Bosange Yema, éditeur des journaux Mambenga, Essor africain et L'Alarme de Kinshasa a été arrêté alors qu'il se rendait à Kisangani pour couvrir les cérémonies de réouverture du transport maritime sur le fleuve. M. LD Kabila l'avait accusé d'être un "agent" de la Commission d'enquête des Nations Unies. Il a été condamné à 24 mois de prison ferme. Ce journaliste, qui souffrait du diabète, a purgé sa peine courageusement. A sa libération, il se réfugia au à Brazzaville où son diabète non équilibré pendant sa détention, l'a emporté. Bonsange Yema est mort en exil à Brazzaville des suites des conditions inhumaines de sa détention alors qu'il était souffrant. 7.. Le 25 mai 1997, vers 6h à l'Hôtel Intercontinental à Kinshasa, des journalistes étrangers ont été l'objet de mauvais traitements lors d'une perquisition brusque effectuée dans leurs chambres par les soldats de l'AFDL. Un journaliste de l'Agence Reuters a été étalée et piétiné à même le sol. Les matelas et ses affaires ont été complètement fouillés. 8.. Le 28 mai 1997, lors d'une marche de protestation organisée par les étudiants sur le Boulevard du 30 juin à Kinshasa, les militaires de l'AFDL ont arraché et détruit le matériel professionnel (films et cassettes) des mains des journalistes étrangers. 9.. Le 5 septembre 1997, les vendeurs des journaux ont été interpellés et chassés de grandes artères de Kinshasa par les éléments de la Police de l'AFDL. 10.. Le 17 septembre 1997, M. Kileba, journaliste au Soft, a été convoqué au Conseil National de sécurité par le chef du cabinet du conseiller spécial de LD Kabila. Il a été interrogé toute la journée sur des articles parus au Soft du 1er septembre 1997 au sujet de la mort d'André Kissase Ngandu, ancien compagnon de LD Kabila. 11.. Le 17 octobre 1997, M. Ekele, Directeur de publication du journal "Transparence" a été interpellé par le ministre de l'information et presse qui l'a enjoint de ne plus publier le supplément "Pot Pourri" dans le journal précité. 12.. Le 12 décembre 1997 à 10h, M. Kandolo Mulumba Célestin, Directeur du journal "L'Ouragan d'Afrique" a été agressé en public dans le Hall d'accès de l'aéroport de Ndjili par des hommes de service de sécurité de M. Kibassa Maliba, alors vice-ministre des Mines. 13.. Le 19 mai 1997, les locaux du journal "Le Soft" ont été entièrement détruits par les militaires de l'AFDL qui y ont fait irruption au moins 4 fois en un mois (mai-juin 1997). 14.. Le 20 octobre 1997, les militaires de l'AFDL ont investi les bureaux du journal "Elima". Ils ont détruit et pillé tout le matériel. 15.. Le 23 décembre 1997, M. Kidimbu, journaliste au "Soft" a été arrêté et détenu au cachot de l'ANR. Il a été relâché le 26 décembre 1997 sans notification du moti de son arrestation. 16.. Le 30 décembre 1997 à Kikwit, l'abbé Evariste Pindi-Pindi, Directeur de la Radio diocésaine "Tomisa" a été arrêté par les militaires de l'AFDL sur ordre de la "hiérarchie militaire" et conduit à la prison centrale de Kikwit. Accusé d'avoir dénoncé le mauvais comportement des militaires la veille des manifestations. Il a été détenu pendant 12 heures et libéré après avoir été dépouillé de ses objets de valeur. 17.. Le 23 février 1998, M. Modeste Mutinga Mutuishayi, éditeur-responsable du journal "Le Potentiel" a été arrêté et torturé pendant 3 jours pour avoir publié, dans son journal, des articles sur l'arrestation et la relégation de M. Etienne Tshisekedi dans son village d'origine par LD Kabila le 12 février 1998. 18.. Au mois de mars 1998, les forces de sécurité de LD Kabila ont saisi 2000 exemplaires du journal "Le Soft" à l'aéroprt de Ndjili. 19.. Le 28/11/1997, dix journalistes ont été arrêtés par les éléments de la "PIR" de LD Kabila parce qu'ils avaient assisté à une conférence de presse donnée par M. Z'Ahidi Ngoma à Kinshasa. Il s'agit de MM. Baudouin Kamanda Muzembe (Africa n°1), Fidèle Musangu (Le Phare), Xavier Bonacé Ya Nganzi (La Semaine du Reporter), Paulin Tuluna Jitac (Journaliste indépendant), Eric Beke (Cameraman Raga), Denis Kasongo (Le Défi Africain), Julien Lubunga (BBC), Jonas Eugène Kota (Le Potentiel), Baudouin Wamwana (La Semaine du Reporter) et Mossi Mwassi (BBC). Ces journalistes ont été amenés sur le perron extérieur du bâtiment central de l'ex-Circo en présence de nombreux badauds civils et policiers de deux sexes. Ils ont été publiquement déshabillés et soumis à la série de 40 coups de fouet sur le dos, les fesses et les cuisses pendant que leurs têtes, bras et pieds étaient écrasés par les agents de la "PIR". 3. Tentatives de baïonnement de la presse pendant le règne de Joseph Kanambe (2001 à ce jour). Période étudiée: avril 2002-septembre 2002 1) Un document qui résume la situation actuelle de la presse démocratique: le Communiqué de presse de La Voix des Sans- Voix du 27 juillet 2002 Cfr Le Phare, Kinshasa, 31 Juillet 2002 publié sur le web le 31 Juillet 2002 Dans ce Communiqué, la VSV exprime ses préoccupations suite à la recrudescence d'enlèvements, arrestations et autres menaces contre les journalistes et rappelle au régime de Kinshasa la nécessité de garantir la liberté de presse et la sécurité des journalistes au Congo. La VSV cite notamment l'arrestation et la détention des journalistes de l'«Alerte Plus», l'enlèvement des agents et journalistes de «la Tempête de Tropiques», les injonctions dans l'exercice de leur métier dont font l'objet les responsables des chaînes de radio-télévisions privées de Mbuji Mayi, province de Kasaï-Oriental, etc... a) La VSV informe l'opinion que M.M. Delly Bosange et Raymond Kabala, respectivement éditeur et directeur de publication du journal «Alerte Plus» sont appréhendés l'un après l'autre soit lundi 22 Juillet 2002 pour Delly Bosange et vendredi 19 Juillet 2002 quant à Raymond Kabala. a.. M. Delly Bosange est arrêté par des hommes armés en tenue civile munis d'un mandat d'arrêt délivré par la Cour d'Appel de Matete venus à bord d'une Jeep de marque Mahindra de couleur verte. Placé en détention dans un sous-commissariat de la police de la commune de Limete, M. Delly Bosange est transféré mardi 23 Juillet 2002 à la Prison de Makala et placé en détention au pavillon 11. b.. M. Raymond Kabala a fait l'objet d'enlèvement vendredi 19 Juillet 2002 dans la matinée à la Place victoire, Matonge, commune de Kalamu par des policiers venus à bord du même véhicule qui avait servi à l'arrestation de l'éditeur du journal « l'Alerte Plus ». Il est aussitôt conduit à l'Inspection Provinciale de la Police de Kinshasa (IPK, ex CIRCO) à Kinshasa/Lingwala puis transféré samedi 11 Juillet 2002 à la Prison de Makala, pavillon 11. b) La VSV cite aussi le cas des journalistes d'Alerte Plus poursuivis pour les écrits de leur journal considérés par le pouvoir de «favorables» au président national du parti politique «Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS)» et président de l'«Alliance pour la Sauvegarde du Dialogue Inter congolais (ASD). Ils seraient encore poursuivis à cause de la publication d'une information dans l'édition du journal Alerte Plus du 11 juillet 2002 faisant état de l'empoisonnement de Mwenze Kongolo. c) La VSV relève également l'enlèvement de quatre journalistes et agents du quotidien d'informations générales « La Tempête des Tropiques » le 11 juillet 2002 tôt le matin à leurs résidences respectives par des agents des services spéciaux de la police et conduits au siège des services spéciaux sis immeuble ex Kin-Mazière à Kinshasa/Gombe. a.. Il s'agit de MM. Raymond Luaula (Directeur de publication), Bamporiki Chamira( Journaliste reporter), Hilaire Mutulwa (Chef du personnel) et Edo Kalemene (responsable de l'imprimerie). Les quatre personnes ont été interrogées sur l'article paru en manchette dans l'édition n°2014 de mercredi 10 juillet 2002 du journal La Tempête de Tropiques intitulé : "Kinshasa a frôlé la catastrophe". Dans l'article, son auteur, M. Bamporiki Chamira fait état d'une échaffourée entre civils et militaires qui s'est transformée en une bataille rangée ayant causé quatre morts et des dégâts matériels importants dans la commune de Kintambo lundi 10 juillet 2002. b.. Avant la rafle des agents et journalistes de la Tempête des Tropiques, les policiers ont procédé à la confiscation de tout le lot de l'édition du journal n° 2015 de jeudi 11 juillet 2002 au point de distribution des journaux situé à Matonge, commune de Kalamu. d) La VSV est saisie des tracasseries et autres harcèlements dont font l'objet les responsables des chaînes de radio-télévision de Mbuji-Mayi, province de Kasaï Oriental dans l'exercice de leur métier. La dernière illustration en date est la convocation par l'agence nationale de renseignements (ANR)/Mbuji-Mayi le mercredi 24 juillet 2002 de trois responsables des chaînes de radio-télévision privées de Mbuji-Mayi. Il s'agit de MM. Ghislain Banza (directeur intérimaire de la radio Buena Muntu), Didier Kabuya (directeur commercial de Radio Télé Débout Kasaï, RTDK) et Katende ( Directeur des programmes de la Radio Télé Inter Viens et Vois (RTIV). Les trois responsables de média ont été sommés à cette occasion de faire un embargo sur toute information ayant trait aux activités de M. ETIENNE Tshisekedi wa Mulumba sous peine de sanctions. e) Eu égard à ce qui précède, la VSV dénonce: a.. L'acharnement dont sont victimes les journalistes et agents des organes de presse de la part des services de sécurité. b.. Les atteintes à la liberté de presse et l'état d'insécurité et d'angoisse dans lequel vivent les journalistes dans l'exercice de leur métier en RDC. f) La VSV s'est montrée préoccupée par la détention à la Prison de Makala, pavillon 11, dans de conditions carcérales très déplorables de MM Delly Bosange et son compagnon d'infortune, M. Raymond Kabala. La VSV demande aux autorités congolaises de procéder à leur libération et à veiller à la sécurisation des journalistes dans l'exercice de leur profession. 2) Cinq journalistes et agents de la Tempête des Tropiques arrêtés le 11 juillet 2002 et toute l'édition du jour saisie à Kinshasa Raymond Luaula (directeur de publication), Bamporiki Chamira (chef des enquêtes), Hilaire Mutulwa (chef du personnel), Kabongo Mabika (délégué commercial), et Edo Kalemani (chargés de limprimerie), tous travaillant à La Tempête des Tropiques, quotidien paraissant à Kinshasa, ont été interpellés, le jeudi 11 juillet 2002 entre 5h00 et 6h00 du matin à leurs domiciles et à la place Victoire à Kinshasa/Kalamu, par des éléments armés des Services spéciaux de la Police nationale congolaise qui roulaient à bord dune voiture Mercedes et dune Jeep. Ces journalistes et agents ont été amenés au cachot des Services spéciaux situé dans les locaux dits «Kin-Mazière» à Kinshasa/Gombe. Aucun mandat ne leur a été exhibé au moment de leurs arrestations. L'Ong "Journaliste en danger" (Jed) avait pu, en début daprès-midi du 11 juillet, rencontrer dans un couloir de «Kin-Mazière» quatre des personnes arrêtées dont le directeur de publication. Les deux autres étaient en train dêtre auditionnés sur procès verbal. Raymond Luaula avait affirmé à Jed quils avaient été entendus au sujet de la véracité de linformation publiée à la Une de lédition de La Tempête des Tropiques n°2014 parue le mercredi 10 juillet 2002. La Tempête des Tropiques avait publié, mercredi le 10 juillet 2002, une information selon laquelle «Kinshasa a frôlé la catastrophe» parlant dune échauffourée entre «civils et militaires qui sest transformée en une bataille rangée» et qui aurait causé «4 morts et des dégats matériels importants» à Kinshasa/Kintambo dans le quartier Jamaïque. En outre, toute lédition de La Tempête des Tropiques n°2015 parue ce jeudi 11 juillet 2002 a été saisie tôt le matin, au moment de la distribution, par les mêmes éléments des Services spéciaux de la Police nationale congolaise. Jed avait pu constater que Edo Kalemani était blessé au front. Cette blessure serait consécutive à la brutalité avec laquelle il avait été jeté dans la jeep au moment de son arrestation. Jed a dénoncé ces arrestations arbitraires de la part dun service qui na pas mandat et qui viole les engagements de la Rdc en matière de libertés dexpression. Jed a exigé que ces journalistes et agents qui nont fait quexercer leur travail soient purement et simplement liberés et que tous les exemplaires de lédition saisie soient restitués. Jed a demandé aussi au gouvernement que les commanditaires et auteurs de ces arrestations soient punis conformément à la loi. 3) Les journalistes Delly Bosange et Raymond Kabila MM. Delly Bosange et Raymond Kabala, respectivement éditeur et directeur de publication du journal "Alerte plus" ont été appréhendés l'un après l'autre le 22/07/02 pour le premier et le second le 19/07/02. Arrêté par des hommes armés en tenue civile, porteurs d'un mandat d'arrêt délivré par la Cour d'appel de Matete, M. Bosange a été placé en détention dans un sous-commissariat de la police de Lim ete. Et de là, il a été transféré mardi le 23/07/02 à la Prison de Makala. M. Raymond Kabala a été enlevé le 19/07/02 dans la Commune de Kalamu par des pol iciers et conduit à l'Inspection 07/02 au pavillon II de la Prison de Makala. a.. La dégradation de l'état de santé de MM. Delly Bosange et de Raymond Kabala en prison: deux journalistes arrêtés pendant que le Congo commémorait la Journée nationale de la presse M. Delly Bosange, éditeur du journal "Alerte Plus" arrêté lundi le 22 juillet 2002 par les éléments se réclamant du parquet de Matete, s'est retrouvé dans un état de santé inquiétant en prison. Les griefs mis à sa charge n'ont pas été révélés. Il fait l'objet des menaces à cause de ses écrits jugés "favorables" à M. Etienne Tshisekedi, Président National de l'UDPS et du Directoire de l'ASD, lequel agit en faveur de la solution définitive de la crise grâce à un Accord inclusif et global sur le nouvel ordre politique. M. Delly Bosange suivait un régime très sévère lié à un début de diabète. Il lui fallait donc des précautions spéciales car il ne pouvait pas supporter les conditions carcérales de la plupart des lieux de détention de Kinshasa. Il en était de même pour le directeur de publication du même journal, Raymond Kabala, arrêté le 19 juillet dernier. Ce dernier souffre d'hypertension. Durant toute la durée de leur incarcération, ces deux journalistes n'ont bénéficié ni d'un régime alimentaire spécial prescrit par leurs médecins ni de soins médicaux liés à leurs maladies. 5) Le Piden déplore l'état de santé d'un journaliste arrêté à Kinshasa Kinshasa, 24 juillet 2002 (APA)- L'Ong "Projet intégré pour les droits de la personne dans les entités nationales" (PIDEN) déplore, dans un communiqué parvenu à l'APA, l'état de santé de M. Delly Bonsange, éditeur du journal "Alerte Plus" arrêté lundi par les éléments se réclamant du parquet de Matete. Selon le communiqué les griefs mis à sa charge n'ont pas été révélés. "Alerte plus", précise le communiqué fait l'objet des menaces à cause de ses écrits jugés "favorables" à Etienne Tshisekedi de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et à son action en faveur d'un accord global en RDC. Le Piden s'est dit "très préoccupé" par l'état de santé de l'éditeur du journal qui est actuellement soumis à un sévère régime, lié à un début de diabète. "Il lui faut donc des précautions spéciales car il ne pourra pas supporter les conditions carcérales de la plupart des lieux de détention de Kinshasa", indique le communiqué. Il en est de même, précise la source, pour le directeur de publication du même journal, Raymond Kabala, arrêté le 19 juillet dernier. Ce dernier souffre d'hypertension. Le Piden s'étonne de voir que "les deux journalistes sont arrêtés pendant que la RDC commémore la Journée nationale de la presse". Pour le Piden, "il est temps que les uns et les autres cessent de harceler les professionnels des médias et de continuer à les considérer comme des éternels "ennemis du pouvoir ou comme des gens qui passent le clair de leur temps à détruirece que l'on construit".APA/MWA/LLB 6) Les menaces contre les responsables de trois chaînes privées de Radio-Télévision de Mbujimayi (Cfr Le Phare dans sa livraison du 25/07/2002 à Kinshasa, M. Kandolo M.) Trois responsables de trois chaînes privées de Radio-Télévision de Mbuji-Mayi, au Kasaï Oriental, ont été convoqués le 24/07/02 à l'ANR locale pour recevoir des instructions. L'ANR les a enjoints de ne plus diffuser des informations concernant M. Etienne Tshisekedi wa Mulumba, Président national de l'UDPS et Président de l'Alliance pour la Sauvegarde du Dialogue intercongolais (ASD). Ces responsables sont MM. Ghislain Banza, Didier Kabuya et Katende respectivement directeur intérimaire de la Radio Buena Muntu, directeur commercial de la RTDK (Radio Télévision Debout Kasaï) et directeur des Programmes de la RTIV (Radio Télé Inter Viens et Vois). A partir du 24/07 donc, ces trois chaînes privées du Kasaï doivent se taire sans raison des informations sur une personnalité politique importante comme M. Tshisekedi wa Mulumba. L'ANR viole les lois de la République. Les chaînes de Radio TV concernées n'appartiennent pas à ce service pour qu'il leur donne des instructions. Ce sont des entreprises privées qui travaillent conformément aux règles qui régissent l'exercice de la liberté de la presse en RDC. La loi sur la Presse ne stipule nulle part qu'un service des Renseignements ait des injonctions à donner à des opérateurs de ce secteur stratégique des médias. Concernant la circulation de l'information, cette instruction illégale de l'ANR/Mbuji-Mayi viole tous les instruments juridiques internationaux ratifiés par la RDC et qui prohibent l'obstruction à la liberté de presse et à la circulation de l'information comme produit devant alimenter le public. Si cette expérience de mauvais goût réussit à Mbuji-Mayi, l'ANR l'étendra à tout le pays. Ce qui est un danger réel pour l'avènement de la démocratie en RDC qui repose essentiellement sur la liberté et l'indépendance. L'arbitraire qu'on impose à trois chaînes de Radio-Télévision de Mbuji-Mayi doit être combattu. Sinon ce serait cautionner l'anarchie et la barbarie. 7) Un journaliste contraint de révéler la source de ses informations (Le Phare du 5 Août 2002, Kinshasa, Publié sur le web le 5 Août 2002, Kandolo M.) Le 31/07/02 à 1 lh45, M. Achille Ekele N'Golyma, Directeur de Publication du Journal satirique congolais " Pot-Pourri ", a été arrêté. Il est détenu à la Prison de Makala depuis le 2/08/02. Il est poursuivi pour "imputations dommageables" par M. Olenghankoy suite à à la plainte de ce dernier du 25/07/02. M Damien Baita, du Journal "Vision" et arrêté le même jour que M. Achille Ekele, a été relâché après vérification des identités. Il avait été confondu avec M. Gogin Kifwakiou, auteur de l'un des articles incriminés. Ce dernier, en fuite, est actuellement recherché. Les forces répressives ont contraint M. Achille Ekele N'Golyma à révéler la source de ses révélations, révélations selon lesquelles M. Olenghankoy aurait été l'objet de corruption et de concussion. Au cours de l'interrogatoire, le premier substitut du procureur, M. Mbaki, a voulu forcer M. Ekelle N'Golyma à dévoiler ses sources d'information. La pression que vous exercez sur ce journaliste est inadmissible", a déclaré Robert Ménard, Secrétaire général de Reporters sans frontières, dans un courrier adressé au procureur général, M. Luhonge Kabinda Ngoy . "Nous vous rappelons que le principe de la protection des sources journalistiques est une des conditions essentielles à la liberté de la presse, et que les Etats démocratiques respectent ce droit", a-t-il ajouté. L'organisation a demandé que le journaliste soit immédiatement libéré et que la plainte de M. Joseph Olenghankoy soit invalidée. 8) Achille Ekele incarcéré à la Prison de Makala Bien que M. Olenghankoy ait retité sa plainte contre lui, M. Ekele N'golima, au lieu d'être libéré, a été plutôt incarcéré à la Prison de Makala à Kinshasa. Selon son épouse, cette détention dont on ignore l'instructeur se justifierait par un mandat d'arrêt qui courait contre lui depuis le mois de mars pour des raisons qui n'ont pas été précisées. L'opinion se rappelle que M. Guy Kasongo, rédacteur en chef de Pot-Pourri, avait été arrêté et mis en détention au Conseil de sûreté de l'Etat le 31 décembre 2001 et libéré trois jours plus tard. Il était reproché au journal satirique d'avoir publié un article intitulé "faim de l'année" et faisait allusion aux multiples promesses du "chef de l'Etat" sur le bien-être des fonctionnaires et qui n'avaient pas été tenues. Dans le même articile, le journal traitait le "chef d'Etat" de "général d'operette". Alors que l'affaire Ekele n'est pas encore terminée et que celle des journalistes de l'"Alerte Plus", Delly Bosange et Raymond Kabala reste pendante, un autre journaliste a été arrêté. Il s'agit de Eugène Ngimbi Madebo, éditeur du journal L'Intermédiaire, arrêté le mercredi 8 août 2002 en début d'après-midi à côté de l'ex-Bcz, par des policiers qu'accompagnaient des agents de la Cour d'Ordre Milit aire en tenue civile ainsi que le magistrat militaire Lemba alis "Saddam Hussein"". Conduit au poste de police de l'immeuble Litho Moboti sur le boulevard du 30 juin, il a été transféré le même jour à la Cour d'Ordre Militaire où il est détenu jusqu'à ce jour. Il a confié au JED jeudi 8 août 2002 qu'il est poursuivi pour "diffamation à l'endroit de la Courd d'Ordre Militaire et du Procureur général près la COM, le colonel Charles Alamba". Il a été entendu 4 fois au sujet de l'article paru dans l'édition n° 42 du 2 au 7 août 2002 de son journal, article intitulé "Le colonel Alamba prié de libérer sans délais Nsii Luanda et Me Willy Wenga détenus illégalement pour le compte de la Cour d'Ordre Militaire au cprk". 9) Menaces d'empoisonnement contre les journalistes à Kananga L'ONG "Journaliste En Danger" (JED) est préoccupé par les menaces des journalistes. Kananga, 22/07/02 (APA) - la Coordination provinciale de cette Ong pour le Kasaï Occidental s'inquiète des menaces d'empoisonnement proférées par le gouverneur de la province, Claudel André Lubaya, contre les journalistes de la "Radio Okapi" (Monuc) à Kananga. L'Ong de défense et de promotion de la santé de la presse, sous la plume de Maurice Kayombo Mubele Muponga, sous-coordinateur provincial, dénonce par ailleurs les invectives dirigées contre la station locale de la KHRI (Kasaï Horizon) par le Pouvoir en place. 10) Les journalistes d'"Alerte plus" Ils sont poursuivis pour les écrits considérés par le Pouvoir comme "favorables" au Président National de l'UDPS et Président de l'ASD, M. Etienne Tshisekedi. Ils seraient encore poursuivis pour une information publiée dans l'édition d'"Alerte plus" du 11/07/02 sur l'empoisonnement de Mwenze Kongolo. 11) Le journaliste Eugène Ngimbi Madebo, éditeur de l'hebdomadaire "L'intermediaire", à la Cour d'Ordre Militaire Cfr Le Phare du 9/08/02. Publié sur le Web le 9/08/02M. Eugène Ngimbi Mabedo, éditeur de lhebdomadaire "LIntermédiaire" paraissant à Kinshasa a été interpellé, le mercredi 7/08/02, par des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) qu accompagnait le magistrat militaire Lemba alias Saddam Hussein et achéminé au parquet près la Cour dordre militaire (COM, tribunal militaire dexception qui juge en premier et dernier ressort) où il a passé sa première nuit de détention. Eugène Ngimbi a dit, jeudi 8/08/02 peu avant midi, à l'Ong "Journaliste En Danger" (JED) qui la rencontré sur son lieu de détention, quil est poursuivi pour "diffamation à lendroit de la COM et du procureur général près la COM, le Colonel Charles Alamba". Le journaliste a été entendu quatre fois au sujet dun article paru dans lédition N° 42 du 2 au 7/08/02 intitulé: "le Colonel Alamba prié de libérer, sans délais, NSii Luanda et Me Willy Wenga détenus illégalement pour le compte de la Cour dordre militaire au CPRK". Dans cet article très documenté, le journal se fait lécho dune campagne lancée par les ONG congolaises de défense des droits de lhomme en vue de contraindre la COM à libérer deux activistes des droits de lhomme en détention arbitraire depuis de longs mois. Le journal considère que "... derrière NSii Luanda et Willy Wenga, ce sont les défenseurs des droits humains, les syndicats, les églises, les médias ... bref la société civile que lon veut museler et confiner au silence... ". Le journal reprend les différentes condamnations à mort des civils jugés par la COM dont le procès des présumés assassins de LD Kabila et la condamnation à mort et lexécution sommaire, en novembre 2000, de lex-compagnon de lutte de LD Kaila, M. Anselme Masasu, après un procès expéditif devant la COM. Le journal conclut: "La Cour dordre militaire nest pas une instance de consolidation de la citoyenneté mais un instrument pour la consolidation dune dictature". Rien que sur le plan de la forme, JED est étonné quun délit de presse - si délit il y a - soit instruit par une Cour dexception militaire qui, du reste, est partie à laffaire. Nul ne pouvant être juge et partie, JED considère que cette procédure est totalement entachée dirrégularités et demande la libération pure et simple du journaliste. Eugène Ngimbi est le quatrième journaliste emprisonné en moins de deux semaines. Trois autres iournalistes -Raymond Kabala, Delly Bonsange et Achille Ekele NGolyma - croupissent encore à la Prison de Makala pour des délits de presse. 12) Le témoignage du journaliste José Feruzi Samwegele; Cfr Le Phare, Kinshasa, 8/08/02. Publié sur le web le 8/08/02, Kinshasa Le 03/04/02 au matin, je me suis rendu, en compagnie d'un ami du nom de Mayulu Mayung, à la RTNC 1 à Lingwala, afin de retirer mon ordre de mission pour un travail que je devais aller faire à Mbuji-Mayi. Arrivé au poste de contrôle de l'armée devant la RTNC 1, j'ai demandé à mon ami de m'attendre dehors comme il n'avait pas de pièces d'identité. Alors que j'étais déjà à l'intérieur de l'enceinte de la RTNC 1, un policier me rejoindra pour me dire que, Mayulu était en train d'être sérieusement battu par les militaires en faction à l'entrée de la Station. Je suis retourné au poste de police pour m'enquérir de la situation. C'est en ce moment-là que j'ai été arrêté pour " complicité " avec M. Mayulu sur qui il a été trouvé le message de l'UDPS lu aux travaux de Sun City en Afrique du Sud. Je fus donc accusé de complicité de coup d'Etat. Le chef de la garde de la RTNC va appeler, sur talky walky, un de ses chefs au Palais de la Nation. Ce dernier va envoyer une jeep nous chercher. Nous sommes embarqués dans le coffre de la jeep et pendant tout le trajet, des armes étaient braquées sur nous. Arrivés au Palais de la Nation, nous sommes accueillis par un colonel, qui demande de voir le texte de l'UDPS. Après lecture, il est furieux de constater qu'il s'agit d'un vieux texte déjà publié par tous les journaux de Kinshasa et qui n'avait rien à voir avec une " déclaration de coup d'Etat ". Avant de regagner son bureau, il ordonne que nous soyons libérés. Curieusement, au lieu de la libération, nous sommes conduits le long du fleuve Congo jusqu'aux environs de GLM (Groupe Litho Moboti, sinistre cachot de la Garde présidentielle -GSSP- théoriquement fermé depuis le 08/03/02). On nous a, entretemps, enlevé les chemises et bandé les yeux à 1'aide de celles-ci. C'est là qu'une discussion s'engage entre les militaires qui nous convoyaient. Les uns voulaient que nous soyons fusillés et les autres plaidaient pour moi qui, à leurs dires, n'en savait rien. Deux militaires en armes mais pieds nus rejoignent le groupe avec deux sacs vides. C'est en ce moment-là qu'un téléphone portable du chef de peloton retentit. Ce dernier s'écarte pour parler avec son interlocuteur. Après la conversation, nous quittons le lieu pour nous retrouver au Palais de Marbre (résidence de feu LD Kabila où logent encore des membres de sa famille). Après audition, je suis placé au Balcon de la maison à étage et mon ami est resté dans la cave où il était de nouveau battu. C'est vers 18h30 du même 3/04/02 que nous arrivons au cachot de la DEMIAP à Kinshasa/Kintambo. J'ai été entendu une fois et libéré le 10/04/02 à 17h30. Quant à mon ami Mayulu, il a été relâché le vendredi 12/04/02. 13) Le cabinet du "ministre" Mwenze Kongolo transformé en cachot privé et haut lieu des tortures: La plainte du journaliste Raymond Kabala contre Mwenze Kongolo Victime d'une tentative d'assassinat, d'arrestation arbitraire suivie d'une détention illégale, des tortures corporelles ainsi que des coups et blessures volontaires lui administrés, M. Raymond Kabala a déposé une plainte contre Mwenze Kongolo auprès du Procureur Général de la République Déposée le vendredi le 13 septembre 2002, avec copies pour informations aux plus hautes autorités politico-administratives du régime Kanambe, à Kanambe lui-même et à son "ministre" de la Justice, cette plainte relate toutes les tortures tant morales que physiques subies par le journaliste R. Kabala, aujourd'hui condamné à 12 mois de prison ferme par un jugement du tribunal de Paix de Matete ayant siégé en audience foraine. L'infraction de tentative d'assassinat telle que prévue et réprimée par l'article 45 du Code pénal Livre II a été retenue par R. Kabala à la suite des menaces lui proférées par le Colonel Kasongo, membre du cabinet de Mwenze Kongolo, dans son propre bureau situé dans l'enceinte du cabinet: "Nous avons le pouvoir de tuer et vos gens des droits de l'Homme n'auront qu'à faire un tapage au résultat infructueux pendant que tu serais déjà mort ", vociférait le colonel Kasongo, revolver chargé au poing, avant de lui rappeler : "Après tout nous sommes au pouvoir. Tu n'as aucun intérêt à faire de tes enfants des orphelins". C'est le 19 juillet dernier vers 8 heures du matin que R. Kabala a été enlevé au niveau de la grande place dite de la Victoire à Matonge par deux agents en uniforme de la Police Nationale qui l'ont embarqué dans une Jeep de marque Mahindra de couleur verte pour aller le jeter dans une cellule exiguë du cabinet de Mwenze Kongolo. Cela n'est autre qu'une arrestation arbitraire suivie d'une détention illégale, faits prévus et punis par l'article 67 du Code Pénal livre II, étant donné que les agents de la Police Nationale n'étaient pas munis d'un mandat d'arrêt et que le cabinet de Mwenze Kongolo de la sécurité et de l'Ordre public n'est pas un lieu de détention ordinaire et légale. Durant toute la nuit du 19 au 20 juillet, R. Kabala a subi des traitements inhumains et dégradants lui administrés par des agents affectés au cabinet de Mwenze Kongolo. Le directeur de Publication du Tri-hebdomadaire L'"Alerte Plus" a été contraint d'introduire son organe sexuel dans un tube métallique troué que les agents appelaient "vagin" et de "faire des mouvements des va-et-vient comme lors d'un rapport sexuel". Après un petit répit, les mêmes agents ont placé sa tête dans le trou d'une fosse septique en le forçant à inhaler l'odeur suffocante et nauséabonde des excréments à plusieurs reprises. Tard dans la nuit, R. Kabala a été déshabillé complète ment et obligé de rouler "comme un porc" sur une pelouse préalablement et abonda mment trempée d'eau. Tout au long de ce calvaire qui n'a rien à envier aux méthodes et techniques nazies, les agents ne cessaient de lui asséner des coups à l'aide des matraques, fouets, crosses d'armes qui ont provoqué des blessures physiques douloureuses. Surtout lorsqu'il fallait le contraindre à coopérer pour établir des procès-verbaux attestant sa culpabilité d'imputations dommageables à l'endroit de Mwenze Kongolo. Fait à Bruxelles, le 22 septembre 2002.
Dr François Tshipamba Mpuila
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