Le Congo a une seule Armée Légale et Officielle: nos valeureux Ex-FAZ. Tous les autres sont les milices et les groupes armés qui doivent y être intégrés et non l’inverse

 

Réf.: RBL/UDPS/DE/098/26/05/2005

 

L’UDPS avait, au DIC, défendu le dossier “ex- FAZ”, notamment à la Commission “Défense et Sécurité” par le canal du Dr François Tshipamba Mpuila qui représentait, au sein de cette Commission, l’Opposition Politique Extérieure et l’UDPS. Toutes les autres Composantes (Société civile, RCD, RCD/ML,RCD/N, MLC, Opposition politique non armée) avaient adhéré à ses thèses, excepté la Composante “ancien gouvernement Kabila” représentée à cette Commission notamment par Didier Etumba (curieusement un ex-FAZ s’occupant de la Démiap…)… Mais comme les décisions devaient se prendre par consensus,  le problème fut laissé aux discussions et concertations ultérieures entre Congolais. C’est pourquoi nous y revenons.

 

Pour l’UDPS, le problème des ex-FAZ relève de notre devoir patriotique sacré et constitue un cas de conscience.

 

Un cas de conscience car c’est suite aux ordres et instructions de l’UDPS que nos valeureux ex-FAZ avaient refusé de combattre l’AFDL. L’UDPS s’était basée sur les déclarations faites par LD Kabila, alors porte-parole de l’AFDL, déclarations selon lesquelles l’AFDL avait pris les armes pour venir chasser Mobutu qui constituait l’OBSTACLE à l’application des Résolutions souveraines de la Conférence Nationale Souveraine (CNS). En plus de ces déclarations, M. LD Kabila avait, avant son arrivée à Kinshasa, positivement répondu à la Lettre lui adressée par M. Etienne Tshisekedi, le 15 mars 1997 sur la nécessité d’organiser le Dialogue Intercongolais, au Congo, dès l’accession de l’AFDL au pouvoir, pour voir, concrètement avec l’ensemble de la société congolaise, comment appliquer les Résolutions souveraines de la CNS enrichies de l’apport de l’AFDL.

 

Dès son arrivée à Kinshasa, LD Kabila n’a ni respecté ses déclarations ni honoré ses promesses. Il a préféré obéir à son Maître à penser, M. Ludo Martens, Président du Parti Communiste belge, relégué M. E. Tshisekedi dans son village d’origine et instauré une dictature stalinienne en plein 20ème siècle. M. Ludo Martens avait ainsi réussi son pari: refaire l’expérience du stalinisme sur les Noirs d’Afrique subsaharienne. Les mutilations et les peines de fouet réservées aux esclaves et appliquées aux Noirs Congolais faisaient partie de cette expérience du stalinisme (250 coups de fouet sur des pères et des mères de famille publiquement déshabillés jusqu’à ce que la mort s’ensuive…)… 

 

Revenons à notre sujet du jour.

 

Le problème des ex-FAZ n’est pas seulement un cas de conscience pour l’UDPS, mais c’est aussi un devoir patriotique sacré. Car comment pouvons-nous lutter pour l’avènement d’un Etat de droit souverain, démocratique, pluraliste et moderne sans penser à résoudre le problème fondamental de l’Armée nationale et républicaine qui doit défendre l’intégrité de notre territoire face aux attaques externes, protéger  les biens et les personnes et participer au développement du pays?

 

Ce n’est pas un hasard que les ennemis du Congo tiennent à marginaliser et à exterminer nos valeureux ex-FAZ. C’est pour que le Congo et les Congolais soient sans défense, et donc une proie facile face aux attaques des ennemies internes et externes.

 

Non, chers Compatriotes, nous avons une Armée nationale. Nous avons des officiers militaires formés dans toutes les académies militaires du monde. On nous ridiculise en cherchant à former une armée à partir des milices et des groupes armés qui n’ont jamais bénéficié de la même formation militaire, scientifique, durable et éprouvée comme l’ont été et le sont nos valeureux ex-FAZ.  Nous avons des officiers militaires capables de former, au Congo (à Kitona, Kamina, Kananga, Mbanza Ngungu…) des autres compatriotes désireux de devenir des militaires. Ils ont seulement besoin de la logistique. C’est ce que nous attendons de la Communauté Internationale.

 

Si ces fils du pays se trouvent dans un autre système politique (Etat de droit démocratique, pluraliste et moderne), ils s’acquitteront autrement, valablement et dignement de leur mission et de leur devoir. C’est le cas aussi de nous les civils.

 

Pourquoi veut-on partir ex tabula rasa, ex-nihilo dans le domaine militaire et non dans le domaine politique et de la société civile? C’est à dessein. C’est pour nous retarder et perpétuer la domination politique étrangère et l’exploitation économique du Congo.

 

Nous tous avons fait partie du régime de Mobutu et du MPR Parti-Etat: civils et militaires. Chacun de nous (hommes politiques, membres de la société civile, militaires) y a accompli sa fonction, son rôle, sa mission et son devoir compte tenu du corps auquel il appartenait et selon ses compétences et ses attributions.

 

Il a fallu attendre le 1er novembre 1980, date de la rédaction de la Lettre Ouverte des Treize Parlementaires Fondateurs de l’UDPS pour que la remise en question fondamentale soit amorcée, à partir de l’intérieur même du pays, au sein de la population et au coeur même de la dictature, à travers la question suivante posée par les Treize Parlementaires à Mobutu dans ladite Lettre:

 

“Il est impensable que 25 millions de Zaïrois soient tous militants du MPR par conviction. L’obligation qui est faite d’être déjà, à la naissance, membre du MPR, qu’ils veuillent ou non, les font naître esclaves et non des hommes libres”!

 

Au nom de quoi les hommes politiques et les membres de la société civile qui donnaient les ordres aux militaires, sous le règne de Mobutu, se trouvent actuellement à Kinshasa dans les différentes institutions politiques (Espace présidentiel, gouvernement, parlement, sénat ), institutions citoyennes, dans les entreprises publiques de l’Etat et ont droit au chapitre mais nos Valeureux ex-FAZ qui ont fait trembler l’Afrique sont délaissés, marginalisés, exterminés et même sommés d’intégrer paradoxalement les milices (Ancien gouvernement Kabila, RCD, RCD/ML, RCD/N… ) et les groupes armés (Maï Maï) alors que ce sont eux (ex-FAZ) qui constituent, jusqu’à ce jour, et forment en principe la seule Armée du Congo et dans laquelle doivent s’intégrer plutôt ces milices et groupes armés conformément aux décisions du DIC?

 

Au DIC, notamment à la Commission “Défense et sécurité”, aucune milice armée, aussi bien des rébellions que de celle de l’ancien gouvernement Kabila, n’a exhibé une décision (ordonnance, décret…) présidentielle la ou les créant en tant que l’Armée nationale, légale et officielle du Congo.  Nous nous sommes tous référés aux textes présidentiels créant les FAZ.

 

Et pour la formation de la nouvelle armee nationale, le DIC a pris des décisions suivantes:

 

La sécurité des institutions et des animateurs de la transition devait être assurée par une force internationale neutre en attendant la formation progressive d’une police intégrée.

 

Toutes les milices armées, à part 5 à 15 gardes qui devaient assurer la sécurité des officiels, devaient être internées dans les casernes et désarmées et tous les groupes armés devaient désarmés. L’identification des nationaux devant faire partie de l’armée devait être faite sur base des qualifications individuelles, équilibre régionale… On devait procéder à la démobilisation des enfants soldats et des personnes vulnérables. Le recrutement devait être entamé pour l’intégration des groupes militaires et paramilitaires dans l’armée et la police…(Cfr Résolution n° DIC/CDS/02 relative au désarmement des groupes armés et au retrait des troupes étrangères; Résolution N° DIC/CDS/03 relative à l’identification des nationaux devant faire partie de l’armée; la démobilisation des enfants soldats et des personnes vulnérables  le recrutement en vue de l’intégration des groupes militaires et paramilitaires dans l’armée et la police; Résolution N° DIC/CDS/04 rela  tive à la formation de l’armée nationale; Résolution n° DIC/CDS/05 relative aux sanctions à l’endroit des parties de mauvaise foi…).

 

Les ex-FAZ doivent faire partie du mécanisme décidé au DIC pour la formation de l’armée nationale congolaise, nationale et républicaine.    

 

Personne n’a le droit d’exclure les autres congolais, même si, par les armes et avec l’aide de nous tous, il a accédé au pouvoir. Personne n’a le droit d’exclure de l’armée les autres fils du pays ayant appris le métier et étant même mieux formés que lui et donc pouvant servir le pays mieux que lui.

 

D’autant plus que nous avons tous vu comment toutes les milices (ancien gouvernement Kabila, RCD, RCD/ML, RCD/N) et les différents groupes armés ont détruit le pays, soumis nos compatriotes à des horreurs et des atrocités jamais connues sous le régime de Mobutu (mutilations, peines de fouet, cannibalisme, bombardements…).

 

Même si les ex-FAZ ont arrêté, torturé et massacré les Membres de l’UDPS, ils obéissaient aux ordres des politiciens. Les milices et les groupes armés n’ont pas fait mieux qu’eux, ils même fait pire qu’eux. Qui des politiciens, des milices et des groupes armés peut se dire plus Saint et plus patriote que les ex-FAZ?

 

Conscients de notre devoir patriotique sacré et du cas de conscience ci-haut évoqué, nous avons gardé les contacts avec nos ex-FAZ pour continué à les encourager, à les exhorter à garder leur unité en tant que Corps, et nous leur avons demandé de continuer à se tenir prêts pour servir la Nation.

 

L’UDPS lance un appel à toutes les forces politiques et sociales congolaises de soutenir notre combat pour voir nos valeureux ex-FAZ retrouver, en tant que Corps, leur place au sein de la Communauté Nationale et y servir la Nation.

 

Fait à Bruxelles, le 26 mai 2005.

Dr François Tshipamba Mpuila

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