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Franck Ngyke : vibrant hommage signé
Bana Congo à Bruxelles
Par
Antony Katombe
L’assassinat de Franck NGYKE, responsable du desk
politique au journal La Référence Plus et de son épouse, Hélène
PAKA, à KINSHASA/MOMBELE, jeudi le 3/11/2005 à 1 heure, a révolté
les consciences au-delà des frontières nationales. De Bruxelles, nous
apprenons que lundi 14/11/2005, le groupe de pression et de liberation
du Congo "BANA CONGO" a rendu un vibrant hommage au chevalier
de la plume, en organisant de façon tout à fait spontanée un sit-in
devant l’Ambassade du Congo.
En poste avancé des manifestants, Didier RAMAZANI ALI,
Henry MUKE DISUISHE et Désiré KATOMPA prennent leurs quartiers devant
l’Ambassade à 11 heures. Aubin KIKONKA, Samson CIBAYI et un autre
Didier sont censés les rejoindre quelques temps après avec le gros de
la troupe. Les trois éclaireurs sont trop connus de l’ambassade pour
y être les bienvenus. Aussi voient-ils débarquer 30 minutes plus tard
des dizaines des policiers accourus à l’appel de l’ambassade. Les
policiers belges intiment l’ordre aux indésirables de traverser la
chaussée et de se mettre de l’autre côté du trottoir. Didier
RAMAZANI ALI obtempère, mais Henry MUKE DISUISHE engage une discussion
avec le policier auquel il demande de changer de ton, tandis que Désiré
KATOMPA, éditeur du très visité site Internet CULTUREK prend des
photos.
Sur ces entrefaites se présente le Chargé d’Affaires qui demande aux
BANA CONGO la raison de leur présence. Ces derniers lui signifient
qu’ils entendent par ce sit-in témoigner leur solidarité aux défunts,
à leur famille et à toute la corporation journalistique, demander à
l’Ambassadeur des explications sur l’insécurité croissante sur
toute l’étendue du Congo, exprimer aux commanditaires de ces lâches
crimes leur détermination de continuer le combat pour l’avènement
d’un Etat de droit au pays et enfin dénoncer ces crimes auprès de
l’opinion congolaise et belge. Le diplomate rentre dans l’ambassade
après avoir promis aux BANA CONGO de faire un compte rendu à
l’ambassadeur et voir si celui-ci voulait bien recevoir une délégation.
Mais
les policiers sur les nerfs ne savent pas très bien comment se
comporter. Car avec ces BANA CONGO, même si jusque là ils n’ont
affaire qu’à trois d’entre eux, tout peut basculer d’un moment à
un autre et sans crier gare. Ils ont encore trop frais en mémoire les
marrées humaines drainées par ces congolais devant le ministère belge
des affaires étrangères, le Palais de Justice, le siège du MR (parti
politique du très congolais Louis Michel) et ailleurs. Ainsi voulant
assurer, ils ordonnent aux trois BANA CONGO de décamper endéans 15
minutes.
Devant
l’imperturbable entêtement des BANA CONGO, un inspecteur se découvre
subitement des dons de diplomate, entre dans l’ambassade d’où il
ressort avec une offre de négociation selon laquelle l’ambassadeur
veut bien parler à ses indésirables visteurs, mais qu’il ne peut
recevoir qu’une seule personne. Offre rejetée sur le champ par Henry
MUKE DISUISHE qui trouve la délégation d’une personne au nom de
l’Association complètement hors de sens.
C’en est trop pour les policiers de Sa Majesté qui chargent aussitôt,
encerclent Henry et Désiré. Henry est ceinturé par près de dix
policiers, piétiné et roué des coups. Désiré se fait aussi ceinturé
en dépit du fait que les policiers le voyaient prendre des photos. Il
lui reste quand même assez de dignité pour exiger le temps de ranger
son matériel de photographie et de se faire calmement menotter et de
monter le premier dans le fourgon. L’obéissance de Didier à
l’ordre des policiers de se mettre sur l’autre côté du trottoir ne
le dispense pas du traitement infligé à ses deux amis. Il est
pourchassé, roué des coups, menottés et jeté dans le fourgon dans
lequel un policier qui tente de l’étrangler se calme après la menace
de Désiré de témoigner contre lui pour sévices sur un prisonnier.
Henry est maintenu au sol par une dizaine des policiers qui ne réussissent
à le menotter qu’après une bonne dizaine de minutes.
Aussitôt les trois BANA CONGO embarqués, gyrophare tournant et sirène
hurlante, le fourgon prend la direction du commissariat, Rue du Marché
aux Herbes, près de la Grand- Place de Bruxelles, en évitant
soigneusement la Place du Trône où croyait-il, des manifestants
congolais retardataires se sont réunis pour prêter main forte aux éclaireurs.
Au commissariat de la police de Bruxelles, les congolais font l’objet
d’une fouille corporelle humiliante avant d’être mis en cellule
sans avoir été entendus ni fait l’objet d’un procès-verbal.
Henry
et Désiré seront relaxés après 4 heures de détention tandis que
Didier RAMAZANI restera en cellule. A la sortie de la cellule, Henry et
Désiré sont agréablement surpris de tomber sur Aubin KINKOKA, Samson
CIBAYI et le jeune Didier qui faisaient un sit-in à l’entrée du
commissariat depuis 13:00. Le sit-in improvisé sur place pour exiger la
relaxation de Didier RAMAZANI ALI va continuer avec l’arrivée de
certains autres grand militant dont Cheik Fita et Flory.
Malheureusement, ce matin contre toute attente, notre compatriotes
Didier Ramazani a été transféré au centre fermé de Liège.
Les observateurs avertis du comportement de la police belge vis-à-vis
des congolais se disent indignés de la propension des agents de
l’ordre de Sa Majesté à exceller en bavures de toutes sortes chaque
fois qu’ils ont affaire aux activistes congolais. Ils ne
s’expliquent pas les violences et l’arrestation musclée dont ont été
victimes les BANA CONGO. Ils comprennent encore moins le transfert de
Didier au centre fermé et la menace de le refouler sur le Congo, alors
qu’il est membre des BANA CONGO, une association à caractère
politique reconnue de droit belge et surtout qui combat le régime
installé au Congo.
Une
grande mobilisation des forces politiques du changement et des
associations congolaises et belges est attendue dans les heures qui
suivent sur la place de Bruxelles pour exiger la relaxation de Didier
RAMAZANI qui ne manquera pas de traduire les policiers belges en
justice, question de prévenir toute autre atteinte aux droits des
manifestants dans les jours à venir.
Avec ce vibrant hommage rendu à l’émérite chevalier de la plume
Franck Ngyke, les BANA CONGO viennent une fois de plus, si besoin en était
encore, de démentir cette renommée de BMW (beer, Music and Women : bière,
musique et femmes) qui colle à la peau de la diaspora congolaise. Cet
acte d’un courage exceptionnel remet aussi en lumière le caractère
raciste du comportement des policiers belges chaque fois qu’ils sont
dans une situation de maintien de la paix face aux congolais. Enfin, à
tout seigneur, tout honneur, les BANA CONGO viennent une fois de plus de
se montrer sous leur vrai jour : une association des jeunes congolais
engagés dans la lutte pour l’avènement d’un Etat de droit au
Congo, n’en déplaise à ceux qui tentent vainement de les présenter
comme une bande de jeunes gens friands de violence.
Comme quoi, la vérité finit toujours par triompher.
Anthony MK KATOMBE
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