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[Page principale] [Home page] A qui profiterait le boycott de la présidentielle 2006 par l'Udps ? Par Ben-Clet 16 Novembre 2005 Bien qu'embarrassante, la question n'est plus taboue. Y répondre anticipativement permet aux états-majors politiques d'entrevoir l'alternative au cas où le plus grand parti populiste, l'Udps d'Etienne Tshisekedi, différait indéfiniment l'enregistrement de ses combattants sur les listes électorales. Mettant logiquement un terme aux ambitions de son principal candidat président de la République. Qu'arriverait-il si jamais l'Union pour la démocratie et le progrès social (Udps) persistait dans son refus d'enrôler ses milliers de membres et sympathisants sur les registres électoraux ? Quel destin serait alors légalement réservé à son leader charismatique ainsi qu'à ses fidèles lieutenants ? En l'absence des candidats Udps dans la compétition électorale, quels adversaires politiques seraient mieux inspirés pour récupérer les hésitants et les déçus du parti ? A qui profiterait, en définitive, l'absence de la candidature d'E. Tshisekedi à la magistrature suprême au premier semestre de l'année 2006 ? Ces questions, décidément, donnent du tournis. Pour aborder le sujet, rappelons que, d'ici le 18 décembre, il ne reste plus qu'environ trente jours pour que le tiers de la population congolaise, pour la première fois en 45 ans d'indépendance, se prononce par les urnes en faveur, ou non, du projet de Constitution de la 3ème République élaboré par les institutions de la transition. Le peuple devra donc répondre par un oui ou un non au référendum constitutionnel. En prévision de ce premier événement inscrit au processus électoral, la Commission électorale indépendante (Cei), massivement soutenue par la communauté internationale, s'est employée à mener rondement les opérations d'enrôlement et d'identification des électeurs depuis le 20 juin 2005. A la date du 9 novembre, 20 755 295 Congolais en âge de voter ont été inscrits sur des listes électorales. Ces opérations se poursuivent encore dans les deux dernières provinces : l'Equateur et le Bandundu. FRAGILISER SON PROPRE LEADERSHIP Officiellement, cependant, selon le mot d'ordre non écrit de la hiérarchie du parti, les combattants de l'Udps ne se seraient guère intéressés aux centres d'enregistrement. Ni à Kinshasa, ni en provinces. Or, la loi dispose que ne peut être électeur et/ou éligible qu'un citoyen congolais régulièrement enrôlé par les soins de la Cei. La preuve de cette opération étant la détention de la carte d'électeur, qui fait également office de carte d'identité provisoire. Dans la meilleure des hypothèses, si l'Udps maintient sa position, elle s'auto-exclut de tout le processus électoral. Ce qui ne sera pas une première. Car, on le sait, elle s'était délibérément mise à l'écart de la gestion de la transition, au lendemain de la mise en place des institutions en juin 2003. Quelles que soient les motivations de l'Udps pour justifier le boycott du référendum et de différents scrutins de mars-avril 2006, les conséquences de sa grave décision ne électorat naturel sera émietté. Et pour cause. De nombreux Congolais ont subi les affres de l'intolérance politique, sous les régimes successifs de Mobutu et de M'zee Kabila. Leurs cicatrices sont loin de se cicatriser. De nombreux espoirs ont été brisés par le pouvoir en place. Et la soif de la revanche – une revanche politique – a aiguisé le militantisme de ces jeunes et vieux, cadres et ouvriers, pères et mères de famille, tous sympathisants de Tshisekedi, alors considéré, avec une certaine religiosité, comme Moïse, le libérateur. L'Udps, sociologiquement parlant, c'est aussi et surtout cette importante foule d'anonymes qui se recrutent en dehors de toute discrimination liée aux origines ethniques. Ils sont de l'Equateur ou du Katanga. Ils parlent au nom de la province Orientale ou du Bas-Congo. Ils sont ressortissants du Bandundu, du Kivu-Maniema ou de deux Kasaï. De nombreux autres militants ou sympathisants vivent à l'étranger, où ils avaient obtenu le droit d'asile politique après avoir fui la dictature du parti unique (Mpr parti-Etat d'abord et Afdl ensuite). ELECTORAT NATUREL EMIETTE Comment convaincre tous ces sympathisants, en particulier ceux de la campagne, du bien fondé du boycott des scrutins ? C'est une tâche ardue à laquelle devront s'employer les structures du parti. En attendant, les combattants auraient l'impression d'avoir été lâchés par la direction. Certains n'hésiteraient pas à parler de trahison. Car, se sentant frustrés en dernière minute. Tout près du but alors que le changement tant attendu depuis la création du parti dans la clandestinité était tout proche ! C'est dans ce climat des incertitudes qu'interviendraient des opportunistes. Au fait, la nature a horreur du vide. Celui créé par l'Udps vaut bien d'être comblé. Alors, quel candidat détournerait vers soi les sympathisants de l'Udps devenus subitement orphelins, sans enjeu politique en vue? Le Pprd J.Kabila, à ce que l'on dit, est perçu par substitution comme le bourreau de Tshisekedi. Exit ses avances pécuniaires et son air mystérieux. Le Mlc J.P. Bemba, croit-on savoir, est trop suffisant pour représenter un parti des masses. Exit son baratin. Le Rcd A. Ruberwa, bien que pondéré et maniéré, constitue un cas conflictuel pour les populations congolaises de l'Est. Il faut un temps de réflexion. L'angoisse prend corps. Les militants sont perdus. Ils doivent choisir, mais qui ? En dehors des candidats crédités actuellement d'un certain gabarit politique, il s'en trouve une dizaine d'autres. Plus ou moins connus, parmi lesquels des guignols. Qui arracherait les voix de l'Udps en l'absence de Tshisekedi ? Difficile de répondre sans crainte d'être démenti le lendemain. Quoi qu'il en soit, une chose est certaine. Si l'Udps décroche des
scrutins prochains, son électorat naturel sera émietté. Les voix
seront dispersées, se déclinant au rythme des affinités tribales ou
des sollicitations financières. Bien malin l'outsider qui saura, quand,
comment et avec quels lieutenants, manœuvrer les consciences en vue de
s'allier les suffrages abandonnés par le lider maximo au crépuscule de
la 2ème République.
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